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Contre la fermeture des accueils CAF, contre la dégradation de nos conditions de vie

Le RRC diffuse actuellement en plusieurs points de l’agglomération caennaise un tract revenant sur la fermeture des accueils CAF . On s’est, entre autres choses, inspiré d’un tract de Marseille et d’un texte du site “Tant qu’il y aura de l’argent” sur le salaire indirect (http://www.tantquil.net/2013/10/23/quest-ce-que-cest-le-salaire-indirect/) pour faire le notre.

Vous pouvez télécharger ce tract en cliquant sur le lien : TRACT CAF

N’hésitez pas à le diffuser dans vos réseaux s’il vous parle…

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ATTENTATS DE PARIS : QUELQUES CONSEQUENCES PREVISIBLES…

Le Regroupement Révolutionnaire Caennais diffuse actuellement ce texte à la suite des attentats de Paris. N’hésitez pas à le faire circuler s’il vous convient. Des diffusions publiques auront lieu sous peu à Caen dans la rue et sur des marchés.

Une version PDF téléchargeable est disponible ici : FINAL texte RRC sur attentats de Paris

Attentats à Paris : des conséquences prévisibles…

 

Les tueries du 13 novembre, à Paris, 10 mois après celles visant « Charlie Hebdo » et le supermarché kasher, viennent tragiquement s’ajouter à la longue liste des horreurs commises par le soi-disant « État Islamique » en Irak et en Syrie: exécutions en masse de prisonnier-e-s de guerre et de civil-e-s, massacres de minorités, mise en esclavage des femmes, attentats aveugles par dizaines …

La colère, le dégoût et la tristesse ne doivent cependant pas empêcher la réflexion. Les attentats à Paris vont donner lieu à des tentatives d’instrumentalisation politique et avoir des conséquences évidentes. Il nous paraît important de les identifier parce qu’elles nous paraissent dangereuses.

 

1° Dans les semaines qui viennent, les agressions racistes, nationalistes vont se multiplier contre des lieux de culte musulmans, des locaux d’associations immigrées, des centres d’hébergement pour demandeurs-euses d’asile, des squats, des femmes voilées. Cela s’était produit après les attentats de janvier. Cela va malheureusement se reproduire. Des militants ou sympathisants d’extrême droite, des imbéciles haineux vont tenter de jeter de l’huile sur le feu.

 

2° D’une manière plus générale nous allons assister à une vague de discours d’extrême droite pratiquant l’habituel double amalgame, « immigré-e-s = musulman-e-s = envahisseurs-euses » suivi de prés par le « musulman-e-s = terroristes ». Ces discours racistes se dissimuleront souvent derrière une prétendue défense de la laïcité, de la liberté et de la sécurité et prendront des formes diverses : petites phrases médiatiques « chocs », déclarations troubles où l’on triture le vocabulaire pour que les étranger-e-s inspirent la peur, appels délirants à la déportation de masse ou au meurtre sur les réseaux sociaux, où vont se répandre aussi fausses rumeurs et photomontages truqués qui sont une spécialité de l’extrême droite depuis des années.

La question de l’afflux et de l’accueil des réfugié-e-s qui fuient actuellement l’Irak et la Syrie va être probablement au centre de cette offensive idéologique d’extrême droite qui va tenter de faire passer les victimes pour les bourreaux… alors que les tueries de Paris devraient nous aider à mieux comprendre la réalité terrible que fuient les centaines de milliers de réfugié-e-s actuel-le-s. Là bas, c’est chaque jour qu’il y a des massacres… Ces discours sont une insulte contre l’intelligence, la dignité morale et la solidarité humaine les plus élémentaires.

 

3° Nous allons assister à des surenchères sécuritaires de la part des partis politiques. Ça va être un concours de gros muscles à l’approche des élections. Ils vont chercher à surfer sur l’émotion légitime et la peur qui peut prendre des dimensions irrationnelles…

Comme toujours, forcément pour notre bien, l’État (et soyons clair-e-s, l’État c’est pas toi, moi, nous, c’est autre chose, c’est pas neutre et, d’en haut, ça gouverne nos vies) va prétendre protéger LA liberté abstraite en réduisant nos libertés concrètes, en affirmant que la sécurité est la première des libertés, en accentuant les politiques de flicage et d’espionnage DE MASSE. Un-e terroriste, finalement, ça peut être n’importe qui, donc ça peut être toi, donc toi aussi tu dois être surveillé-e.

On parle « d’assigner à résidence » (avec éventuellement des bracelets électroniques en plus) des personnes visées par des fiches de sûreté. Cela inclut-il les antifascistes radicaux-ales qui se bagarrent parfois contre les fachos dans la rue, les syndicalistes arracheurs-euses de chemises patronales, les anars amateur-rices de barricades, les ultra-gauche lanceurs-euses de pavés, les antinucléaires déboulonneurs-euses de lignes THT, les zadistes de Notre Dame des Landes ? Tout ces gens là font aussi l’objet de fiches de sûreté…

On parle de créer une « garde nationale » dont on voit mal en quoi elle empêchera le terrorisme mais dont on voit très bien à quoi elle pourrait servir en cas de grève générale qui dégénère.

Le gouvernement déclare l’état d’urgence, parle de mettre en place une législation d’exception, mais ce serait forcément provisoire. Combien d’années peut durer le « provisoire » ? L’État ne donnera pas la réponse… Y aura pas non plus d’assurances concernant le fait que les mesures sécuritaires d’aujourd’hui, ne serviront pas, demain, à criminaliser encore plus des conflits sociaux radicalisés, des révoltes dans les banlieues, des luttes anticapitalistes, écologistes… On voit déjà comment cet état d’urgence a servi ces derniers jours à perquisitionner des « délinquant-e-s » plutôt que des « terroristes », les catégories visées par le pouvoir risquent vite de devenir troubles et changeantes en fonction de ses besoins et au nom de la sacro-sainte efficacité, l’état d’urgence et autres législations d’exception pourraient bien perdurer et régir notre quotidien

 

4° Nous allons tous et toutes être fermement incité-e-s à adhérer au vieux MYTHE de l’unité nationale. Si les massacres à Paris peuvent, évidemment, susciter une douleur commune, celle-ci ne débouche cependant sur aucune unité réelle. Il n’y a pas d’unité entre un-e raciste et un-e antiraciste, entre les prolétaires et les capitalistes, entre les exploité-e-s et les exploiteurs, entre les gouvernant-e-s et les gouverné-e-s. Celles et ceux qui déclenchent les guerres sont rarement celles et ceux qui en meurent. Celles et ceux qui déclenchent les crises financières ne sont pas celles et ceux qui les payent. Celles et ceux qui subissent la pauvreté et les inégalités ne sont pas les mêmes que celles et ceux qui s’enrichissent grâce à elles. Refuser de se mettre au garde à vous derrière un drapeau, un gouvernement, un État peut être mal vu. Nous assumons. Nous ne sommes pas dupes et nous espérons que vous ne l’êtes pas non plus et que, vous aussi, aucune « unité nationale » ne vous fera taire.

 

5° À gauche comme à droite, les discours tentant de faire du dictateur Bachar El Assad un « partenaire de la lutte antiterroriste » vont se multiplier. On va essayer de nous faire croire que ce boucher qui est à l’origine du conflit ferait partie de la solution, lui dont le régime est responsable de la majorité des 300 000 mort-e-s du conflit syrien et de l’exil de la majeure partie des réfugié-e-s syrien-ne-s, lui qui a libéré des milliers de djihadistes pour pourrir la rébellion et essayer ensuite de se faire passer pour un  rempart contre le terrorisme. Les États occidentaux ont déjà sans surprise laissé crever la révolte populaire syrienne, alimentant ainsi le désespoir et en partie la montée du djihadisme et maintenant, en plus, il s’agirait de sauver ce régime tyrannique. Voila un beau projet… surtout pour les djihadistes qui ne manqueront pas d’exploiter l’écœurement compréhensible des populations locales s’il se concrétisait. De toute façon, les États occidentaux, iranien, russe, les monarchies pétrolières n’interviennent pas en Syrie et en Irak pour les populations mais essentiellement pour défendre leurs intérêts stratégiques et économiques impérialistes.

 

Ce panorama politique est loin d’être réjouissant, d’autant plus que les phénomènes évoqués se nourrissent les uns les autres. Le cercle est vicieux. Il se resserre et on est au milieu. Et on commence à étouffer là-dedans. Et si, dans ce cercle vicieux, il n’y avait aucun camp à choisir ? Ni celui de l’extrême droite franchouillarde, ni celui de cette autre extrême droite qu’est le djihadisme, ni celui de l’État ? Et si l’important était de briser collectivement le cercle, de s’en échapper pour tracer une autre route ?

Plus facile à dire qu’à faire, hein ? Mais le chemin se fait en marchant. Et les points de départ peuvent être nombreux. Ils sont souvent en bas de chez nous. Par exemple ?

Participer aux luttes sociales, combattre les inégalités capitalistes, les discriminations sociales, la précarité, les politiques antisociales d’austérité qui alimentent la dégradation de nos conditions de vie, la misère, le désespoir et l’absence de perspectives ET la montée de l’extrême droite ET les tendances à la radicalisation islamiste.

Soutenir les migrant-e-s et les réfugié-e-s, leur manifester concrètement notre solidarité antiraciste, antifasciste et de classe. À Caen, depuis des années, des squats sont ouverts pour les accueillir, pour pas qu’ils soient à la rue, peu importe leur nationalité, leur couleur, leur religion (s’ils ou elles en ont une). Une assemblée ouverte organise la lutte et y a toujours besoin de coups de mains. Y a des infos sur notre site.

– Manifester notre solidarité internationaliste, par-dessus les frontières, avec les résistances sociales et féministes en Syrie et en Irak. Au Kurdistan syrien, depuis 2 ans, des milliers d’hommes et de femmes combattent l’État Islamique, libèrent des populations et essaient de construire une alternative démocratique. Ils et elles n’ont pas grand-chose mais ils et elles en veulent. Ils et elles ont besoin de soutien financier pour aider les réfugié-e-s, reconstruire les villes détruites, développer les productions locales nécessaires, se procurer des armes. Eh oui, on arrête pas l’État Islamique seulement avec des idées et des alternatives sociales, faut aussi des balles. Vous trouverez des coordonnées bancaires où envoyer de l’argent sur notre site. Faites-le, l’État français le fera pas à votre place, il a pas envoyé un seul mortier là bas (ça fâcherait l’État turc avec qui y a du bizness à faire)… Collecter du fric et informer là-dessus, on l’a fait pendant des mois dans les rues de Caen. On continue mais on vous tend aussi le relais.

 

La résignation, l’individualisme, l’indifférence ne mèneront nulle part.

Les temps qui viennent vont être durs.

Ce n’est pas en courbant la tête qu’on changera les choses,

c’est en la relevant, en s’organisant et en luttant.

Tant qu’il le faudra…

 

Regroupement Révolutionnaire Caennais           

http://rrcaen.neowordpress.fr/                          

rrcaen@riseup.net

 

Si ce texte vous parle, n’hésitez pas à le diffuser par vos propres moyens.

Contre les illusions nationalistes

Tract de l’ex-Assemblée libertaire de Caen, diffusé notamment sur le marché de la Guérinière en février-mars 2013:

Avec la crise, les politicienNEs nous ressortent tous les discours nationalistes, sur des tonalités de droite, d’extrême droite ou de gauche. À les entendre, il suffirait que la France retrouve sa « souveraineté » diluée dans l’Europe, que le commerce international soit limité par du protectionnisme ou qu’on expulse les immigréEs et qu’on remettent au pas les « mauvaisES françaisES », pour que tout aille bien. Ils/elles nous culpabilisent quand nous  n’achetons pas français, comme si on avait le choix quand on doit tout compter. Ils/elles tentent de flatter les ouvrierEs qui restent encore dans ce pays. Ils/elles nous prennent pour des moutons, rassemblés derrière un drapeau, prêts à être tondus et ils/elles rêvent d’être nos bergerEs.

Tous les discours nationalistes et protectionnistes servent surtout les intérêts d’une partie du patronat qui n’est pas tourné vers l’exportation. Nous, les travailleurs/euses, notre seul intérêt, c’est de lutter pour nos droits, nos salaires, nos conditions de vie et de travail, notre environnement naturel, nos libertés d’hommes et de femmes. Il nous faudra en finir un jour avec le capitalisme, qu’il soit national ou mondialisé, où nous serons toujours exploitéEs et dominéEs.

Le nationalisme, c’est ce qui veut vous faire croire qu’il y a des intérêts communs à tout le monde dans ce pays, comme s’il n’y avait pas de classes sociales et de luttes entre elles, comme si on avait les mêmes intérêts que le patronat et les gouvernantEs. Les Mullier, Bétencourt et Arnaud ne sont pas du même côté de la barrière que nous, nous n’avons pas les mêmes préoccupations. Le nationalisme veut ainsi que les gens se rangent derrière l’État et le capitalisme et leur « Ordre » inégalitaire. Il génère de tous temps le racisme, la répression et la guerre. Celles et ceux qui y adhèrent en sont dupes et celles et ceux qui ne « collent » pas au projet en deviennent les cibles (les immigréEs, les contestataires, les minorités etc.).

Ne nous laissons pas diviser, affaiblir par celles et ceux qui veulent régner sur nos vies : travailleure-s, chômeur-e-s, avec ou sans papiers, nous sommes une seule classe ouvrière, une seule classe exploitée, partout dans le monde. Leurs frontières ne sont pas les nôtres. Les capitaux de la bourgeoisie, la spéculation et la pollution sont internationaux eux !

Notre intérêt, c’est notre libération, notre émancipation collective par nous-mêmes. Refusons les divisions entre les peuples, entre soi-disantes « communautés » nationales ou religieuses, rassemblons-nous contre tous les projets anti-sociaux, autoritaires, fascisants, intégristes, racistes et toutes les oppressions. Notre arme pour cela, c’est notre solidarité et notre détermination à lutter. Notre seule patrie est l’humanité.

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Nous devons unir nos forces et nous organiser (tracts en plusieurs langues en 2013)

Nous devons unir nos forces et nous organiser

En France , l’un des pays les plus riches au monde, nous subissons toutes et tous les politiques d’austérité. 2 500 000 personnes n’ont pas des logements décents ou pas de logement du tout. Parmi eux, 30 000 enfants, 38 000 personnes vivant dans des hôtels, 85 000 vivant en caravanes et cabanes. Face à cette situation, certains se tournent vers l’État, mais sans succès. Ainsi, 1 200 000 personnes sont en attente d’un logement social. Pourtant 3 500 000 logements sont vides, dont 5 500 dans l’agglomération caennaise.

Depuis fin mai, le service d’hébergement d’urgence de la Préfecture (115) ne répond plus et expulse celles et ceux qui y étaient hébergés. Ainsi, 780 demandeurs d’asile étaient hébergés fin mai, seulement 500 aujourd’hui. Donc, nous sommes 280 déjà à la rue. Et les expulsions continuent.

Face à cela, pour arrêter les expulsions et demander un logement décent pour toutes et tous, nous devons unir nos forces et nous organiser:

– Tous les lundi à 18H ===> Manifestation devant la Préfecture.
– Tous les mardi à 18H ===> Assemblée Générale au 202 rue de Bayeux.

Liste des tracts au format pdf:

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Offensives patronales, à quand la contre-attaque ?

Le tract distribué par le RRC lors de la journée de grève nationale du 9 avril. La version PDF est aussi téléchargeable ici : Offensives patronales RRC avril 2015

 

Offensives patronales, à quand la contre-attaque ?!

En 2014, les cadeaux faits aux actionnaires des entreprises du CAC 40 ont augmenté de 30% pour atteindre 56 milliards d’euros. A l’échelle mondiale, ce sont plus de 1000 milliards d’euros versés au grand patronat, soit une hausse de 12,6%. Les riches sont donc toujours de plus en plus riches. En France par exemple, chaque année depuis les années 80, environ 9% de la part de richesse créée passe de la poche des salarié-e-s (qui ont créé cette richesse) à celles des actionnaires. Soit chaque année entre 120 et 170 milliards d’euros qui glissent du travail vers le capital. L’arrivée de la crise à la fin des années 2000 n’a pas empêché le grand patronat de faire des profits, elle a juste ralenti la courbe effrénée de la hausse du taux de profit. Quant aux banques, elles ont été massivement sauvées par les fonds propres de l’UE (et de la France notamment) en transférant leurs dettes (privées) en dettes publiques. Cet accroissement considérable des dettes publiques est l’argument principal qui justifie les politiques d’austérités et toutes les attaques anti-sociales. Combiné à une soi-disant nécessité de rendre la France plus « compétitive » et « performante », afin de « favoriser la croissance », « seule à même de créer de l’emploi ». Depuis 20 ans, on nous baratine avec ce genre de terme pour justifier les politiques ultra-libérales. Depuis 20 ans, les conditions de travail et de nos vies ne cessent de se dégrader. Et le chômage de s’envoler. Les salaires directs (fiche de paie) et indirects (CAF, chômage, retraites, sécu) sont actuellement aux premières loges de cette guerre de classe.

Austérité, quand tu nous tiens !

Entre le « Pacte de compétitivité » et de « responsabilité », ce sont 66 milliards d’euros de cadeaux fiscaux offerts au patronat par le pouvoir socialiste. Rien que ça ! Et le plus drôle, c’est qu’en parallèle, ce gouvernement veut économiser 50 milliards d’euros dans la fonction publique, et a d’ores et déjà augmenté la TVA (impôt indirect donc inégal).

Pour faire tant d’économies, pleins de belles idées : gel du point d’indice sur les salaires dans la fonction publique ; nouvelle réforme des retraites faisant travailler plus tout en diminuant les pensions ; non réévaluation des retraites d’ici à octobre 2015 (et plus si affinités) ;  diminution drastique des dépenses de santé (10 milliards d’€ d’économies) ; nouvel accord sur l’assurance chômage attaquant frontalement les intermittent-es du spectacle, les intérimaires et les chômeurs (via les droits rechargeables notamment) ; hausse du contrôle des chômeurs/euses pour favoriser les radiations ; etc.

Et pour les plus précaires et les plus pauvres, les salves sont ultra-violentes

Les CAF par exemple : en septembre 2014, 55 CAF sur 102 recevaient déjà uniquement sur rendez-vous. Et d’ici à fin 2015, toutes les CAF vont se retrouver dans cette situation. Cette suppression des points d’accueil permet non seulement de supprimer plus de 1000 postes, mais elle va considérablement limiter voire diminuer le nombre d’allocataires/trices. En effet, la CAF fait d’une pierre deux coup : elle n’est plus obligée de recevoir les allocataires/trices à qui on a supprimé les aides, et elle limite le nombre d’arrivant-e-s. Obligé-e de prendre rendez-vous via un numéro de téléphone surtaxé, ça devrait réussir à en décourager plus d’un-e. Et même pour les plus courageux/euses, si on donne le rendez-vous dans 2 mois, ça fera toujours 2 mois d’allocs en moins. Qui plus est, pour les plus isolé-e-s et peu habitué-e-s à ce type de démarche, l’exclusion sera quasi immédiate et sans appel. Le même processus est déjà à l’œuvre dans certains Pôle emploi et va se généraliser. Pour la Sécurité sociale, ce n’est qu’une question de temps.

Autre population ciblée : ceux/celles d’origine étrangère, demandeur/euse/s d’asile et sans papiers. Depuis plus de deux ans, les DDCS (direction départementale de la cohésion sociale) restreignent l’accès à l’hébergement d’urgence faute de budget. Conséquence : dans toutes les grandes et moyennes villes, ce sont des centaines voire des milliers de personnes qui se retrouvent à la rue. Partout dans les grandes métropoles, les bidonvilles se multiplient à vitesse grand V, et ces populations survivent dans une extrême pauvreté. Rappelons que ces dernières n’ont pas le droit de travailler, ou alors au black pour le bon plaisir du patronat (quoi de mieux qu’une main-d’œuvre servile et bon marché pour augmenter les profits !). Sans même parler de la véritable traque policière subie au quotidien par ces dernier-e-s. L’année 2014 a été la plus ignoble en termes d’interpellations et de reconduites à la frontière. D’une manière générale, les rues se remplissent, même par des personnes qui sont au chômage ou qui taffent. Vivement la fin 2015 pour le prochain bilan.

 

Objectif : destruction du code du travail

Les attaques que subit le droit du travail depuis l’arrivée au pouvoir des socialos n’ont jamais été aussi sévères. L’ANI d’abord, qui décentralise les décisions, en transférant les négociations syndicats/patronat branche par branche, puis entreprise par entreprise avec la loi Macron. Plus on divise les attaques, plus on divise les grèves, plus on mate et invisibilise facilement ces dernières. L’ANI toujours, qui facilite les licenciements, les mobilités forcées, les baisses de salaires, les hausses de temps de travail sans augmentation de salaire, etc.

La loi Macron tout dernièrement. 106 articles, 106 attaques. Dont certaines sont d’une violence rare : attaques massives contre les maigres protections encore incluses dans le Code du travail ; développement du travail gratuit pour les handicapé-e-s ; quasi-légalisation des délits patronaux ; augmentation du travail le dimanche ; suppression des majorations du travail de nuit entre 21h et 00h00 ; mise au pas des Prud’hommes ; etc.

 

De ces agressions sociales, les femmes sont les premières touchées. Déjà, ce sont elles qui occupent la quasi intégralité des temps partiels et autres boulots difficiles et sous payés (82%), qui servent de main-d’œuvre à moindre coût, et qui cumulent en plus pour une large majorité le travail domestique (et plus c’est la galère, plus il est difficile et insupportable). Le travail généralisé le dimanche, le travail non majoré une partie de la nuit entre autre, ce sont principalement elles qui vont le subir !

 

Une grève, une manif, et puis voilà ??

Les attaques, on le sait, vont s’accentuer. Les salves à venir vont être, si nous ne faisons rien, bien pires que celles passées. Les seuls secteurs publics qui bénéficient et vont bénéficier d’apport plus que conséquent de moyens sont ceux liés à la répression d’Etat (Police, Justice, Armée). La toute prochaine loi sur le renseignement intérieur va légaliser de nombreuses pratiques illégales des flics et renforcer le contrôle de nos vies. En face, le pouvoir s’organise, et ce partout en Europe. Les guerres impérialistes, comme généralement dans ce genre de situation historique, se démultiplient. Il est particulièrement important pour nos gouvernements de jouer sur les peurs, de parler de « terrorisme », de mener une « guerre », « uni-e-s » contre « la barbarie ». Et en même temps d’assurer la sécurité des territoires où leurs intérêts géostratégiques et économiques (extraction des ressources, exploitation de la force de travail à moindre coût, etc.) sont menacés.

Quant à l’extrême-droite de tous bords, elle se frotte les mains.

Cette grève du jeudi 9 avril va comme d’habitude rester lettre morte. Les mouvements sociaux d’ampleur sont historiquement rares sous un gouvernement social-démocrates (en France au moins). Les bureaucraties syndicales et ceux/celles qui les dirigent tiennent ici leur rôle de pacificateur à bras le corps.

Qu’on se le dise, quelque soit le gouvernement, la période 2017-2022 va être ultra-violente sur le plan social et humain. Il est plus que nécessaire de s’organiser dès maintenant et à la base, dans nos boites, nos facs, contre la baisse de nos salaires (directs et indirects), les attaques contre le droit du travail et les services publics, etc. Bref, arrêter de courber l’échine.

Regroupement Révolutionnaire Caennais

Mail : rrcaen@riseup.net

Site : rrcaen.neowordpress.fr

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Présentation RRC

Constatant le manque de perspectives, la faiblesse d’organisation et la présence de désaccords de plus en plus visibles dans le milieu révolutionnaire local, au début de l’été 2014, quelques personnes se sont réunies pour discuter et ont décidé de lancer une initiative en vue de créer un regroupement révolutionnaire à Caen sur des bases et des pratiques communes, auxquelles chacun-e est attaché-e : lutte de classe, antiétatisme, internationalisme, anti-patriarcat, interventionnisme politique, stratégie révolutionnaire. Il existe des divergences, mais nous considérons qu’elles sont dépassables et que nous pouvons nous organiser ensemble au quotidien pour intervenir politiquement.

A partir des bases politiques évoquées, cette discussion s’est élargie vers d’autres personnes intéressées par ce projet. Des réunions régulières, tous les 15 jours, ont commencé à avoir lieu pour s’organiser et agir.

On en avait marre d’être dispersé-e-s, sans réels moyens. On voulait pouvoir discuter des questions de fond, prévoir, anticiper, intervenir, bref, arrêter de subir et s’organiser pour les luttes actuelles et celles à venir. Ce regroupement nous a paru indispensable car les années qui viennent vont être encore plus dures politiquement et socialement.

Il est ressorti des discussions quelques grandes lignes sur lesquelles nous souhaitons nous construire.

Lutte de classe : Par lutte de classe, nous entendons la lutte des exploité-e-s contre les exploiteurs/euses, la lutte des travailleurs-euses (privé-e-s d’emploi, radié-e-s de Pole Emploi ou jamais inscrit-e-s compris) – soit celles et ceux qui créent la plus-value mais qui n’en bénéficient pas – contre ceux/celles qui possèdent les moyens de production et exploitent la force de travail. La lutte de classe se décline à différentes échelles. Elle est à la fois un socle indispensable d’une perspective révolutionnaire, mais peut aussi se retrouver dans des luttes de boites (salaires, conditions de travail, prime de licenciement etc.), dans des luttes contre les suppressions de postes dans la fonction publique, la privatisation/marchandisation des services, les attaques sur les salaires directs et indirects (c’est-à-dire issus des cotisations salariales), etc. D’autre part, nous considérons qu’au sein de la lutte de classe, il y a des luttes de classes. En effet, le système capitaliste utilise tous les moyens en sa possession pour maximiser les profits et diviser les exploité-e-s : racisme, xénophobie, patriarcat, etc. La lutte de classe sans lutte contre les formes de domination qu’utilise le capitalisme ne permettra pas de détruire ce système.

Anti-patriarcat : Par anti-patriarcat, nous entendons la lutte contre la domination (politique, économique, culturelle, sociale, sexuelle et symbolique) des hommes sur les femmes, que ce soit au sein du capitalisme ou en dehors. Nous pensons que les femmes subissent une injustice spécifique et systématique en tant que femmes. La lutte antisexiste, féministe, doit s’inscrire aussi bien dans le quotidien que dans les luttes et dans nos milieux. La déconstruction du genre en tant qu’attribution d’attitudes et de comportements en fonction du sexe biologique fait partie intégrante de la lutte antipatriarcale.

Internationalisme et solidarité internationale de classe : Elle passe selon nous par la lutte contre l’exploitation des populations (notamment par l’exploitation de leur force de travail à moindre coût et des ressources naturelles) au profit de capitalismes de blocs ou nationaux. L’internationalisme s’oppose à toute forme de nationalisme, impérialisme, colonialisme, néocolonialisme, facettes indispensables au bon fonctionnement du système capitaliste. Notre implication internationaliste se décline à la fois par la lutte contre l’impérialisme français, mais aussi par la solidarité financière, matérielle, politique envers les résistances sociales, féministes, émancipatrices (collectes de fonds, diffusion d’info, prises de contact, etc.).

Evidemment, des discussions sur ces sujets, et pleins d’autres, sont toujours en cours parce que ce projet est collectif et que nous souhaitons l’élargir à toutes celles et tous ceux susceptibles d’être intéressé-e-s et sortir d’un certain isolement politique.

Nous cherchons à fonctionner d’une manière non-hiérarchique, accueillante, collective, ouverte et constructive.

Finalement, ce regroupement est vu comme un outil et non une fin en soi. L’idée est de se fondre dans les luttes et des Assemblées Générales décisionnelles qui en sont issues, de leur apporter ce que l’on peut, tout en gardant un espace à partir duquel on peut s’exprimer et agir, que ce soit entre les luttes ou au cours de celles-ci si on en ressent la nécessité. Nous comptons créer un journal qui relaiera un certain nombre de luttes sociales et tentera notamment d’effectuer un travail de vulgarisation de théories politiques révolutionnaires.

Les réunions ont lieu pour le moment tous les samedis (lieux et horaires modulables). Un site internet est en cours d’élaboration. Pour les personnes intéressées, envoyer un mail à rrcaen@riseup.net, ou en parler directement avec nous.

Regroupement Révolutionnaire Caennais.

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