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Les attentats du 13 novembre à Paris : la terreur de l’Etat islamique, l’état d’urgence en France, nos responsabilités – Par Pierre Rousset et François Sabado, membres de la 4e Internationale

Nous relayons un texte trouvé sur le bon site “Mondialisme.org” (http://mondialisme.org/).

Ce texte écrit par deux militants trotskistes, dans la foulée des attentats du 13 novembre, fait preuve de lucidité même si nous ne sommes évidemment pas en accord avec tout.

 

Solidarité avec les victimes !

Les 13 novembre constitue un changement dans la situation politique nationale et internationale. L’Etat islamique (EI, Daesh) a encore frappé ; et plus fort encore. En janvier, les cibles étaient les journalistes de Charlie Hebdo, la police et les juifs. Cette fois-ci, c’est la jeunesse du pays qui est visée. Ils n’ont pas tué n’importe où et n’importe qui : ils se sont attaqué aux jeunes, à la jeunesse sous toutes ses couleurs, quelles que soient ses origines, ses religions (ou absence de religion), ses opinions politiques. Au moins 130 morts, plus de 350 blessés – un millier au bas mot de témoins directs du carnage. Beaucoup d’entre nous ont des proches parmi les victimes et, sinon, nous avons des amis qui en ont. L’onde de choc, l’émotion, est profonde.

L’objectif poursuivi par les commandos de l’Etat islamique ne fait pas mystère : fracturer par la terreur la société. Créer une situation où la guerre des uns contre les autres s’impose ; où la peur dresse d’infranchissables barrières entre les citoyennes et citoyens selon leurs origines, leurs religions, leurs modes de vie, leurs identités – creuser un fossé de sang au sein même de la religion musulmane, forcer les croyants à choisir un camp. Qui n’est pas avec nous jusqu’à l’inhumain est contre nous, et devient une cible « légitime ».

Les attentats de Paris ont été parmi les plus sanglants perpétrés dans le monde par l’État islamique et autre mouvement similaire, qui répondent à la même logique destructrice. Notre solidarité est internationale, elle se tourne en particulier vers celles et ceux qui, en d’autres pays, la combattent au péril de leurs vies : en Syrie et en Irak, au Liban et à Bamako, au Pakistan et en Turquie…. Nous devons avant tout affirmer notre compassion, notre identification, notre fraternisation avec les victimes, avec leurs proches.

En un tel moment, nous continuons bien entendu poursuivre la lutte de classes, à soutenir le combat de toutes et tous les opprimés ; mais au-delà, nous défendons l’humanité contre la barbarie. La dimension humaniste de l’engagement révolutionnaire reste pour nous une boussole. Toute politique progressiste commence par l’indignation, l’émotion. Elle ne se réduit pas, bien entendu, à celles-ci, mais tel est son point de départ. N’opposons pas réfléchir à pleurer ! Ne parlons pas d’une langue de bois, n’écrivons pas d’une plume glacée ! Ici et maintenant, aidons les victimes et leurs proches, participons aux moments de deuil, aux minutes de silence, aux manifestations de solidarité. Nous sommes dans ce mouvement – et c’est de là que nous pouvons expliquer nos positions.
Quel que soit le rôle de l’impérialisme, l’Etat islamique est responsable de ses actes

Les révolutionnaires se doivent de rejeter clairement et nettement la barbarie fondamentaliste. Elle doit être combattue – par nos méthodes, selon notre orientation et non celle de nos gouvernants –, mais elle doit être activement défaite.

Sous le choc des événements, des organisations de gauche, associations et syndicats ont plié devant l’appel à l’union nationale ; d’autres comme en réaction ont tellement souligné les très réelles responsabilités politiques et historiques de l’impérialisme occidental que la dénonciation de l’Etat islamique en est devenue inaudible. Au fil des jours, les prises de position se sont souvent clarifiées. Tant mieux. Mais on lit encore bien des articles jugeant que si les attentats « n’avaient aucune excuse », il fallait avant tout prendre en compte « le contexte » – l’analyse dudit contexte se réduisant pour l’essentiel à l’énumération des méfaits impérialistes, on pourrait en conclure que les mouvements fondamentalistes ne font que réagir à l’action des grandes puissances et que nous devrions en quelque sorte leur accorder des circonstances atténuantes. Il est nécessaire de lever toute ambigüité à ce sujet.

Etrangement, bien des plumes de gauche dénoncent vigoureusement les attentats fondamentalistes, mais se refusent à condamner nommément, explicitement, les mouvements qui les commettent. Plus étrange encore, bien des organisations qui n’hésitent pas à le faire (nommer les coupables, expliciter leur caractère réactionnaire) n’en tirent aucune conséquence pratique. Quand on en arrive aux tâches, le combat contre le terrorisme et contre ces fondamentalismes n’est plus mentionné ; ce qui, soit dit en passant, laisse à nos gouvernants le monopole des réponses spécifiques. Nous sommes généralement d’accord pour nous attaquer aux impérialismes et à leurs guerres, à une mondialisation capitaliste destructrice, aux inégalités et aux discriminations, à l’idéologie du choc des civilisations, aux racismes – dont l’islamophobie –, aux héritages du passé colonial, aux politiques sécuritaires et états d’exception, aux appels à l’union nationale et à la paix sociale… A certaines causes donc et aux conséquences des drames que nous vivons. Mais nous devons aussi combattre l’influence de Daesh (entre autres) dans nos propres sociétés et nous solidariser concrètement avec les résistances populaires dans les pays du Sud déchirés par le fanatisme religieux – un devoir internationaliste s’il en est ! Il y a là un « point aveugle » dans une bonne part de la gauche radicale, même celle qui ne sombre pas dans un « campisme » délétère. C’est pourquoi nous donnons de l’importance à cette question dans notre contribution.

L’Etat islamique et autre mouvement similaire ne se contentent pas de réagir ; ils agissent selon un agenda qui leur est propre. Ce sont des acteurs politiques qui poursuivent des objectifs déterminés. Il fait peu de doute que Daesh soit effectivement responsable des attentats de Paris. Cette organisation a construit un protoÉtat sur un territoire équivalent à celui de la Grande-Bretagne. Elle gère une administration, accumule d’immenses richesses (évaluées à près d’1,8 milliards de dollars), organise la contrebande de pétrole ou de coton. Elle mène des opérations de guerre sur de multiples théâtres d’opérations, a recruté des informaticiens du plus haut niveau… Elle n’est pas une marionnette ! Elle est responsable de ces actes – totalement responsable des attentats qu’elle commet en tant de lieux.

Cette responsabilité propre ne s’efface pas du fait des responsabilités de l’impérialisme, aussi écrasantes soient ces dernières – et depuis longtemps : des accords Sykes-Picot du début du XXe siècle aux interventions actuelles des grandes puissances. On entend souvent dire que sans l’intervention US de 2003 en Irak (qui a déstabilisé la région, disloqué des Etats), Daesh n’existerait pas. Ce n’est vrai qu’en ce qui concerne un enchaînement spécifique qui a conduit à la fondation de l’Etat islamique tel qu’on le connaît. Autrement, c’est faux. L’émergence des forces djihadistes ne découle pas mécaniquement de la seule domination impérialiste, elle est le produit combiné de nombreux facteurs qui vont de la faillite des gauches arabes (et européennes) jusqu’à la volonté des bourgeoisies dans la région d’avoir de nouvelles forces contre-révolutionnaires pour appuyer leurs ambitions régionales ou combattre la montée révolutionnaire au sein du monde arabe. C’est aussi vrai concernant la montée des fondamentalismes religieux en d’autres parties du monde, y compris dans des pays qui n’ont rien connu de comparable à la guerre de 2003, comme l’Inde (extrême droite hindouiste), la Birmanie (extrême droite bouddhiste) ou les Etats-Unis (extrême droite chrétienne – puissante bien avant le 11 septembre, 2001 et fort proche de Bush).


Retour sur le « choc des barbaries »

Il y a une responsabilité impérialiste occidentale, comme au lendemain de la guerre 14-18 (le traité de Versailles) dans la montée du nazisme en Allemagne. Les antifascistes de l’époque n’ont pas manqué de le rappeler systématiquement. Cependant, une fois qu’il a pris son envol, le parti nazi a été dénoncé et combattu en tant que tel. Daesh a pris son envol…

Nous devons continuer à expliquer le contexte, mais l’Etat islamique doit être appréhendé pour ce qu’il est, pas comme la simple ombre portée de l’Occident. L’impérialisme contemporain, les politiques néolibérales, la mondialisation capitaliste, les entreprises de recolonisation, les guerres sans fin déchirent le tissu social d’un nombre croissant de pays, libérant toutes les barbaries. Mais les fondamentalismes religieux sont eux aussi de redoutables agents de la désintégration de sociétés entières. Il n’y a pas en l’occurrence une « barbarie principale » (de l’Occident) qu’il faudrait combattre aujourd’hui et une « barbarie secondaire » (Daesh et consort) dont on ne devrait se préoccuper que dans un avenir indéfini. L’inverse est tout aussi vrai : on ne doit pas fermer les yeux sur la barbarie impérialiste et celle des dictatures « alliées » sous prétexte de combattre la barbarie fondamentaliste. Il n’y a pas de hiérarchie dans l’horreur. On doit défendre activement et sans attendre toutes les victimes de ces barbaries jumelles, qui se nourrissent l’une l’autre, sous peine de faillir à nos devoirs politiques et humanitaires.

Les fondamentalismes religieux ont souvent été initialement soutenus par Washington au nom de la lutte contre l’URSS (en Afghanistan, au Pakistan…) avant d’affirmer leur autonomie, voire de se retourner contre leur parrain. Profondément réactionnaires, ces mouvements n’ont rien de progressiste. Il n’y a pas « d’anti-impérialisme réactionnaire » ! Ils veulent imposer un modèle de société à la fois capitaliste et passéiste, totalitaire au sens fort du terme. Bien entendu, la France est frappée en raison de sa politique moyen-orientale ou de son histoire coloniale et post colonial. Mais lorsque Daesh massacre les Yezidis parce qu’ils sont Yezidis, réduit des populations à l’esclavage, vend des femmes, déstabilise le Liban, pousse aux extrêmes les violences interconfessionnelles (notamment à l’encontre des chiites), quel est le rapport avec un supposé anti-impérialisme ?

Tous les mouvements fondamentalistes n’ont pas les mêmes bases, la même stratégie. Certains, comme l’Etat islamique, sont-ils fascistes ? Ils n’entretiennent pas les mêmes rapports (complexes) avec des secteurs des bourgeoisies impérialistes comme en Europe dans les années 30, mais les reproduisent avec des secteurs des bourgeoisies de « puissances régionales » comme au Moyen-Orient l’Iran, l’Arabie saoudite, le Qatar, la Turquie… Ils attirent la « poussière d’humanité » de sociétés en déliquescence aussi bien que des éléments des « classes moyennes », d’une « petite bourgeoisie » d’un salariat éduqué. Ils usent de la terreur « par en bas » pour imposer leur ordre. Ils déshumanisent l’Autre et en font des boucs émissaires comme hier les nazis des Juifs, Tziganes ou homosexuels. Ils éradiquent toutes formes de démocratie et d’organisations populaires progressistes. L’exaltation religieuse occupe la même fonction que l’exaltation nationale dans l’entre-deux-guerres et leur permet, en sus, de se déployer internationalement. Il serait étrange que les convulsions provoquées par la mondialisation capitaliste ne donnent pas naissance à de nouveaux fascismes, comme il serait étonnant que ces derniers ressemblent trait pour trait à ceux du siècle précédent. Il y a une différence avec les fascismes européens, c’est l’imbrication de cette réaction intégriste totalitaire, de la crise de dislocation d’Etats, et des rapports de domination impérialistes-économiques et militaires qui encadrent la région. La lutte antiterroriste doit être menée par les peuples de la région, et non par une coalition de puissances occidentales. Une nouvelle intervention militaire des puissances impérialistes et de la Russie, appuyée sur chacun de ses flancs, par les pays du golfe et par la dictature syrienne, peut affaiblir Daesh sur le plan militaire, mais elle ne peut que provoquer une réaction de rejet de tous les peuples sunnites de la région.


La crise de société en France

Les attentats du 13 novembre ont été avant tout commis par des Français ou Franco-Belges – la France étant avec la Belgique deux des pays d’où les départs pour la Syrie ont été les plus fournis. Il n’y a pas un profil unique des personnes qui se rallient à l’Etat islamique. Elles peuvent être de familles croyantes, musulmanes laïques ou non musulmanes : les convertis récents, non arabes, sont assez nombreux. De même, elles peuvent être issues de milieux très précarisés ou stables, avoir un passé de délinquant ou pas. Dans certains cas, la « radicalisation » d’un individu est l’aboutissement d’un long processus ; pour d’autres, il s’agit d’un basculement brutal. Comme on pouvait s’y attendre, la plupart des hommes qui ont commis des attentats en France proviennent de milieux particulièrement défavorisés, ont connu la prison et ont été membres de gangs, mais pas tous. Confrontés à cette pluralité des profils, nous ne pouvons nous contenter d’explications simples, uniquement sociologiques (précarisation, racialisation des rapports sociaux…) ou historiques (l’empreinte postcoloniale).

A la différence de radicalisations antérieures de la jeunesse, celle-ci est très minoritaire et ne porte pas les mêmes aspirations humanistes. L’Etat islamique se met lui-même en scène sous son jour le plus cru : « venez couper des têtes avec nous ». L’armée française a massivement torturé, notamment durant la bataille d’Alger, mais le gouvernement et l’état-major niaient farouchement leurs crimes : pas d’appels proclamant « Rejoignez, votre Grande Armée, venez torturer avec nous » ! Daesh affiche explicitement un discours de haine et d’exclusion de l’Autre (à l’instar des plus extrêmes des extrêmes droites). Il n’y a pas d’analogie possible entre les départs actuels en Syrie et la constitution des brigades internationales lors de la guerre civile espagnole – ou la radicalisation des années 60.

Rien de banal dans tout cela ni dans le recours à la terreur de masse. Prétendre que le terrorisme serait l’arme « naturelle » des opprimés dans des guerres « asymétriques », c’est ignorer les leçons des grands combats de libération du siècle passé, des guerres révolutionnaires. Dans les luttes pour leur indépendance ou contre l’impérialisme, en Indochine ou en Amérique latine, les attentats terroristes ont été à l’époque rares et les mouvements concernés ont généralement rapidement compris que le coût politique de telles opérations était trop élevé – et posait bien des problèmes éthiques. En Algérie, le FLN, qui s’était aventuré sur ce terrain a vite fait marche arrière, sous la pression de certains de ses secteurs ou des mouvements de solidarité avec l’indépendance algérienne.

Nous subissons les conséquences ultimes de la « crise du politique », de la désocialisation inhérente à nos sociétés néolibérales et de leur injustice croissante, de la défaite subie par nos générations (les radicaux des années 60-70), de l’incapacité des gauches dans nos pays à offrir une quelconque perspective radicale et à agir au sein des populations précarisées. Nous touchons de ce fait à des domaines que la plupart d’entre nous ne maitrisons pas : la psychosociologie, le rapport entre fragilités identitaires individuelles et déliquescence du tissu social, les quêtes adolescentes. L’Etat islamique offre une armure identitaire et du pouvoir : pouvoir de la représentation, pouvoir des armes, pouvoir sur les femmes, pouvoir de vie et de mort… Bien plus qu’un supposé anti-impérialisme, c’est ce qui fait son attrait.

Ce sont des questions que nous devons intégrer plus que nous ne l’avons fait jusqu’à maintenant ; et dont nous pouvons déjà tirer quelques implications. Le combat antiraciste, aussi important soit-il, ne suffit pas. A l’encontre de l’individualisme néolibéral et son anonymat (qui connaît ses voisins ?) il faut favoriser, reconstituer, les lieux de socialisation, du « vivre ensemble », de la mixité – et réintroduire une réflexion de fond sur l’éthique de l’engagement et de la lutte.

Dans une telle situation, tous les racismes constituent un danger mortel, dont le racisme d’Etat bien entendu, mais pas seulement. Luttons contre ce qui peut alimenter les tensions intercommunautaires, opposer les opprimés les uns aux autres que ce soient le racisme anti-arabe ou la négrophobie, l’antisémitisme ou l’islamophobie, la discrimination des Roms… – et pour cela, nourrissons une culture du vivre ensemble, du respect des droits de toutes et tous.


Nos tâches internationalistes

Les derniers événements (13 novembre, attentats au Sinaï contre l’avion de ligne russe…), ont précipité une évolution des alliances que l’on percevait déjà avant, avec la formation d’une grande coalition : intégration de la Russie, abandon des prétentions à l’autonomie de la France, inquiétudes manifestées jusqu’en Arabie saoudite sur le déploiement de l’Etat islamique… En contrepartie, le régime Assad est conforté alors qu’il est à l’origine de la crise syrienne et coupable des crimes que l’on connaît. Cela suffira-t-il à favoriser un accord temporaire entre puissances régionales appartenant aux dits « blocs » sunnite et chiite ?

Il est encore bien tôt pour mesurer toutes les implications de ce tournant dans la situation internationale. Soulignons pour l’heure les points suivants :

Les compromis entre Occidentaux et la Turquie ou le régime Assad se feront au détriment des forces qui sur le terrain méritent le plus notre soutien : Kurdes, Yezidis, composantes progressistes et non confessionnelles de la résistance au régime. Il faut leur apporter notre solidarité politique et matérielle et exiger qu’ils reçoivent notamment un armement adéquat – ce dont les composantes progressistes de l’ASL n’ont jamais bénéficié (et pourtant, elles résistent !) et ce dont les Kurdes pourraient être privés, en particulier sur le front syrien. Force est de reconnaître que nous n’avons jamais fait en France, en ce domaine, ce que nous aurions dû.

L’intensification des bombardements de la coalition, avec le prix exorbitant payé par les civils, risque de renforcer l’audience de Daesh auprès d’autres composantes islamistes opérant en Syrie. Le résultat net de cette politique serait alors de conforter à la fois le régime Assad et les organisations fondamentalistes (à commencer par l’Etat islamique) ! Pour éviter ce piège, il faut rompre avec la logique des grandes puissances : aidons les forces populaires en Syrie, en Irak à poursuivre leur combat au lieu de vouloir se substituer à elles, voire à les marginaliser plus encore.

Luttons donc contre la politique de guerre de nos gouvernants, mais comprenons aussi la spécificité de ce conflit, bien différent des guerres d’Indochine ou d’Algérie : le retrait des troupes françaises ou américaines signifiait alors la fin des principales ingérences étrangères et créait les conditions d’une victoire. Ce n’est pas le cas aujourd’hui au Moyen-Orient : il resterait la Turquie, l’Iran (et le Hezbollah), l’Arabie saoudite, le Qatar, l’Algérie, l’Egypte… Dans une géopolitique aussi complexe, il nous faut écouter les mouvements que nous soutenons pour tenir compte de ce dont ils ont besoin matériellement et politiquement. C’est aux peuples de décider pas aux coalitions impérialistes. Mais, et c’est une dimension particulière de cette guerre, les Kurdes comme les démocrates syriens ont demandé et demande une aide sanitaire et militaire, y compris aux gouvernements occidentaux. Il faut la leur donner. Pas de substitution à la décision et à l’autodétermination des forces démocratiques syriennes et kurdes, mais aucune hésitation à les aider et à faire pression sur nos gouvernements pour qu’ils répondent aux appels qu’ils lancent.

Sur le plan international, l’hypocrisie des forces occidentales doit être dénoncée : d’un côté, elles prétendent combattre le terrorisme et de l’autre elles appuient des régimes comme ceux du Qatar, de l’Arabie saoudite ou de la Turquie.

La coalition qui se constitue n’est en rien une alliance « démocratique » contre une menace totalitaire. Outre nos impérialismes « classiques », elle comprend la Russie de Poutine, l’Arabie saoudite dont le régime est très proche du modèle de société prôné par Daesh, le Qatar, la théocratie iranienne, la Turquie d’Erdogan… Quelle que soit la nature de l’Etat islamique, toute analogie avec un « front démocratique antifasciste » est invalide. Nous ne sommes ni avec la coalition, ni avec Daesh, ni avec Assad. Nous sommes pour le droit à l’autodétermination des peuples – dont le peuple palestinien –, contre toutes les barbaries.


Un tournant de la situation nationale

Comme en janvier dernier après le massacre des journalistes de Charlie, la mort du personnel de police, l’attaque de l’Hypercacher1, l’émotion a submergé le pays – ce qui est évidemment parfaitement normal.

Les actes islamophobes se sont multipliés, mais ils sont le fait d’une frange seulement de la population. Les actes de solidarité et de convivialité se sont aussi multipliés : grand sourire dans le métro quand on croise un Magrébin, galanterie ostentatoire (même si désuète) quand on s’efface pour laisser passer une femme voilée, réoccupation des lieux de fêtes et de mixité, rejet des amalgames… Malheureusement, tous ces gestes-là ne sont pas recensés et n’entrent pas dans les statistiques.

Comme en janvier, aussi, les politiques sécuritaires sont plébiscitées, les forces de l’ordre applaudies. Or, plus encore qu’en janvier, le gouvernement saisit l’occasion pour prendre des mesures liberticides. Ce fut hier le cas de la loi sur le renseignement qui donne des pouvoirs exorbitants aux services secrets. C’est maintenant le cas avec l’instauration de l’état d’urgence, son durcissement par le Parlement, l’appel du gouvernement français à ce que l’Union européenne suive avec, notamment, le fichage des passagers prenant l’avion, et l’annonce par François Hollande d’une réforme constitutionnelle.

La France est déjà dotée de deux régimes d’exception, forgés notamment à l’occasion de la guerre d’Algérie : l’état d’urgence (une demi-loi martiale qui libère les forces de l’ordre du contrôle judiciaire et limite les libertés) et l’état de siège (une loi martiale intégrale donnant les pleins pouvoirs à l’armée). Pourquoi cela ne suffit-il pas à nos gouvernants ? Parce que le recours à l’état d’urgence, par exemple, est limité dans le temps et demande un vote parlementaire – qui en l’occurrence fut presque unanimement favorable : elle a été soutenue par la grande majorité des socialistes, des Verts et des députés communistes. La réforme constitutionnelle permettrait au gouvernement (ou au président ?) de prendre plus librement des mesures d’exception – et de faire finalement de l’exception la règle : intervention de l’armée en matière de police, perquisitions arbitraires, détentions « préventives », interdiction des manifestations ou grèves, censure de la presse, etc. Le texte de loi que rédigera Hollande n’est pas encore connue, mais ses intentions sont claires. Le régime deviendra de plus en plus autoritaire, la militarisation de société fera un bond en avant.

Bon nombre de personnes s’inquiètent de ce qui se passerait si Marine Le Pen et le Front national emportaient les élections (un scénario qui ne relève pas de la politique fiction), mais ne se demandent pas ce que les Hollande, Valls, Sarkozy ou autres en feront. Il est donc très important de rappeler ce que les gouvernements « républicains » ont fait par le passé – dont la torture en Algérie et l’adoption d’une loi d’amnistie qui interdit de mettre en accusation ses auteurs (on ne peut que les accuser d’apologie de la torture si, après-coup, il en défendent l’usage), l’oubli médiatique du massacre des Algériens de Paris le 17 octobre 1961 (terrorisme d’Etat s’il en est), le putsch des généraux à Alger, de multiples coups fourrés des services secrets, l’attentat contre le Rainbow Warrior de Greenpeace (un mort, terrorisme d’Etat à nouveau), l’assassinat de dirigeants kanaks, etc. En fait, l’ensemble des lois sécuritaires adoptées ces dernières années et les dispositifs de surveillance mis en place permettront au pouvoir quel qu’il soit de mener une guerre civile rampante quand il le désirera. Enfin, au-delà de la marche au tout sécuritaire, il y a un calcul politique. Hollande et Valls comptent sur l’état d’exception pour utiliser une nouvelle fois l’arsenal bonapartiste et se hisser d’une certaine façon, au-dessus des partis et des institutions. Opération qui vise à neutraliser le bilan catastrophique des gouvernements depuis 2012 et à promettre au Parti socialiste de meilleurs résultats électoraux. Pari des plus hasardeux. Hollande et Valls peuvent jouer la carte sécuritaire, appuyée sur les institutions de la Ve République, mais dans la situation politique actuelle où les vents mauvais vont à droite et à l’extrême droite, ce sont ces forces qui risquent de profiter de cette manœuvre.

Les résistances à la prolongation de l’état d’urgence ont été très faibles dans la gauche parlementaire, mais plus importante à la base (au sein du PCF par exemple, contre le vote de ses représentants) ou dans le mouvement social et syndical : Solidaires, mais aussi la CGT.

Le moment politique présent est lourd de très grands dangers. La démocratie politique a déjà été vidée de son contenu, les assemblées élues n’ayant plus prise sur les principales décisions (qui relève de l’Union, de l’OMC, des traités intergouvernementaux…). Ce sont maintenant les libertés civiques, déjà sous contraintes, qui risquent de devenir une coque vide. Le gouvernement veut pouvoir assigner la société à résidence. Or la population n’en a pas conscience.

L’important est de lier entre eux les terrains de résistance, de manifester notre solidarité avec les victimes du terrorisme, donner les moyens matériels, politiques et militaires de survivre et de vaincre aux peuples qui luttent pour leur liberté, d’aider les forces progressistes et non confessionnelles qui luttent sur le terrain tout à la fois contre l’obscurantisme sanguinaire, terroriste, de Daesh et celui du régime d’Assad qui l’a tant favorisé. C’est arrêter d’engager des guerres et des bombardements, arrêter de soutenir des régimes absolutistes et de promouvoir les injustices sociales et politiques au Moyen-Orient comme ailleurs.

L’état des forces progressistes en France est assez désastreux, mais, en ce moment clé, des points d’appui pour résister existent : dans les sentiments de solidarité partagés au sein de la population, dans la réaction de la jeunesse, dans le refus par bon nombre d’associations et syndicats d’accepter des mesures liberticides, un régime permanent d’exception. De quoi construire un front uni en défense des libertés ici et ailleurs, du vivre ensemble, de la solidarité.

 

ATTENTATS DE PARIS : QUELQUES CONSEQUENCES PREVISIBLES…

Le Regroupement Révolutionnaire Caennais diffuse actuellement ce texte à la suite des attentats de Paris. N’hésitez pas à le faire circuler s’il vous convient. Des diffusions publiques auront lieu sous peu à Caen dans la rue et sur des marchés.

Une version PDF téléchargeable est disponible ici : FINAL texte RRC sur attentats de Paris

Attentats à Paris : des conséquences prévisibles…

 

Les tueries du 13 novembre, à Paris, 10 mois après celles visant « Charlie Hebdo » et le supermarché kasher, viennent tragiquement s’ajouter à la longue liste des horreurs commises par le soi-disant « État Islamique » en Irak et en Syrie: exécutions en masse de prisonnier-e-s de guerre et de civil-e-s, massacres de minorités, mise en esclavage des femmes, attentats aveugles par dizaines …

La colère, le dégoût et la tristesse ne doivent cependant pas empêcher la réflexion. Les attentats à Paris vont donner lieu à des tentatives d’instrumentalisation politique et avoir des conséquences évidentes. Il nous paraît important de les identifier parce qu’elles nous paraissent dangereuses.

 

1° Dans les semaines qui viennent, les agressions racistes, nationalistes vont se multiplier contre des lieux de culte musulmans, des locaux d’associations immigrées, des centres d’hébergement pour demandeurs-euses d’asile, des squats, des femmes voilées. Cela s’était produit après les attentats de janvier. Cela va malheureusement se reproduire. Des militants ou sympathisants d’extrême droite, des imbéciles haineux vont tenter de jeter de l’huile sur le feu.

 

2° D’une manière plus générale nous allons assister à une vague de discours d’extrême droite pratiquant l’habituel double amalgame, « immigré-e-s = musulman-e-s = envahisseurs-euses » suivi de prés par le « musulman-e-s = terroristes ». Ces discours racistes se dissimuleront souvent derrière une prétendue défense de la laïcité, de la liberté et de la sécurité et prendront des formes diverses : petites phrases médiatiques « chocs », déclarations troubles où l’on triture le vocabulaire pour que les étranger-e-s inspirent la peur, appels délirants à la déportation de masse ou au meurtre sur les réseaux sociaux, où vont se répandre aussi fausses rumeurs et photomontages truqués qui sont une spécialité de l’extrême droite depuis des années.

La question de l’afflux et de l’accueil des réfugié-e-s qui fuient actuellement l’Irak et la Syrie va être probablement au centre de cette offensive idéologique d’extrême droite qui va tenter de faire passer les victimes pour les bourreaux… alors que les tueries de Paris devraient nous aider à mieux comprendre la réalité terrible que fuient les centaines de milliers de réfugié-e-s actuel-le-s. Là bas, c’est chaque jour qu’il y a des massacres… Ces discours sont une insulte contre l’intelligence, la dignité morale et la solidarité humaine les plus élémentaires.

 

3° Nous allons assister à des surenchères sécuritaires de la part des partis politiques. Ça va être un concours de gros muscles à l’approche des élections. Ils vont chercher à surfer sur l’émotion légitime et la peur qui peut prendre des dimensions irrationnelles…

Comme toujours, forcément pour notre bien, l’État (et soyons clair-e-s, l’État c’est pas toi, moi, nous, c’est autre chose, c’est pas neutre et, d’en haut, ça gouverne nos vies) va prétendre protéger LA liberté abstraite en réduisant nos libertés concrètes, en affirmant que la sécurité est la première des libertés, en accentuant les politiques de flicage et d’espionnage DE MASSE. Un-e terroriste, finalement, ça peut être n’importe qui, donc ça peut être toi, donc toi aussi tu dois être surveillé-e.

On parle « d’assigner à résidence » (avec éventuellement des bracelets électroniques en plus) des personnes visées par des fiches de sûreté. Cela inclut-il les antifascistes radicaux-ales qui se bagarrent parfois contre les fachos dans la rue, les syndicalistes arracheurs-euses de chemises patronales, les anars amateur-rices de barricades, les ultra-gauche lanceurs-euses de pavés, les antinucléaires déboulonneurs-euses de lignes THT, les zadistes de Notre Dame des Landes ? Tout ces gens là font aussi l’objet de fiches de sûreté…

On parle de créer une « garde nationale » dont on voit mal en quoi elle empêchera le terrorisme mais dont on voit très bien à quoi elle pourrait servir en cas de grève générale qui dégénère.

Le gouvernement déclare l’état d’urgence, parle de mettre en place une législation d’exception, mais ce serait forcément provisoire. Combien d’années peut durer le « provisoire » ? L’État ne donnera pas la réponse… Y aura pas non plus d’assurances concernant le fait que les mesures sécuritaires d’aujourd’hui, ne serviront pas, demain, à criminaliser encore plus des conflits sociaux radicalisés, des révoltes dans les banlieues, des luttes anticapitalistes, écologistes… On voit déjà comment cet état d’urgence a servi ces derniers jours à perquisitionner des « délinquant-e-s » plutôt que des « terroristes », les catégories visées par le pouvoir risquent vite de devenir troubles et changeantes en fonction de ses besoins et au nom de la sacro-sainte efficacité, l’état d’urgence et autres législations d’exception pourraient bien perdurer et régir notre quotidien

 

4° Nous allons tous et toutes être fermement incité-e-s à adhérer au vieux MYTHE de l’unité nationale. Si les massacres à Paris peuvent, évidemment, susciter une douleur commune, celle-ci ne débouche cependant sur aucune unité réelle. Il n’y a pas d’unité entre un-e raciste et un-e antiraciste, entre les prolétaires et les capitalistes, entre les exploité-e-s et les exploiteurs, entre les gouvernant-e-s et les gouverné-e-s. Celles et ceux qui déclenchent les guerres sont rarement celles et ceux qui en meurent. Celles et ceux qui déclenchent les crises financières ne sont pas celles et ceux qui les payent. Celles et ceux qui subissent la pauvreté et les inégalités ne sont pas les mêmes que celles et ceux qui s’enrichissent grâce à elles. Refuser de se mettre au garde à vous derrière un drapeau, un gouvernement, un État peut être mal vu. Nous assumons. Nous ne sommes pas dupes et nous espérons que vous ne l’êtes pas non plus et que, vous aussi, aucune « unité nationale » ne vous fera taire.

 

5° À gauche comme à droite, les discours tentant de faire du dictateur Bachar El Assad un « partenaire de la lutte antiterroriste » vont se multiplier. On va essayer de nous faire croire que ce boucher qui est à l’origine du conflit ferait partie de la solution, lui dont le régime est responsable de la majorité des 300 000 mort-e-s du conflit syrien et de l’exil de la majeure partie des réfugié-e-s syrien-ne-s, lui qui a libéré des milliers de djihadistes pour pourrir la rébellion et essayer ensuite de se faire passer pour un  rempart contre le terrorisme. Les États occidentaux ont déjà sans surprise laissé crever la révolte populaire syrienne, alimentant ainsi le désespoir et en partie la montée du djihadisme et maintenant, en plus, il s’agirait de sauver ce régime tyrannique. Voila un beau projet… surtout pour les djihadistes qui ne manqueront pas d’exploiter l’écœurement compréhensible des populations locales s’il se concrétisait. De toute façon, les États occidentaux, iranien, russe, les monarchies pétrolières n’interviennent pas en Syrie et en Irak pour les populations mais essentiellement pour défendre leurs intérêts stratégiques et économiques impérialistes.

 

Ce panorama politique est loin d’être réjouissant, d’autant plus que les phénomènes évoqués se nourrissent les uns les autres. Le cercle est vicieux. Il se resserre et on est au milieu. Et on commence à étouffer là-dedans. Et si, dans ce cercle vicieux, il n’y avait aucun camp à choisir ? Ni celui de l’extrême droite franchouillarde, ni celui de cette autre extrême droite qu’est le djihadisme, ni celui de l’État ? Et si l’important était de briser collectivement le cercle, de s’en échapper pour tracer une autre route ?

Plus facile à dire qu’à faire, hein ? Mais le chemin se fait en marchant. Et les points de départ peuvent être nombreux. Ils sont souvent en bas de chez nous. Par exemple ?

Participer aux luttes sociales, combattre les inégalités capitalistes, les discriminations sociales, la précarité, les politiques antisociales d’austérité qui alimentent la dégradation de nos conditions de vie, la misère, le désespoir et l’absence de perspectives ET la montée de l’extrême droite ET les tendances à la radicalisation islamiste.

Soutenir les migrant-e-s et les réfugié-e-s, leur manifester concrètement notre solidarité antiraciste, antifasciste et de classe. À Caen, depuis des années, des squats sont ouverts pour les accueillir, pour pas qu’ils soient à la rue, peu importe leur nationalité, leur couleur, leur religion (s’ils ou elles en ont une). Une assemblée ouverte organise la lutte et y a toujours besoin de coups de mains. Y a des infos sur notre site.

– Manifester notre solidarité internationaliste, par-dessus les frontières, avec les résistances sociales et féministes en Syrie et en Irak. Au Kurdistan syrien, depuis 2 ans, des milliers d’hommes et de femmes combattent l’État Islamique, libèrent des populations et essaient de construire une alternative démocratique. Ils et elles n’ont pas grand-chose mais ils et elles en veulent. Ils et elles ont besoin de soutien financier pour aider les réfugié-e-s, reconstruire les villes détruites, développer les productions locales nécessaires, se procurer des armes. Eh oui, on arrête pas l’État Islamique seulement avec des idées et des alternatives sociales, faut aussi des balles. Vous trouverez des coordonnées bancaires où envoyer de l’argent sur notre site. Faites-le, l’État français le fera pas à votre place, il a pas envoyé un seul mortier là bas (ça fâcherait l’État turc avec qui y a du bizness à faire)… Collecter du fric et informer là-dessus, on l’a fait pendant des mois dans les rues de Caen. On continue mais on vous tend aussi le relais.

 

La résignation, l’individualisme, l’indifférence ne mèneront nulle part.

Les temps qui viennent vont être durs.

Ce n’est pas en courbant la tête qu’on changera les choses,

c’est en la relevant, en s’organisant et en luttant.

Tant qu’il le faudra…

 

Regroupement Révolutionnaire Caennais           

http://rrcaen.neowordpress.fr/                          

rrcaen@riseup.net

 

Si ce texte vous parle, n’hésitez pas à le diffuser par vos propres moyens.

Solidarité concrète avec les résistances sociales et féministes en Irak et en Syrie.

Au vu des tueries de Paris, il nous parait nécessaire de rappeler quelques adresses où envoyer un soutien financier aux luttes sociales et féministes en Irak et en Syrie. Nous relayons également ci-dessous la campagne internationale du Secours Rouge en soutien au Bataillon International de Libération, composée de combattants communistes, anarchistes et antifascistes qui combattent en Syrie avec les Kurdes contre l’Etat Islamique.

Ils et elles luttent là bas aussi pour nous. Montrons leur qu’ils et elles ne sont pas seul-e-s…

Les besoins sont énormes :

– Des centaines de milliers de réfugié-e-s chassé-e-s de leurs foyers par les attaques et les massacres des criminels de l’État Islamique et qui manquent de tout : matelas, couvertures et vêtements chauds pour l’hiver, soins médicaux, nourriture, électricité.

 – Des zones assiégées par Daesh et/ou sous blocus du gouvernement turc où manquent les moyens médicaux, les moyens financiers et où la situation alimentaire est parfois précaire.

– De nombreuses zones de combats où les hommes et les femmes des YPG/YPJ affrontent les djihadistes et où les combattant-e-s du Kurdistan syrien ont besoin d’armes et de munitions.

La solidarité politique et morale ne suffira pas ! La solidarité financière est nécessaire !

Voici des moyens concrets pour soutenir la résistance et l’expérience démocratique au Kurdistan syrien :

POUR SOUTENIR LES RÉFUGIÉ-E-S DU KURDISTAN SYRIEN:

Croissant Rouge du Kurdistan : 158 Rue Charles Floquet, 93150 Le Blanc-Mesnil
Coordonnées bancaires pour virement :

SOCIETE GENERALE
Banque: 30003, Guichet: 03947,
Code: 00037263155, Cle: 39
IBAN:FR76 30003 03947 00037263155 39
BIC: SOGEFRPP

POUR SOUTENIR L’EXPÉRIENCE DÉMOCRATIQUE ET LA RÉSISTANCE ARMÉE :

« Les réfugié.e.s ont besoin d’aide ; les miliciennes et les miliciens ont besoin d’armes ; les familles des victimes ont besoin de secours. L’argent que vous enverrez transitera par des circuits sûrs, par l’intermédiaire d’anarchistes de Turquie (DAF), en qui le PYD et les organisations kurdes ont toute confiance. Il finira par alimenter l’action des YPG-YPJ, des maisons du peuple et des communes du Rojava. »

Par virement :  À Société d’Entraide Libertaire
IBAN : FR76 1027 8085 9000 0205 7210 175
BIC : CMCIFR2A

Par chèque : À l’ordre de SEL, mention « Kurdistan » au dos, à envoyer à CESL, BP 121, 25014 Besançon Cedex

POUR SOUTENIR LES RÉFUGIÉ-E-S EN IRAK :

La Fédération Internationale des Réfugiés Irakiens travaille, à Souleymania, au Kurdistan d’Irak, pour soutenir des milliers de réfugié-e-s yézidis, chrétien-ne-s, arabes, kurdes et syrien-ne-s dont les foyers sont attaqués par l’ « État islamique ». De partout, les gens fuient à la recherche d’un refuge.

Par virement bancaire :
Nom du compte : International Federation of Iraqi Refugees (IFIR)
Numéro de compte : 21449591
Banque : HSBC
Sort code : 40-04-07

Ou par paypal :
https://www.paypal.com/cgi-bin/webscr?cmd=_s-xclick&hosted_button_id=GZNN5XXKCHDWQ

Par ailleurs, l’Organisation pour la Liberté des Femmes en Irak assure une protection dans des foyers pour celles qui fuient les violences machistes et les crimes d’honneur. L’OLFI a permis de sauver 200 femmes menacées de mort. Elle apporte aussi soutien et refuge à de jeunes hommes homosexuels. Elle a également mis en place un refuge à Kerbala pour accueillir des veuves et leurs enfants qui fuient les attaques de Daesh.

On peut soutenir cette organisation féministe irakienne par un don sur un compte paypal accessible directement depuis leur site internet en anglais, ici : http://www.owfi.info/

Campagne de Soutien au Bataillon International de Libération au Rojava

Texte d’appel de la campagne

Au coeur du Moyen-Orient, les populations du Rojava (Kurdistan syrien) se sont soulevées depuis deux ans contre les forces réactionnaires qui oppressent la région depuis des décennies. Après avoir libéré le Rojava de l’Etat Islamique, les habitants du Rojava et les nombreux révolutionnaires étrangers qui sont venus les soutenir inquiètent à présent les impérialistes américains et l’OTAN, ainsi que les régimes réactionnaires et fascistes du Moyen-Orient : la Turquie, l’Arabie Saoudite et
l’Iran. Tous à présent interviennent par bombardements ou ingérence, reproduisant les stratégies qui ont abouti à la création des nombreux groupes islamistes comme l’Etat Islamique, al Qaïda ou le front al-Nosra, des golems qui ont échappé au contrôle des pays capitalistes qui les ont façonnés.
Que ce soit par les attentats meurtriers, par les bombardements de civils, par les arrestations massives de militants révolutionnaires, par les attaques permanentes contre les guérillas populaires ou par les marchandages capitalistes, les ennemis du peuple ont bien du mal à arrêter la lutte de libération qu’ont entreprise les populations du Rojava, du Kurdistan et de tout le Moyen-Orient, et particulièrement les femmes armées du Rojava qui sont le pire cauchemar des islamistes.
La Turquie en a décidé autrement. Après s’être entourée de ses alliés habituels et historiques : USA, OTAN, Union Européenne, ONU, social-démocrates et régimes réactionnaires, elle a entrepris une large campagne de répression à travers les territoires kurdes en Turquie, en Irak et en Syrie, avec pour objectif prioritaire de saboter les ambitions révolutionnaires des peuples opprimés du Rojava.
Aidons le Bataillon International de Libération qui regroupe des combattants communistes, anarchistes et antifascistes venus défendre le Rojava dans l’esprit des Brigades Internationales dans l’Espagne de 1936. Apportons leur un soutien politique et matériel en finançant une centaine de pansements hémostatiques. 60% des blessés par balle meurent d’hémorragie en attendant d’être pris en charge : ces pansements stoppent l’hémorragie rapidement et coûtent 40€ l’unité. Participez
à cette récolte en envoyant vos dons au compte BE09 0016 1210 6957 avec la communication ‘Rojava’.
Solidarité Révolutionnaire avec le Rojava !
Soutien à la lutte revolutionnaire des peuples du Rojava et d’ailleurs, contre les islamistes, les USA, l’OTAN et les états réactionnaires !

Combattant(e)s du Bataillon International de libération au Rojava

Combattant(e)s du Bataillon International de libération au Rojava

Groupes participant à la campagne

Secours Rouge
Alternative Libertaire BXL
Sosyalist Kadınlar Birliği
Iranian Youth Committee Belgium
Belçika Göçmenler Kolektifi

A propos des “pansements hémostatiques”

Note : Nous laissons au service médical du Bataillon le choix de la marque et du conditionnement de pansements hémostatiques. Le Celox étant à peu près équivalent à d’autres produits (avec des effets secondaires différents), comme le QuikClot, nous le présentons ici pour donner une idée de ce que désignent les “pansements hémostatiques”.

Le CELOX est un nouveau produit hémostatique d’urgence. Le CELOX peut stopper même les hémorragies potentiellement létales rapidement. Facile à utiliser, très sûr et extrêmement efficace, le CELOX sauve des vies. Mélangé au sang, le Celox forme un gel résistant comme un caillot en moins de 30 secondes. Il agit indépendamment des processus normaux de coagulation de l’organisme. Lors des essais cliniques menés par la Marine US, le Celox a été le seul produit à apporter 100% de survie.
La sécurité du Celox a été testée selon les standards exigeants de classe III du marquage CE. Le Celox est composé de chitosan, catabolisé par le lysozyme, une enzyme humaine, en glucosamine, sucre normalement retrouvé dans l’organisme.
CELOX est indiqué pour toute hémorragie modérée à sévère, les hémorragies artérielles ou veineuses, les plaies superficielles et profondes, les plaies du crâne, de la face et du cou.
L’introduction du Celox dans la plaie stoppe les pertes sanguines grâce à la formation d’un caillot sous forme de gel, par la liaison de Celox sur la surface des érythrocytes.
Les nouvelles versions CELOX Gauze et CELOX Gauze “Z” FOLD combinent l’action des granulés hémostatiques et de la bande pour contrôler la perte de sang qui met directement la vie du patient en danger.

Pansement hémostatique CELOXPansement hémostatique CELOX

 

 

 

 

Film “Gardes forestiers, autodétermination et autodéfense à Cheran, Michoacan, Mexique”

Alors que les dernières élections au Mexique ont été marquées par de nombreuses explosions de colère populaire (communautés villageoises déclarant leur autonomie par dizaines, attaques de bureaux de vote, de locaux de partis politiques, manifs, affrontement…), entre autres toujours autour du massacre des 43 étudiants d’Iguala, et par des déploiements massifs de forces répressives, il est apparu intéressant de mettre en ligne sur le site du RRC un documentaire militant mexicain, traduit par un camarade originaire de Caen, sur la lutte de la population de Cheran pour se débarrasser des autorités et de la police corrompues, qui étaient liées aux mafias pillant les ressources naturelles du secteur. Ce documentaire fut à l’origine mis en ligne sur Youtube en juin 2014.

Guarda-Bosques

Turquie : témoignage d’un premier mai sous pression

 Nous relayons cet article trouvé sur le site antifasciste “La Horde” (http://lahorde.samizdat.net/) afin qu’au minimum ces faits ne restent pas inconnus….

Turquie : témoignage d’un premier mai sous pression

Nous n’avons jamais vu un dispositif policier aussi important qu’au 1er mai à Istanbul. Toutes les rues allant à la place Taksim étaient bloquées. Les arrondissements se trouvant entre 5 et 7 km de la place étaient totalement interdits d’accès. 25 000 policiers ont été mobilisés.

Pas de bus, pas de ferry, ni de métro… tous les transports en commun étaient supprimés. Les hélicoptères tournaient… l’ambiance était très pesante, l’atmosphère lourde… une forte répression.. comme si nous étions en état de siège…

Nous avions rendez-vous à 11h à Sisli, un quartier qui se trouve à 5 km de Taksim. Nous avons pris le taxi pour y aller, car en effet à pied nous avions droit à des contrôles d’identité et des fouilles systématiques… De nombreuses arrestations ont commencé très tôt dans la matinée.

Capture d’écran 2015-05-04 à 22.35.25

Tant bien que mal, nous avons réussi à aller à Sisli, avec des détours, car la plupart des rues étaient barricadées, bloquées par les flics. Le taxi nous a laissé à quelques minutes de la place et nous avons du continuer à pied car il ne pouvait pas aller plus loin. Arrivés à quelques mètres de la place qu’on devait traverser pour rejoindre nos camarades, nous nous sommes retrouvéEs face à des barrières anti-émeute ainsi qu’aux flics qui vont avec. Nous avons essayé de contourner, de trouver des alternatives pour accéder à la place  : impossible  !

Plusieurs groupes de dizaines de fascistes tournaient et ils nous ont reluquéEs plusieurs fois. Un bon nombre de policiers en civil était également présents. Dans certains quartier les fascistes ont attaqués les manifestantEs à coups de bâton.

A 11h nous avons un dernier appel de notre ami du groupe que nous devions rejoindre, qui nous dit qu’ils se sont fait encerclés par les flics, qu’il ne peut pas nous parler pour l’instant et qu’il nous rappellera plus tard. Ce fut notre dernier contact avec lui. Nous n’avons plus eu de nouvelles, sauf un message nous disant qu’il s’était fait arrêter. Nous avons tenter de rejoindre d’autres groupes. On a commencé à tourner en rond. L’ambiance était très bizarre, la ville était totalement déserte, pas de voiture dans les rues, pas de klaxons habituels ni même de manifestants.

Nous nous sommes alors dirigés vers Sisli-cevahir, puis Osmanbey, Nisantasi afin d’essayer de trouver des groupes de manifestants, mais en vain. Le 1er mai dont nous rêvions ne se passait pas du tout comme nous aurions penser  ! La police a totalement réussi à canaliser, à arrêter et à empêcher le moindre regroupement de manifestantEs à partir de 6h du matin. Après deux heures de marches, nous avons alors rencontrés quelques camarades sur la route, qui étaient eux aussi à la recherches des manifestantEs. Nous les avons suivis et nous sommes arrivés à Besiktas où quelques 1500-2000 personnes étaient présentes. Les manifestantEs étaient entouréEs par les CRS, les canons à eau, etc. Certains policiers avaient des armes automatiques à la main (notamment des kalachnikovs…). Des bus vides étaient prévus pour les arrestations, un nombre inimaginable de policiers était sur place…

Besiktas

Nous avons rejoint le rassemblement, l’ambiance était bon enfant, les manifestants faisaient du «  Halay  » (danse traditionnelle turque) en chantant, en lançant des slogans. Nous étions contents de retrouver enfin du monde. Après 15 minutes à peine, les flics sont intervenus, on ne sait pas pourquoi, mais ils ont commencé à charger, gazer, à tirer avec des balles en plastique sur les manifestantEs et à utiliser les canons à eau tout en intervenant de chaque coté de la rue, prenant ainsi le cortège en étau. C’était la panique, les gens ont commencé à courir partout, dans tous les sens. Nous avons suivi un groupe et nous nous sommes réfugiés dans un café avec une centaine de personnes. La police a forcé la porte d’en bas pour rentrer, mais les manifestantEs les en ont empêchés. Je n’imagine pas la situation s’ils étaient rentrés et intervenus avec des gaz lacrymogènes dans un endroit fermé où plus de 100 personnes étaient présentes.

Besiktas 2

L’ambiance à l’intérieur était tendue, les gens criaient, se disputaient, quelques unEs toussaient à cause des gaz, d’autres étaient blesséEs… Nous sommes restéEs une demi-heure bloquéEs. Nous avons fait des petits groupes afin de quitter tout doucement le café. Tout cela est arrivé aux alentours de 14h. Nous avons appris par la suite que les policiers ont cassé la fenêtre d’une habitation pour rentrer et intervenir, ils sont montés sur les toits pour arrêter les manifestantEs qui s’y étaient réfugiéEs.

Flics toit

Une personne a pris un coup de couteau par des fascistes en fuyant l’attaque des policiers (on voit des vidéos où certains fascistes sont avec des bâtons à coté des policiers en train de traquer les manifestants). Quelques manifestantEs ont réponduEs par des feux d’artifices, mais les flics ont réussi à disperser la foule et à attraper des petits groupes de militantEs. Dans d’autres quartiers, comme Okmeydani (là où le jeune Berkin Elvan a été tué par les flics pendant le mouvement de gezi park) il y a eu des affrontements entre les manifestantEs et les policiers.

Okmeydani

Taksim…

Aux alentours de midi, un groupe de 25-30 personnes du parti communiste turque a fait irruption sur la place Taksim. Ils s’étaient cachés la veille dans un bâtiment à côté de la place et ils ont surpris les policiers. Évidemment, l’intervention fut musclée, ils/elles se sont touTEs faitEs frappéEs et arrêtéEs. Ce sont les seules personnes qui ont pu accéder à la place Taksim…

Taksim

La personne qui s’est fait poignarder est encore en danger de mort. Son agresseur est libre, il doit juste pointer au commissariat le mardi et jeudi.

Nous n’avons toujours pas de nouvelles de notre ami à ce jour (dimanche 3 mai). Il y a encore 235 personnes en garde à vue dont 5 personnes condamnées à des peines d’emprisonnement. Ils n’ont pas assez de place pour accueillir les manifestantEs, du coup ils sont entasséEs dans des petits lieux, où l’air se fait rare. CertainEs ont entamé une grève de la faim. Avec le nouveau «  pacte sécurité intérieur  » les flics ont plus de pouvoir et on peut prendre des peines d’emprisonnements pour tout et n’importe quoi. Beaucoup de journalistes sont également en garde à vue et ont été blesséEs et empêchéEs de faire leur travail.

Turquie répression

Depuis l’élection du président islamiste Erdogan, la Turquie sombre de plus en plus dans une forme de dictature fascisante. Les libertés ne sont clairement pas respectées. La censure est souvent appliquée, surtout lors d’événements importants comme le 1er mai. Grâce aux nouvelles lois récemment passées, la police a le plein pouvoir, sans même devoir passer par un procureur. Ils peuvent tirer à balle réelle sur les manifestants… Beaucoup de personnes finissent en prison pour «  insulte  » au président de la république. On peut être jugé pour «  terrorisme  » juste parce que nous portons un badge, une affiche, un drapeau ou un foulard sur le visage.

Contre le fascisme, la dictature et face à la répression, la censure qui en découlent, mobilisons nous tou(te)s ensemble.

Capture d’écran 2015-05-04 à 22.35.45

Solidarité avec les militantEs turques. A.C.A.B.

 

B&T

Présentation de Solidarité Irak

Intervention au début de la conférence de Dashty Jamal à Caen, mercredi 25 mai 2015:

L’association Solidarité Irak a été créée lors de la 3ème guerre du Golfe en 2003 par des militants français de gauche et d’extrême-gauche qui n’étaient pas satisfaits du mouvement anti-guerre de l’époque et qui voulaient une association certes contre la guerre, mais aussi en solidarité avec les luttes sociales et féministes en Irak même, faire connaître ces luttes et mettre en avant un point de vue de classe à la différence de tendances anti-impérialistes solidaires de la « résistance » islamiste.

Ces luttes étaient, et sont encore, menées par des orgas comme le Parti communiste-ouvrier, la Fédération des conseils ouvriers et syndicats et l’Organisation pour la liberté des femmes. Un gros travail de traductions a été mené, des brochures publiées, un livre édité en 2007 Résistances irakiennes, Contre l’occupation, l’islamisme et le capitalisme dont l’auteur Nicolas Dessaux a été invité ici même en novembre dernier.

Plusieurs militantes et militants d’Irak ont été invité-e-s en France, notamment Houzan Mahmoud en 2004 et 2007.

Dashty Jamal que nous recevons ce soir avait déjà fait une tournée en France en 2005 (Paris, Besançon, Saint-Pourçain, Grenoble, Lille, Lyon), à l’époque il représentait le syndicat des chômeurs en Irak.

L’association SI a connu ensuite une baisse d’activité, le groupe parisien s’étant disloqué et le groupe lyonnais ayant mis en avant une autre association. Sur Caen, Solidarité Irak participe à toutes les mobilisations en faveur de Kobanê depuis plusieurs mois, et un virement d’une centaine d’euros a encore été envoyé fin décembre à l’Organisation pour la liberté des femmes.

Le site est solidariteirak.org. On peut aussi retrouver sur infokiosques.net la brochure prête à imprimer « Luttes sociales en Irak » qui a mixé en 2009 des traductions de l’ex-SIA de Caen et de Solidarité Irak.

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Compte-rendu de la venue de Dashty Jamal à Caen

Repris du site « La Bataille Socialiste » (https://bataillesocialiste.wordpress.com/)

Dans le cadre d’une mobilisation depuis plusieurs mois en solidarité avec les luttes sociales et féministes au Moyen-Orient, Dashty Jamal, secrétaire de la Fédération internationale des réfugiés irakiens et militant du Parti communiste-ouvrier du Kurdistan, est venu à Caen le mercredi 25 mars 2015, à l’invitation du Regroupement révolutionnaire caennais, de Solidarité Irak et d’Initiative communiste-ouvrière. Il a été interviewé pour l’émission Racailles qui sera diffusée sur Radio Bazarnaom (92.3 FM) vendredi 27 mars à 18h00 puis mise en ligne sur internet, et a donné une conférence à l’Université de Caen où il a notamment évoqué la priorité de lutter contre l’État islamique, « nouveau fascisme » (camps de réfugiés, milices d’autodéfense), et la réalité de l’oppression des femmes et de la répression des luttes ouvrières en Irak et au Kurdistan autonome. Une collecte de 85 euros à la fin de la réunion publique a été reversée pour la Fédération internationale des réfugiés irakiens, et un don de 500 euros pour les P.C.O. d’Irak et du Kurdistan a été remis à Dashty Jamal par les militants caennais. Une nouvelle manifestation mensuelle aura lieu à Caen samedi 28 mars, place Bouchard à 15 h00.

dashty_caen

Grandes manifs en Turquie contre les violences faites aux femmes suite à l’assassinat d’Ozgecan Aslan

Ce premier texte est repris du site “Kedistan” (http://kedistan.fr/2015/02/14/ozgecan-aslan-20-ans-victime-du-patriarcat/)

Ozgecan Aslan, 20 ans, victime du patriarcat

ozgecan

Aujourd’hui toute la Turquie se réveille sous le choc et en colère. Özgecan Aslan, un étudiante de 20 ans, a pris un minibus pour rentrer chez elle a Mersin, après les cours. Le conducteur et deux acolytes l’ont violée, poignardée et brûlée, avant de la jeter près d’un lac. Les coupables ont été arrêtés, mais que va t-il se passer ensuite ? Combien de femmes encore victimes du système ultra patriarcal défendu par l’AKP en Turquie ?

Il faut le rappeler, en 7 ans de pouvoir, les féminicides ont augmenté de 1400%. Il est très difficile de trouver des chiffres concernant les violences à l’encontre des femmes, cependant on note que 80%  des victimes pensent qu’elles ne peuvent rien faire contre la violence qu’elles subissent selon une étude de 1995 et 58 % des femmes ne sont pas seulement victimes d’agression des maris, fiancés, copains, frères mais aussi des membres de familles de leur compagnon, notamment de membres féminins, selon une étude de 2002 de la Chambre des médecins d’Ankara.

Ces chiffres traduisent la “normalité” de ces violences dans l’esprit des femmes et de leur entourage, et cette normalité est entretenue par le pouvoir en place. On notera les déclarations du président Erdogan, qui affirment que les femmes “ne peuvent naturellement pas être l’égal de l’homme” et que “l’islam a défini une place pour les femmes : la maternité”.

Le président, qui fut premier ministre de 2003 à août 2014, a déjà fait plusieurs déclarations, jugées provocatrices par les féministes (et à raison, NDLR) En 2012, il avait violemment pris position contre l’avortement, le comparant à “un meurtre”. Il avait aussi demandé aux femmes de faire trois enfants, afin de relancer la natalité turque.

Dans ce cadre, il est donc difficile de défendre les femmes face à tant d’obscurantisme, et face à des dirigeants qui encouragent la société à rester dans un modèle patriarcal qui blâme les victimes. On peut citer les déclarations du vice premier ministre disant qu’“une femme doit conserver une droiture morale et ne pas rire fort en public” et “L’homme doit être moral, la femme aussi, elle doit savoir ce qui est décent et ce qui ne l’est pas”. Malheureusement, cette prise de position n’a comme conséquences que de blâmer les victimes, et de considérer les femmes comme des objets suscitant à tort le désir de l’homme, et non comme des humains à part entière. Les femmes sont à leur yeux des objets qu’on peut exposer ou cacher à sa convenance.

Rien qu’en octobre 2014, selon une enquête menée par l’agence de presse Bianet, des hommes ont tué 28 femmes et adolescentes dans 16 provinces de la Turquie. (cela fait environ une femme par jour, NDLR) 21% des femmes ont été tuées pour cause de divorce. Sur l’année 2014, la même enquête recense 325 femmes tuées, 88 femmes violées, 499 femmes battues et 75 femmes victimes de harcèlement sexuel. (lire notre article ici)

Nous lutterons de temps qu’il le faudra, afin que la femme soit considérée et que les violences sexistes cessent.

Une manifestation est organisée ce soir à Kadiköy à 19h par le collectif féministe d’Istanbul.

collectif istanbul

Taksim aujourd’hui : Una autre manifestation organisée par “Kadın Cinayetlerini Durduracağız Platformu” (Platforme, Nous arrêterons les assassinats de femmes) 

Après l’enterrement d’Özgecan les protestations continuent…

 

Les 2 textes qui suivent sont repris du site “Paris Lutte Infos” (http://paris-luttes.info/)

 

Les femmes assassinées sont notre révolte

Publié le 20 février 2015 | Maj le 23 février

Communiqué du front de lutte antipatriarcal de la CGA -Coordination des Groupes Anarchistes- suite à l’assassinat de Ozgecan en Turquie, de Sandrine et de Nadine à St Denis
Attention le rassemblement du samedi 21 février a été décalé à 15h place de la Bastille.

Ces derniers jours Özgecan Aslan a été retrouvée assassinée. Violée, brulée et tué à Mersin par trois fascistes nationalistes, parce qu’elle était femme, parce qu’elle faisait partie de la minorité Halevi, parce qu’elle était d’origine kurde.

Ces derniers jours Shayma al Sabbagh a été assassinée d’une balle dans la tête par la police égyptienne. Militante féministe de tous les combats elle était venue rendre hommage à ses camarades tués par le pouvoir. l’etat l’a assassiné

Ces derniers jours Sandrine et sa mère Nadine, ont été assassinées à St Denis par son mari, devant ses trois enfants. Elle combattait la violence de l’homme depuis des années. Le journal local parle de « drame familiale », et c’est une manière de les tuer un peu plus… La colère des femmes gronde à St Denis et ailleurs.
Ces derniers jours des femmes ont été violées dans les transports sans que personne ne réagisse, donnant tout le pouvoir aux violeurs.
Chaque jour toutes les 6 minutes une femme est violée en France, chaque deux jours une femme est assassinée dans le silence par son mari ou son ex.

Pour que les femmes se soulèvent !

Aujourd’hui , alors que les violences contre les femmes se multiplient, que les actes fascistes et racistes se répandent, nous nous révoltons. Chaque femme assassinée est notre révolte.

La violence contre les femmes c’est la violence physique et psychologique (du harcèlement jusqu’au viol et au féminicide), c’est la violence sociale et économique (exploitation au travail et à la maison, emprisonnement dans le rôle de mère et d’épouse, lesbophobie, transphobie, contrôle de nos déplacements et de nos vies ), c’est la violence raciste (contre les femmes sans-papières, femmes subissant l’islamophobie et les autres formes de racisme).

En Turquie, les femmes soutenues par les hommes se révoltent, des mobilisations géantes enflamment le pays.
En Inde les femmes soutenues par les hommes se sont révoltées pendant des mois quand une jeune étudiante a été violée puis tuée.

Ce continuum de violences contre les femmes, du harcèlement au viol jusqu’au féminicide, en France comme à l’international, doit nous pousser à approfondir notre révolte. Nous devons être toujours plus massives si nous voulons combattre les relais du patriarcat : l’Etat, les hommes violents et les fascistes.

L’État, le patriarcat, les hommes violents et les fascistes, les pires ennemis des femmes.

Le patriarcat a tué Ozgecan, le racisme et le fascisme ont tué Ozgecan. L’État a voulu réduire au silence des femmes qui se sont soulevées, l’État les a arrêté alors qu’elles manifestaient .
L’État sert les hommes et leur donne tout pouvoir. Si les femmes ont pu lui arracher des droits, il n’en reste que l’État protège toujours nos meurtriers et les hommes violents. L’État perpétue les inégalités. L’État réduit les libertés et écrase celles et ceux considéré.e.s comme dissident.e.s ou qu’il désigne comme bouc émissaire.
L’État est l’ennemi des femmes parce qu’il diffuse le nationalisme. Et le nationalisme c’est la guerre contre toutes, le nationalisme trace les frontières avec le sang des femmes. Le nationalisme favorise le fascisme ambiant, fascisme qui n’hésite pas à faire d’un de ses combats principaux la lutte contre les droits des femmes : contre le droit à disposer de son corps, contre les LGBTI, contre les femmes racisées…

Il n’y aura pas de paix avec les hommes violents, les fascistes et les États qui les protègent. La première nécessité, pour nous les femmes, c’est de ne plus subir les violences, qui nous enferment, nous mutilent, nous jettent dans le silence. Les femmes ne seront jamais libres lorsque la violence pèse.

Nous, anarchaféministes, appelons toutes les femmes à venir dans la rue, à se souvenir de toutes celles qui nous ont été prises, à dénoncer l’assassinat des femmes en tant qu’assassinat politique
Nous appelons à soutenir le combat de toutes les femmes contre les violences, et notamment le combat des femmes anarchistes (anarchist kadinlar).

Ni à la cuisine, ni au travail, la place des femmes est dans la rue !

Nous lutterons jusqu’à que plus aucune femme ne soit assassinée.

 

 

Appel du collectif de Taksim à un rassemblement samedi 21 février à Paris suite au viol et au meurtre d’Özgecan Aslan et contre la politique de domination masculine prônée et alimentée par le gouvernement turc.

Un viol, un assassinat de trop !

Nous sommes indignées face à la politique de domination masculine prônée et alimentée par le gouvernement Turc !

Vendredi 13 février 2015, un vendredi noir de plus s’ajoute à l’innombrable série des violences faites à l’égard des femmes en Turquie. Le corps d’Özgecan Aslan (20 ans) est retrouvé en partie brulé, deux jours après le signalement de sa disparition, à Mersin, dans le sud-est de la Turquie. Elle aurait été battue à mort alors qu’elle se défendait du viol dont elle était victime.

Notre indignation est profonde à ce jour car le meurtre d’Özgecan est le fruit des politiques gouvernementales et le discours des politiciens patriarcales machistes qui nient le droit à disposer de notre corps, et qui utilise la violence sexuelle pour restreindre nos désirs et l’exercice de nos droits. La politique d’Etat actuelle alimente, légitime et génère les violences, la discrimination, les valeurs, les normes, basés sur l’idée que prône ouvertement le gouvernement de l’AKP selon laquelle il existerait une infériorité naturelle des femmes en tant qu’êtres humains et sur la hiérarchisation des rôles assignés dans nos sociétés aux hommes et aux femmes. A ce constat s’ajoute un climat d’impunité aboutissant à une normalisation sociétale de ces types de comportements violents. Selon Association des droits de l’homme de Turquie (IHD), les meurtres de femmes ont nettement augmenté ces dix dernières années, passant de 100 victimes en 2002 pour atteindre 294 cas en 2014.

Aujourd’hui, nous exhortons l’Etat turc à mettre fin à sa position d’impunité et à adopter des lois incriminant les violences faites aux femmes et aux LGBTI ; à assurer la justice, des mécanismes de protection adéquats et efficaces pour les femmes victimes de violence ; à intégrer l’égalité entre les sexes à tous les niveaux du système éducatif ; à renforcer assurer du travail décent et du salaire égal aux femmes ; à favoriser l’implication des médias pour sensibiliser l’opinion publique.

Le 4 février en France, une étudiante de 22 ans a été violée dans le compartiment d’un train qui la ramenait à Melun, sous les yeux de nombreux voyageurs, personne n’a bougé. Les médias ne prêtent pas d’importance aux viols qu’on rencontre fréquemment depuis quelques années.

Nous faisons appel à notre responsabilité individuelle et collective de femmes et d’hommes, pour prendre position contre les violences sexistes, sous toutes ses formes, où que nous soyons.

Nous lançons un appel aux organisations de femmes du monde entier à joindre leurs forces à la lutte des femmes !

contact : collectifdetaksim @@@ gmail.com

Premiers signataires, par ordre alphabétique : Association des Travailleurs Immigrés de Turquie (ACTIT), Association pour l’ERAdication des FEminicides dans le Monde (Aerafem), Collectif de Taksim, Collectif National pour les Droits des Femmes, Congrès Démocratique des Peuples Paris (HDK Paris), Fédération des Associations des Travailleurs et des Jeunes (DIDF), Femmes Migrantes Debout, Macholand, Parti Démocratique des Peuples France (HDP Paris), Osez le Féminisme, Union des Femmes Socialistes (SKB)

 

Anarşist Kadınlar, les graines d’ananar turques des mujeres libres

Article trouvé sur Paris-Lutte-Infos qui l’avait repris du site “Kedistan” (http://kedistan.fr/2015/01/30/anarsist-kadinlar-les-graines-dananar-turques-des-mujeres-libres/).    Anarşist Kadınlar, les graines d’ananar turques des mujeres libres

S’il est bien un nom qui saisit d’émotion à sa simple évocation et revient inéluctablement à l’esprit lorsque l’on parle de féminisme, c’est bien celui des Mujeres Libres. Nul autre que ces femmes fantastiques qui se comptèrent jusqu’à 20,000 membres durant la guerre civile espagnole n’avait auparavant à ce point établi que l’on ne pouvait être féministe sans être libertaire, et inversement, se déclarer libertaires sans être féministes. Bien loin des comparaisons vaseuses que l’on fait d’elles aujourd’hui, ces femmes n’avaient rien du stéréotype de belles guerrières amazones. Elles qui tiraient une revue au nom éponyme jusqu’à 75,000 exemplaires avaient compris avant l’heure qu’il ne pouvait exister de révolution sociale sans l’éducation des mentalités. Et que cette éducation passait par la déconstruction totale du patriarcat, dans ses racines les plus serviles et autoritaires que sont la religion, le capitalisme ou le nationalisme. Ainsi que le rappelait d’ailleurs l’une de ses fondatrices, Lucia Sanchez Saornil, en écrivant le 8 novembre 1935 dans Solidaridad Obrera, le journal de la CNT espagnole, ces mots lumineux :

Je sais, la tâche est longue et difficile et je devine qu’un camarade – si toutefois les camarades [compañeros, masculin] me lisent –, de ceux qui voient la révolution au coin de la rue, sourira avec suffisance et me dira qu’il est trop tard pour emprunter cette voie. Moi aussi, je me dois de sourire et de lui rappeler que pour avoir tous les jours la révolution à portée de main, sans jamais l’atteindre, j’ai vu l’éducation de nos jeunes laissée de côté et beaucoup d’entre eux croire que pour s’appeler anarchiste il suffit de savoir charger un pistolet. Il est bien de croire à la révolution tous les jours, il est encore mieux d’aller à sa recherche en la forgeant minute après minute dans les intelligences et dans les cœurs.

Les miliciennes des Mujeres Libres photographiées en 1936 par Gerda Taro Si les Mujeres Libres ont durant des décennies sombrées dans l’oubli des mémoires féministes que chez nous Meryl appelle « les féministes BFM TV », entendez les tenantes d’un féminisme de surface qui est au féminisme ce que le greenwashing est à l’écologie – à savoir un coup de pinceau rose vert ou rose pour cacher la misère ; il est en revanche un pays où leurs graines d’ananars ont bien prises, c’est la Turquie. Dans une société turque qui a de commun avec l’Espagne pré-révolutionnaire, le retour de la religion, le nationalisme, une ruralité encore importante, et qui cumule en plus avec l’ultra libéralisme d’aujourd’hui, il est en effet un terreau propice aux idées insurrectionnelles et féministes et aux groupes qui les portent. Et si par ailleurs le mouvement féministe en Turquie est à la fois actif et varié, tant par son tissu associatif que par ses collectifs informels, et qu’il serait bien hasardeux de le résumer en quelques lignes, il est en revanche un collectif composé exclusivement de femmes qui attirera particulièrement notre attention. anarsistkadinlarmagazine Des femmes assez courageuses pour être présentes à la frontière de Kobanê afin d’effectuer une chaine humaine à l’autre bout de la Turquie pour faciliter le passage des réfugiés syriens et empêcher celui des djihadistes soutenus par l’Etat Turc, aux côtés de leurs compagnons du DAF (Action Anarchiste Révolutionnaire). Des femmes assez éveillées et actives pour à la fois être étudiantes, travailleuses en usine ou au foyer, promotionner l’avortement et les moyens de contraception, et dénoncer la violence qui leur est faite et les travers de la société patriarcale ; à la fois dans les conférences ou les manifestations qu’elles organisent, tout autant que dans les publications bilingues en turc et en kurde de leur revue éponyme qu’elles distribuent en grand nombre dans les universités ou dans la rue. Des femmes assez libertaires pour être aux côtés de tous les opprimés, contre toutes les injustices, comme pour rappeler ce 19 janvier que même près de 10 ans après sa mort, elles n’oubliaient pas Hrant Dink, le journaliste arménien assassiné par l’Etat profond. Des femmes increvables. Que dis-je ? Des féministes. Pire, des anarchistes ! Et qui se prennent ouvertement leurs références des Mujeres Libres de Lucia Sanchez, de Louise Michel, de Nathalie Lemel, d’Emma Goldman ou de Voltairine de Cleyre pour les plus connues, mais aussi d’Ulrike Marie Meinhof ou de Lucia Eldine Gonzales. anarsistkadinlar23 Anarşist Kadınlar. Littéralement, les femmes anarchistes dont la page Facebook compte à ce jour 4,675 membres et dont les membres sont présents sur tout le territoire turc. Elles ont aussi un compte Twitter pour faire passer leur actualité au plus grand nombre. Elles utilisent d’ailleurs un deuxième nom, Kadinlar Sokakta. Littéralement, les femmes anarchistes. Du nom de leur première campagne qui a eu un tel retentissement qu’elles ont préféré aussi le garder. Littéralement, les femmes sont dans la rue. Dont la page Facebook compte plus de 3,000 membres. Kadınlar sokakta. Leur slogan ? « Ni en cuisine, ni à l’usine, toutes les femmes sont dans la rue ! » Et si vous vous posiez, compagnons, la question de savoir pourquoi toutes ces femmes sont dans la rue, elles vous répondraient le plus clairement et simplement du monde :

Pourquoi les femmes sont-elles dans la rue ? Nous sommes des femmes ; nous sommes travailleuses en usines, fermières dans les champs, cuisinières en cuisines, mères pour nos enfants, épouses pour les hommes. Nous sommes femmes et nous sommes toujours un pas derrière les hommes que nous soyons éduquées ou non. Parce qu’aujourd’hui l’homme est toujours le pouvoir en toutes circonstances. Le pouvoir signifie la force, une force qui se change elle-même en outil de pression et s’impose aux plus faibles. Nous devons partout reconnaître ce fardeau. Passage à tabac, insultes, humiliations, et situations d’ignorance sont devenus des comportements communs envers les femmes. L’Etat ignore les femmes qui sont exposées à ces situations par ses lois et sa compréhension « masculino-centrée ». Parce que l’Etat signifie le pouvoir et que la loi est l’application de l’Etat. C’est pourquoi en ces circonstances les femmes sont toujours opprimées. Cela n’est pas juste, cela n’est pas équitable, cela n’est pas indépendant. Sommes-nous conscientes du fait que notre indépendance est en cours de dépossession ? Peut-être que la plupart d’entre nous pensent que nous sommes heureuses, libres et égales dans nos cellules. Mais les faits ne sont pas ainsi. Nous ne sommes pas libres. La femme qui est obligée de servir son mari et ses enfants à la maison, qui n’est pas égale avec l’homme au bureau, qui est obligée d’être passive à l’école n’est pas libre. On suppose que les femmes doivent être le pouvoir pour échapper aux circonstances qui causent les inégalités. Mais nous ne voulons pas plus être le pouvoir qu’être égales aux hommes. Nous courrons dans les rues pour faire voler nos prisons en morceaux. La liberté est dans la rue, les femmes dans l’insurrection ! Des membres des Anarsist Kadinlar lors d'un de leur colloque sur le droit à l'avortement et les moyens de contraception le 24 janvier 2015 à Istanbul.

Conférence débat sur la situation en Irak et en Syrie avec Nicolas Dessaux – novembre 2014

1. Tract d’appel:tractappelconference081114

2.Compte-rendu:

Le syndicat SL-Caen (ex-FSE) et Solidarité Irak organisaient vendredi 21 novembre à Caen une conférence sur les luttes sociales et féministes au Moyen-Orient avec Nicolas Dessaux. Après un interview sur radio Bazarnaom, la conférence a réuni entre 40 et 50 personnes. De l’avis général l’intervention de Nicolas Dessaux était très dense, et insistait par exemple sur l’utilité de comprendre les enjeux de la région en termes de genre, l’ « anti-impérialisme » islamiste étant aussi une force de rétablissement du patriarcat. Le PKK, avec ses limites de parti nationaliste paysan, est ainsi défendu sur le terrain militaire par les camarades de l’extrême gauche irakienne face à Daesh parce qu’il fait parti des trop rares forces qui défendent l’égalité hommes-femmes. Le débat qui a suivi s’est prolongé tard, jusqu’à la fermeture réglementaire des locaux. Une collecte de 77 euros a été réalisée.