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Contre la fermeture des accueils CAF, contre la dégradation de nos conditions de vie

Le RRC diffuse actuellement en plusieurs points de l’agglomération caennaise un tract revenant sur la fermeture des accueils CAF . On s’est, entre autres choses, inspiré d’un tract de Marseille et d’un texte du site “Tant qu’il y aura de l’argent” sur le salaire indirect (http://www.tantquil.net/2013/10/23/quest-ce-que-cest-le-salaire-indirect/) pour faire le notre.

Vous pouvez télécharger ce tract en cliquant sur le lien : TRACT CAF

N’hésitez pas à le diffuser dans vos réseaux s’il vous parle…

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La justice de classe au travail : 8 prolos de Good Year Amiens condamnés à 9 mois fermes

8 travailleurs de l’usine Good Year d’Amiens viennent d’être condamnés à 2 ans de prison dont  9 mois fermes pour “séquestration” de 2 cadres lors du conflit occasionné par la fermeture de l’usine.

Du jamais vu en terme de répression d’une lutte ouvrière ayant pratiqué ce mode d’action directe. C’est le parquet, donc l’Etat, qui a poursuivi directement, en l’absence de plaintes de la part des 2 cadres retenus, ce qui renforce encore le coté politique du verdict de la justice bourgeoise.

Cette décision judiciaire vise clairement à intimider toutes les résistances ouvrières un tant soit peu déterminées qui se manifestent face aux fermetures/délocalisations d’entreprises ou aux plans sociaux. 5 salariés d’Air France vont aussi passer en procès pour une paire de chemises arrachées.

C’est également une preuve supplémentaire du fait que le climat sécuritaire actuel, loin de se limiter à la lutte “antiterroriste”, vise toutes les formes d’opposition à la domination capitaliste sur nos vies.

Le RRC manifeste sa solidarité morale avec les travailleurs condamnés.

Ceux-ci vont faire évidemment appel. Affaire à suivre donc…

Nous publions ci-dessous quelques éléments d’informations sur cette affaire, repris  de différents articles du site “Mediapart” :

“Le tribunal d’Amiens vient d’annoncer la condamnation de huit ex-salariés de l’usine Goodyear, à 24 mois de prison, dont 9 mois fermes, assortie d’une possibilité d’aménagement. Six des huit accusés sont relaxés de l’accusation de violences en réunion mais tous sont déclarés coupables de séquestration. C’est le 24 novembre dernier que s’est tenu le procès des huit salariés de Goodyear, dont cinq militants de la CGT parmi lesquels son responsable Mickaël Wamen, pour la séquestration, sans violences, de deux cadres, pendant 30 heures, dans l’usine occupée d’Amiens.

Dans les jours qui suivirent, l’usine était fermée avec près de 1150 licenciements. Sur ces 1150 salariés, plus de 750 d’entre eux n’ont toujours pas trouvé de travail. 70 personnes sont en CDI, environ 80 ont créé leur entreprise, une trentaine sont en CDD supérieur à 6 mois, une trentaine sont en intérim, il y a eu près de 140 départs en retraite et 9 décès.”

————————————————-“En janvier 2014, l’entreprise GoodYear d’Amiens a fermé ses portes, laissant plus de 1 100 salariés sur le carreau. Les salariés se sont battus pendant 7 ans pour garder l’usine ouverte. Leur dernière action a été de séquestrer deux cadres (le DRH et le directeur de la production) pendant 30 heures, sans violence, afin de protester contre la fermeture imminente de l’usine et le millier de licenciements que cela allait entraîner. À la suite de ce baroud d’honneur de la part des travailleurs, huit d’entre eux, pris au hasard sur les 800 participants à l’action, ont vu l’entreprise et les deux cadres porter plainte à leur encontre.

L’accord de fin de conflit, signé avec les syndicats fin janvier, stipulait que l’entreprise et les deux cadres retireraient leur plainte, ce qui a été fait. Mais c’était sans compter sur le procureur qui s’acharne depuis, alors que « dans la plus grande majorité des cas, les poursuites sont abandonnées » selon Mickaël Wamen, syndicaliste CGT et tête d’affiche de la lutte. «  Le fait que le procureur veuille coûte que coûte continuer la procédure prouve que c’est politique » a-t-il insisté.

D’autant plus que l’entreprise Titan, candidat américain provisoire à la reprise de l’usine dont le patron s’était illustré par la diffusion d’une lettre anti-syndicale et diffamatoire à l’égard des ouvriers en France, vient de trouver un accord avec GoodYear qui lui permet de distribuer en Afrique et en Europe des pneus fabriqués dans son usine russe de Volvograd, alors que le marché européen était censé s’être effondré. Mickaël Wamen rétorque que « c’est la preuve qu’ils se sont foutus de notre gueule depuis le début. »

Ce procès s’inscrit dans un contexte où le gouvernement se montre de plus en plus ferme à l’égard des secteurs combatifs du monde du travail et de la jeunesse. En poursuivant les anciens travailleurs de GoodYear, l’État veut en faire un exemple. La criminalisation de la colère ouvrière risque par ailleurs de se durcir après les attentats du 13 novembre et l’instauration de l’état d’urgence. Des salariés d’Air France, cas emblématique de la contestation ouvrière ces derniers mois, ont récemment été perquisitionnés sur leur lieu de travail. Un signe alarmant du contexte à venir.”

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“L’ex-syndicaliste CGT des Conti, Xavier Mathieu, le charismatique leader qui a enflammé la France entière lors du combat des Conti, ne mâche pas ses mots : « C’est écœurant, on a voulu faire un exemple. Mais en matière d’exemplarité, c’est toujours les petits qui trinquent, jamais les patrons qui ferment les entreprises illégalement, comme cela a été fait pour Continental en 2009. Au final, les Goodyear payent pour ce qui s’est passé à Air France. Le but, c’est d’intimider. Ceux qui sont responsables d’accidents mortels de salariés par manque de sécurité, pas plus que les hommes politiques qui piquent dans la caisse, eux ne font jamais de prison. C’est révoltant. Qu’ont fait les mecs de Goodyear ? Ils se sont juste révoltés contre une injustice. Ils ont juste gardé des cadres parce qu’ils n’obtenaient pas de réponses à leur question. La violence, elle n’est pas de leur côté. Ce sont les fermetures d’usine qui sont violentes. Celles qui mettent les gens dans la merde, qui les poussent vers le suicide, l’alcoolisme, la drogue, la dépression, le RSA.

«Ils sont traités comme des criminels, on ne prend pas en compte leur détresse. Quand il y a une fermeture d’usine, les salariés savent très bien vers quelle galère ils s’orientent. Ils savent qu’ils vont sûrement devoir vendre leur baraque, que leur couple va exploser… Ils ont envie de tout démonter, de tout péter. C’est un instinct de survie. Quand les patrons annoncent un plan de licenciements de 4.000 personnes, alors que quelques mois plus tôt, ils demandaient aux salariés de baisser les salaires pour sauver l’emploi, de repasser à 40 heures payées 35, comment voulez-vous qu’ils n’aient pas envie de les attraper et de leur dire leur colère. On est revenu au temps des gueux et de la grande royauté qui marche sur tout le monde. Il n’y a pas de justice. »

Le but c’est d’intimider. Tout est fait pour cela. C’est l’illustration d’une répression croissante contre les syndicalistes qui luttent contre la fermeture de leur usine. C’est fait pour que les gens ne se battent plus. Dans le cas des Goodyear, on est quand même face à un État qui poursuit, s’acharne contre des salariés, alors même que les plaintes ont été retirées !

Ce gouvernement de droite hypocrite se cachant sous un faux-nez « de gauche » à décidé de faire peur aux syndicalistes pour qu’ils cessent de se battre tandis qu’il prépare la suppression de la moitié du Code du travail. Ainsi – souhait de Gattaz – le plafonnement des indemnités de licenciement obtenues aux prud’hommes que le gouvernement veut remettre sur la table. Pourquoi les salariés iraient-ils devant les tribunaux pour obtenir trois fois rien ? Et on parle d’un gouvernement de gauche… D’autant qu’en parallèle, les gens semblent tétanisés, ils ne se révoltent pas…

Et les patrons, en connivence avec les politiques – reniant sans cesse leurs promesses et trahissant avec une belle constance leurs électeurs – s’en donnent à cœur joie : ainsi de l’enterrement par la direction, à l’automne 2015, du projet de Scop (Société coopérative et participative) porté par les salariés pour reprendre une partie de la production. Quelques semaines plus tard, Goodyear et Titan signaient pourtant un accord pour produire des pneus… en Russie !

Mais attention, les violences, lorsqu’elles commenceront, seront probablement d’un autre registre que deux cadres retenus quelques heures ou qu’une chemise arrachée…”

 

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ATTENTATS DE PARIS : QUELQUES CONSEQUENCES PREVISIBLES…

Le Regroupement Révolutionnaire Caennais diffuse actuellement ce texte à la suite des attentats de Paris. N’hésitez pas à le faire circuler s’il vous convient. Des diffusions publiques auront lieu sous peu à Caen dans la rue et sur des marchés.

Une version PDF téléchargeable est disponible ici : FINAL texte RRC sur attentats de Paris

Attentats à Paris : des conséquences prévisibles…

 

Les tueries du 13 novembre, à Paris, 10 mois après celles visant « Charlie Hebdo » et le supermarché kasher, viennent tragiquement s’ajouter à la longue liste des horreurs commises par le soi-disant « État Islamique » en Irak et en Syrie: exécutions en masse de prisonnier-e-s de guerre et de civil-e-s, massacres de minorités, mise en esclavage des femmes, attentats aveugles par dizaines …

La colère, le dégoût et la tristesse ne doivent cependant pas empêcher la réflexion. Les attentats à Paris vont donner lieu à des tentatives d’instrumentalisation politique et avoir des conséquences évidentes. Il nous paraît important de les identifier parce qu’elles nous paraissent dangereuses.

 

1° Dans les semaines qui viennent, les agressions racistes, nationalistes vont se multiplier contre des lieux de culte musulmans, des locaux d’associations immigrées, des centres d’hébergement pour demandeurs-euses d’asile, des squats, des femmes voilées. Cela s’était produit après les attentats de janvier. Cela va malheureusement se reproduire. Des militants ou sympathisants d’extrême droite, des imbéciles haineux vont tenter de jeter de l’huile sur le feu.

 

2° D’une manière plus générale nous allons assister à une vague de discours d’extrême droite pratiquant l’habituel double amalgame, « immigré-e-s = musulman-e-s = envahisseurs-euses » suivi de prés par le « musulman-e-s = terroristes ». Ces discours racistes se dissimuleront souvent derrière une prétendue défense de la laïcité, de la liberté et de la sécurité et prendront des formes diverses : petites phrases médiatiques « chocs », déclarations troubles où l’on triture le vocabulaire pour que les étranger-e-s inspirent la peur, appels délirants à la déportation de masse ou au meurtre sur les réseaux sociaux, où vont se répandre aussi fausses rumeurs et photomontages truqués qui sont une spécialité de l’extrême droite depuis des années.

La question de l’afflux et de l’accueil des réfugié-e-s qui fuient actuellement l’Irak et la Syrie va être probablement au centre de cette offensive idéologique d’extrême droite qui va tenter de faire passer les victimes pour les bourreaux… alors que les tueries de Paris devraient nous aider à mieux comprendre la réalité terrible que fuient les centaines de milliers de réfugié-e-s actuel-le-s. Là bas, c’est chaque jour qu’il y a des massacres… Ces discours sont une insulte contre l’intelligence, la dignité morale et la solidarité humaine les plus élémentaires.

 

3° Nous allons assister à des surenchères sécuritaires de la part des partis politiques. Ça va être un concours de gros muscles à l’approche des élections. Ils vont chercher à surfer sur l’émotion légitime et la peur qui peut prendre des dimensions irrationnelles…

Comme toujours, forcément pour notre bien, l’État (et soyons clair-e-s, l’État c’est pas toi, moi, nous, c’est autre chose, c’est pas neutre et, d’en haut, ça gouverne nos vies) va prétendre protéger LA liberté abstraite en réduisant nos libertés concrètes, en affirmant que la sécurité est la première des libertés, en accentuant les politiques de flicage et d’espionnage DE MASSE. Un-e terroriste, finalement, ça peut être n’importe qui, donc ça peut être toi, donc toi aussi tu dois être surveillé-e.

On parle « d’assigner à résidence » (avec éventuellement des bracelets électroniques en plus) des personnes visées par des fiches de sûreté. Cela inclut-il les antifascistes radicaux-ales qui se bagarrent parfois contre les fachos dans la rue, les syndicalistes arracheurs-euses de chemises patronales, les anars amateur-rices de barricades, les ultra-gauche lanceurs-euses de pavés, les antinucléaires déboulonneurs-euses de lignes THT, les zadistes de Notre Dame des Landes ? Tout ces gens là font aussi l’objet de fiches de sûreté…

On parle de créer une « garde nationale » dont on voit mal en quoi elle empêchera le terrorisme mais dont on voit très bien à quoi elle pourrait servir en cas de grève générale qui dégénère.

Le gouvernement déclare l’état d’urgence, parle de mettre en place une législation d’exception, mais ce serait forcément provisoire. Combien d’années peut durer le « provisoire » ? L’État ne donnera pas la réponse… Y aura pas non plus d’assurances concernant le fait que les mesures sécuritaires d’aujourd’hui, ne serviront pas, demain, à criminaliser encore plus des conflits sociaux radicalisés, des révoltes dans les banlieues, des luttes anticapitalistes, écologistes… On voit déjà comment cet état d’urgence a servi ces derniers jours à perquisitionner des « délinquant-e-s » plutôt que des « terroristes », les catégories visées par le pouvoir risquent vite de devenir troubles et changeantes en fonction de ses besoins et au nom de la sacro-sainte efficacité, l’état d’urgence et autres législations d’exception pourraient bien perdurer et régir notre quotidien

 

4° Nous allons tous et toutes être fermement incité-e-s à adhérer au vieux MYTHE de l’unité nationale. Si les massacres à Paris peuvent, évidemment, susciter une douleur commune, celle-ci ne débouche cependant sur aucune unité réelle. Il n’y a pas d’unité entre un-e raciste et un-e antiraciste, entre les prolétaires et les capitalistes, entre les exploité-e-s et les exploiteurs, entre les gouvernant-e-s et les gouverné-e-s. Celles et ceux qui déclenchent les guerres sont rarement celles et ceux qui en meurent. Celles et ceux qui déclenchent les crises financières ne sont pas celles et ceux qui les payent. Celles et ceux qui subissent la pauvreté et les inégalités ne sont pas les mêmes que celles et ceux qui s’enrichissent grâce à elles. Refuser de se mettre au garde à vous derrière un drapeau, un gouvernement, un État peut être mal vu. Nous assumons. Nous ne sommes pas dupes et nous espérons que vous ne l’êtes pas non plus et que, vous aussi, aucune « unité nationale » ne vous fera taire.

 

5° À gauche comme à droite, les discours tentant de faire du dictateur Bachar El Assad un « partenaire de la lutte antiterroriste » vont se multiplier. On va essayer de nous faire croire que ce boucher qui est à l’origine du conflit ferait partie de la solution, lui dont le régime est responsable de la majorité des 300 000 mort-e-s du conflit syrien et de l’exil de la majeure partie des réfugié-e-s syrien-ne-s, lui qui a libéré des milliers de djihadistes pour pourrir la rébellion et essayer ensuite de se faire passer pour un  rempart contre le terrorisme. Les États occidentaux ont déjà sans surprise laissé crever la révolte populaire syrienne, alimentant ainsi le désespoir et en partie la montée du djihadisme et maintenant, en plus, il s’agirait de sauver ce régime tyrannique. Voila un beau projet… surtout pour les djihadistes qui ne manqueront pas d’exploiter l’écœurement compréhensible des populations locales s’il se concrétisait. De toute façon, les États occidentaux, iranien, russe, les monarchies pétrolières n’interviennent pas en Syrie et en Irak pour les populations mais essentiellement pour défendre leurs intérêts stratégiques et économiques impérialistes.

 

Ce panorama politique est loin d’être réjouissant, d’autant plus que les phénomènes évoqués se nourrissent les uns les autres. Le cercle est vicieux. Il se resserre et on est au milieu. Et on commence à étouffer là-dedans. Et si, dans ce cercle vicieux, il n’y avait aucun camp à choisir ? Ni celui de l’extrême droite franchouillarde, ni celui de cette autre extrême droite qu’est le djihadisme, ni celui de l’État ? Et si l’important était de briser collectivement le cercle, de s’en échapper pour tracer une autre route ?

Plus facile à dire qu’à faire, hein ? Mais le chemin se fait en marchant. Et les points de départ peuvent être nombreux. Ils sont souvent en bas de chez nous. Par exemple ?

Participer aux luttes sociales, combattre les inégalités capitalistes, les discriminations sociales, la précarité, les politiques antisociales d’austérité qui alimentent la dégradation de nos conditions de vie, la misère, le désespoir et l’absence de perspectives ET la montée de l’extrême droite ET les tendances à la radicalisation islamiste.

Soutenir les migrant-e-s et les réfugié-e-s, leur manifester concrètement notre solidarité antiraciste, antifasciste et de classe. À Caen, depuis des années, des squats sont ouverts pour les accueillir, pour pas qu’ils soient à la rue, peu importe leur nationalité, leur couleur, leur religion (s’ils ou elles en ont une). Une assemblée ouverte organise la lutte et y a toujours besoin de coups de mains. Y a des infos sur notre site.

– Manifester notre solidarité internationaliste, par-dessus les frontières, avec les résistances sociales et féministes en Syrie et en Irak. Au Kurdistan syrien, depuis 2 ans, des milliers d’hommes et de femmes combattent l’État Islamique, libèrent des populations et essaient de construire une alternative démocratique. Ils et elles n’ont pas grand-chose mais ils et elles en veulent. Ils et elles ont besoin de soutien financier pour aider les réfugié-e-s, reconstruire les villes détruites, développer les productions locales nécessaires, se procurer des armes. Eh oui, on arrête pas l’État Islamique seulement avec des idées et des alternatives sociales, faut aussi des balles. Vous trouverez des coordonnées bancaires où envoyer de l’argent sur notre site. Faites-le, l’État français le fera pas à votre place, il a pas envoyé un seul mortier là bas (ça fâcherait l’État turc avec qui y a du bizness à faire)… Collecter du fric et informer là-dessus, on l’a fait pendant des mois dans les rues de Caen. On continue mais on vous tend aussi le relais.

 

La résignation, l’individualisme, l’indifférence ne mèneront nulle part.

Les temps qui viennent vont être durs.

Ce n’est pas en courbant la tête qu’on changera les choses,

c’est en la relevant, en s’organisant et en luttant.

Tant qu’il le faudra…

 

Regroupement Révolutionnaire Caennais           

http://rrcaen.neowordpress.fr/                          

rrcaen@riseup.net

 

Si ce texte vous parle, n’hésitez pas à le diffuser par vos propres moyens.

Offensives patronales, à quand la contre-attaque ?

Le tract distribué par le RRC lors de la journée de grève nationale du 9 avril. La version PDF est aussi téléchargeable ici : Offensives patronales RRC avril 2015

 

Offensives patronales, à quand la contre-attaque ?!

En 2014, les cadeaux faits aux actionnaires des entreprises du CAC 40 ont augmenté de 30% pour atteindre 56 milliards d’euros. A l’échelle mondiale, ce sont plus de 1000 milliards d’euros versés au grand patronat, soit une hausse de 12,6%. Les riches sont donc toujours de plus en plus riches. En France par exemple, chaque année depuis les années 80, environ 9% de la part de richesse créée passe de la poche des salarié-e-s (qui ont créé cette richesse) à celles des actionnaires. Soit chaque année entre 120 et 170 milliards d’euros qui glissent du travail vers le capital. L’arrivée de la crise à la fin des années 2000 n’a pas empêché le grand patronat de faire des profits, elle a juste ralenti la courbe effrénée de la hausse du taux de profit. Quant aux banques, elles ont été massivement sauvées par les fonds propres de l’UE (et de la France notamment) en transférant leurs dettes (privées) en dettes publiques. Cet accroissement considérable des dettes publiques est l’argument principal qui justifie les politiques d’austérités et toutes les attaques anti-sociales. Combiné à une soi-disant nécessité de rendre la France plus « compétitive » et « performante », afin de « favoriser la croissance », « seule à même de créer de l’emploi ». Depuis 20 ans, on nous baratine avec ce genre de terme pour justifier les politiques ultra-libérales. Depuis 20 ans, les conditions de travail et de nos vies ne cessent de se dégrader. Et le chômage de s’envoler. Les salaires directs (fiche de paie) et indirects (CAF, chômage, retraites, sécu) sont actuellement aux premières loges de cette guerre de classe.

Austérité, quand tu nous tiens !

Entre le « Pacte de compétitivité » et de « responsabilité », ce sont 66 milliards d’euros de cadeaux fiscaux offerts au patronat par le pouvoir socialiste. Rien que ça ! Et le plus drôle, c’est qu’en parallèle, ce gouvernement veut économiser 50 milliards d’euros dans la fonction publique, et a d’ores et déjà augmenté la TVA (impôt indirect donc inégal).

Pour faire tant d’économies, pleins de belles idées : gel du point d’indice sur les salaires dans la fonction publique ; nouvelle réforme des retraites faisant travailler plus tout en diminuant les pensions ; non réévaluation des retraites d’ici à octobre 2015 (et plus si affinités) ;  diminution drastique des dépenses de santé (10 milliards d’€ d’économies) ; nouvel accord sur l’assurance chômage attaquant frontalement les intermittent-es du spectacle, les intérimaires et les chômeurs (via les droits rechargeables notamment) ; hausse du contrôle des chômeurs/euses pour favoriser les radiations ; etc.

Et pour les plus précaires et les plus pauvres, les salves sont ultra-violentes

Les CAF par exemple : en septembre 2014, 55 CAF sur 102 recevaient déjà uniquement sur rendez-vous. Et d’ici à fin 2015, toutes les CAF vont se retrouver dans cette situation. Cette suppression des points d’accueil permet non seulement de supprimer plus de 1000 postes, mais elle va considérablement limiter voire diminuer le nombre d’allocataires/trices. En effet, la CAF fait d’une pierre deux coup : elle n’est plus obligée de recevoir les allocataires/trices à qui on a supprimé les aides, et elle limite le nombre d’arrivant-e-s. Obligé-e de prendre rendez-vous via un numéro de téléphone surtaxé, ça devrait réussir à en décourager plus d’un-e. Et même pour les plus courageux/euses, si on donne le rendez-vous dans 2 mois, ça fera toujours 2 mois d’allocs en moins. Qui plus est, pour les plus isolé-e-s et peu habitué-e-s à ce type de démarche, l’exclusion sera quasi immédiate et sans appel. Le même processus est déjà à l’œuvre dans certains Pôle emploi et va se généraliser. Pour la Sécurité sociale, ce n’est qu’une question de temps.

Autre population ciblée : ceux/celles d’origine étrangère, demandeur/euse/s d’asile et sans papiers. Depuis plus de deux ans, les DDCS (direction départementale de la cohésion sociale) restreignent l’accès à l’hébergement d’urgence faute de budget. Conséquence : dans toutes les grandes et moyennes villes, ce sont des centaines voire des milliers de personnes qui se retrouvent à la rue. Partout dans les grandes métropoles, les bidonvilles se multiplient à vitesse grand V, et ces populations survivent dans une extrême pauvreté. Rappelons que ces dernières n’ont pas le droit de travailler, ou alors au black pour le bon plaisir du patronat (quoi de mieux qu’une main-d’œuvre servile et bon marché pour augmenter les profits !). Sans même parler de la véritable traque policière subie au quotidien par ces dernier-e-s. L’année 2014 a été la plus ignoble en termes d’interpellations et de reconduites à la frontière. D’une manière générale, les rues se remplissent, même par des personnes qui sont au chômage ou qui taffent. Vivement la fin 2015 pour le prochain bilan.

 

Objectif : destruction du code du travail

Les attaques que subit le droit du travail depuis l’arrivée au pouvoir des socialos n’ont jamais été aussi sévères. L’ANI d’abord, qui décentralise les décisions, en transférant les négociations syndicats/patronat branche par branche, puis entreprise par entreprise avec la loi Macron. Plus on divise les attaques, plus on divise les grèves, plus on mate et invisibilise facilement ces dernières. L’ANI toujours, qui facilite les licenciements, les mobilités forcées, les baisses de salaires, les hausses de temps de travail sans augmentation de salaire, etc.

La loi Macron tout dernièrement. 106 articles, 106 attaques. Dont certaines sont d’une violence rare : attaques massives contre les maigres protections encore incluses dans le Code du travail ; développement du travail gratuit pour les handicapé-e-s ; quasi-légalisation des délits patronaux ; augmentation du travail le dimanche ; suppression des majorations du travail de nuit entre 21h et 00h00 ; mise au pas des Prud’hommes ; etc.

 

De ces agressions sociales, les femmes sont les premières touchées. Déjà, ce sont elles qui occupent la quasi intégralité des temps partiels et autres boulots difficiles et sous payés (82%), qui servent de main-d’œuvre à moindre coût, et qui cumulent en plus pour une large majorité le travail domestique (et plus c’est la galère, plus il est difficile et insupportable). Le travail généralisé le dimanche, le travail non majoré une partie de la nuit entre autre, ce sont principalement elles qui vont le subir !

 

Une grève, une manif, et puis voilà ??

Les attaques, on le sait, vont s’accentuer. Les salves à venir vont être, si nous ne faisons rien, bien pires que celles passées. Les seuls secteurs publics qui bénéficient et vont bénéficier d’apport plus que conséquent de moyens sont ceux liés à la répression d’Etat (Police, Justice, Armée). La toute prochaine loi sur le renseignement intérieur va légaliser de nombreuses pratiques illégales des flics et renforcer le contrôle de nos vies. En face, le pouvoir s’organise, et ce partout en Europe. Les guerres impérialistes, comme généralement dans ce genre de situation historique, se démultiplient. Il est particulièrement important pour nos gouvernements de jouer sur les peurs, de parler de « terrorisme », de mener une « guerre », « uni-e-s » contre « la barbarie ». Et en même temps d’assurer la sécurité des territoires où leurs intérêts géostratégiques et économiques (extraction des ressources, exploitation de la force de travail à moindre coût, etc.) sont menacés.

Quant à l’extrême-droite de tous bords, elle se frotte les mains.

Cette grève du jeudi 9 avril va comme d’habitude rester lettre morte. Les mouvements sociaux d’ampleur sont historiquement rares sous un gouvernement social-démocrates (en France au moins). Les bureaucraties syndicales et ceux/celles qui les dirigent tiennent ici leur rôle de pacificateur à bras le corps.

Qu’on se le dise, quelque soit le gouvernement, la période 2017-2022 va être ultra-violente sur le plan social et humain. Il est plus que nécessaire de s’organiser dès maintenant et à la base, dans nos boites, nos facs, contre la baisse de nos salaires (directs et indirects), les attaques contre le droit du travail et les services publics, etc. Bref, arrêter de courber l’échine.

Regroupement Révolutionnaire Caennais

Mail : rrcaen@riseup.net

Site : rrcaen.neowordpress.fr

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