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Contre la fermeture des accueils CAF, contre la dégradation de nos conditions de vie

Le RRC diffuse actuellement en plusieurs points de l’agglomération caennaise un tract revenant sur la fermeture des accueils CAF . On s’est, entre autres choses, inspiré d’un tract de Marseille et d’un texte du site “Tant qu’il y aura de l’argent” sur le salaire indirect (http://www.tantquil.net/2013/10/23/quest-ce-que-cest-le-salaire-indirect/) pour faire le notre.

Vous pouvez télécharger ce tract en cliquant sur le lien : TRACT CAF

N’hésitez pas à le diffuser dans vos réseaux s’il vous parle…

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Qu’est ce que c’est … Le salaire indirect ?

Un texte repris du site révolutionnaire “Tanquil” (http://www.tantquil.net/) sur la notion de “salaire indirect” et sur les attaques capitalistes qui le vise.

 

Qu’est ce que c’est … Le salaire indirect ?

C’est ce qui nous est payé sous l’appellation « cotisations sociales ». Mais vous n’en entendrez pas parler en ces termes sur BFMTV. Forcément, les patrons appellent ça les « charges ». Et réclament à cor et à cri d’en être exonérés… Ce qui revient à ne pas nous verser tout notre salaire ! Charmant programme. Une petite explication s’impose.

On a souvent tendance à penser que le salaire c’est juste ce qu’on touche en net à la fin du mois, ce que l’on appelle le salaire direct, ou salaire net. En même temps c’est assez logique, si on part du point de vue d’un salarié qui lit sa fiche de paie.  Le moyen le plus simple pour comprendre la répartition entre salaire direct et indirect est de se mettre dans la peau d’un patron. Prenons donc comme exemple Richard, le patron de Dominique. Dominique travaille toujours dans une usine de montres de luxe …

Chaque mois, Richard verse 2500 € pour payer Dominique. Sur cette somme, 1500 € finissent directement dans la poche de Dominique, c’est son salaire net.  2500-1500= 1000. La part de salaire indirect que paie Richard, c’est donc 1000 €.

Salaire direct

1500€

Salaire indirect : cotisations « salariales » et patronales

1000€

Salaire total

2500€

Du coup, les 1000€ qui restent c’est quoi ?

Dans le langage courant, on dissocie deux catégories de cotisations: les cotisations salariales et patronales. En fait, les deux forment les cotisations sociales dont une partie serait payée par le patron (patronale) et l’autre par le salarié (salariale). Mais cette distinction n’est que théorique. Quand on regarde nos fiches de paie, on peut s’imaginer que notre travail coûte au patron ce qu’on appelle le salaire brut (salaire net + part salariale des cotisations sociales).

Mais le salaire brut est un leurre, le salarié ne paye aucune partie des cotisations sociales. C’est le patron qui, en réalité, paye l’intégralité des cotisations sociales. D’ailleurs, eux ne se font pas d’illusion et entre eux ils parlent de salaire « super brut », c’est-à-dire le salaire net + l’ensemble des cotisations sociales (salaire indirect). Soit le prix d’achat de notre force de travail, le salaire total en somme.

Mais pourquoi les patrons payent les cotisations sociales ?

Ces dernières permettent de financer une partie de la reproduction de la force de travail, c’est-à-dire, tout ce qui fait que le salarié est en capacité de vendre sa force de travail et de fabriquer des nouveaux travailleurs pour demain. Par ailleurs, ces dispositifs ne sont développés que dans certains pays européens. Aux USA, dans les pays émergents, au Japon, c’est le salarié qui paye directement son assurance maladie et qui finance sa retraite.

Donc, concrètement ces cotisations servent à quoi? Et pourquoi appelle-t-on ça du salaire indirect?

Elles servent à alimenter différentes caisses, qui gèrent :

– La sécurité sociale,

– Les retraites.

– L’assurance chômage.

– La CAF.

Ce qui veut dire des choses aussi diverses que le régime de l’Assurance-chômage, le fonds national d’aide au logement, le fonds de solidarité vieillesse, le fonds CMU, le régime retraite complémentaire et prévoyance des employés de maison etc. etc.

Les patrons paient ces cotises à l’URSSAF ( qui veut justement dire « Unions de recouvrement des cotisations de sécurité sociale et d’allocations familiales »)

salaire indirect

Pourquoi et comment la bourgeoisie attaque les salaires indirects ?

Pour les patrons, le fait de nous payer est en soi une charge. Elle figure dans ce qu’ils appellent « les coûts de production ». Alors pour ne pas baisser de suite le salaire net, parce que ça se voit et que les prolos gueuleraient, autant le faire sur le salaire indirect. Ça tombe bien, c’est exactement le programme du gouvernement PS pour la rentrée 2013! On laisse la parole à notre ministre de l’économie :

« Nous ne pouvons pas continuellement avoir des charges sociales qui pèsent sur le travail. »

Pierre Moscovici, juillet 2012, le Monde.

C’est que s’attaquer aux salaires indirects c’est… Moins direct, justement. Moins visible. Cela crée un déficit des différentes caisses, et ceux qui sont en définitive victimes de ces attaques sont aussi ceux parmi les prolos qui sont les plus vulnérables, les plus précaires, les chômeurs, les allocataires de la CAF, qui se voient radiés pour un rien, qui voient leurs droits se réduire…

Et oui, rogner sur les cotisations sociales se répercute sur toutes nos vies. Ça veut dire une plus grande part de nos salaires directs pour aider la famille, pour border pépé, attendre plus longtemps pour se soigner, ou encore moins de thunes lorsqu’on perdra notre boulot.

Bien sûr diront certains, Richard (le patron) peut choisir de répercuter la baisse du salaire indirect, en augmentant le salaire direct… C’est vrai ? Mouais, sauf que ce statut existe, il s’appelle l’auto-entreprenariat, les salariés sont payés par le patron direct tout net, sans cotises… Et n’ont clairement pas décroché le jackpot !

Et puis, on voit ce que ça donne dans d’autre pays, comme aux USA, où des millions de personnes sont privées de la moindre couverture maladie : on estime que plus de 60% des banqueroutes privées sont dûes à des problèmes de santé là-bas.

C’est que l’absence de sécu rend super cher le moindre pépin : à coup de 150 $ la consultation au médecin, ou une prise de sang, sans compter qu’aucun hôpital ou médecin américain n’accepte de vous soigner à moins que vous soyez à l’article de la mort,  si vous ne pouvez présenter une carte de crédit ou une prise en charge d’assurance.origami-billet-1-dollar-cochonEn un mot, le système américain, c’est soit ton patron te paie ton assurance maladie (une forme de salaire indirect) … Soit c’est vraiment la misère, si tu restes trop longtemps au chômage, ou que tu trouves un travail moins bien payé, là tu dois payer tout seul… Et ça douille.

Alors qu’aux USA, (hormis les « filets de sécurité » type medicare ou medicaid ) c’est en général à l’échelle de l’entreprise que les prolétaires peuvent bénéficier de salaires indirects, la situation est différente en France et dans d’autres pays Européens.

En effet un des résultats de cette forme de salaire indirect, (via les cotisations sociales), c’est de toucher le prolétariat à une échelle beaucoup plus large. Car de cette manière, via les différentes caisses (CAF, Chômage, Sécu etc. ) beaucoup de monde en bénéficie.

On peut même dire que d’une certaine manière, les capitalistes nous paient en bloc, achètent globalement notre force de travail, et l’utilisent lorsqu’ils en ont besoin. D’ailleurs, tout est fait pour qu’en échange des différentes aides, nous soyons à la merci des besoins patronaux, avec par exemple l’obligation pour un chômeur d’accepter n’importe quelle offre d’emploi.

L’étape d’après, on la voit venir un peu partout en Europe, avec la crise. C’est le travail forcé, en échange des aides sociales. C’est alors une attaque encore plus massive puisqu’il s’agit tout bonnement de nous forcer à bosser en échange du versement… De la partie de notre salaire que l’on ne nous avait pas versé directement ! Faut avouer que c’est fortiche ! Je mets une partie de ton salaire sur un compte bloqué, et pour y avoir accès… Faut bosser à l’œil ! Mais on en parle plus en détail ici.

En attendant, gardons que lorsque les patrons parlent de charges, ils nous traitent tout simplement de boulets. Pourtant, ce sont les prolétaires qui produisent tout.

Et si aujourd’hui on a bien raison de pas se laisser faire face aux attaques sur quelque part que ce soit de nos salaires, on ne s’arrêtera pas là. Car tant qu’il y a aura le salariat, les patrons tenteront nous payer le moins possible : c’est la règle du jeu, et comme les patrons paient aussi les arbitres… Mais l’abolition pure et simple du salariat ça a une autre gueule. Si nous organisons le communisme, la gratuité, alors on aura directement la réponse à nos besoins… Et plus d’histoire d’argent, entre nous.

Offensives patronales, à quand la contre-attaque ?

Le tract distribué par le RRC lors de la journée de grève nationale du 9 avril. La version PDF est aussi téléchargeable ici : Offensives patronales RRC avril 2015

 

Offensives patronales, à quand la contre-attaque ?!

En 2014, les cadeaux faits aux actionnaires des entreprises du CAC 40 ont augmenté de 30% pour atteindre 56 milliards d’euros. A l’échelle mondiale, ce sont plus de 1000 milliards d’euros versés au grand patronat, soit une hausse de 12,6%. Les riches sont donc toujours de plus en plus riches. En France par exemple, chaque année depuis les années 80, environ 9% de la part de richesse créée passe de la poche des salarié-e-s (qui ont créé cette richesse) à celles des actionnaires. Soit chaque année entre 120 et 170 milliards d’euros qui glissent du travail vers le capital. L’arrivée de la crise à la fin des années 2000 n’a pas empêché le grand patronat de faire des profits, elle a juste ralenti la courbe effrénée de la hausse du taux de profit. Quant aux banques, elles ont été massivement sauvées par les fonds propres de l’UE (et de la France notamment) en transférant leurs dettes (privées) en dettes publiques. Cet accroissement considérable des dettes publiques est l’argument principal qui justifie les politiques d’austérités et toutes les attaques anti-sociales. Combiné à une soi-disant nécessité de rendre la France plus « compétitive » et « performante », afin de « favoriser la croissance », « seule à même de créer de l’emploi ». Depuis 20 ans, on nous baratine avec ce genre de terme pour justifier les politiques ultra-libérales. Depuis 20 ans, les conditions de travail et de nos vies ne cessent de se dégrader. Et le chômage de s’envoler. Les salaires directs (fiche de paie) et indirects (CAF, chômage, retraites, sécu) sont actuellement aux premières loges de cette guerre de classe.

Austérité, quand tu nous tiens !

Entre le « Pacte de compétitivité » et de « responsabilité », ce sont 66 milliards d’euros de cadeaux fiscaux offerts au patronat par le pouvoir socialiste. Rien que ça ! Et le plus drôle, c’est qu’en parallèle, ce gouvernement veut économiser 50 milliards d’euros dans la fonction publique, et a d’ores et déjà augmenté la TVA (impôt indirect donc inégal).

Pour faire tant d’économies, pleins de belles idées : gel du point d’indice sur les salaires dans la fonction publique ; nouvelle réforme des retraites faisant travailler plus tout en diminuant les pensions ; non réévaluation des retraites d’ici à octobre 2015 (et plus si affinités) ;  diminution drastique des dépenses de santé (10 milliards d’€ d’économies) ; nouvel accord sur l’assurance chômage attaquant frontalement les intermittent-es du spectacle, les intérimaires et les chômeurs (via les droits rechargeables notamment) ; hausse du contrôle des chômeurs/euses pour favoriser les radiations ; etc.

Et pour les plus précaires et les plus pauvres, les salves sont ultra-violentes

Les CAF par exemple : en septembre 2014, 55 CAF sur 102 recevaient déjà uniquement sur rendez-vous. Et d’ici à fin 2015, toutes les CAF vont se retrouver dans cette situation. Cette suppression des points d’accueil permet non seulement de supprimer plus de 1000 postes, mais elle va considérablement limiter voire diminuer le nombre d’allocataires/trices. En effet, la CAF fait d’une pierre deux coup : elle n’est plus obligée de recevoir les allocataires/trices à qui on a supprimé les aides, et elle limite le nombre d’arrivant-e-s. Obligé-e de prendre rendez-vous via un numéro de téléphone surtaxé, ça devrait réussir à en décourager plus d’un-e. Et même pour les plus courageux/euses, si on donne le rendez-vous dans 2 mois, ça fera toujours 2 mois d’allocs en moins. Qui plus est, pour les plus isolé-e-s et peu habitué-e-s à ce type de démarche, l’exclusion sera quasi immédiate et sans appel. Le même processus est déjà à l’œuvre dans certains Pôle emploi et va se généraliser. Pour la Sécurité sociale, ce n’est qu’une question de temps.

Autre population ciblée : ceux/celles d’origine étrangère, demandeur/euse/s d’asile et sans papiers. Depuis plus de deux ans, les DDCS (direction départementale de la cohésion sociale) restreignent l’accès à l’hébergement d’urgence faute de budget. Conséquence : dans toutes les grandes et moyennes villes, ce sont des centaines voire des milliers de personnes qui se retrouvent à la rue. Partout dans les grandes métropoles, les bidonvilles se multiplient à vitesse grand V, et ces populations survivent dans une extrême pauvreté. Rappelons que ces dernières n’ont pas le droit de travailler, ou alors au black pour le bon plaisir du patronat (quoi de mieux qu’une main-d’œuvre servile et bon marché pour augmenter les profits !). Sans même parler de la véritable traque policière subie au quotidien par ces dernier-e-s. L’année 2014 a été la plus ignoble en termes d’interpellations et de reconduites à la frontière. D’une manière générale, les rues se remplissent, même par des personnes qui sont au chômage ou qui taffent. Vivement la fin 2015 pour le prochain bilan.

 

Objectif : destruction du code du travail

Les attaques que subit le droit du travail depuis l’arrivée au pouvoir des socialos n’ont jamais été aussi sévères. L’ANI d’abord, qui décentralise les décisions, en transférant les négociations syndicats/patronat branche par branche, puis entreprise par entreprise avec la loi Macron. Plus on divise les attaques, plus on divise les grèves, plus on mate et invisibilise facilement ces dernières. L’ANI toujours, qui facilite les licenciements, les mobilités forcées, les baisses de salaires, les hausses de temps de travail sans augmentation de salaire, etc.

La loi Macron tout dernièrement. 106 articles, 106 attaques. Dont certaines sont d’une violence rare : attaques massives contre les maigres protections encore incluses dans le Code du travail ; développement du travail gratuit pour les handicapé-e-s ; quasi-légalisation des délits patronaux ; augmentation du travail le dimanche ; suppression des majorations du travail de nuit entre 21h et 00h00 ; mise au pas des Prud’hommes ; etc.

 

De ces agressions sociales, les femmes sont les premières touchées. Déjà, ce sont elles qui occupent la quasi intégralité des temps partiels et autres boulots difficiles et sous payés (82%), qui servent de main-d’œuvre à moindre coût, et qui cumulent en plus pour une large majorité le travail domestique (et plus c’est la galère, plus il est difficile et insupportable). Le travail généralisé le dimanche, le travail non majoré une partie de la nuit entre autre, ce sont principalement elles qui vont le subir !

 

Une grève, une manif, et puis voilà ??

Les attaques, on le sait, vont s’accentuer. Les salves à venir vont être, si nous ne faisons rien, bien pires que celles passées. Les seuls secteurs publics qui bénéficient et vont bénéficier d’apport plus que conséquent de moyens sont ceux liés à la répression d’Etat (Police, Justice, Armée). La toute prochaine loi sur le renseignement intérieur va légaliser de nombreuses pratiques illégales des flics et renforcer le contrôle de nos vies. En face, le pouvoir s’organise, et ce partout en Europe. Les guerres impérialistes, comme généralement dans ce genre de situation historique, se démultiplient. Il est particulièrement important pour nos gouvernements de jouer sur les peurs, de parler de « terrorisme », de mener une « guerre », « uni-e-s » contre « la barbarie ». Et en même temps d’assurer la sécurité des territoires où leurs intérêts géostratégiques et économiques (extraction des ressources, exploitation de la force de travail à moindre coût, etc.) sont menacés.

Quant à l’extrême-droite de tous bords, elle se frotte les mains.

Cette grève du jeudi 9 avril va comme d’habitude rester lettre morte. Les mouvements sociaux d’ampleur sont historiquement rares sous un gouvernement social-démocrates (en France au moins). Les bureaucraties syndicales et ceux/celles qui les dirigent tiennent ici leur rôle de pacificateur à bras le corps.

Qu’on se le dise, quelque soit le gouvernement, la période 2017-2022 va être ultra-violente sur le plan social et humain. Il est plus que nécessaire de s’organiser dès maintenant et à la base, dans nos boites, nos facs, contre la baisse de nos salaires (directs et indirects), les attaques contre le droit du travail et les services publics, etc. Bref, arrêter de courber l’échine.

Regroupement Révolutionnaire Caennais

Mail : rrcaen@riseup.net

Site : rrcaen.neowordpress.fr

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