Archives de catégorie : Luttes locales

“A Caen, la police en roue libre”, communiqué du CROC

Retour sur les violences policières suite à la manifestation du 22 mars 2018

Communiqué du CROC (Contre la Répression – Organisation Collective), collectif anti-répression de Caen

Le 22 mars, lors de la journée de mobilisation inter-catégorielle, près de 10000 personnes ont décidé de manifester contre les politiques antisociales et xénophobes de l’État français. Un cortège inter-luttes prend place entre les cortèges syndicaux. Très rapidement, c’est une omniprésence de la BAC et de la police politique (Renseignements Territoriaux) que l’on constate autour de ce groupe. Arrivé place du Théâtre, une majeure partie de ce cortège décide de rejoindre l’Assemblée Interpro appelée à l’auditorium du Château de Caen. La Compagnie Départementale d’Intervention, assistée de la BAC et des renseignements territoriaux mettent immédiatement la pression.

La tension se fait sentir alors que la police encercle l’entrée principale du château.

Plusieurs personnes décident de quitter les lieux par l’autre sortie donnant sur le Campus 1 de l’université de Caen. Alors qu’un véhicule fonce dans la foule, plusieurs personnes commencent à courir pour rejoindre le groupe resté en arrière. Le véhicule poursuit sa course jusqu’à l’auditorium tandis que deux molosses coursent les manifestants. Deux personnes sont frappées, mises à terre et violemment maintenues au sol. Alors que le conducteur du véhicule sort un flashball pendant que deux autres bourrins lancent des grenades de désencerclement, tout le monde comprend que les skinheads sans brassards sont de la Brigade Anti-Criminalité.

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Deux motards suivis de fourgons de la Police Nationale arrivent alors sur les lieux pendant que les premier-ère-s blessé-e-s se regroupent. C’est à coup de matraques, de tir tendus et de menaces qu’ils tentent de repousser le groupe présent. La seconde vague de blessé-e-s ne tarde pas à arriver. Les salves de grenades lacrymogènes, lancées sans sommation, se multiplient, scindant le groupe. Les deux interpellés sont embarqués immédiatement direction le commissariat. Pendant que la police continue d’employer la force pour disperser les manifestant-e-s, l’un des interpellés est menacé de mort à de multiples reprises dans le fourgon. Il sera également frappé de nombreuses fois, étouffé lors du trajet, frappé et humilié à son arrivée au poste. Le second interpellé sera gratifié d’un traitement quasi similaire.

Après le comptage des blessé-e-s, l’assemblée générale se déroule malgré tout avec l’organisation, à son issue, d’un rassemblement de soutien aux interpellés. Une centaine de personnes se réunit donc devant le commissariat afin de prendre des informations sur leur situation et réclamer leur libération. Les deux personnes seront libérées dans la soirée, parties faire immédiatement constater leurs blessures et séquelles.

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Si ces pratiques ont pu choquer plusieurs témoins, elles sont pourtant la fonction existentielle des forces de police. Depuis des années, l’arsenal répressif (politique et/ou judiciaire) n’a cessé de se renforcer envers les populations migrantes, les quartiers périphériques, les populations dites « marginales », les luttes sociales… Dans les squats caennais et à Ouistreham, le harcèlement de la police et de ses complices (notamment Twisto appartenant à Keolis, opérateur privé du transport public local) est une réalité quotidienne.

S’insurger contre les violences commises le 22 mars 2018 à Caen ne suffira pas. C’est oublier que pendant des années, cette violence s’est exercée dans l’ombre, s’est renforcée à la lumière des politiques du tout sécuritaire. Réclamer plus de sécurité, c’est demander toujours plus de répression. La sécurité est devenue celle de l’emploi qui exploite, précarise et licencie selon les besoins de l’économie. Elle est sociale quand elle extorque et alimente toujours plus le patronat. Elle est celle qui crée des cordons dans les manifestations pour diviser les bon-ne-s et les mauvais-e-s manifestant-e-s. On tente de nous convaincre que le sécuritaire est une libération lorsqu’elle annonce toujours moins de libertés et toujours plus de répression. La « vidéoprotection » que l’on nous vend est une surveillance généralisée. C’est l’un des instruments de la surveillance généralisée, invisible mais omniprésente.

Sous couvert d’état d’urgence et de protection des populations, leur frénésie sécuritaire sert aussi à casser et contrôler toute forme de contestation sociale. Ici ou ailleurs, l’État et ses relais locaux ont systématiquement mis en place une politique répressive dure envers les potentialités de convergence. Derrière les bavures se cache une stratégie de la tension, de la peur institutionnalisée qui ne cherche qu’à dissuader, à fractionner et à ne nous ramener qu’à une réaction face à la répression.

Nous n’oublions pas que ce qui a été subi à Caen le 22 mars n’est qu’une manifestation de la répression parmi tant d’autres : que l’on songe à Nantes, Montpellier, Toulouse, Dijon, Lille mais aussi à Montpellier où le doyen de la fac de droit s’est fait le relai de la force répressive en soutenant et facilitant des attaques armées sur les étudiant-e-s.

Notre réponse ne doit pas être défensive, nous limiter à compter nos blessé-e-s, nos inculpé-e-s et nos incarcéré-e-s. Elle doit se constituer en un rapport de force contre un arsenal judiciaire, policier, législatif, administratif et politique !

Pour toute demande daide, de conseil, pour témoigner, signaler une interpellation, vous pouvez nous contacter : 06.17.09.49.35 – caenantirep@riseup.net

Pour les informations :antirepcaen.wordpress.com

Nouvelle manif régionale en soutien aux migrants à Ouistreham samedi 20 janvier

L’appel à cette nouvelle manifestation est téléchargeable, au format PDF, pour diffusion large sur les réseaux sociaux, les malists, en cliquant sur le lien qui suit : texte FINAL appel 20 manif janvier

– STOP AU HARCÈLEMENT DES MIGRANTS ET DE LEURS
SOUTIENS, À OUISTREHAM COMME AILLEURS !
– PERSONNE À LA RUE ! IL LEUR FAUT UN ABRI !
– NON À LA CHASSE AUX MIGRANT-E-S ET AUX EXPULSIONS MASSIVES VOULUES PAR LE GOUVERNEMENT !
– LIBERTÉ DE CIRCULATION ET D’INSTALLATION !

Dénuement, froid, faim, harcèlement permanent, confiscation des affaires personnelles et des couvertures : le traitement inhumain réservé, depuis des mois, aux réfugiés à Ouistreham, mais aussi dans les autres ports du nord de la France et à la frontière franco-italienne, est intolérable.

Une première manifestation d’un millier de personnes à Ouistreham le 16 décembre a permis de rendre publique la situation dans ce petit port normand, de briser le mur du silence et de la peur, de construire un début de rapport de force en soutien aux exilé-e-s mais leur situation reste dramatique. Aucun lieu d’accueil et d’hébergement ne leur est proposé localement alors que l’hiver est là, que leur santé se dégrade et que le pire est à craindre en cas de gel.

Par ailleurs, le gouvernement a dernièrement édicté plusieurs circulaires répressives et encouragé plusieurs projets de lois inquiétants visant à instaurer une véritable chasse aux migrant-e-s afin de les identifier, de les trier et d’expulser un maximum d’entre eux et elles du territoire français.

D’autre part, les pratiques en préfecture autour des démarches permettant d’obtenir un titre de séjour se durcissent (exigences dissuasives, refus de dossier, non renouvellement de titre) ce qui a pour conséquences de ramener à la situation de « sans papier » ou de les y maintenir des personnes qui peuvent pourtant prétendre à une régularisation de leur situation.

Sont visé-e-s par le gouvernement tous-tes les sans-papiers, les débouté-e-s du droit d’asile, les dubliné-e-s (migrant-e-s dont les empreintes ont été prises dans un autre pays de l’Union Européenne avant leur arrivée en France et qui sont donc censé-e-s, d’après les accords de Dublin, demander l’asile dans le pays européen où ils et elles ont été fiché-e-s pour la première fois). Les assignations à résidence dans les Centres d’Accueil et d’Orientation, les centres du PRAHDA, les mises en détention dans les Centres de Rétention et les expulsions risquent de se multiplier rapidement.

C’est pourquoi nous pensons qu’il faut rester collectivement mobilisé-e-s et continuer à faire pression sur les autorités à travers de nouvelles manifestations. Partout en France, des initiatives de solidarité et de lutte se développent également.

À l’appel conjoint de nombreuses personnes, collectifs, associations, syndicats, partis, nous invitons la population de Normandie, dans toute sa diversité sociale et philosophique, à intensifier son soutien matériel et moral aux réfugié-e-s, à rendre publique sa volonté de voir cesser PARTOUT leur harcèlement par les autorités, à manifester pour qu’ils et elles soient abrité-e-s de l’hiver, à protester contre la politique de fichage, de tri et d’expulsions massives que le gouvernement cherche à mettre en place.

RASSEMBLEMENT ET MANIFESTATION

À OUISTREHAM, SUR LE PORT

SAMEDI 20 JANVIER À 14H30. 

Ne soyons pas complices !
Défendre la liberté et la dignité des migrant-e-s, c’est toujours, en même temps, défendre les nôtres.
DANS LA RUE POUR QUE PERSONNE N’Y VIVE !
Faites tourner l’information autour de vous.

Cet appel est en train de circuler. La liste des collectifs, associations, organisations syndicales et politiques qui le rejoignent sera rendue publique dans les jours qui viennent.

Tract de l’AG Contre Toutes les Expulsions de Caen pour la manif du 16 décembre à Ouistreham.

Repris du site de l’AG Contre Toutes les Expulsions de Caen (https://agcontrelesexpulsions.wordpress.com/).

 

Ce tract qui, au delà de la situation à Ouistreham, fait le point sur la politique anti-migratoire du gouvernement et rappelle certaines bases politiques de l’AG de Lutte Contre Toutes les Expulsions de Caen a été diffusé à 700 exemplaires lors de la manif.

Vous pouvez le télécharger au format PDF pour le diffuser dans vos réseaux en cliquant sur le lien qui suit : tract AG manif 16-12 ouistreham

Face aux injustices, nous ne sommes jamais seul-e-s !

Sur la situation à Ouistreham :

Le harcèlement permanent et intolérable dont les migrants (et dans une moindre mesure leurs soutiens locaux) sont la cible à Ouistreham est désormais bien connu.

La tentative d’ouvrir un squat le 9 décembre pour abriter les migrants et la mobilisation courageuse d’habitant-e-s de la commune le 11, en réaction au courrier nauséabond du maire, ont finalement permis de briser le mur du silence et de la peur autour de ce qui se passe à Ouistreham.

La large mobilisation d’aujourd’hui est destinée à « enfoncer le clou » afin que l’État, sa Préfecture, la municipalité, les forces de gendarmerie présentes partout à Ouistreham sachent bien :

  • qu’elles sont désormais observées par une multitude de personnes mobilisées et par de nombreux collectifs, associations, syndicats, partis.
  • que les faits de harcèlement des migrants (dont de nombreux mineurs) par les forces de gendarmerie (non, les gendarmes ne sont pas « en roue libre », bon gré, mal gré, ils et elles ont reçu des ordres) seront documentés et publiquement dénoncés.
  • que les autorités porteront la responsabilité d’un éventuel drame lié au froid.
  • que la solidarité autour des migrants s’étend et se renforce.

Nous annonçons dès maintenant que les collectifs et organisations qui ont appelé à ce rassemblement vont travailler conjointement pour organiser une nouvelle manifestation au mois de janvier. Nous n’entendons relâcher ni notre vigilance ni la pression collective mise sur les autorités.

Le gouvernement durcit encore sa politique anti-migratoire :

De même que le gouvernement a déversé une partie des dispositions de l’état d’urgence dans la loi commune grâce à la Loi Renforçant la Sécurité Intérieure, qu’il a évacué, par Ordonnances, du code du travail une bonne partie des droits et protections que les salarié-e-s pouvaient encore y trouver, il est en train d’essayer de vider le droit d’asile de tout contenu protecteur.

Les consignes du ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, sont claires : tenter de disperser par la pression policière toutes les concentrations de migrant-e-s aux abords des ports de la Manche (Calais, Dunkerque, Grande-Synthe … et Ouistreham), de même dans les grandes villes (Porte de la Chapelle à Paris, le camp « Blida » de Metz, entre autres bidonvilles…), empêcher le passage par les montagnes frontalières avec l’Italie (où les migrants risquent leur vie en hiver par des nuits où la température descend à moins 10 ou 15 degrés comme du côté de Briançon, Gap, la vallée de la Roya…).

Le ministère de l’Intérieur met aussi la pression sur les préfets : il faut perfectionner la machine à expulser, intensifier le nombre de reconduites à la frontière, renvoyer un maximum de sans-papiers, de débouté-e-s du droit d’asile, de « dubliné-e-s » (qui sont tenu-e-s par les accords de Dublin de demander l’asile dans le premier pays européen où leurs empreintes ont été relevées, donc de les renvoyer vers l’Italie par exemple, s’ils ou elles ont été contrôlé-e-s là bas pour la première fois).

Des circulaires gouvernementales prévoient la mise en place de structures d’hébergement d’urgence pour les migrant-e-s, oui, MAIS des structures qui, sous couvert d’héberger les migrant-e-s, ont aussi pour but de les identifier, de les trier, de recenser les débouté-e-s du droit d’asile et les dubliné-e-s, de les enfermer rapidement en Centre de Rétention Administrative (CRA) ou de les assigner à résidence dans des Centre d’Accueil et d’Orientation (CAO), des centres du PRogramme d’Accueil et d’Hébergement des Demandeurs d’Asile (PRAHDA) dans l’attente d’une expulsion prochaine.

Les Conseils Départementaux qui sont censés évaluer l’âge des Mineur-e-s Isolé-e-s Étranger-e-s (MIE) rejettent massivement les dossiers des jeunes. Dans beaucoup d’endroits les taux de refus « de minorité » sont de 80 à 90%, sous des prétextes farfelus du genre « Parle trop bien le français pour être mineur », « Transpire lors de l’entretien, est donc suspecté de mentir »…

Et de toutes façons il y a tellement peu d’hébergement pour les MIE que même quand ils ou elles sont reconnu-e-s mineur-e-s, beaucoup restent à dormir à la rue (comme à Marseille où une cinquantaine de MIE dorment tous les soirs à la gare).

Sans parler des tests osseux qui se pratiquent encore parfois sur les jeunes pour déterminer leur âge « réel »… avec des marges d’erreurs possibles d’environ 18 mois…

Le gouvernement Macron a décidé de mener une politique répressive face à des gens dont le seul « crime » est de ne pas avoir de papiers et s’il prétend vider les rues des gens qui y survivent, c’est parce qu’il a bien l’intention d’en expulser un maximum en dehors des frontières françaises… tout en laissant suffisamment de sans-papiers, hommes ou femmes, pour que le patronat de certains secteurs capitalistes (restauration, bâtiment, nettoyage dans les services et l’industrie entre autres) puissent continuer à bénéficier d’une main d’œuvre fragilisée, sur-exploitée et sous-payée.

LA QUESTION DES MIGRANTS NOUS CONCERNE TOUS-TES

C’est une condition souvent misérable qui est faite à la plupart des migrant-e-s aujourd’hui en France. Mais nous souhaitons insister, au-delà du coté humainement insupportable de cette condition, sur des aspects plus politiques.

À l’AG de Lutte Contre Toutes les Expulsions, de Caen, nous rattachons la dégradation des conditions d’accueil des migrant-e-s, les attaques contre leurs droits, leurs libertés et leur dignité à tout un ensemble de dégradations de conditions de vie, d’attaques antisociales qui nous visent aussi, nous qui avons des papiers en règle ou la nationalité française.

Nous considérons que les attaques contre les migrant-e-s et les immigré-e-s reflètent et préfigurent toujours des attaques contre nos propres droits, nos propres libertés, notre propre dignité de travailleurs et travailleuses, de chômeur-euses, de précaires, d’étudiant-es, de retraité-e-s, de sans-grades dans une société profondément inégalitaire.

Contrairement à ce que prétend et promet l’extrême droite (et d’autres courants réactionnaires), la chasse aux migrant-e-s, les attaques contre les droits des immigré-e-s n’annoncent jamais une future amélioration de nos conditions de vie et de travail. Cela annonce toujours le durcissement GÉNÉRAL de l’exploitation capitaliste, de la pauvreté, de la répression étatique et patronale. Au-delà de ses aspects humanistes et humanitaires, la solidarité avec les migrant-e-s est donc pour nous un front parmi d’autres d’une lutte sociale, d’une lutte de classe plus vaste.

À ce titre, la vague de solidarité, de manifestations, d’occupations, d’ouvertures de squats qui a actuellement lieu aux quatre coins du pays pour sortir les migrant-e-s en détresse des rues glaciales est certes d’abord une bonne nouvelle pour les migrant-e-s eux/elles-mêmes. Elle est aussi une bonne nouvelle pour nous.

Cette vague de solidarité et de lutte, qui s’étend, s’organise et gagne en expérience nous rappelle, en cette sombre période politique et sociale, que nous pouvons être une force, que nous ne sommes jamais seul-e-s face aux injustices, que nous pouvons nous donner les moyens de résister, qu’en plus d’être nécessaire, la lutte est possible et qu’elle peut constituer une source concrète d’espoirs et de changements.

Nous espérons et travaillons donc à ce que cette lutte en prépare et en annonce d’autres, que ce soit sur la question des migrants ou sur d’autres terrains politiques et sociaux.

À bientôt dans les luttes…

Contact : ag-contre-expulsions@laposte.net, Site : https://agcontrelesexpulsions.wordpress.com/

Soutien financier : L’argent permet de se procurer rapidement ce qui peut manquer de façon urgente (nourriture, hygiène, gaz etc.). Chèques à l’ordre de Solidarité Migrants Calvados à envoyer à : 16 allée de l’Angle – 14200 Hérouville St  Clair .

 

Ouistreham : un récit de la manif du 16 décembre en solidarité avec les migrants.

Repris de du sit de l’Assemblée Générale de Lutte Contre Toutes les Expulsions de Caen : https://agcontrelesexpulsions.wordpress.com/

 

Vous pouvez télécharger ce récit au format PDF pour le faire tourner dans vos réseaux en cliquant sur le lien qui suit : Manif 16 décembre Ouistreham

La manifestation du 16 décembre 2017 à Ouistreham, autour des mots d’ordre « Ici comme ailleurs, STOP au harcèlement des migrants et de leurs soutiens » et « Ouverture immédiate d’un abri pour les migrants »  a été une belle réussite. Le temps était, pour une fois, clément, le nombre et la détermination étaient aussi au rendez-vous.

Cette manifestation était appelée par de nombreux-euses habitant-e-s de Ouistreham et des communes environnantes ainsi que par une quarantaine de collectifs, associations, syndicats et partis.

D’abord éclaté en deux attroupements, les gens se sont finalement rassemblés à plusieurs centaines sur un des grands parkings du port. Leur nombre a alors progressivement gonflé pour atteindre un bon millier de participant-e-s. Un succès complètement inédit dans la région !

Il y avait ce jour là une grande diversité de personnes, d’âges, de conditions sociales, de sensibilités politiques et philosophique et, en même temps, une volonté commune de manifester publiquement une légitime colère face au traitement inhumain et dégradant dont les migrants sont la cible à Ouistreham de la part des autorités étatiques, préfectorales, municipales et des forces de gendarmerie.

Discussions directes, échanges d’informations, prises de contacts, diffusions de tracts, vente solidaire, à prix libre, de couvertures de survie à offrir ensuite aux migrants, slogans multiples ont marqué ce moment de rassemblement.

Mais nous n’étions, dans notre grande majorité, pas décidé-e-s à nous contenter de ce rassemblement. Nous étions aussi là pour manifester et montrer que les rues de Ouistreham n’appartiennent ni au maire, ni à la préfecture, ni à la gendarmerie mais à la population. C’était dans l’air. Ça s’est concrétisé. Après un rassemblement non déclaré, on assista donc au lancement spontané d’une manifestation tout aussi peu déclarée.

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Photo Actu.fr

Une première tentative d’investir la rue qui passe devant le parking, en direction de l’entrée du ferry à quelques centaines de mètres de là, eut donc lieu, rapidement contenue par les gendarmes présent-e-s. Cela montra à chacun-e qu’il était temps de prendre sa décision intérieure et quelques temps après c’est un élan bien plus massif qui déborda spontanément la ligne de gendarmes et permis à la foule d’occuper la rue. Le cortège avança alors vers l’entrée du parking des ferries. La tête du cortège, réunissant habitant-e-s et militant-e-s, jeunes et moins jeunes,  qui parfois faisaient la chaîne par paquets, scandant sans relâche des slogans comme « Liberté de Circulation » et « Liberté de manifestation », débordait sur les trottoirs et s’infiltrait à travers la ligne trop clairsemée des gendarmes. Ceux-ci furent ainsi pacifiquement refoulés sur quelques dizaines de mètre, jusqu’à ce qu’une seconde ligne viennent les renforcer. Quelques bousculades eurent alors parfois lieu et des jeunes reçurent quelques coups de matraques et quelques brèves giclées de gazeuses à main. Ces quelques violences furent uniquement le fait de la gendarmerie qui avait peur d’être débordée. Il n’y a pas eu de violences de la part des manifestant-e-s.

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Photo Actu.fr

Voyant que si l’on continuait à essayer d’avancer dans cette direction, il y aurait répression et voyant que la majorité des gendarmes était occupés à tenir leur ligne devant la manifestation, les gens comprirent rapidement qu’il n’y avait qu’à partir dans l’autre sens pour pouvoir s’engouffrer dans les rues de Ouistreham. La manifestation fit donc un demi-tour sur elle-même et avança dans l’autre sens. Un groupe isolé de gendarmes tenta désespérément d’arrêter le début du cortège, qui avait changé de sens,  à l’entrée d’une avenue. Constatant cela, la foule s’engouffra immédiatement dans une autre rue perpendiculaire et prit tranquillement la direction de la mairie. Il n’y eut plus dès lors de tensions avec les gendarmes, dont certains étaient très jeunes et avaient l’air novices, gendarmes qui furent un peu débordé-e-s, étaient parfois fort pâles lorsqu’ils se retrouvaient complétement isolés au milieu de la foule qui les dépassaient (alors que personne n’avait l’intention de s’en prendre à eux et elles), décontenancé-e-s par la détermination d’une foule très diverse où ils y avait des personnes âgées, des enfants, des militant-e-s (et mêmes quelques toutous en vadrouille) et parfois aussi visiblement mal à l’aise d’avoir pour ordre d’essayer d’empêcher des tas de gens de simplement manifester.

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Photo Actu.fr

Tandis qu’une petit partie des gens restaient rassemblée sur le parking (pas de souci ni de jugement, en situation chacun et chacune choisit librement, comme il ou elle le sent), la manifestation, apparemment guidée de manière improvisée par quelques mamies ouistrehamaises qui connaissaient bien leur terrain,  est rapidement arrivée dans un petit parc qui borde l’arrière de la mairie. En haut de la montée, des gendarmes étaient déployés à proximité immédiate de l’Hôtel de Ville. Le début du cortège s’approcha d’eux tandis que le reste de la manif, là encore probablement guidé par des locaux-ales, contourna l’arrière de l’église qui est à coté de la mairie et se mit à gravir un petit et discret escalier en pierre donnant sur une ruelle qui débouchait directement sur la place de la mairie.

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Photo Actu.fr

C’est la que toute la manif finit par se rassembler. Les gens investirent avec un bel élan les marches de la mairie, y déployèrent leurs banderoles tandis que la foule reprenait bien fort et longuement de nombreux slogans en solidarité avec les migrants. Quelques prises de parole eurent ensuite lieu, dont une au nom d l’AG de Lutte Contre Toutes les Expulsions, rappelant le pourquoi de cette large mobilisation, le harcèlement des migrants, la nécessité de leur ouvrir un abri, dénonçant l’attitude inhumaine du maire face à la situation dramatique qu’ils vivent, appelant à la solidarité matérielle avec les migrants et à leur hébergement direct par la population.

Les quelques centaines de personnes encore présentes repartirent en cortège vers le port et c’est là que les derniers groupes se dispersèrent, terminant ainsi une manifestation massive, pleine d’énergie spontanée, pleines de discussions et où tout le monde a pris soin des autres.

Pour l’anecdote, signalons la présence, à quelques reprise, d’un tout petit groupe minable de fachos ( 8 d’après ce qu’on a compté) aux abords de la manif, jamais très loin des gendarmes, qui ont parfois insulté des manifestant-e-s.

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Une partie de la petite brochette de fachos présents aux abords de la manif

Si la manif fut chouette et a permis de mettre les autorités sous pression, si elle a fait du bien au moral des migrants (et au notre aussi), il n’en reste pas moins que la situation des migrants reste très tendue. Une partie d’entre eux sont accueillis chez des habitant-e-s solidaires (mais cela peut-il durer sur le long terme ?). Pour les autres, ils manquent de nourriture, n’ont que des abris précaire cachés ici ou là quand ils ne dorment pas directement dehors, leur santé se dégrade en même temps que les conditions climatiques et tout le monde redoute un drame mortel en cas de gel.

Il nous faut donc intensifier l’aide matérielle et rester mobilisé-e-s y compris si les autorités se décident à ouvrir un lieu d’hébergement d’urgence car si cela se produisait, il faudrait craindre que cela ne serve de prétexte à rafler les migrants, à les maintenir dans un lieu isolé et fermé où les autorités chercheraient à les identifier, à les trier et à en expulser un maximum vers le premier pays de l’Union Européenne où leurs empreintes ont été prises (donc vers l’Italie pour la plupart des soudanais de Ouistreham). Quoi qu’il en soit, un nouvelle manifestation est en train d’être organisée pour le mois de janvier. Nous vous tiendrons au courant.

Quant au maire de Ouistreham, Romain Bail, il prétend de manière infâme faire preuve « d’un humanisme lucide et pragmatique », alors qu’il fait tout pour pourrir la vie des migrants. Si ce monsieur avait ne serait-ce qu’une miette de l’humanisme dont il se réclame, il n’obligerait pas les agents municipaux à rechercher et jeter les couvertures et les petits sacs d’affaires personnelles des migrants cachés à droite à gauche, il aurait laissé en accès libre au moins un point d’eau, mis à la disposition des migrants quelques WC de chantiers, prêté une salle pour qu’ils aient au moins un repas chaud de distribué par jour. Cela n’aurait rien coûté à la mairie, les habitant-e-s solidaires et les collectifs de soutien aux migrants auraient pu prendre en charge les frais, assurer le nettoyage d’un local prêté quelques heures par jour, fournir la nourriture et la préparer. Ces simples gestes d’humanité élémentaire auraient suffit pour qu’il soit laissé tranquille. Qu’il ne vienne donc pas aujourd’hui pleurnicher parce que sa toute petite personne est devenu la cible de la réprobation publique et parce que des manifestations ont lieu devant la mairie. Il ne fait aujourd’hui que récolter ce qu’il a semé de manière si méprisable et bête… Il ne brille décidément pas, ni par sa grandeur d’âme ni par son intelligence politique…

 

Pour tout contact avec l’AG de Lutte Contre Toutes les Expulsions de Caen :

ag-contre-expulsions@laposte.net

Site de l’AG : https://agcontrelesexpulsions.wordpress.com/

Soutien financier : L’argent permet de se procurer rapidement ce qui peut manquer de façon urgente dans les squats ou pour les migrants à la rue à Ouistreham (nourriture, hygiène, gaz etc.). Chèques à l’ordre de Solidarité Migrants Calvados à envoyer à : 16 allée de l’Angle – 14200 Hérouville St  Clair .

Rassemblement samedi 16 décembre à Ouistreham à 14H30 sur le port en solidarité avec les migrants

 

Un appel à rassemblement à Ouistreham circule largement parmi de nombreux réseaux, collectifs, associations, syndicats, partis du département, autour de deux mots d’ordre simples et clairs :

HALTE AU HARCÈLEMENT DES MIGRANTS ET DES HABITANT-E-S SOLIDAIRES À OUISTREHAM !

Ouverture immédiate d’un lieu de mise à l’abri !

RASSEMBLEMENT

À OUISTREHAM, SUR LE PORT,

 

SAMEDI 16 DÉCEMBRE À 14H30.

 FAITES TOURNER PARTOUT

( La liste des collectifs, organisations syndicales et politiques qui rejoignent cet appel est en train de circuler et donc en cours de constitution)

MISE A JOUR 15 décembre, 10H30 : Liste provisoire des signataires par ordre alphabétique

Des habitant-e-s de Ouistreham, AG Contre Toutes les Expulsions de Caen, Alternative Libertaire du Pays d’Auge, Association Havraise de Solidarité et d’Echanges avec Tous-tes les Immigré-e-s, Association pour les Réfugiés du CALvados, Association de Solidarité avec Tous-tes les Immigré-e-s de Caen ,CCFD-Terre Solidaire, CGT de l’Etablissement Public de Santé Mentale de Caen, CGT de l’Association Calvadosienne pour la Sauvegarde de l’Enfant à l’Adulte, CIMADE de Caen, Citoyens d’Abord-Côte de Nacre, CODEKO Co-développement Kribi/Ouistreham, Collectif d’Aide aux Migrants de Ouistreham, Collectif Cambremer Solidarité Migrants, Collectif [O]pendant, Collectif de parents d’élèves « Pas d’enfants sans toit » de Caen, Comité Amérique Latine de Caen, Confédération Paysanne 14, Emmaüs 14, Ecole Nomade de Caen, Europe Ecologie Les Verts 14, Ensemble 14-61, Fédération des Conseils de Parents d’Elèves 14, France Insoumise, Front Social Caen-Calvados, Fédération Syndicale Unitaire 14, Koordination des Intermittent-e-s du Calvados, La Vie Nouvelle- personnaliste et citoyenne, Le Temps d’Un Toit, Lutte Ouvrière, Ligue des Droits de l’Homme de Caen, Médecins du Monde, Mouvement de la Paix 14, Nouveau Parti Anticapitaliste, Parti Communiste du Calvados, Planning Familial 14, Réseau d’Accueil Solidaire des Exilé-e-s de Caen, Solidarité Migrants 14, Solidarité Réfugiés de Caen, syndicat SUD Collectivités Territoriales Basse-Normandie, Union Locale CGT d’Hérouville St Clair, Union Syndicale Solidaires 14…

 

Retour sur la tentative d’ouverture d’un squat pour abriter les migrants à Ouistreham, son évacuation par la gendarmerie et la situation locale des migrants

On relaie ce communiqué explicatif de l’AG Contre Toutes les Expulsions suite à sa tentative d’ouverture d’un squat pour abriter les migrants qui sont à Ouistreham.

La version PDF du texte pour diffusion dans vos réseaux est téléchargeable en cliquant sur le lien qui suit :  Récit action du 9 décembre 2017 à Ouistreham

Retour sur la tentative d’ouverture d’un squat

pour abriter les migrants à Ouistreham,

son évacuation par la gendarmerie

et la situation locale des migrants.

 

L’ACTION :

Le samedi 9 décembre 2017, à l’initiative de l’Assemblée Générale Contre Toutes les Expulsions de Caen, a eu lieu une action collective destinée à officialiser publiquement et pacifiquement l’occupation de locaux vides d’un centre de loisirs désaffecté à Ouistreham.

Ces bâtiments, appartenant à la mairie de Ouistreham, sont en grande partie inutilisés, hormis 2 petits bureaux attribués à deux associations locales et une salle mise occasionnellement à disposition pour des fêtes privées. L’objectif de l’action était d’occuper les parties vides de ce petit centre pour y abriter les migrants en détresse localement.

Environ 60 personnes solidaires, provenant de Caen et de Ouistreham, ont participé à cette action ou l’ont rejointe une fois qu’elle a été rendue publique.

Les bâtiments vides visés avaient été discrètement occupés au préalable par quelques militant-e-s, les traces d’occupation étaient visibles et une facture de livraison alimentaire attestait d’une présence sur place depuis plus de 48H. Dans ces conditions, normalement, une procédure auprès d’un tribunal compétent aurait été nécessaire avant de pouvoir procéder à une expulsion.

L’ÉVACUATION :

La préfecture et la municipalité, s’asseyant sur la légalité qu’elles prétendent incarner, en ont décidé autrement. Très vite, d’importantes forces de gendarmerie ont bouclé le périmètre pour empêcher des personnes solidaires et plusieurs dizaines de migrants de rejoindre les lieux. Vers 20 heures, trois heures après le début de l’action d’officialisation du squat, des dizaines de gendarmes sont intervenus pour évacuer les militant-e-s et personnes solidaires.

Cette évacuation s’est déroulée sans violence, la préfecture, visiblement gênée par l’action et sa médiatisation, ayant donné à ses troupes des consignes de modération.

Les militant-e-s et personnes solidaires, regroupé-e-s en bloc et faisant la chaîne, ont collectivement refusé d’être sorti-e-s un par un du périmètre car il était clair que la gendarmerie espérait filmer, contrôler et fouiller individuellement les participant-e-s à l’action. Elle espérait peut être aussi interpeller quelques têtes connues engagées dans la solidarité avec les migrants et sur d’autres fronts de la lutte sociale.

Devant ce refus ferme et collectif d’être contrôlés, les responsables du dispositif de gendarmerie ont rapidement renoncé à leurs exigences inquisitoriales et c’est groupé-e-s, au son du slogan « Solidarité avec les migrants », entouré-e-s de près par des dizaines de gendarmes que nous avons lentement été repoussé-e-s hors du périmètre de bouclage de la gendarmerie. Il a ensuite été possible de récupérer nos véhicules et de repartir en convoi vers nos foyers.

LA SITUATION DRAMATIQUE DES MIGRANTS À OUISTREHAM :

Un peu d’histoire et quelques chiffres pour commencer :

Depuis l’évacuation de la pseudo-« jungle » de Calais par les autorités, fin 2015, Caen et Ouistreham connaissent une arrivée limitée de migrants qui cherchent à passer en Angleterre pour y demander l’asile, y retrouver de la famille, y construire une vie qu’ils espèrent meilleure.

En 2016, ce sont surtout des iraniens et des afghans qui sont venus. Leur nombre est progressivement monté à environ 150. Ils trouvèrent refuge sur Caen, à une quinzaine de kilomètres de Ouistreham, dans un vaste entrepôt désaffecté de la presqu’île de Caen, l’ancienne zone portuaire industrielle de la ville. Ils montaient pour quelques jours sur Ouistreham pour essayer d’embarquer clandestinement sur les ferries avant de venir se reposer et s’alimenter à Caen ou bien ils faisaient quotidiennement l’aller-retour à pied ou a vélo. Cette première vaguelette de migrants s’est progressivement dispersée au cours de l’année 2016. Ou ils ont réussi à passer ou ils ont fini par partir tenter le passage ailleurs.

Fin 2016, les premières dizaines de soudanais ont commencé à arriver à Caen. Ils vivaient d’abord sous des bâches près d’une usine à l’entrée de la presqu’île. Vu leur situation de dénuement total et l’augmentation, lente mais régulière, de leur nombre, l’AG de Lutte Contre Toutes Les Expulsions de Caen leur a ouvert un squat dans des bâtiments abandonnés de la presqu’île.

Comme les iraniens et les afghans avant eux, ils montaient pour quelques jours sur Ouistreham avant de retourner se reposer à Caen ou bien ils faisaient quotidiennement la navette entre Caen et la côte. Leur nombre est progressivement monté à environ 120 personnes.

À la rentrée 2017, le principal squat des soudanais à Caen a brûlé. Certains d’entre eux en ont ouvert de nouveaux dans des entrepôts délabrés de la presqu’île et l’AG a ouvert un squat pour eux dans un petit immeuble à Mondeville et d’autres sont partis de manière permanente sur Ouistreham où quelques groupes épars de soudanais, provenant d’autres endroits, sont également arrivés peu après.

Il y a aujourd’hui environ un peu plus de 70 soudanais dans les squats caennais dont quelques dizaines effectuent des rotations régulières entre Caen et Ouistreham. À Ouistreham même, ils sont environ 70 à y rester de manière permanente. Le nombre total de soudanais entre Caen et Ouistreham est donc au maximum d’environ 150 personnes et, en fonction des allers et venues depuis les squats caennais, leur nombre fluctue, en général, à Ouistreham même, entre 60 et 90 personnes.

Si nous expliquons tout ça, c’est pour démonter le mythe, véhiculé par la préfecture et la mairie, d’« un afflux massif de migrants », d’un fantasmatique « appel d’air ». La seule nouveauté, c’est qu’au lieu d’être principalement hébergés sur des squats caennais, une grosse soixantaine d’entre eux restent en permanence sur Ouistreham, nuit et jour.

Un point important : des dizaines de ces soudanais ont des visages d’adolescents et pour cause, ce sont des mineurs isolés

Concernant la situation concrète vécue par les migrants soudanais à Ouistreham, elle est clairement dramatique.

État, Préfecture et Mairie leur sont hostiles.

Ils dorment dehors, connaissent la faim, le froid, la maladie. Leur dénuement est terrible.

Ils sont en permanence, sur ordre des autorités préfectorales, harcelés par d’importantes forces de gendarmerie qui sont omniprésentes à Ouistreham : la brigade locale et ses renforts, le Peloton de Surveillance et d’Intervention de la Gendarmerie (PSIG) de Caen, des renforts de gendarmes mobiles…

Les migrants sont chassés des bancs publics, des abris de bus où ils tentent de se protéger du vent et de la pluie, les forces de l’ordre confisquent systématiquement les couvertures, les duvets, les tentes, les bâches, les cartons sur lesquels ils dorment. Toutes les forces de gendarmerie semblent participer à ces actes de harcèlement.

Nous avons, par les migrants, aussi échos de faits plus inquiétants : insultes racistes, menaces, contrôles musclés, gazages d’affaires personnelles, gazages directs de migrants par certains gendarmes.

Nous ne souhaitons pas caricaturer. La grande majorité des gendarmes semble rechigner à ces actes et la brigade locale n’est pas visée par ces témoignages de migrants. Ce sont surtout « les hommes en noir » du PSIG qui sont la plupart du temps désignés par ces témoignages d’exactions musclées, hommes en noir car ces gendarmes « de choc » portent un uniforme noir pour se différencier des autres gendarmes « de base ».

La mairie, dirigée par Romain Bail, fait également tout pour rendre leur situation encore plus infernale : un petit bois où ils dormaient est interdit de fréquentation par arrêté municipal et les agents techniques de la mairie sont envoyés le défricher, les autorités locales font circuler des rumeurs selon lesquelles donner de la nourriture, des vêtements, des couvertures est illégal, les agents de la voirie sont obligés de se déplacer sur tous les endroits où des petits groupes de migrants dorment pour ramasser, sous protection de la gendarmerie, les cartons qui servent de matelas, les couvertures, les petits baluchons d’affaires personnelles et tout mettre à la benne.

Le maire refuse d’installer des points d’eau, des sanitaires provisoires, de prêter la moindre salle pour accueillir des distributions de repas chauds, fait pression (via les subventions et les prêts de locaux municipaux) sur des associations locales tentées de venir en aide aux migrants, pond des textes hallucinés où il prétend, en dehors de toute réalité, qu’il y a risque de constitution d’un nouveau « Calais » (comme si 8 ou 9 000 migrant-e-s allaient débarquer dans un petit port d’où partent 3 pauvres ferries par jour…) et que s’il fait des choses contre les migrants, c’est finalement pour leur bien…

Ajoutez à cela les vigiles privés qui les chassent systématiquement des parkings des grandes surfaces ou n’autorisent qu’un soudanais à la fois à rentrer faire de maigres achats de nourriture, les consignes données aux conducteurs-rices de bus de Twisto (la compagnie de transports en commun de la communauté urbaine) de les refouler s’ils montent sans payer ou de les signaler par radio au PC sécurité de la compagnie pour envoyer des contrôleurs ou la police et vous aurez un aperçu assez complet de ce qu’on leur fait endurer.

Et tout cela on leur fait endurer en vain. Ces gars ont traversé une bonne partie de l’Afrique, des déserts où l’on peut crever, ont connu pour certains la détention, la torture, le travail forcé en Libye, traversé la Méditerranée et vu des gens se noyer sous leurs yeux. Ce sont des survivants, endurcis. Il serait temps que les autorités comprennent que leur politique de harcèlement n’a aucun effet sur la plupart d’entre eux… Ils ne renonceront pas à essayer de passer en Angleterre, depuis Ouistreham, ou à partir d’ailleurs.

Cependant, les pics de froid hivernal arrivent à grand pas. Les températures locales baissent et se rapprochent dangereusement du zéro. Les autorités préfectorale et locale attendent-elles un mort de froid pour réagir et ouvrir un lieu d’hébergement ?
Nous savons, quant à nous, ce que nous avons à faire au vu de l’attitude actuelle des autorités.

Nous avons souvent dit que les migrants étaient traités comme du bétail à Ouistreham. Ce n’est pas tout à fait exact.

Nous corrigeons donc : les migrants sont traités à Ouistreham PIRE que du bétail. En effet, le bétail a de la valeur tandis que la vie de ces migrants n’en a visiblement aucune pour les autorités !

Ouistreham est une petite bourgade tranquille de la côte normande. Tout le monde y connaît directement ou indirectement tout le monde. Les notables locaux y ont du poids, comme la peur du « Qu’en dira-t-on ? ».

Mais, au vu de la situation dramatique, à Ouistreham, comme dans les villages alentours, comme à Caen, l’indignation, la colère montent, contre la situation intolérable qui est faite aux migrants.

Les langues se délient, la solidarité matérielle s’organise et s’étend, le soutien aux migrants s’affiche de plus en plus, les réseaux sociaux, associatifs, syndicaux, politiques s’activent et s’interconnectent.

La colère enfle et elle va inévitablement éclater. Ce n’est plus qu’une question de temps.

Pour nous, la répression, l’exploitation, le mépris dont les migrants sont la cible reflètent ce que nous réservent les autorités à grands coups d’état d’urgence qui passe dans le droit commun, d’ordonnances antisociales qui accroissent la précarité et l’exploitation, de discours tonitruants sur les chômeurs-euses censé-e-s partir aux Bahamas avec leurs allocations de misère, sur les « fainéant-e-s » qui triment dur pour surnager avec un mauvais SMIC.

C’est pourquoi nous affirmons que défendre la liberté et la dignité des migrant-e-s, c’est toujours aussi, en même temps, défendre les nôtres.

Nous saluons à l’occasion de ce texte toutes celles et ceux qui aux quatre coins du pays, à Nantes, Toulouse, Calais, Dunkerque, Paris, Lyon, dans le briançonnais, les Hautes-Alpes et la vallée de la Roya et tant d’autres endroits, aident, accueillent, nourrissent, transportent, hébergent, soignent, cachent, agitent, informent, manifestent, occupent, ouvrent des squats.

Rencontrons nous. Coordonnons nous. Intensifions la résistance.

A bientôt.

Merci de faire circuler ce texte largement dans vos réseaux.

Adopté par l’AG réunie le dimanche 10 décembre.

Contact de l’AG Contre Toutes les Expulsions de Caen : ag-contre-expulsions@laposte.net

Infos et analyses : https://agcontrelesexpulsions.wordpress.com/

ouistreham-le-squat-ouvert-pour-abriter-les-migrants-evacue

L’action du samedi 9 décembre à Ouistreham. Photo Ouest-France.

“Convergences” N°3 et son supplément, feuille d’info de l’Initiative pour la Convergence des Luttes de Caen

Vous pouvez télécharger au format PDF le N°3 de “Convergences”, la feuille d’info de l’Initiative pour la Convergence des Luttes de Caen, en cliquant sur le lien suivant : CONVERGENCES N°3

Son supplément “4 pages” traite des pratiques de bizutage sexiste en cours à la fac de médecine de Caen, pratiques dénoncées grâce à l’action conjointe de militant-e-s syndicaux-ales et de féministes de l’université. Il est téléchargeable au format PDF en cliquant sur le lien suivant : supplément CONVERGENCES 3

Ils et elles ont un site internet à visiter : http://convergencedesluttescaen.neowordpress.fr/

Convergences N°2, feuille d’info de l’Initiative pour la Convergence des Luttes de Caen

Vous pouvez télécharger “Convergences” N°2 ainsi que son supplément “4 pages” sur le passage des mesures de l’état d’urgence dans le droit commun en cliquant sur les liens qui suivent :

CONVERGENCES N°2

Le supplément “4 pages” sur l’état d’urgence :

supplément Convergences N°2

N’hésitez pas à faire tourner dans vos réseaux.

Caen : procès et rassemblement de soutien à un camarade le 13 novembre

Info transmise par le collectif “Contre la Répression-Organisation Collective” (CROC) de Caen (contact : caenantirep@riseup.net).

Répression des luttes sociales : Solidarité avec un camarade inculpé à Caen.

RASSEMBLEMENT DE SOUTIEN :

Lundi 13 novembre 2017 à 13h

A la cour d’Appel de Caen, Place Gambetta

Dans ce climat de frénésie sécuritaire qui semble sans fin, tandis que l’état d’urgence passe dans le droit commun et alors que l’Etat français xénophobe continue d’expulser les migrant-e-s des squats et du territoire, et établit une mise en concurrence des précarités, leur justice s’attaque encore une fois aux personnes solidaires des luttes sociales.

Petit rappel des événements : Jeudi 19 mai 2016, lors du mouvement contre la « loi travail » et son monde, la manifestation arrivant à l’université se poursuit et le cortège remonte le campus, en direction du boulevard périphérique que 200 personnes parviennent à occuper temporairement jusqu’aux charges et gazages en règle de la Brigade d’Intervention de la police nationale et de la Brigade Anti-Criminalité. Voilà pour le contexte… En parallèle de cette manifestation, un membre de l’Assemblée Générale de Lutte Contre Toutes les Expulsions, qui n’était même pas présent sur les lieux, s’est fait interpeller en marge de l’Assemblée Générale Interluttes qui s’en est suivie. Après plus de 24h de garde-à-vue, cette personne a été convoquée en audience correctionnelle le jeudi 7 juillet 2016 et condamnée à une peine de trois mois de prison ferme pour organisation d’une « manifestation non autorisée » sur le seul témoignage d’un agent des Renseignements Territoriaux (ex-RG).

Acharnement judiciaire et policier ? Bien sûr que non… A tel point que cette même personne se fait interpeller le jeudi 9 février 2017 suite à l’expulsion du squat Drouet sur la Presqu’île et placée en garde-à-vue. Il est par la suite convoqué en procès pour « violences et outrages sur une personne chargée de mission du service public » sur la directrice du Centre d’Accueil et d’Orientation (C.A.O.). Il est alors condamné à une nouvelle peine de trois mois de prison ferme et une amende de 3 000€… alors même que leur vidéo-surveillance et des témoignages démontrent le contraire.

Caen, 25-29 octobre : semaine de solidarité avec/à “La Pétroleuse”

Caen : du 25 au 29 octobre, semaine de solidarité avec La Pétroleuse

 

Sur cette semaine, plusieurs activité auront lieu ( débats, concerts, causeries, spectacles, bouffes communes, dj sets, etc). L’idée de la semaine de solidarité c’est à la fois de rendre visible sur un moment commun différentes activités qui se déroulent à la pétroleuse, de récolter un peu d’argent pour faire vivre ce lieu, et également d’en refiler aux compagnons et compagnonnes qui subissent dans différentes villes les foudres de la répression. La moitié des bénéfices de cette semaine permettra de continuer les travaux, le reste ira à la lutte antirépression.

Depuis 8 mois, la Pétroleuse est ouverte et héberge des initiatives dans une perspective autogestionnaire. Pour cela, les travaux ont été considérables et sont presque finis : création de la salle de répètes/concerts, isolation, peinture, installation de la bibliothèque, etc.
Pour mémoire, la pétroleuse est un espace de lutte pour l’autonomie hébergeant des activités (concerts, causeries, projections, expositions, débats, cantines, spectacles, ateliers… ), des collectifs ( réunions, assemblée de luttes, infokiosks, bibliothèques…).

Pour nous soutenir et pour passer de chouettes moments, vous êtes les bienvenu.es à ces 5 jours d’activités : concerts, discussions, projections, cantines, ateliers.

Vous pouvez télécharger le programme de cette semaine spéciale d’activités en cliquant sur le lien qui suit : prog pétroleuse

Ils/elles ont un site :https://lapetroleusecaen.com/

Ouverture d’un squat pour les soudanais à Caen, chasse aux migrants à Ouistreham et liste des besoins matériels

Infos compilées et reprises du site de l’AG Contre Toutes Les Expulsions de Caen (https://agcontrelesexpulsions.wordpress.com/).

 

UNE CENTAINE DE MIGRANTS SOUDANAIS À LA RUE : ouverture d’un nouveau squat pour les accueillir

Suite à l’incendie, dans la soirée du 23 septembre, d’un de leur squat situé sur la presqu’île de Caen, une centaine de soudanais (dont près de 50 mineurs isolés), se sont retrouvés sans aucun abri. L’AG Contre Toutes les Expulsions de Caen s’est mobilisée et a organisé la circulation de l’information et appelé à la solidarité morale et matérielle envers les migrants. Une assemblée s’est tenue avec les soudanais le lendemain, juste à coté du squat incendié. Sous prétexte d’un risque d’effondrement du premier squat, la police a empêché les soudanais d’aller s’installer dans le deuxième squat situé juste derrière le premier, alors qu’un accès sécurisé était possible. Ce 2ème squat, un hangar désaffecté depuis des années,  a été ouvert il y a un mois et demi environ. Il accueillait déjà plus de 25 soudanais et offrait suffisamment de place pour mettre les autres à l’abri. Depuis sa porte en fer a été soudée par les autorités.

Voyant l’AG avec près de 80 personnes et plein de véhicules chargés de matelas et de couvertures et pressentant une probable installation de campement sauvage en pleine ville, la préfecture a lâché du lest et trouvé une solution provisoire d’hébergement pour 3 jours dans une salle municipale de Mondeville. Au bout des 3 jours, elle a proposé aux mineurs un hébergement de 15 jours à Houlgate (pendant lesquels la préfecture comptait enquêter sur leur identité et leur âge) et… le retour à la rue pour les majeurs. Les mineurs ont tous refusé d’aller à Houlgate, craignant d’être fichés et expulsés. Leur but est uniquement d’essayer de passer clandestinement en Angleterre. La plupart des soudanais se sont alors rendus à Ouistreham où police municipale et gendarmerie les harcèlent sans arrêt. Dès le lendemain, dans la nuit du 28 au 29 septembre, des dizaines de gendarmes leur donnaient la chasse, appuyés par un hélicoptère équipé d’un projecteur, dans un petit bois où ils essayaient de dormir. Jusqu’à quand et où ils furent pourchassés, nous l’ignorons. Le lendemain, épuisés, une trentaine de mineurs acceptaient le « séjour » à Houlgate.

Le dimanche 1er octobre, l’AG officialisait un nouveau squat pour accueillir au moins une partie des soudanais, malgré la présence de la police, dépitée de ne trouver aucune trace d’effraction et de ne pas pouvoir entrer dans le bâtiment.

Le squat est un petit immeuble situé aux 81-83-85 rue Calmette à Mondeville.

Les dons matériels (nourriture, couvertures, tentes, vêtements chauds et chaussures pour hommes) peuvent être remis à l’AG après contact (ag-contre-expulsions@laposte.net).

Pour les dons financiers, chèques à l’ordre de « Solidarité Migrant Calvados », à envoyer au même nom, au 16 Allée de l’Angle, 14200 Hérouville St Clair.

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Liste actualisée des besoins matériels pour les migrants soudanais

Bonjour,

Suite à l’incendie du squat des soudanais sur la presqu’île de Caen, Une chouette vague de solidarité a eu lieu, mais certains besoins plus précis restent pressants.

Ces besoins sont d’autant plus pressants que la situation sur Ouistreham où se relaient ces migrants est affolante. Le harcèlement par la police municipale et la gendarmerie est permanent. Il s’agit de les forcer à bouger sans arrêt pour les épuiser,

La mairie, sa police municipale, la gendarmerie font courir la rumeur qu’il est illégal de leur donner de la nourriture ou des vêtements.

Dans un bosquet où ils ont pris l’habitude de dormir, ils sont réveillés par les forces de l’ordre tous les matins à 4H, à coups de pieds et toutes les couvertures, bâches, duvets leur sont systématiquement confisqués en toute illégalité. C’est la politique du « Zéro abri », « Zéro nourriture », « zéro couverture » qui s’applique à Ouistreham comme à Calais ou à Dunkerque.

L’idée est double : essayer d’épuiser les migrants pour les chasser de là tout en épuisant les associations qui les aident en contraignant ces dernières à chercher sans arrêt des choses qui sont sans cesse confisquées par les forces de l’ordre (et ce alors que l’hiver approche désormais) !

Soyons clairs : La police municipale de Ouistreham et la Gendarmerie n’agissent pas ainsi de leur propre initiative. Elles obéissent à des consignes données respectivement par la municipalité et par la préfecture.

Une nouvelle encourageante toutefois dans ce sombre tableau : un Collectif d’Aide aux Migrants à Ouistreham (CAMO) a vu le jour. Ils et elles se lancent et ont besoin de participation, de coups de mains, de dons de nourriture, vêtements et couvertures, bâches etc… Nous invitons toutes les personnes solidaires vivant à Ouistreham ou dans les communes avoisinantes à ce mettre en relation avec eux et elles. Leur contact mail : collectifamo@gmail.com

LISTE DES BESOINS ACTUELS :

PRÉCISIONS IMPORTANTES :

Nous ne collectons que ce qui est sur la liste. Lisez la attentivement. Ne nous ramenez rien d’autre, cela ne ferait qu’encombrer nos maigres espaces de stockage et nous faire perdre du temps et de l’énergie en tri, voyages à la déchetterie ou transports des choses inutiles pour nous vers d’autres associations… Merci de votre compréhension.

Deuxième précision : les migrants soudanais ne souhaitent pas, pour la plupart, rester en France mais réussir à passer en Angleterre. Ils ne demandent donc pas l’asile ici.

Cela signifie qu’ils ne touchent aucune allocation et n’ont pas les attestations écrites des services sociaux qui permettent l’accès aux distributions alimentaires et vestimentaires effectuées par des associations humanitaires dans leurs locaux. Ils sont sans papiers, complètement hors cases administratives y compris pour les associations humanitaires. C’est pourquoi la situation de ces migrants est si tendue depuis l’incendie de leur squat et pourquoi l’AG collecte pour eux. Nous, on n’a pas d’existence légale, on ouvre des squats et les cases administratives, on s’en fout. Quelques rares associations de terrain passent cependant régulièrement filer de la nourriture. On profite de l’occasion pour les saluer.

Nous collectons en priorité :

Couvertures, plaids, duvets (même si la fermeture ne marche plus), couvertures de survie, bâches à œillets, ponchos imperméables

Mousses de camping

Grands sacs poubelles type 100 litres minimum (qui servent de protection de fortune contre la pluie)

Petits sacs à dos type rando ou scolaire : il en faut beaucoup car nous espérons que peut être, peut être, sans illusions, cela freinera la police municipale et la gendarmerie dans la confiscation illégale des affaires à Ouistreham si les migrants peuvent les mettre dans des sacs qu’ils serrent contre eux……..
Si ce n’est pas le cas une mobilisation plus politique et publique devra être mise en place !

Petites tentes type igloo, « 2 secondes » légères

Chaussures sans trous, uniquement des chaussures de sport, baskets, randonnées légères. Tailles entre le 40 et le 44.

AUCUNE chaussures de ville, mocassins, souliers etc…

VÊTEMENTS UNIQUEMENT POUR HOMMES :

Blousons d’hiver type parka, anorak, doudoune, veste en jean fourrée, bombers et K-ways

Chaussettes

Caleçon et slips neufs

Gants

Bonnets et casquettes

SVP, PAS de chemises, costumes, pantalons en velours, gilets en laine, affaires de femmes ou de bébés…

NOURRITURE :

Patates, oignons, pâtes, sauce tomate, thon, sardines, maquereaux en boites, riz, lentilles sèches ou en boites, fruits en sirop, confitures, sucre, sel, huile de cuisson, farine, haricots rouges, blancs et verts secs ou en boites, flageolets, petits pois et carottes en boites, fruits secs, pâtes à tartiner, café, thé, chocolats, biscuits, barres bretonnes, compotes, lait, œufs, pain de mie.

Privilégiez SVP la quantité à la qualité (eh oui…).

Produits d’hygiène corporelle :

brosse à dents, rasoirs, mousse à raser, shampoing et gel douche, savons en blocs ou liquide, dentifrice, cotons tiges, coupe-ongles, peignes, petits miroirs de voyage, brosses à linge, papier hygiénique, serviettes de toilettes

Produit de nettoyage :

balais, balais brosse, pelles à ordure, seaux propres, serpillères, eau de javel, éponges, sacs poubelles, crèmes à récurer, produits vaisselle, sopalin

ARGENT :

Cela permet les dépannages d’urgences et de combler les manques par rapport à ce qui est collecté directement en nature. Chèques à l’ordre de « Solidarité Migrants Calvados » à envoyer au même nom au 16 Allèe de l’angle, 14200 Hérouville St Clair.

NOUS COLLECTONS AUSSI DE MANIÈRE NON PRIORITAIRE:

Petites plaques de cuisson électriques

Bouilloires électriques

Bougies

Bassines propres

De quoi constituer des petits kits pour les petites blessures : pansements, compresses, désinfectants, sparadrap, pommades à l’arnica, pommades pour les petites brûlures, paracétamol, petits ciseaux, épingles à nourrice, pinces à épiler

Chaises et trétaux

Petits meubles de rangement, petites étagères

Lampes de chevet

Gamelles DE COLLECTIVITÉ de grande contenance

VOUS POUVEZ DÉPOSER VOS DONS  TOUS LES VENDREDI DE 16H30 À 18H AU 16 RUE DU CLOS DES ROSES À CAEN.
SOIT, si ça n’est pas possible pour vous le vendredi, en contactant l’AG (ag-contre-expulsions@laposte.net). Merci de faire tourner ces informations dans vos réseaux.

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Si nous laissons le pouvoir traiter les migrant-e-s comme du bétail, faut pas s’étonner qu’il finisse par nous traiter de la même manière.
Défendre la liberté et la dignité des migrant-e-s, c’est toujours aussi, en même temps, défendre la nôtre.
La solidarité est une force. Merci à tous-tes les donateurs-rices.

Caen, le 02 octobre 2017.

“Convergences” N°1, feuille d’info de l’Initiative pour la Convergence des Luttes de Caen

Repris du site de l’Initiative pour la Convergence des Luttes (ICL) de Caen (http://convergencedesluttescaen.neowordpress.fr/).

Le premier N° de “Convergences”, leur feuille d’info locale.

A télécharger au format PDF en cliquant sur le lien suivantConvergences N°1

Et pour télécharger le supplément pratique glissé dans la feuille, c’est là : Supplément convergences N°1

Un aperçu de ce qui vous attend…

Création à Caen d’une Initiative pour la Convergence des Luttes

1- Nouvelle Loi Travail, précarité galopante, austérité généralisée, privatisations, inégalités hommes-femmes, répression du mouvement social, montée de l’extrême droite, chasse aux migrante-s ETC ETC ETC… Les attaques gouvernementales et capitalistes se multiplient et ne s’arrêteront pas là !

2- Nous sommes nombreux-ses à vouloir nous organiser et résister. De multiples luttes ont lieu mais en ordre dispersé, de manière isolée et elles sont le plus souvent invisibilisées par les grands médias. Il est temps d’essayer de rompre avec cet isolement, avec le chacun-e pour soi dans son petit coin. Nous avons besoin de nous rencontrer, de faire revivre une solidarité concrète entre les luttes et les différentes formes de résistance sociale. La convergence des luttes est une nécessité !

3- Mais cette convergence ne tombera pas du ciel. Il nous faut la construire de façon active et permanente, au cours de ce mouvement comme entre chaque mouvement. C’est pourquoi nous vous invitons à participer à la création d’un outil collectif destiné à appuyer, localement et dans la durée, cette convergence des luttes.

4- Nous sommes issu-e-s de différents collectifs de lutte, groupes, syndicats. Nous voulons créer une « Initiative pour la Convergence des Luttes », un collectif ouvert, regroupant des individus de tous les secteurs d’activité, âges, nationalités sur des bases pratiques et claires, de lutte de classe. À savoir : indépendance vis-à-vis des partis et des syndicats, auto-organisation, solidarité active avec les luttes sociales, antiracisme, antisexisme et anticapitalisme.

5- Nous voulons fonctionner en démocratie directe avec toutes celles et ceux qui souhaitent participer et s’investir dans ce projet : discussions et décisions collectives, une personne = une voix, création de commissions et groupes de travail pour concrétiser les envies et les besoins.

6- Il nous faut nous organiser : mise en place d’une trésorerie, d’une mailist (circulation d’infos, de témoignages, collectes de matériel…), création/diffusion d’une feuille d’infos sur les luttes en cours, la situation sociale dans les différents secteurs, les techniques de lutte, les besoins en terme de solidarité etc, mise en place d’actions de soutien aux luttes, aider à faire le lien entre celles-ci ETC ETC ETC. L’idée générale est là, la concrétisation de ce projet sera l’affaire de tous-tes les participant-e-s.

7- Nous n’avons pas à nous substituer aux organisations syndicales, pas plus qu’à nous placer sous leur autorité. Nous composerons avec la réalité diverse des terrains de lutte. Nous irons, sans a priori, dogmatisme ni préjugés, à la rencontre de celles et ceux qui tentent de résister et de construire aussi, à leur manière, pas forcément identique à la nôtre, la convergence des luttes.

8- Nous n’avons pas vocation à rédiger une énième constitution pour la république, à parler du monde idéal d’après la révolution, à promouvoir la paix universelle, à constituer un black block… Tout ça peut être fait ailleurs. Nous ne prétendons pas être LA solution mais travailler avec d’autres à essayer d’en créer une. Nous nous centrerons sur le soutien pratique aux luttes sociales, sur le développement de la solidarité, sur la coordination entre pôles de résistance. Si tout ça vous parle, alors bienvenue à vous.

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« Initiative pour la
Convergence des Luttes »
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Pour recevoir des infos, la version numérique de la feuille d’info de l’ICL, prendre contact :
icl-caen@laposte.net

Tract du syndicat étudiant SL-Caen pour la manifestation du 12 septembre


Un tract des camarades du syndicat étudiant SL-Caen pour appeler à la manif du 12 septembre contre la nouvelle Loi Travail.

À télécharger en cliquant sur le lien ci-dessous :

En Manif le 12 Septembre

 

Ou à lire ci-dessous :

 

En Manif le 12 septembre

Baisse des APL… « Pas ça ! » :

« Si à 18, 19 ans, 20 ans, 24 ans, vous commencez à pleurer parce qu’on vous enlève 5 euros… Qu’est-ce que vous allez faire de votre vie ? » : déclarait la députée En Marche O’Petit sur la baisse des APL décrétée en juillet par le gouvernement Macron. Nous ne pleurerons pas, nous descendrons dans la rue et mènerons une lutte féroce contre le gouvernement Macron et son monde.

Madame O’Petit ne le sait peut-être pas, mais ces 5 euros ne sont pas négligeables pour beaucoup d’étudiant-e-s, en témoignent les 65% d’entre eux qui sautent déjà régulièrement un repas par semaine par manque d’argent ! Une fois de plus, le gouvernement s’en prend aux plus démuni-e-s en tapant sur les caisses d’allocations et autres services publics plutôt que d’aller réclamer sa part d’austérité chez les plus favorisé-e-s : par exemple l’ISF (impôt sur la fortune) est supprimé, ce qui représente une perte de 300 millions d’euros par an pour l’Etat. Ce genre de mesure, en plus d’accroître la précarité étudiante, rend plus difficile l’accès à l’Université et participe à faire de l’enseignement supérieur un espace réservé aux plus doté-e-s.

Baisse des financements pour l’enseignement

supérieur… « Pas ça ! » :

De plus, 331 millions d’euros ont été retirés du budget de l’Enseignement Supérieur pour la rentrée 2017 alors qu’il n’y a jamais eu autant d’étudiant-e-s, près de 40 000 en plus pour cette rentrée ! Cette baisse de financement s’inscrit dans la continuité que la loi d’autonomie des Universités appliquée depuis Sarkozy. C’est une université où les investisseurs privés ont de plus en plus de place, c’est l’université compétitive du savoir-marchandise. Cela se traduit par des postes de personnel-le-s gelés ou supprimés, des ventes de locaux donnant lieu à des cours surpeuplés, une orientation vers le tout numérique, une suppression des filières jugées peu rentables…

Sélection en Master et en Licence… « Pas ça ! » :

Le gouvernement précédent avait déjà mis en place la sélection en master et en licence (par tirages au sort). Autrement dit, plutôt que de débloquer des moyens afin d’accueillir tout le monde, le gouvernement d’Edouard Philippe participe à rendre l’accès à l’enseignement supérieur toujours plus compliqué. A cette rentrée, ce sont 6 000 bachelier-ière-s qui se retrouvent toujours sans formation, 11 000 ont soit renoncé à leurs études soit se sont tourné-e-s vers des filières privées et souvent coûteuses. Ce système est particulièrement injuste car les premières victimes sont encore une fois les étudiant-e-s les plus défavorisé-e-s qui se voient à nouveau laissé-e-s à la marge. Ne pourrait-on pas au contraire donner les moyens aux universités de délivrer un enseignement de qualité qui permettrait à tou-te-s de s’émanciper ? Le durcissement de l’accessibilité à l’enseignement supérieur et les mesures précarisant les étudiant-e-s vont dans le sens inverse de nos aspirations, et permet la reproduction d’une petite classe d’élite.

Loi travail 2… « Pas ça ! Pas ça ! Pas ça !!! » :

Alors que la précarité étudiante pousse déjà près de 50% d’entre elles et eux à se salarier, dont 30% à temps plein pour financer leurs études, le nouveau gouvernement de Macron s’apprête à détruire ce qui reste du code du travail. La Loi travail 2 et ses ordonnances, c’est l’insécurité sociale grandissante pour tou-te-s ! Les allocations-chômages et les retraites sont menacées, l’heure est aux travailleur-euse-s jetables et low-cost, à la suppression des contrats aidés dont beaucoup d’étudiant-e-s bénéficiaient, à la dilution du SMIC et la suppression des salaires minimas de branche, aux horaires de travail extensibles, etc., pendant que les

détenteur-trice-s de la finance et les patron-ne-s se gavent et accroissent leur pouvoir sur leurs salarié-e-s. C’est double peine pour ces étudiant-e-s précarisé-e-s à l’université et sur leur lieu de travail : autant dire que Macron met tout en oeuvre pour les éjecter directement du parcours de réussite.

Pour le reste des étudiant-e-s, le monde du travail n’est pas si lointain. Il nous faut donc dès à présent nous mobiliser pour notre futur mais aussi en solidarité avec les travailleur-se-s actuel-le-s qui subissent déjà de plein fouet les mesures libérales du gouvernement Macron. Nous sommes de celles et ceux qui refusent cette société basée sur l’intérêt individuel ! La solidarité est une nécessité. La solidarité, ce n’est pas qu’un projet, c’est notre idéal !

POUR DEFENDRE NOS DROITS

MANIF LE 12 SEPTEMBRE

rdv au phenix A 10H

 

Rassemblement de soutien aux procès de camarades les 17 et 31 mai

Nous nous faisons le relai de l’appel conjoint de l’Assemblée Générale de lutte contre toutes les expulsions (https://agcontrelesexpulsions.wordpress.com/2017/05/06/rassemblement-de-soutien-au-proces-dun-camarade-mercredi-17-mai-des-8h-au-tribunal-de-la-presquile/) et du collectif Contre la Répression de l’Organisation Collective (CROC) à rassemblements de soutien pour les procès de camarades les mercredi 17 mai et 31 mai.

 

Vous trouverez ci-dessous le tract du CROC :

 

Contre la fermeture des accueils CAF, contre la dégradation de nos conditions de vie

Le RRC diffuse actuellement en plusieurs points de l’agglomération caennaise un tract revenant sur la fermeture des accueils CAF . On s’est, entre autres choses, inspiré d’un tract de Marseille et d’un texte du site “Tant qu’il y aura de l’argent” sur le salaire indirect (http://www.tantquil.net/2013/10/23/quest-ce-que-cest-le-salaire-indirect/) pour faire le notre.

Vous pouvez télécharger ce tract en cliquant sur le lien : TRACT CAF

N’hésitez pas à le diffuser dans vos réseaux s’il vous parle…

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“A Contrevents” N°1, journal du RRC, novembre 2015.

Dans la foulée des attentats du 13 novembre, nous avons diffusé le N°1 du Journal du RRC, “A Contrevents”. Le voici aujourd’hui en téléchargement libre. Il suffit de cliquer sur le lien ci-dessous. En espérant que vous y trouverez matière à réflexion…

A CONTREVENTS N°1 Novembre 2015

AU SOMMAIRE :

– ATTENTATS À PARIS : DES CONSÉQUENCES PRÉVISIBLES
– DE L’HORREUR À LA PEUR, LE COEUR CHAUD LA TÊTE FROIDE : RÉFLEXIONS AUTOUR DE L’ÉTAT D’URGENCE
– LOIS LIBERTICIDES 
– UN BILAN DE LA CAMPAGNE DE SOLIDARITÉ AVEC LES LUTTES SOCIALES ET FÉMINISTES AU MOYEN-ORIENT 14
– DES PANSEMENTS POUR LES COMBATTANT-E-S INTERNATIONALISTES ET TEXTE D’APPEL DE LA CAMPAGNE
– FÉROCE RÉPRESSION EN TURQUIE
– ILS ET ELLES EMMERDENT VOS FRONTIÈRES
– ETAT DES LIEUX D’UNE LUTTE LOCALE CONTRE LES EXPULSIONS, LA SPÉCULATION IMMOBILIÈRE ET LA XÉNOPHOBIE D’ETAT 
– AIR RANCE ET GÉOMÉTRIE VARIABLE
– OFFENSIVES PATRONALES 
– SÉCURISER SON USAGE D’INTERNET
– TEXTE DE PRESENTATION DU REGROUPEMENT RÉVOLUTIONNAIRE CAENNAIS

Manifestation contre l’Etat d’urgence et les lois sécuritaires, samedi 12 décembre, RDV 14h devant la préfecture

Dans un contexte d’Etat d’urgence, de renforcement des dispositifs sécuritaires et suite aux violences policières lors du rassemblement de Nantes du 4 décembre dernier, nous relayons cet appel à manifestation :

affiche

(Note: Le terme “islamophobe” utilisé dans cet appel ne fait pas consensus au sein du RRC)

Expulsion du 37 rue Beuvrelu : AG et rassemblement

Communiqué de l’AG de lutte contre toutes les explusions:

Une vingtaine de policiers sont intervenus ce matin à 7h30 pour expulser les habitant-e-s du 37 rue Beuvrelu. La DDCS annonce qu’elle reloge uniquement les familles avec enfants soit 7 personnes, donc une douzaine de personnes se retrouvent à la rue.

Un autre squat hébergeant quatre personnes a été expulsé ce matin rue de Falaise.

AG à 14h au squat de la Gueriniere

rue du Père Joseph Wresinski

La ville de Caen a lancé une procédure d’expulsion du squat de la rue du Père Joseph Wresinski et nous sommes convoqués au tribunal d’instance jeudi 9 juillet à 9h.

Rassemblement devant le Tribunal d’Instance

rue Lebret (poste Gambetta)

jeudi 9 juillet à 8h30

Et dans l’attente du procès, nous appelons à une présence militante au squat de la Guériniere demain à partir de 5h45.

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Nous devons unir nos forces et nous organiser (tracts en plusieurs langues en 2013)

Nous devons unir nos forces et nous organiser

En France , l’un des pays les plus riches au monde, nous subissons toutes et tous les politiques d’austérité. 2 500 000 personnes n’ont pas des logements décents ou pas de logement du tout. Parmi eux, 30 000 enfants, 38 000 personnes vivant dans des hôtels, 85 000 vivant en caravanes et cabanes. Face à cette situation, certains se tournent vers l’État, mais sans succès. Ainsi, 1 200 000 personnes sont en attente d’un logement social. Pourtant 3 500 000 logements sont vides, dont 5 500 dans l’agglomération caennaise.

Depuis fin mai, le service d’hébergement d’urgence de la Préfecture (115) ne répond plus et expulse celles et ceux qui y étaient hébergés. Ainsi, 780 demandeurs d’asile étaient hébergés fin mai, seulement 500 aujourd’hui. Donc, nous sommes 280 déjà à la rue. Et les expulsions continuent.

Face à cela, pour arrêter les expulsions et demander un logement décent pour toutes et tous, nous devons unir nos forces et nous organiser:

– Tous les lundi à 18H ===> Manifestation devant la Préfecture.
– Tous les mardi à 18H ===> Assemblée Générale au 202 rue de Bayeux.

Liste des tracts au format pdf:

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Offensives patronales, à quand la contre-attaque ?

Le tract distribué par le RRC lors de la journée de grève nationale du 9 avril. La version PDF est aussi téléchargeable ici : Offensives patronales RRC avril 2015

 

Offensives patronales, à quand la contre-attaque ?!

En 2014, les cadeaux faits aux actionnaires des entreprises du CAC 40 ont augmenté de 30% pour atteindre 56 milliards d’euros. A l’échelle mondiale, ce sont plus de 1000 milliards d’euros versés au grand patronat, soit une hausse de 12,6%. Les riches sont donc toujours de plus en plus riches. En France par exemple, chaque année depuis les années 80, environ 9% de la part de richesse créée passe de la poche des salarié-e-s (qui ont créé cette richesse) à celles des actionnaires. Soit chaque année entre 120 et 170 milliards d’euros qui glissent du travail vers le capital. L’arrivée de la crise à la fin des années 2000 n’a pas empêché le grand patronat de faire des profits, elle a juste ralenti la courbe effrénée de la hausse du taux de profit. Quant aux banques, elles ont été massivement sauvées par les fonds propres de l’UE (et de la France notamment) en transférant leurs dettes (privées) en dettes publiques. Cet accroissement considérable des dettes publiques est l’argument principal qui justifie les politiques d’austérités et toutes les attaques anti-sociales. Combiné à une soi-disant nécessité de rendre la France plus « compétitive » et « performante », afin de « favoriser la croissance », « seule à même de créer de l’emploi ». Depuis 20 ans, on nous baratine avec ce genre de terme pour justifier les politiques ultra-libérales. Depuis 20 ans, les conditions de travail et de nos vies ne cessent de se dégrader. Et le chômage de s’envoler. Les salaires directs (fiche de paie) et indirects (CAF, chômage, retraites, sécu) sont actuellement aux premières loges de cette guerre de classe.

Austérité, quand tu nous tiens !

Entre le « Pacte de compétitivité » et de « responsabilité », ce sont 66 milliards d’euros de cadeaux fiscaux offerts au patronat par le pouvoir socialiste. Rien que ça ! Et le plus drôle, c’est qu’en parallèle, ce gouvernement veut économiser 50 milliards d’euros dans la fonction publique, et a d’ores et déjà augmenté la TVA (impôt indirect donc inégal).

Pour faire tant d’économies, pleins de belles idées : gel du point d’indice sur les salaires dans la fonction publique ; nouvelle réforme des retraites faisant travailler plus tout en diminuant les pensions ; non réévaluation des retraites d’ici à octobre 2015 (et plus si affinités) ;  diminution drastique des dépenses de santé (10 milliards d’€ d’économies) ; nouvel accord sur l’assurance chômage attaquant frontalement les intermittent-es du spectacle, les intérimaires et les chômeurs (via les droits rechargeables notamment) ; hausse du contrôle des chômeurs/euses pour favoriser les radiations ; etc.

Et pour les plus précaires et les plus pauvres, les salves sont ultra-violentes

Les CAF par exemple : en septembre 2014, 55 CAF sur 102 recevaient déjà uniquement sur rendez-vous. Et d’ici à fin 2015, toutes les CAF vont se retrouver dans cette situation. Cette suppression des points d’accueil permet non seulement de supprimer plus de 1000 postes, mais elle va considérablement limiter voire diminuer le nombre d’allocataires/trices. En effet, la CAF fait d’une pierre deux coup : elle n’est plus obligée de recevoir les allocataires/trices à qui on a supprimé les aides, et elle limite le nombre d’arrivant-e-s. Obligé-e de prendre rendez-vous via un numéro de téléphone surtaxé, ça devrait réussir à en décourager plus d’un-e. Et même pour les plus courageux/euses, si on donne le rendez-vous dans 2 mois, ça fera toujours 2 mois d’allocs en moins. Qui plus est, pour les plus isolé-e-s et peu habitué-e-s à ce type de démarche, l’exclusion sera quasi immédiate et sans appel. Le même processus est déjà à l’œuvre dans certains Pôle emploi et va se généraliser. Pour la Sécurité sociale, ce n’est qu’une question de temps.

Autre population ciblée : ceux/celles d’origine étrangère, demandeur/euse/s d’asile et sans papiers. Depuis plus de deux ans, les DDCS (direction départementale de la cohésion sociale) restreignent l’accès à l’hébergement d’urgence faute de budget. Conséquence : dans toutes les grandes et moyennes villes, ce sont des centaines voire des milliers de personnes qui se retrouvent à la rue. Partout dans les grandes métropoles, les bidonvilles se multiplient à vitesse grand V, et ces populations survivent dans une extrême pauvreté. Rappelons que ces dernières n’ont pas le droit de travailler, ou alors au black pour le bon plaisir du patronat (quoi de mieux qu’une main-d’œuvre servile et bon marché pour augmenter les profits !). Sans même parler de la véritable traque policière subie au quotidien par ces dernier-e-s. L’année 2014 a été la plus ignoble en termes d’interpellations et de reconduites à la frontière. D’une manière générale, les rues se remplissent, même par des personnes qui sont au chômage ou qui taffent. Vivement la fin 2015 pour le prochain bilan.

 

Objectif : destruction du code du travail

Les attaques que subit le droit du travail depuis l’arrivée au pouvoir des socialos n’ont jamais été aussi sévères. L’ANI d’abord, qui décentralise les décisions, en transférant les négociations syndicats/patronat branche par branche, puis entreprise par entreprise avec la loi Macron. Plus on divise les attaques, plus on divise les grèves, plus on mate et invisibilise facilement ces dernières. L’ANI toujours, qui facilite les licenciements, les mobilités forcées, les baisses de salaires, les hausses de temps de travail sans augmentation de salaire, etc.

La loi Macron tout dernièrement. 106 articles, 106 attaques. Dont certaines sont d’une violence rare : attaques massives contre les maigres protections encore incluses dans le Code du travail ; développement du travail gratuit pour les handicapé-e-s ; quasi-légalisation des délits patronaux ; augmentation du travail le dimanche ; suppression des majorations du travail de nuit entre 21h et 00h00 ; mise au pas des Prud’hommes ; etc.

 

De ces agressions sociales, les femmes sont les premières touchées. Déjà, ce sont elles qui occupent la quasi intégralité des temps partiels et autres boulots difficiles et sous payés (82%), qui servent de main-d’œuvre à moindre coût, et qui cumulent en plus pour une large majorité le travail domestique (et plus c’est la galère, plus il est difficile et insupportable). Le travail généralisé le dimanche, le travail non majoré une partie de la nuit entre autre, ce sont principalement elles qui vont le subir !

 

Une grève, une manif, et puis voilà ??

Les attaques, on le sait, vont s’accentuer. Les salves à venir vont être, si nous ne faisons rien, bien pires que celles passées. Les seuls secteurs publics qui bénéficient et vont bénéficier d’apport plus que conséquent de moyens sont ceux liés à la répression d’Etat (Police, Justice, Armée). La toute prochaine loi sur le renseignement intérieur va légaliser de nombreuses pratiques illégales des flics et renforcer le contrôle de nos vies. En face, le pouvoir s’organise, et ce partout en Europe. Les guerres impérialistes, comme généralement dans ce genre de situation historique, se démultiplient. Il est particulièrement important pour nos gouvernements de jouer sur les peurs, de parler de « terrorisme », de mener une « guerre », « uni-e-s » contre « la barbarie ». Et en même temps d’assurer la sécurité des territoires où leurs intérêts géostratégiques et économiques (extraction des ressources, exploitation de la force de travail à moindre coût, etc.) sont menacés.

Quant à l’extrême-droite de tous bords, elle se frotte les mains.

Cette grève du jeudi 9 avril va comme d’habitude rester lettre morte. Les mouvements sociaux d’ampleur sont historiquement rares sous un gouvernement social-démocrates (en France au moins). Les bureaucraties syndicales et ceux/celles qui les dirigent tiennent ici leur rôle de pacificateur à bras le corps.

Qu’on se le dise, quelque soit le gouvernement, la période 2017-2022 va être ultra-violente sur le plan social et humain. Il est plus que nécessaire de s’organiser dès maintenant et à la base, dans nos boites, nos facs, contre la baisse de nos salaires (directs et indirects), les attaques contre le droit du travail et les services publics, etc. Bref, arrêter de courber l’échine.

Regroupement Révolutionnaire Caennais

Mail : rrcaen@riseup.net

Site : rrcaen.neowordpress.fr

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Bulletins de l’AG de Lutte Contre Toutes les Expulsions

Nous relayons, pour mémoire et pour infos, les quelques bulletins de l’AG de Lutte Contre Toutes les Expulsions de Caen, AG qui ouvre depuis maintenant près de 3 ans des squats pour héberger les expulsé-e-s du “115” (les foyers d’urgence), expulsé-e-s qui sont souvent des demandeurs-euses d’asile. 

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Documention sur la lutte contre toutes les expulsions

  • Tract de l’AG de lutte contre toutes les explusions juin 2013: cf. ici
  • Affiche de l’AG de lutte contre toutes les explusions juillet 2013: cf. ici
  • Tract de l’ex-Assemblée libertaire de Caen juillet 2013: cf. ici
  • Tract de l’AG de lutte contre toutes les explusions août 2013: cf. ici
  • Tracts en plusieurs langues août-septembre 2013: cf. ici
  • Tract “expulsion du 202” septembre 2013: cf. ici
  • Des papiers et un logement pour tous. Article paru dans Le Monde libertaire N°1715, septembre 2013): cf. ici
  • Squatt de sans papiers à Caen. Article paru dans Courant alternatif N°233 (octobre 2013): cf. ici.
  • Expulsion des étrangers des centres d’hébergement: Une lutte autour d’un lieu réquisitionné à Caen. Article paru dans La Révolution prolétarienne N°782 (sept.-oct. 2013): cf. ici
  • Tract de l’AG de lutte contre toutes les explusions novembre 2013: cf. ici
  • Caen : 5 mois de lutte pour le logement et des papiers … et ça continue! Article paru dans Communisme-ouvrier N°37 (novembre 2013): cf. ici
  • Réquisition de logement a Caen (émission radio sur Fréquence Paris Plurielle, décembre 2013): cf. ici
  • Affiche de l’AG de lutte contre toutes les explusions février 2014: cf. ici
  • Vidéo de la manif février 2014: cf. ici
  • Tract de l’AG de lutte contre toutes les explusions février 2014: cf. ici
  • Communiqué de RESF-14 février 2014: cf. ici
  • Expulsions des centres d’hébergement d’urgence à Caen. Article paru dans Courant alternatif N°238 (mars 2014): cf. ici.
  • Communiqué de l’AG de lutte contre toutes les explusions mai 2014: cf. ici
  • Tract de l’AG de lutte contre toutes les explusions juin 2014: cf. ici
  • Caen : Un an de lutte, quatre squats et des expulsions. Article paru dans Communisme-ouvrier N°45 (juillet 2014): cf. ici
  • Bulletins de l’AG de lutte contre toutes les expulsions: cf. ici

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Présentation RRC

Constatant le manque de perspectives, la faiblesse d’organisation et la présence de désaccords de plus en plus visibles dans le milieu révolutionnaire local, au début de l’été 2014, quelques personnes se sont réunies pour discuter et ont décidé de lancer une initiative en vue de créer un regroupement révolutionnaire à Caen sur des bases et des pratiques communes, auxquelles chacun-e est attaché-e : lutte de classe, antiétatisme, internationalisme, anti-patriarcat, interventionnisme politique, stratégie révolutionnaire. Il existe des divergences, mais nous considérons qu’elles sont dépassables et que nous pouvons nous organiser ensemble au quotidien pour intervenir politiquement.

A partir des bases politiques évoquées, cette discussion s’est élargie vers d’autres personnes intéressées par ce projet. Des réunions régulières, tous les 15 jours, ont commencé à avoir lieu pour s’organiser et agir.

On en avait marre d’être dispersé-e-s, sans réels moyens. On voulait pouvoir discuter des questions de fond, prévoir, anticiper, intervenir, bref, arrêter de subir et s’organiser pour les luttes actuelles et celles à venir. Ce regroupement nous a paru indispensable car les années qui viennent vont être encore plus dures politiquement et socialement.

Il est ressorti des discussions quelques grandes lignes sur lesquelles nous souhaitons nous construire.

Lutte de classe : Par lutte de classe, nous entendons la lutte des exploité-e-s contre les exploiteurs/euses, la lutte des travailleurs-euses (privé-e-s d’emploi, radié-e-s de Pole Emploi ou jamais inscrit-e-s compris) – soit celles et ceux qui créent la plus-value mais qui n’en bénéficient pas – contre ceux/celles qui possèdent les moyens de production et exploitent la force de travail. La lutte de classe se décline à différentes échelles. Elle est à la fois un socle indispensable d’une perspective révolutionnaire, mais peut aussi se retrouver dans des luttes de boites (salaires, conditions de travail, prime de licenciement etc.), dans des luttes contre les suppressions de postes dans la fonction publique, la privatisation/marchandisation des services, les attaques sur les salaires directs et indirects (c’est-à-dire issus des cotisations salariales), etc. D’autre part, nous considérons qu’au sein de la lutte de classe, il y a des luttes de classes. En effet, le système capitaliste utilise tous les moyens en sa possession pour maximiser les profits et diviser les exploité-e-s : racisme, xénophobie, patriarcat, etc. La lutte de classe sans lutte contre les formes de domination qu’utilise le capitalisme ne permettra pas de détruire ce système.

Anti-patriarcat : Par anti-patriarcat, nous entendons la lutte contre la domination (politique, économique, culturelle, sociale, sexuelle et symbolique) des hommes sur les femmes, que ce soit au sein du capitalisme ou en dehors. Nous pensons que les femmes subissent une injustice spécifique et systématique en tant que femmes. La lutte antisexiste, féministe, doit s’inscrire aussi bien dans le quotidien que dans les luttes et dans nos milieux. La déconstruction du genre en tant qu’attribution d’attitudes et de comportements en fonction du sexe biologique fait partie intégrante de la lutte antipatriarcale.

Internationalisme et solidarité internationale de classe : Elle passe selon nous par la lutte contre l’exploitation des populations (notamment par l’exploitation de leur force de travail à moindre coût et des ressources naturelles) au profit de capitalismes de blocs ou nationaux. L’internationalisme s’oppose à toute forme de nationalisme, impérialisme, colonialisme, néocolonialisme, facettes indispensables au bon fonctionnement du système capitaliste. Notre implication internationaliste se décline à la fois par la lutte contre l’impérialisme français, mais aussi par la solidarité financière, matérielle, politique envers les résistances sociales, féministes, émancipatrices (collectes de fonds, diffusion d’info, prises de contact, etc.).

Evidemment, des discussions sur ces sujets, et pleins d’autres, sont toujours en cours parce que ce projet est collectif et que nous souhaitons l’élargir à toutes celles et tous ceux susceptibles d’être intéressé-e-s et sortir d’un certain isolement politique.

Nous cherchons à fonctionner d’une manière non-hiérarchique, accueillante, collective, ouverte et constructive.

Finalement, ce regroupement est vu comme un outil et non une fin en soi. L’idée est de se fondre dans les luttes et des Assemblées Générales décisionnelles qui en sont issues, de leur apporter ce que l’on peut, tout en gardant un espace à partir duquel on peut s’exprimer et agir, que ce soit entre les luttes ou au cours de celles-ci si on en ressent la nécessité. Nous comptons créer un journal qui relaiera un certain nombre de luttes sociales et tentera notamment d’effectuer un travail de vulgarisation de théories politiques révolutionnaires.

Les réunions ont lieu pour le moment tous les samedis (lieux et horaires modulables). Un site internet est en cours d’élaboration. Pour les personnes intéressées, envoyer un mail à rrcaen@riseup.net, ou en parler directement avec nous.

Regroupement Révolutionnaire Caennais.

Sans titre