Archives de catégorie : Luttes en (F)rance

Clichy : Large victoire des grévistes HEMERA – HOLIDAY INN après 111 jours de lutte

 

Repris du site « Paris Luttes Infos » (https://paris-luttes.info/).

Après 111 jours de grève, un accord a été signé jeudi 8 février 2018 avec la direction de l’hôtel Holiday Inn de la Porte de Clichy. Les grévistes vont reprendre le travail, lundi 12 février, avec la fierté d’avoir tenu pendant près de 4 mois contre le géant mondial de l’hôtellerie pour défendre leur dignité et leurs droits.

Signé par les délégués des grévistes et les organisations syndicales CNT-SO et CGT-HPE, cet accord, outre qu’il permet la réintégration des deux salariées mutées abusivement, prévoit de nombreuses avancées sociales et salariales  :

  • le respect des accords acquis sur ce site ;
  • le paiement des heures travaillées et le respect des contrats de travail ;
  • deux jours consécutifs de repos hebdomadaire ;
  • la disparition des contrats de moins de 130h mensuelles ;
  • l’augmentation des qualifications, la suppression de la clause de mobilité ;
  • le versement d’une prime de panier de 7,14EUR par jour travaillé ;
  • l’intégration du temps d’habillage-déshabillage comme temps de travail.

La société HEMERA a, jusqu’au bout, tenté de faire échec à la négociation, refusant même de venir à la table des négociations.

Concernant la question centrale de la sous-traitance, ce n’est que partie remise. Si les grévistes ont refusé d’être « divisés » dans le cadre d’une internalisation partielle proposée par l’hôtel, une clause prévoit une négociation de l’internalisation sous conditions de fréquentation avant le 31 août 2019.

Cette victoire historique dans la période actuelle de régression sociale (lois Macron, El Khomri, ordonnances Macron) a été possible par la détermination des grévistes et le large soutien syndical, politique et citoyen dont ils ont bénéficié. Nous remercions chaleureusement les camarades et organisation de tous bords ayant appuyé la lutte, notamment à participant à la caisse de grève.

La grève Holiday Inn fait date. Elle constitue un nouveau point d’appui pour les luttes à venir contre la sous-traitance, nouvelle forme d’esclavagisme moderne. Nous appelons l’ensemble des salariés du secteur à rejoindre leur syndicat de combat, seule la lutte paie !

PS :
Syndicat CNT-SO du nettoyage RP

À Paris, le 9 février 2018

Source : http://www.cnt-so.org/

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Urgent – risque d’expulsion de la ZAD de Notre Dame des Landes : manif aujourd’hui 18H devant la préfecture de Caen

Le RRC relaie l’info qui circule actuellement sur dans les réseaux locaux :
Face au risque d’expulsion de la ZAD par d’importantes forces de Gendarmerie Mobile, rassemblement et manif devant la préfecture de Caen à 18H, aujourd’hui, mercredi 17 janvier.
Faites tourner l’information partout.

Violente attaque policière contre un squat lyonnais

Dans la nuit du 6 au 7 janvier, le squat lyonnais « La Cabine » a été violemment attaqué par d’importantes forces de police alors que s’y tenait une soirée en solidarité avec « L’Amphi Z », un autre squat ouvert récemment à Villeurbanne pour héberger les personnes à la rue dont de nombreux-euses migrant-e-s. 300 personnes étaient sur place et ont été assiégées, sans raisons apparentes, pendant près de 2 heures par des dizaines de policiers en tenue anti-émeute qui ont tenté de défoncer la porte d’entrée à coup de boucliers et de béliers, cassé des vitres et copieusement gazé à l’intérieur des locaux. Au bout de 2 heures, les policiers, ayant échoué à pénétrer dans les lieux, sont repartis sans explications.

Le récit brut d’un camarade qui était à l’intérieur :

« Samedi dans la nuit, on était environ 300 personnes dans une soirée de soutien à « l’amphi Z » (squat politique et d’hébergement ouvert récemment à Villeurbanne) et aux sans papiers, dans un autre squat dénommé « la cabine », dans le 7ème arrondissement de Lyon.

Vers 2h et quelques, des keufs (CRS et BAC, casqués, boucliers, armés) déboulent en force, très agressifs. Tout le monde rentre et on ferme la porte principale. Dès le début, les keufs tentent de défoncer la porte principale au bouclier (cf, matez les photos sur rebellyon). Je précise que le squat est expulsable a partir du 15 février.

Les keufs commencent alors à balancer du gaz lacrymo sous les portes, qui se propage alors dans tout le rez de chaussée, où tout le monde était. Mouvement de panique. Tout le monde se rue aux étages, se bouscule, une meuf commence une crise d’épilepsie. Certains fuient par les toits.

Une bonne cinquantaine de personnes -peut être plus- restent en bas, à tenir la porte principale le plus fort qu’on pouvait pour empêcher les keufs de rentrer à coup de boucliers. On leur hurle des trucs (« vous êtes malades » « c’est n »importe quoi » » vous rentrez et vous faîtes quoi ???? Vous nous défoncer tous un par un ?? » « biiiiiiiiip » « biiiiiiiip », etc).

On résiste comme ça pendant 2H (au moins) !!! Et ils se cassent, après avoir pété plusieurs vitres au passage en y déversant des lacrymos, heureusement que les volets étaient solides.

La vraie question est alors : « putain mais s’ils étaient rentrés ??? ». Et bah, c’était la guerre, et on se faisait marave la gueule un truc de bien. Et si quelqu’un avait eu besoin d’une ambulance ? Qu’il ou elle crève.

On a été plusieurs à penser à Gênes à ce moment là, c’est vous dire le flippe qu’on a tous et toutes eu.  Et tout l’amour pour les flics qui perdure dans nos petits cœurs. »

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La porte du squat près l’intervention policière…

 

Communiqué des habitant-e-s :

On a fini sans bleus ! Retour sur la violente intervention policière contre le squat « La Cabine »

Une attaque policière nocturne, illégale et violente du squat « La Cabine » a eu lieu le 7 janvier. 200 personnes dont des enfants ont subi l’attaque des forces de police. Un article envoyé par des personnes présentes a été lu plus de 20 000 fois sur Rebellyon. Naturellement, le contre-feu de la préf’ est vite arrivé sur Le Progrès et sur LyonMag. Voici notre version des faits. Mais, une question demeure : que ce serait-il passé si les flics avaient réussi à exploser notre porte et nos gueules ?

Le soir du Samedi 6 janvier, nous nous sommes fait attaquer par la police. Des demandes contradictoires et l’absence de justification légale sont inadmissibles, on pense à une tentative d’intimidation, on ne se laissera pas faire.

Notre habitation, ouverte depuis fin septembre, accueille régulièrement des soirées de soutien à divers collectifs. Ce lieu de vie est un squat expulsable à partir du 15 février par décision du tribunal administratif. Ici vivent des familles avec enfants (6 ans, 3 ans et un bébé de 3 semaines – une femme enceinte) ainsi qu’un collectif varié uni par les mêmes convictions humaines.

Samedi, c’était une soirée de soutien au collectif musical SILO, à des amis en bouclage d’un documentaire et au squat hébergeant environ 150 migrants, l’Amphi Z. Nous faisions la fête comme on peut la faire partout. A 5 minutes de là, “le petit salon”, une boîte de nuit branchée de Lyon, fait péter les watts. On entend bien les basses autour. Les jeunes qui sortent de là, saoul, marchent dans les rues en criant à tue-tête. Ils font la fête eux aussi, mais une autre fête : évènement clubbing étudiant, afterwork…la fête y est consommée du mercredi au samedi. Même genre de nuisance, plus continuelle, mais aucune affirmation politique.

Ce samedi, devant chez nous, à 2h30 du matin, la première caisse de condés pointe le bout de sa matraque expliquant aux copains avoir reçu des appels et demandant de vider l’impasse pour la tranquillité du voisinage. C’est vrai qu’on est beaucoup et que pour des raisons de place on a déjà stoppé les entrées. Du coup, on demande aux gens d’entrer ou de bouger, ça se fait tranquillement. D’autres équipages arrivent, les ordres changent, ils veulent que tout le monde sorte sous dix minutes. Ils sont rapidement une soixantaine, avec matraques, casques et boucliers. Le climat est tendu, ils se comportent de manière menaçante, la circulation sur l’avenue est bloquée, on sent l’entourloupe.

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Une fois déployés, les flics commencent à entrer dans l’impasse. On se précipite à l’intérieur, la porte se ferme de justesse. Et BOOM, sans sommation, on entend le premier coup de bélier d’une longue série. Spontanément, une masse anonyme scande “cassez-vous” et tient la porte. Les coups sont violents, les flics sont acharnés, assez vite, le bas de l’encadrement de la porte se décolle du bâtit. Profitant de l’interstice, ils sortent le gaz au poivre et ne se privent pas d’en balancer à l’intérieur. Les premières lignes suffoquent tandis que le relais s’organise.

Autour du bar, ça commence à piquer, des gens ouvrent la fenêtre pour sortir, les flics profitent de notre inattention pour remettre une couche de gaz par la fenêtre, on ferme le volet. La porte donnant sur cette partie est attaquée brièvement. Dans la salle où se déroule la fête, les gens comprennent la gravité de la situation. Illes savent que si la police entre dans les lieux, on risque un carnage. Derrière la porte, les policiers nous parlent : “on va vous défoncer”, ce qui laisse peu de doute quant au possible déroulé des événements. Les familles qui dorment au dessus de la porte sont réveillées tant par les coups de béliers que les effets du gaz se faisant ressentir à l’étage. Les flics sont pourtant au courant de leur présence. On s’assure que le bébé va bien et on rassure les enfants.

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On est beaucoup, il fait chaud, l’air est de moins en moins respirable. Les gens montent et se réfugient dans les chambres, les fenêtre s’ouvrent et on s’y masse, on a du mal à circuler. Trois personnes vont vraiment mal, on se débrouille pour les aider et le sérum phi coule a flot. Des personnes veulent fuir par les toits ou s’y réfugier, d’autres sortent par les fenêtres du RDC. Certaines personnes sorties restent devant le bâtiment, un attroupement se forme et une certaine agitation dans le quartier se fait sentir.

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Au bout d’une heure et après que pas mal de personnes se soient enfuies, on se sent mieux à l’intérieur, et malgré les coups de bélier répétés, on tient bon. Du coup, on balance le son par les fenêtres. La fête et la danse reprennent au milieu de l’avenue et dans le squat. Finalement, les coups de béliers s’arrêtent mais les palets de lacrymo commencent à être lancés sur les soutiens, certains leurs sont rendus. Des charges, heureusement sans blessé.e ni interpellation, se succèdent. Les soutiens sont repoussés petit à petit, certains vers le nord et d’autres à l’Est. Certain.e.s flics continuent la dispersion, les autres effectifs restés devant le squat abandonnent l’assaut, impuissants, et encaissent leur défaite sous les cris et quelques insultes. La fête a continué avec une saveur particulière, celle de la résistance victorieuse, dont les échos se sont fait entendre tard dans la nuit.

Les flics auront tapé sur la porte pendant ce qui nous a paru une très grosse heure. Leur détermination à entrer ne fait pas de doute. Illes ont utilisé abondamment du gaz au poivre à l’intérieur d’un bâtiment bondé et sans issue, créant une atmosphère anxiogène et des mouvements paniqués.

Lyon est un laboratoire des pratiques sécuritaires habitué aux dispositifs policiers démesurés. C’est le chef lieu du ministre de l’intérieur Gerard Collomb. Ce dernier mène depuis son arrivée une chasse aux migrants saluée par l’extreme droite, a inscrit l’état d’urgence dans le droit commun et a pour projet de détruire le droit d’asile en France. Un mouvement d’occupation en soutien aux migrant.e.s a commencé fin novembre à Lyon et a réuni squatteur.se.s, étudiant.e.s et associations en lutte. Face a l’absence complète d’aide de la part des pouvoirs publiques, le mouvement a décidé de réquisitionner un lieu vide de la métropole.

La soirée du samedi 6 janvier et d’autres événements soutenaient ces luttes. Les agissements irresponsables de la police ont sciemment mis en danger l’intégrité physique et psychologique des personnes présentes. Les seuls échanges ont été des menaces et des insultes. Nous avons l’impression que leur but était de semer la peur chez les personnes solidaires venues s’amuser, et que cette opération a réussi au moins par la surprise de l’agression. Le pire a été évité parce que nous avons tenu, que nous n’avons pas laissé jouer en notre défaveur le rapport de force initié par l’état. On n’en sort pas sans dommages, ça fait bizarre à tout le monde de moins se sentir en sécurité dans nos lieux de vie et on pense aux petites séquelles que laisse ce genre de moment. On gardera quand même le souvenir d’une petite victoire d’un soir, où on a empêché la violence des flics de s’inviter sous notre garde.

On remercie les potes et leur solidarité qui ont permis qu’on tienne. C’était moche, mais on l’a rendu beau. À bientôt. On a fini sans bleus !

L’ACAB In, la bac Out

Rassemblement samedi 16 décembre à Ouistreham à 14H30 sur le port en solidarité avec les migrants

 

Un appel à rassemblement à Ouistreham circule largement parmi de nombreux réseaux, collectifs, associations, syndicats, partis du département, autour de deux mots d’ordre simples et clairs :

HALTE AU HARCÈLEMENT DES MIGRANTS ET DES HABITANT-E-S SOLIDAIRES À OUISTREHAM !

Ouverture immédiate d’un lieu de mise à l’abri !

RASSEMBLEMENT

À OUISTREHAM, SUR LE PORT,

 

SAMEDI 16 DÉCEMBRE À 14H30.

 FAITES TOURNER PARTOUT

( La liste des collectifs, organisations syndicales et politiques qui rejoignent cet appel est en train de circuler et donc en cours de constitution)

MISE A JOUR 15 décembre, 10H30 : Liste provisoire des signataires par ordre alphabétique

Des habitant-e-s de Ouistreham, AG Contre Toutes les Expulsions de Caen, Alternative Libertaire du Pays d’Auge, Association Havraise de Solidarité et d’Echanges avec Tous-tes les Immigré-e-s, Association pour les Réfugiés du CALvados, Association de Solidarité avec Tous-tes les Immigré-e-s de Caen ,CCFD-Terre Solidaire, CGT de l’Etablissement Public de Santé Mentale de Caen, CGT de l’Association Calvadosienne pour la Sauvegarde de l’Enfant à l’Adulte, CIMADE de Caen, Citoyens d’Abord-Côte de Nacre, CODEKO Co-développement Kribi/Ouistreham, Collectif d’Aide aux Migrants de Ouistreham, Collectif Cambremer Solidarité Migrants, Collectif [O]pendant, Collectif de parents d’élèves « Pas d’enfants sans toit » de Caen, Comité Amérique Latine de Caen, Confédération Paysanne 14, Emmaüs 14, Ecole Nomade de Caen, Europe Ecologie Les Verts 14, Ensemble 14-61, Fédération des Conseils de Parents d’Elèves 14, France Insoumise, Front Social Caen-Calvados, Fédération Syndicale Unitaire 14, Koordination des Intermittent-e-s du Calvados, La Vie Nouvelle- personnaliste et citoyenne, Le Temps d’Un Toit, Lutte Ouvrière, Ligue des Droits de l’Homme de Caen, Médecins du Monde, Mouvement de la Paix 14, Nouveau Parti Anticapitaliste, Parti Communiste du Calvados, Planning Familial 14, Réseau d’Accueil Solidaire des Exilé-e-s de Caen, Solidarité Migrants 14, Solidarité Réfugiés de Caen, syndicat SUD Collectivités Territoriales Basse-Normandie, Union Locale CGT d’Hérouville St Clair, Union Syndicale Solidaires 14…

 

Auto-entreprenariat : comment lutter contre le retour du travail à la tâche ?

Repris du site “Le Poing” de Montpellier (http://www.lepoing.net/).

 

Auto-entreprenariat : comment lutter contre le retour du travail à la tâche ?

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Montpellier Poing Info, le 8 novembre 2017 – Dans un contexte global de baisse générale des salaires et de précarisation constante des exploités, le statut d’auto-entrepreneur promet de s’étendre à de plus en plus de secteurs. Vendu comme un statut de travailleur « libre » et comme une alternative pour les millions de chômeurs et autres exploités « sans qualification », ce statut s’apparente plutôt au retour du travail à la tâche. Dans les pays anglo-saxons, certains secteurs ne fonctionnent d’ores et déjà que sur ce réservoir de salariés à bas coût. Sans arrêt-maladie ni congé payé, l’auto-entreprenariat va au-delà de ce qu’imposent les dernières lois travail. Pour comprendre ce phénomène et réfléchir aux luttes à mener contre cette arnaque, une trentaine de personnes se sont réunies jeudi dernier au Barricade, à Montpellier, à l’initiative du collectif Working Class Hérault. Le Poing vous relate le contenu de ce débat introduit par deux camarades marseillais auto-entrepreneurs*. Extraits.

L’auto-entreprenariat est réservé aux secteurs peu rentables

Le trait marquant de l’auto-entreprenariat, c’est qu’il concerne des secteurs qui ne sont pas producteurs d’une grande plus-value. Les capitalistes « d’envergure » refusent d’investir dans ces secteurs peu rentables, et les délèguent bien volontiers à des sous-traitants. Au fond, l’auto-entreprenariat suit la même logique que les délocalisations : le capitaliste garde sous sa mainmise les secteurs rentables – il ne licencie pas les salariés d’une entreprise performante et ne la délocalise pas – mais il externalise la production des secteurs moins rentables, dans le but d’en extraire tout de même quelques miettes. Le capitaliste passe un « contrat » avec un auto-entrepreneur dans les secteurs où il estime que ça ne vaudrait pas le coup d’embaucher un salarié. La condition de ce « contrat », c’est que l’auto-entrepreneur « accepte » de ne pas être payé pour une partie du travail qu’il fait, et c’est ce qui permet au capitaliste de tirer de la plus-value. Le livreur de Deliveroo, par exemple, ne reçoit pas d’argent pour entretenir son vélo ni pour rester devant son application à attendre une course, alors que ce sont pourtant des tâches nécessaires à la réalisation d’une plus-value. En théorie, l’auto-entrepreneur est encore davantage exploité que le salarié car on ne le rémunère qu’à partir du moment où il est rentable, et on lui vole donc une part très importante de sa production.

Un régime peu concerné par la protection sociale

En terme marxiste, on distingue d’une part la production, ce qui produit de la valeur, et d’une autre part la reproduction, c’est-à-dire tous les aspects qui sont nécessaires pour rendre l’exploitation possible, et qui ne sont pas directement rentables : nourrir le travailleur, élever ses enfants et les former, fournir les moyens d’aller au travail, garantir des conditions de santé minimales, etc. Actuellement, le capitalisme délègue à l’État le financement de la reproduction de la force de travail du salarié sous forme de salaire indirect : ce sont les cotisations salariales et patronales, les allocations familiales, la sécurité sociale, etc. Mais l’auto-entrepreneur a beaucoup moins de droits que le salarié, son salaire indirect est extrêmement faible. La logique actuelle du capitalisme, c’est de faire assumer au travailleur la reproduction de sa force de travail, tout en continuant à lui extorquer sa production. C’est toujours la même histoire : avant, on parlait de la socialisation des charges et de la privatisation des profits et désormais, il s’agit carrément d’individualiser les charges.

Déjà un million d’auto-entrepreneurs en France

Au Royaume-Uni, 15% des travailleurs sont des auto-entrepreneurs, ce qui représente plus de 4 millions de personnes(1). En France, on a atteint le million d’auto-entrepreneurs(2). Donc ceux qui prétendent que ce statut est une mode qui passera se trompent lourdement. Il faut aussi prendre en compte les entreprises individuelles : aux États-Unis, 15 millions de personnes n’emploient qu’eux-même(3), le plus souvent à domicile, et en France, la moitié des entreprises sont composées d’une seule personne(4). L’auto-entrepreneuriat à la Deliveroo ou le petit patron qui n’embauche que lui même ne sont pas des capitalistes dans la mesure où ils ne font pas de bénéfice mais dégage juste un salaire, souvent de subsistance. Dans l’auto-entreprenariat de service, par exemple, il n’est pas possible de dépasser 32 600€ de chiffre d’affaires(5), sinon on rentre dans le cadre d’une entreprise classique et vous devez payer les charges normales. Si vous enlevez les 24% de charge qui sont tirées du fait de se salarier soi-même(6), il vous reste seulement 26 000€ déclarables sur l’année, ce qui veut dire que vous ne pouvez pas toucher plus de 2000€ par mois. Ce calcul ne prend pas en compte le travail au noir, et le fait que tous les auto-entrepreneurs ne sont pas les mêmes – 1/3 cumulent une activité salariale à côté(7) –, mais il permet tout de même de mieux cerner la réalité sociale de l’auto-entrepreneur, qui ne peut légalement pas accumuler du capital.

Un moyen pour exacerber la concurrence entre travailleurs

La raréfaction du travail accroît la mise en concurrence entre les travailleurs, et c’est sur ce terreau que les plateformes de type Deliveroo et Uber prolifèrent. La logique, c’est d’exacerber la concurrence entre les travailleurs plutôt que de répartir le travail. En Espagne, Deliveroo utilise les ambassadeurs Deliveroo, qui sont chargés de donner du travail à d’autres livreurs et en échange, ils sont les premiers à recevoir les horaires des plages horaires disponibles sur leurs smartphones, et ils peuvent donc se réserver les plus avantageuses. Le résultat, c’est la création d’un marché noir des heures d’inscriptions aux livraisons Deliveroo : concrètement, des livreurs payent d’autres livreurs pour avoir telle ou telle horaire. Si on va au bout de la démarche, ça donne les mises aux enchères d’emploi, comme cela a déjà lieu en Allemagne(8).

Le retour du travail à la tâche : plus tu es productif, moins tu gagnes

Selon la théorie marxiste, cette mise en concurrence est d’autant plus problématique dans le cadre du travail à la tâche, c’est-à-dire d’un travail qui n’est pas rémunéré par heure, mais par la moyenne du temps de travail nécessaire à la production de telle marchandise ou à la réalisation de tel service. Ce n’est généralement pas le cas pour les auto-entrepreneurs qui travaillent en dehors plateforme de type Uber ou Deliveroo. Admettons, par exemple, que les livreurs de Deliveroo mettent en moyenne une heure pour faire 5 livraisons. L’application va alors calculer la rémunération des livreurs sur cette base là : disons 10€ toutes les 5 livraisons. Le livreur est alors incité à faire davantage de livraisons en un minimum de temps pour gagner plus, et c’est effectivement ce qui va se produire dans un premier temps : le livreur qui aura réussi à faire 10 livraisons en une heure va, dans un premier temps, gagner le double, c’est-à-dire 20€ au lieu de 10€. Le problème, c’est que tous les livreurs vont faire le même calcul, ils vont tous essayer d’être le plus rapide possible, et ils vont donc faire baisser la moyenne du temps de travail nécessaire à une livraison. La moyenne de rémunération par livraison va donc être revue à la baisse par l’application : en l’occurrence, la nouvelle norme ne sera plus de 10€ toutes les 5 livraisons, mais toutes les 10 livraisons. Pour résumer, avec le travail à la tâche, plus tu es productif, moins tu gagnes. Dans la pratique, c’est moins évident, on ne sait pas vraiment selon quels critères les plateformes de type Deliveroo ou Uber décident de baisser une rémunération, ni comment le rapport de force influe dans la définition de cette rémunération. Et les plateformes de type Deliveroo appliquent la théorie du yield management, qui consiste à faire varier les prix des courses en temps réel pour maximiser les profits de la platerforme. L’opacité est donc totale.

Quelles perspectives de luttes ?

Le statut d’auto-entrepreneur oblige à se poser la question des formes des lutte à adopter. À Paris, les livreurs de Deliveroo en lutte disaient : « notre usine, c’est la rue ». Le constat posé par ce slogan, c’est qu’à la différence du salarié, l’auto-entrepreneur, et notamment le livreur Deliveroo, n’a pas de patron auquel se confronter. On retrouve aussi ce problème chez les intérimaires : 1% d’entre eux seulement sont syndicalisés(9). On est forcément moins tenté de se mobiliser pour un travail qu’on ne gardera que quelques semaines, ou quelques jours. Et à quel niveau lutter : au niveau de l’entreprise dans laquelle on travaille, ou au niveau de la boite d’intérim ? Ces problématiques se posent aussi pour les auto-entrepreneurs : doit-on se retourner contre son client, ou contre la plateforme dans le cas d’Uber ou de Deliveroo ? Et comment lutter contre une application sur son smartphone ? Le syndicalisme classique se mobilise très peu pour améliorer les conditions de vie de ces travailleurs précaires, et la multiplication de statuts différents permet justement d’entretenir ce manque de solidarité. Et même quand il y a de la solidarité, la seule action envisagée par les syndicalistes « traditionnelles », c’est la lutte par délégation. L’idée générale, c’est de partir du principe que « font grève ceux qui peuvent faire grève », c’est-à-dire les salariés, et que ce serait donc à eux de se mobiliser pour défendre les plus précaires. Mais ça ne fonctionne pas, on ne peut pas se contenter de dire aux auto-entrepreneurs et aux intérimaires : « vous allez devoir comptez sur les autres ». Surtout que la revendication classique, c’est de réclamer la requalification des travailleurs précaires sous un statut de salarié, mais cette revendication a de moins en moins de sens dans un monde où le salariat décline.

Pour être en phase avec les enjeux actuels, il faut trouver des modes d’organisation et des pratiques qui peuvent être appropriés par les auto-entrepreneurs et d’une manière générale, par les travailleurs qui ne sont pas couverts par le statut syndical. Le sabotage peut être l’une des ces pratiques. On ne parle pas forcément de tout faire sauter, mais de planifier une action collective pour ralentir les cadences, arriver en retard, détériorer les marchandises produites ou les services rendus, etc. À la différence de beaucoup d’autres auto-entrepreneurs, les livreurs de Deliveroo se croisent, se connaissent et ont l’occasion de discuter entre eux. À Londres, Berlin, Paris, Lyon, Turin, Bordeaux, Marseille, Barcelone et dans d’autres villes d’Europe, des livreurs se sont battus pour arracher quelques améliorations : principalement un salaire fixe et une vraie prise en charge par les plateformes des frais matériel (vélo, smartphone, réparations, etc.). À Montpellier aussi, roulons sur ceux qui prétendent nous faire faire rouler pour kedal.

Notes et sources :

*Le Poing n’a pas relaté mot pour mot le contenu des différents intervenants mais s’est permis d’ajouter des informations, et d’en supprimer certaines, dans le but de faciliter la lecture.
(1) « Self-Employment in the UK », Evolution Money, lien.
(2) « 1,1 million d’auto-entrepreneurs en France ! », Les Echos Entrepreneurs, le 28 février 2017, lien.
(3) « Self-employment In The United States », U.S. Bureau of Labor Statistics, mars 2016, lien.
(4) « Définition express du statut de l’Entreprise Individuelle », Legal Start, lien.
(5) « Chiffre d’affaires en auto-entrepreneur : attention au piège ! », Auto Entrepreneurs, lien.
(6) « L’auto-entrepreneur », Régime social des indépendants, page 9, janvier 2013, lien.
(7) « Auto-Entrepreneur et salarié ? », Auto Entrepreneur, lien.
(8) « Des offres d’emploi mises aux enchères », Le Figaro, 17 janvier 2017, lien.
(9) « Quelle syndicalisation des travailleurs de l’intérim ? », Savoir-agir, 2010, lien.

Guide d’autodéfense à l’usage des locataires

Repris du site “Le Poing” de Montpellier (http://www.lepoing.net/).

 

Guide d’autodéfense juridique à l’usage des locataires

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Le Poing, n°27 – Rétention des dépôts de garantie, états des lieux bidon, augmentations des charges, ruptures illégales de contrats… les propriétaires se permettent souvent quelques petites arnaques. La loi les protège largement, mais en tant que locataire, tu as quand même des droits.

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Etats des lieux et réparations locatives : la paranoïa est ton ami

Le proprio doit te remettre un logement décent et les équipements mentionnés au contrat de location doivent être en bon état de fonctionnement(1). Si ce n’est pas le cas, l’état des lieux d’entrée doit alors clairement le mentionner par écrit et il ne faut surtout pas se contenter d’un accord verbal. Les proprios ont tendance à bâcler l’état des lieux d’entrée pour au contraire être méticuleux sur celui de sortie, alors prends ton temps. N’hésites à venir avec des potes pour t’aider à vérifier le logement dans tous les recoins. Fais noter la moindre petite dégradation car si tu en découvre après-coup, le proprio n’est pas obligé de les prendre en compte. Souvent, les proprios utilisent des formules vagues du type « bon état, état correct, etc » mais sois au contraire le plus précis possible sur l’état des lieux. Si vous vous mettez d’accord sur l’état défectueux de telle pièce ou de tel équipement, tu peux convenir avec ton proprio, par écrit, des réparations que vous vous engagez à entreprendre mutuellement. S’il ne respecte pas son engagement, saisis la commision départementale de conciliation, voire le tribunal d’instance (par le biais d’une déclaration au greffe). Si aucun accord n’est envisageable avec le proprio, envoie lui rapidement une lettre recommandée avec la liste de tout ce qui nécessite des réparations dans l’appartement.

Concernant les réparations pendant la location, le décret 1987-712 du 26 août 1987 fixe la liste des réparations locatives, c’est-à-dire celles qui sont à ta charge. Quand le proprio t’ordonne d’entreprendre une réparation, vérifie qu’elle est mentionnée sur cette liste et si ce n’est pas le cas, dis-le au proprio. En vérité, cette liste n’est pas limitative et une réparation qui n’apparaitrait pas dans ce décret pourrait quand même être à ta charge, mais ça ne coûte rien d’essayer de t’en décharger. Pour l’état des lieux de sortie, le but, c’est évidemment que le proprio te rende ton dépôt de garantie. Pour les plus déterminés, ne pas pas payer le dernier mois de loyer est une manière efficace (mais illégale) pour être sûr de ne pas se faire voler un centime. L’état des lieux de sortie doit être confrontée à celui d’entrée, mais les dégradations dues à l’usure normale du temps et d’une location ne doivent pas être prises en compte. Les trous dans les murs dues aux vis et punaises, la décoloration des peintures, les traces au sol devant les portes, les tuyaux corrodés, l’usure des plaques électriques, etc., ne doivent donc pas être mentionnés sur l’état des lieux de sortie. A défaut d’accord avec le proprio, un huissier de justice peut être mandaté, soit par toi, soit par lui, mais les frais d’huissier sont alors partagés en deux.

Dépôt de garantie : le propriétaire a deux mois pour rendre l’argent après la remise des clés

Le montant du dépôt de garantie (souvent nommé caution par erreur) équivaut maximum à un mois de loyer hors charge pour les logements non meublés, et deux mois de loyers pour les logements meublés(2). Si l’état des lieux de sortie est conforme à celui d’entrée, le proprio doit te redonner l’argent dans un délai maximal de deux mois après la remise des clés en main propre. Passé ce délai, l’argent qu’il te doit est majoré de 10% par mois ! Cette majoration ne s’applique pas si tu n’as pas donné au proprio ta nouvelle adresse. S’il refuse de te rendre le dépôt de garantie ou t’en impute une partie, il doit justifier ses raisons par écrit, sinon c’est du vol.

> Pour obtenir des lettres types de demande de remboursement ou de restitution partielle du dépôt de garantie, allez sur lacnl.com/dépôt-de-garantie

« Congé » : jusqu’à 30 000€ d’amende pour un propriétaire qui cherche à expulser son locataire sans raison

Quand le proprio t’adresse un « congé », ça veut dire qu’il t’ordonne de quitter ton appartement(3). Le proprio peut envoyer ce congé dans trois cas seulement : s’il a la volonté de reprendre l’immeuble pour l’habiter, la volonté de vendre l’immeuble ou s’il
avance un motif « légitime et sérieux ». Dans tous les cas, il doit respecter un préavis de six mois.

1) La congé pour reprise : le propriétaire doit signaler une volonté de vivre dans l’appartement ou de le faire occuper par un parent proche (conjoint, concubin, ascendants, descendants, ascendants ou descendants de son conjoint). Le motif, le nom et l’adresse du bénéficiaire de la reprise doivent figurer dans le congé ainsi que la nature du lien existant avec le bailleur.

2) Le congé pour vente du bien loué : le congé pour vente doit indiquer le prix et les conditions de la vente.

3) Le congé pour motif légitime et sérieux : dans les faits, les proprios peuvent invoquer n’importe quel motif. Il faut les menacer de saisir les tribunaux pour vérifier si c’est du bidon, ça refroidit leurs ambitions. Souvent, ils essayent de faire déguerpir leurs locataires avant l’été pour faire payer le logement plus cher aux vacanciers. Le fait pour un propriétaire de délivrer un congé frauduleux est puni d’une amende de 6 000 € maximum pour une personne physique et de 30 000 € pour une personne morale. Les juges exigent souvent du proprio qu’il produise des documents attestant de la réalité de ses intentions. S’il prétend une rénovation par exemple, le juge refuse de valider le congé tant que le proprio ne lui a pas transmis un permis de construire.

Si tu décides de quitter l’appartement avant le préavis du propriétaire, tu ne payes évidemment que le loyer et les charges correspondant au temps pendant lequel tu as effectivement occupé le logement. Si uneprocédure est en cours pour vérifier l’insalubrité d’un logement, le proprio ne peut pas donner congé à un locataire.

> Pour obtenir des lettres types de demande de réduction du délais de préavis ou de contestation du congé, allez sur lacnl.com/congé

Préavis de départ : le locataire n’a pas à se justifier

Tu peux prévenir ton proprio (par lettre recommandée avec accusé de réception) que tu souhaites quitter ton logement à tout moment, en respectant un préavis d’un mois pour une location meublée, et de trois mois pour un logement vide. Mais même pour un logement vide, ce délai peut être diminué à un mois dans les cas suivants : obtention d’un premier emploi, mutation, perte d’emploi, nouvelle embauche, mauvaise santé, si tu touches le RSA ou l’AAH et si tu vis dans une zone d’urbanisation continue de plus de 50 000 habitants, dite « zone tendue », comme c’est le cas à Montpellier(4).

Caution solidaire : le bail n’est pas rompu si un colocataire part

Si l’un de tes colocataires, inscrit sur le bail, décide de quitter le logement, le contrat de location n’est pas pour autant rompu et le proprio ne peut pas en profiter pour essayer de virer les autres. Mais il donne son accord pour le remplaçant et un avenant au contrat de location doit être effectué. En colocation, les locataires signent en général un seul et même bail et par le jeu de la clause de solidarité, chaque colocataire est responsable indivisiblement du paiement de la totalité des sommes dues au propriétaire(5). Si tu quittes ta colocation, tu ne peux légalement pas demander au proprio de récupérer la partie de la caution que tu as avancée. Il faut donc t’arranger avec lui et tes anciens colocataires. Pire encore, tu restes solidaire du paiement des loyers et des charges jusqu’à ce qu’un remplaçant soit trouvé (cette obligation prend fin au plus tard six mois après la dette d’effet de ton congé). Mieux vaut donc s’assurer de trouver un remplaçant avant de quitter une colocation.

Aides au logement : l’ASL existe pour ceux qui n’ont pas l’APL

L’aide personnalisée au logement (APL) est destinée à toute personne locataire d’un logement qui fait l’objet d’une convention entre le propriétaire et l’État. L’allocation de logement à caractère familial (ALF) concerne les personnes qui n’entrent pas dans le champ d’application de l’APL et qui ont des enfants ou d’autres personnes à charge ou qui forment un ménage marié depuis moins de 5 ans. L’allocation de logement à caractère social (ALS) s’adresse à ceux qui ne peuvent bénéficier ni de l’APL ni de d’ALF. Si t’es hébergé chez un particulier au titre de sous-locataire déclarée, tu as le droit à cette allocation (voir plus bas).

> Pour estimer vos droits aux allocations logement, faites-une simulation sur le site de la caf

La sous-location peut donner le droit à une allocation

La sous-location est officiellement interdite. Elle consiste pour un locataire, seul titulaire du bail, à consentir lui-même une location à un ou plusieurs occupants d’une partie du logement loué. Rien ne t’interdit d’héberger des personnes et d’écrire leurs noms sur la boite aux lettres, et même de les faire participer aux frais communs, à condition que cela ne prenne pas la forme d’un paiement de loyer. Pour que le sous-locataire puisse bénéficier des aides au logement, il faut que la sous-location soit « déclarée ». Le proprio doit alors l’autoriser par écrit et il faut se mettre d’accord avec lui pour fixer le montant du loyer, qui ne peut pas dépasser le loyer principal. Les propriétaires sont en général méfiants vis-à-vis des sous-locations.

Charges : aucune règle n’existe

Il n’existe quasiment aucune règle à la faveur des locataires concernant les charges, le proprio fait un peu ce qu’il veut. Il n’existe aucune règle de répartition des charges entre les différents locataires, il faut donc s’arranger avec ses colocs. Un propriétaire n’a par contre pas le droit de demander au locataire de payer un loyer charges comprises, les charges doivent toujours être comptées à part. Il ne peut pas non plus réclamer des charges remontant à plus de trois ans.

Documents à fournir pour une location : la liste est exhaustive

Les pièces justificatives que vous devez présenter pour la location sont fixés par le décret n°2015-1437, et le proprio n’a pas le droit d’exiger un document qui ne figure pas dans cette liste. Il peut vous demander : 1) une pièce justificative d’identité en cours de validité avec une photo et la signature du titulaire ; 2) une pièce de justificatif de domicile (ça peut être un ami à vous qui écrit « j’atteste sur l’honneur héberger untel ») ; 3) un ou plusieurs documents attestant d’activités professionnelles (comme une carte d’étudiant) ; 4) un ou plusieurs documents attestant de vos ressources (comme un avis de non-imposition sur l’impôt). Si on vous demande des documents supplémentaires, répondez que c’est illégal.

Le contrat de bail établi au nom du garant : une arnaque

Pour sécuriser son bail, le proprio peut proposer d’établir le contrat au nom du garant. A première vue rien de gênant… sauf que le locataire ne pourra alors pas prétendre aux aides au logement. Cette pratique n’a en soi rien d’illégal, mais ça reste une arnaque.

 

(1) Pour les états des lieux, se référer à l’article 3-2 de la loi n° 89- 462 du 6 juillet 1989 portant modification de la loi n° 86-1290 du 23 décembre 1986.

(2) Pour le dépôt de garantie, se référer à l’article 22 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 et portant de la loi n° 86-1290 du 23 décembre 1986.

(3) Pour les congés, se référer à l’article 15 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 portant modifi- cation de la loi n° 86-1290 du 23 décembre 1986.

(4) Pour savoir quelle ville est en « zone tendue », faites une simulation sur pap. fr/argent/calculettes/zone-tendue

(5) Concernant le cautionnement, se référer à l’article 8-1 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 portant modification de la loi n° 86-1290 du 23 décembre 1986 et l’article 22-1 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 portant modification de la loi n° 86-1290 du 23 décembre 1986.

Pour une autonomie féministe : appel à transformer la mixité

Texte trouvé sur “Paris Lutte Infos” (https://paris-luttes.info/). Ce texte, rédigé apparemment par des camarades autonomes parisiennes, au delà de certaines considérations qui sont propres à cette tendance, pose la nécessaire question du sexisme dans le déroulement des assemblées et des manifs. Les problèmes évoqués dépassent largement le milieu autonome et concernent finalement l’ensemble du mouvement social, radical ou pas. Saluons donc leur pavé dans la mare et leur volonté de s’organiser collectivement entre elles pour que leurs voix, idées et ressentis puissent apparaître égalitairement.

 

Pour une autonomie féministe :

appel à transformer la mixité

Ce texte est une forme de compte rendu de nos discussions et a pour objectif d’abord de vous décrire, à vous hommes cis, comment vos comportements, consciemment ou pas, peuvent perpétuer des dynamiques d’oppression et de domination sexiste dans nos milieux militants.

Ce texte a été résumé devant l’AG « Automne Autonome » qui a eu lieu mardi 14 novembre, et nous souhaitions le publier en intégralité ici.

Mardi 8 novembre, nous étions environ 25 à nous réunir en non mixité. Via des expériences différentes et sous des formes diverses, nous avions toutes quelque chose en commun : toutes, nous avons souffert et continuons à souffrir du sexisme et du virilisme présents dans nos milieux militants, celui-ci compris. A cause de cela, certaines d’entre nous ont décidé de plus militer qu’en non mixité et c’est un choix qu’il faut respecter : toutefois, nous souhaitions tenter collectivement de transformer la mixité pour en éradiquer toute forme d’oppression. Notre démarche est donc la suivante : ce texte est une forme de compte rendu de nos discussions et a pour objectif d’abord de vous décrire, à vous hommes cis, comment vos comportements, consciemment ou pas, peuvent perpétuer des dynamiques d’oppression et de domination sexiste. Nous espérons que cela provoquera une prise de conscience chez vous et une remise en question honnête et effective, ainsi qu’un effort de formation personnelle de votre part sur toutes les questions que nous allons évoquer. Dans un second temps, nous voulions aussi exposer les mesures concrètes qu’il nous faut collectivement mettre en place dès maintenant pour effectivement transformer la mixité.

Du sexisme ordinaire en AG

Nous ne voulons plus que les AG soient des espaces dans lesquels le décalage entre le temps de parole des hommes et celui des femmes est si important. Trop souvent, vous nous coupez la parole, chose que vous ne vous permettriez certainement pas face à un autre homme, dont la parole est automatiquement plus légitime. Vous camouflez votre refus de remettre en question votre privilège masculin derrière de pseudo excuses idéologiques : en refusant de mettre en place un tour de parole en AG sous prétexte que ce serait déjà du stalinisme, vous refusez d’investir la prise de parole comme espace de reproduction des oppressions. Car quand il n’y a pas de tour de parole, les personnes qui parlent sont celles qui parlent le plus fort : en l’occurrence, les mecs. Combien de femmes ont levé la main pendant 20mn lors de l’occupation de l’institut de géo sans jamais pouvoir prendre la parole ?

Nous ne voulons plus nous autocensurer en AG. Même en contexte d’AG dans lesquelles la prise de parole est plus apaisée, le problème persiste : à la dernière AG, au bout d’1h30 de débat, on comptabilisait 2mn30 de temps de parole par les femmes. Ce chiffre doit entraîner une remise en question de votre part : presque toutes, nous avons à un moment donné vécu cette situation où nous avions quelque chose à dire, à proposer, ou à demander, et nous n’avons pas osé. Nous voulons pointer du doigt le virilisme omniprésent, qui entraîne une absence totale de bienveillance, un principe pourtant fondamental dans nos espaces : en AG, il s’agit d’être fort, sûr de soi, d’être toujours pertinent ; plus on est viriliste et agressif dans notre prise de parole, plus on est respecté. Plus on fait ou propose des choses dangereuses et risquées, plus on est écouté.e, et une sorte de nécessité absolue de faire ses preuves semble s’être installée, qui rend d’ailleurs l’intégration de nouvelles personnes (homme ou femme) extrêmement difficile et toute massification impossible. Chacun.e doit pouvoir se sentir libre de poser une question, même stupide, de demander un éclaircissement, de parler d’une idée dont iel n’est pas très sûr.e. Nous devons réserver la méfiance, l’animosité et l’agressivité à nos adversaires, aux flics ou aux fachos, et construire des espaces profondément bienveillants entre nous : la camaraderie et la bienveillance sont des formes de résistance politique.

Paternalisme et virilisme : deux têtes d’un même système dans le cortège de tête

Nous ne voulons plus nous autoexclure du cortège de tête à cause de votre virilisme, sexisme ou paternalisme. Plusieurs types d’expériences sont ressorties de nos discussions : certains d’entre vous remettent en cause constamment, consciemment ou non, la légitimité de notre présence dans le cortège de tête. Vous nous faites comprendre par des regards, des gestes, des attitudes, que la place d’une femme n’est pas ici, que l’affrontement et la violence sont des choses réservées aux vrais mecs ; ou bien vous cherchez à nous protéger, car nous sommes visiblement le genre faible. Nous devons bien sûr toutes et tous nous protéger collectivement et être solidaires dans les moments d’affrontement ; mais il y a différentes manières de le faire et nous ne voulons pas de vos gestes paternalistes qui semblent nous dire « là, c’est trop violent pour toi, retournes à la cuisine ». Notre rôle dans le cortège de tête n’est pas celui d’infirmière, c’est un choix pour certaines d’entre nous d’être médics mais il ne nous est pas dû ; nous ne sommes pas là pour vous rassurer ou s’occuper de vos potes blessés ; notre rôle n’est pas de vous protéger car assignées femmes, si nous le faisons c’est par choix et convictions politiques que nous avons choisi d’agir collectivement.
Dans le même temps, cette déconstruction du paternalisme doit aller main dans la main avec la déconstruction du virilisme que vous reproduisez parfois et qui met tout le monde en danger : on en arrive à un climat permanent où le meilleur militant sera celui qui aura cassé le plus de flics et où courage est devenu synonyme de prise de risques – souvent inutiles. Si nous reconnaissons tou.te.s que parfois, la violence est une nécessité politique, nous refusons que certains d’entre vous la glorifient : la violence doit rester une arme politique et ne pas devenir une fin en soi. En effet, en faisant de la peur une honte, en transformant le fait de dire « non, je ne participe pas à cette action car j’ai peur » en une faiblesse, une lâcheté, un manque de courage, non seulement nous reproduisons le virilisme, mais en plus nous nous mettons en danger puisque dire non n’est plus possible ; chacun.e doit être conscient.e des conséquences juridiques, physiques ou morales que peuvent entraîner ses actes, et choisir d’agir en fonction de cela, et pas en fonction du regard des autres. En tant que femmes, nous ressentons d’autant plus fortement cette injonction à faire nos preuves dans le cortège de tête que notre présence dans cet espace est constamment remise en question, comme expliqué auparavant. De plus, nous ne voulons plus reproduire entre nous ces dynamiques de concurrence qui sont propres au capitalisme : l’anticapitalisme passe aussi par le refus de cette mise en concurrence permanente et intégrée.
Enfin, vous devez comprendre que virilisme et paternalisme par rapport à cette question de la violence sont deux têtes du même système, et que nous refusons à la fois vos injonctions à l’usage de violence obligatoire ET votre confiscation de la violence comme un moyen d’action qui serait plus naturellement masculin. Vous devez comprendre qu’en tant que femmes, la violence n’a pas fait irruption dans nos vies avec le cortège de tête, mais que nous la portons dans nos chairs depuis que nous sommes nées, et que nous nous sommes construites avec des rapports à la violence, au corps, à l’espace et à la peur qui sont différents des vôtres, notamment en raison de la menace latente et omniprésente du viol. Nous revendiquons donc à la fois un droit à la peur et au refus libre de tout jugement de valeur, ET un droit à l’usage de violence libre de vos tendances protectrices paternalistes. Nous sommes légitimes dans notre violence, vous y êtes confrontés tous les jours à cette violence du système, étatique. Mais nous, personnes assignées femmes, sans choix, nous subissons la violence patriarcale, sexiste, viriliste ; nous déligitimer des rapports de violence revient à nous déposséder de notre combat.

Culture du viol : agresseurs et violeurs, hors de nos espaces

Nous ne voulons plus être considérées constamment comme de potentielles conquêtes : plusieurs d’entre nous constatent que lorsqu’elles tentent de construire une relation de camaraderie militante avec un mec, certains d’entre vous se placent d’emblée et constamment dans un rapport de séduction, qui n’est pas forcément désiré de notre côté. Il ne s’agit pas de dire que le désir soit à bannir, mais bien que voulons être respectées et prises au sérieux dans notre statut de militantes, considérées comme des camarades avec qui vous allez accomplir quelque chose avant d’être considérées comme une personne avec qui vous voudriez potentiellement avoir des relations sexuelles/amoureuses. Nous ne sommes pas la copine de, l’amante de, nous sommes des militantes féministes qui faisons des choix dans nos vies. De plus, nous avons le droit à choisir d’avoir ou non une vie amoureuse, sexuelle qu’elle soit polyamoureuse, monogame ; aromantique, romantique ; sexuelle comme asexuelle ; Ce sont nos choix, nous n’avons pas besoin de vos jugements ou vos approbations.

Enfin, nous ne voulons plus subir vos agressions sexuelles, votre harcèlement, vos viols. Comment pouvez-vous vous dire antifasciste, antisexistes, parfois même proféministes et nous mettre des mains au cul en manif ? Comment est-ce possible que certains d’entre vous agressent et violent ? Tout le monde le sait et personne n’en parle : il y a bien des cas d’agressions et de viols au sein de nos milieux. Les agresseurs et les violeurs en question continuent à venir en manif, en AG, dans nos espaces militants ; c’est la victime qui s’exclut. C’est le moment où vous êtes en train de penser « c’est scandaleux, mais c’est pas moi, moi je suis pas comme ça » : c’est le moment de vous remettre en question. Vous n’êtes peut être pas un agresseur, mais combien d’agresseurs couvrez-vous ? Vous n’avez peut être jamais violé une femme comme on l’imagine dans les films, au fond d’une ruelle sombre, mais êtes vous sûrs que vous n’avez jamais imposé quelque chose à une femme sans avoir son consentement explicite ? Combien de fois avez-vous minimisé les actes de vos potes ? « Roh, ça va, il était un peu relou ok, mais elle le voulait toute façon ». Nous constatons que la prise de parole de la victime est impossible et que si elle y parvient, cela n’a aucune conséquence : l’agresseur peut continuer à fréquenter nos espaces en toute tranquillité, ses potes minimisent ses actes et le protègent, et une espèce de solidarité masculine se met même parfois en place, car nous savons que certains d’entre vous font circuler entre potes des noms de meufs trop féministes, qui cassent les couilles, « surtout elle faut pas aller la draguer après elle crie à l’agression direct ». Nous dénonçons donc vos viols, vos agressions (et ça commence par la main au cul en manif ou la drague super lourde en soirée de soutien antirep), et nous dénonçons aussi votre silence complice, votre shaming permanent des meufs féministes et votre incapacité à vous former et à vous remettre en question sur ces thématiques.

Toutes ces choses là, depuis le temps de parole en AG jusqu’aux agressions, font partie du même système d’oppression sexiste et ont toutes une conséquence commune : notre autoexclusion de ces espaces militants mixtes. Certaines d’entre nous ne vont plus dans le cortège de tête car masqué.e.s, elles ne peuvent plus reconnaître ceux qu’elles savent être des agresseurs, ou parce qu’elles décident de s’éviter le coût mental et émotionnel que représente le virilisme et le paternalisme cités auparavant. Certaines d’entre nous ne vont plus en AG mixte car elles savent que tel groupe de mecs qui parlent fort et font les gros bras seront présents. Certaines d’entre nous ne fréquentent plus les bars militants ou les soirées en squat car elles savent qu’elles devront faire face à des relous. Preuve ultime de cette dynamique d’autoexclusion : nous étions 25 en AG non mixte, nous sommes 6/25 à être présentes aujourd’hui en AG mixte. Il faut que tout ça change, non seulement parce que vous vous dites antisexistes, mais aussi parce que si ça continue, vous allez finir par vous retrouver tous seuls. Nous avons donc plusieurs propositions concrètes.

Nos propositions

1. Formez vous ! : de nombreuses ressources en ligne, des textes, des vidéos. L’excuse « je savais pas », c’est plus possible actuellement dans les milieux militants. Et formez vos potes ! Ne laissez plus passer les comportements relous, même quand c’est « pour rire ». Conférence gesticulée sur le consentement, réalisée par la compagnie Les culottés du bocal. Représentation le 11 décembre à 19h à la grande salle de la bourse du travail de St Denis, contribution libre. De plus, nous souhaitons vous rappeler que si nous avons décidé de vous expliciter nos opinions aujourd’hui et de vous conseiller des ressources de formation, nous ne sommes en aucun cas tenues de le faire, et nous n’avons aucune obligation d’assumer la charge organisationnelle, émotionnelle et mentale de votre formation. Lisez de la théorie, écoutez les femmes de votre entourage, posez des questions à vos amies concernées si vous avez un doute ! On vous distribue une liste de ressources et on les publiera avec ce texte sur paris lutte info. Ne vous taisez plus en cas d’agressions,

2. Tour de parole et tribune : nous souhaitions prendre en charge le tour de parole de cette AG, en nous donnant le droit de faire remonter des femmes avant des hommes si l’on constate une trop grande inégalité dans la distribution de la parole, et d’interrompre une prise de parole qui serait agressive/viriliste/sexiste, etc. Nous souhaitons qu’un tour de parole soit systématiquement mis en place en AG et nous voulons aussi rappeler l’importance de la bienveillance entre nous en AG, l’idée qu’il n’y a pas de question bête. Nous décidons aussi qu’à chaque AG, nous allons chronométrer le temps de parole pris par les mecs/les meufs et annoncer à tou.te.s le résultat en fin d’AG, en espérant que ce résultat s’améliore peu à peu. Nous voulons aussi préciser à l’intention des participant.e.s non mecs cis de l’AG que notre intervention n’est en aucun cas une injonction à prendre la parole qui leur serait adressée, mais bien une tentative de construction d’une ambiance bienveillante dans laquelle ces personnes pourraient, si et quand elles le veulent, prendre la parole sereinement.
Nous rappelons également à chacun qu’il est important de faire attention au temps de son intervention et aux répétitions inutiles, souvent le fait de mec cis (il a été démontré que même si dans une AG le nombre d’intervention mecs/meufs commence à s’équilibrer en chiffres absolu, le déséquilibre en terme de temps est plus difficile à résorber, les mecs parlant en moyenne plus longtemps que les meufs).

3. Nous proposons de réfléchir collectivement aux choses suivantes :

  • En cas de propos sexiste, inventer un signe silencieux pour inviter la personne à reformuler sa phrase ;
  • rappel régulier des temps de paroles ;
  • plusieurs personnes qui prennent les notes ;

4. Enfin, nous voulons rappeler que désormais, nous ne laisserons plus rien passer et construisons une vraie sororité entre nous, notamment contre les agresseurs. Nous avons constitué une liste mail non mixte (inscrivez vous sur la feuille si vous souhaitez la rejoindre) qui nous servira à nous organiser ponctuellement (par ex autre AG non mixte ou éventuellement actions antisexistes) mais aussi à faire circuler entre nous les identités des agresseurs pour nous défendre collectivement. Que chaque personne puisse venir nous voir en personne ou via la liste mail, en son nom ou anonymement, si elle a subi une agression.
Sachez que la parole de la victime/survivante est écoutée, elle primera toujours sur le reste.

Pour conclure, nous espérons que vous saurez comprendre notre démarche pour ce qu’elle est : avant tout la réponse à une urgente nécessité de nous protéger entre nous et de changer les espaces qui ne sont pas safes pour nous, mais aussi la volonté d’aller plus loin collectivement et de devenir meilleurs tou.te.s ensemble, car nous savons tou.te.s que la révolution sera féministe ou ne sera pas !

Liste de ressources pour se former :

Travail : l’enjeu des 7 erreurs

Article repris du site “DDT21” (https://ddt21.noblogs.org/).

 

Travail : l’enjeu des 7 erreurs

La confusion autour de la notion de « travail » est aujourd’hui croissante, et il nous a semblé important d’y revenir sur quelques points.
Une précision : sans nous priver de faire appel à des statistiques, nous ne pensons pas que le problème soit affaire de chiffres. Question et réponse dépendent d’une compréhension théorique. 1 Nous espérons que la réfutation des erreurs relevées ici aidera à comprendre progressivement par la négative ce qu’est le travail, avant que le dernier paragraphe en reprenne positivement la définition.

Erreur n°1 : « Le travail n’est plus central aujourd’hui »

Si un milliard d’êtres humains étaient pris dans une économie mondiale globale après 1945, quatre milliards le sont aujourd’hui et, quelque emploi qu’ils aient ou pas, ils sont entraînés dans l’orbite du travail. Le tiers-monde d’autrefois n’était « tiers » que par rapport aux deux autres, l’un dit capitaliste, l’autre dit socialiste. On parle aujourd’hui de « pays en voie de développement » et, dans une version plus optimiste, de « pays en développement », où les usines se multiplient sans pouvoir salarier tout le monde. 2

C’est le capitalisme comme système total qui crée la notion d’économie informelle, estimée en Inde à 90 % du marché du travail. Le salariat avec un « vrai » contrat concernant une petite minorité de la population mondiale, c’est lui qui fait classer à part l’immense catégorie de ceux et celles des prolétaires forcés de gagner leur vie par un travail informel. Sur un chantier, à Paris comme à Dubaï, au sein de la même entreprise respectable se côtoient des salariés en CDI, des « à statut » et des « sans statut », des précaires et des sans-papiers. Les multinationales qui fabriquent, extraient, transportent et bâtissent ont toutes recours à une main d’œuvre illégale ou hors régulation, y compris au cœur des pays dits développés. 3

La mondialisation est autant celle du travail que celle du capital.

De la fin du XIXe siècle au milieu du XXe, la « révolution électrique » avait rendu le travail plus productif, transférant les emplois de l’agriculture vers l’industrie et bouleversant les métiers. Vers 1960, aux États-Unis, 60 % des emplois n’existaient pas cinquante ans plus tôt, et 70 % des emplois exercés en 1914-18 avaient alors disparu.

La « révolution numérique », elle, tend à faire effectuer par des machines toutes les tâches répétitives, substituant systématiquement du capital au travail. Entre 1980 et 2007 en France, selon le ministère des Finances, 29 % des suppressions d’emplois industriels sont dues à des gains de productivité, seulement 13 % à des délocalisations, avec transfert d’emplois à revenus moyens dans l’industrie vers des emplois moins payés dans les services, et un double effet : précarisation et paupérisation. Ce qui pour le capital est économie de travail signifie toujours une force destructive pour la vie du prolétaire. L’industrialisation de la première moitié du XIXe siècle s’était traduite à la fois par des ouvertures d’usines ainsi que par une baisse des salaires, une migration forcée vers les villes et un chômage de masse récurrent. Un mécanisme analogue de création-destruction, aux effets dévastateurs, a été lancé à la fin du XXe siècle.

Après la paupérisation des premières décennies du XIXe siècle, il avait fallu des décennies de luttes violentes pour que l’Angleterre, puis les autres pays industrialisés, France, Allemagne, États-Unis, acceptent un compromis social : renoncement au travail le moins cher (limitation du travail des femmes, interdiction de celui des enfants), réglementation de l’embauche, réduction des horaires, droits syndicaux, assurances sociales, retraite, etc. Or, ce compromis avait une limite : si les protections acquises par les prolétaires secouraient le travailleur mis dans l’incapacité de travailler par la maternité, la maladie ou la vieillesse, elles ne lui garantissaient en cas de chômage massif et de longue durée qu’un revenu faible, voire dérisoire. Comme le déclarait en 1944 William Beveridge, pionnier du Welfare State en Angleterre : « Si le plein emploi n’est pas conquis ou conservé, aucune liberté ne sera sauve, car pour beaucoup elle n’aura pas de sens. »

La paupérisation contemporaine des travailleurs signifie-telle que le travail cesserait d’être central ?

La moitié de la population mondiale est devenue urbaine et, contrairement à l’exode rural d’antan qui transformait les paysans en ouvriers, très peu des ruraux déracinés désormais entassés dans les banlieues de Mumbai trouveront un emploi régulier. Cela n’empêche pas l’emprise du travail sur leur vie. L’obligation de se salarier pour vivre pèse sur celui qui n’a pas d’emploi comme sur celui qui a eu « la chance » d’être embauché. Les quartiers populaires de Dakar vivent chaque jour sous la contrainte de la dépense quotidienne : trouver le petit boulot qui apportera l’argent pour acheter à manger d’ici le soir. Une minorité de la population mondiale reçoit un salaire, et une minorité encore plus réduite bénéficie d’un contrat en bonne forme, avec salaire fixé – et dûment versé – et droits du travail relativement respectés : le salariat n’en domine pas moins.  Pour reprendre une formule situationniste, le travail est devenu plus visiblement ce qu’il était déjà essentiellement.

Étrangement, plus les spécialistes comptent de « révolutions industrielles » (ils en sont à la troisième, et certains en annoncent une quatrième), moins ils voient d’industrie, donc moins de travail. 4

Une étude étasunienne portant sur 702 métiers conclut que près de la moitié seront affectés par les effets du traitement automatique de l’information : la fabrication, le transport, bien sûr les tâches d’administration et de gestion, mais aussi l’enseignement, la médecine et le droit. Deux jours ont suffi à une machine pour analyser et trier 570 000 documents juridiques. E-learning et massive open online course permettent à un seul professeur d’enseigner à 100 000 personnes à la fois sur cinq continents. Tout ce qui est « routinisable » sera susceptible d’automatisation, jusqu’à un tiers des services, répète-t-on. 5 Plus prudents, d’autres experts évaluent à 10 % le nombre d’emplois menacés en France, tout en reconnaissant que la moitié des métiers en sortiront peu ou beaucoup transformés, celui de vendeur autant que ceux de mécanicien ou d’infirmier, et que le travail qualifié augmentera aux dépens du peu qualifié. 6

Cela ne signifie pas robotisation intégrale, mais forte baisse des emplois, sans qu’on puisse la chiffrer. Personne ne sait comment se fera en 2050 le transport maritime, ferroviaire ou routier du lieu de production jusqu’au supermarché.

On se gardera quand même du rêve (ou du cauchemar) d’un avenir où la machine rendrait l’être humain obsolète. Trier des dossiers est une chose, plaider dans un prétoire en est une autre. Les drones d’Amazon n’iront pas livrer partout. L’automatisation se heurte à des limites écologiques et financières. 7 Loin d’être léger et économe en énergie, le numérique absorbe 10 % de l’électricité mondiale. Tout considéré, un iPhone consomme autant de ressources qu’un frigo. Le robot n’est ni le diable ni un remède miracle, et un minimum de mémoire historique nous rappelle que la nouveauté surgit rarement là où on l’attend. Dans les années 1970, Philip K. Dick nous imaginait pilotant bientôt des voitures volantes individuelles, mais forcés d’atterrir pour trouver au sol une cabine téléphonique.

Il n’y a pas de déterminisme technique. Le calcul coût/bénéfice sera toujours social : le capitaliste n’automatise que si c’est rentable. Ce n’est pas la technologie qui détermine le niveau d’embauche, c’est l’impératif de productivité, et l’un des critères de rentabilité restera la capacité de maîtriser le travail et de briser ses résistances, voire ses révoltes. Le monde n’est pas régi par des machines, mais par des êtres humains divisés en classes, et un patron ne mécanise que s’il y gagne. Début XXe siècle, au Congo, mines et chemins de fer avaient recours à une « embauche massive de main d’œuvre africaine [pour] une raison simple : la sueur coûtait moins cher que l’essence ». 8  Mais une machine qui coûte plus cher aujourd’hui que la main d’œuvre équivalente, mais qui ne fait pas grève, se révèlera peut-être pour cette raison moins chère demain.

En réalité, ceux qui théorisent une fin du travail ne parlent pas de travail, mais d’emploi et de la mutation de ses formes. Dès ses origines, la société capitaliste, forcée par la concurrence à sans cesse renouveler ses conditions de production, a dû et su s’adapter à sa propre évolution, donc à faire évoluer son traitement du travail. Mais chaque étape a dépendu autant de la réaction du prolétaire à la technologie que de la technique elle-même. 9

Erreur n° 2 : « Le travail ouvrier est en voie de disparition »

On nous décrit un irréversible raz-de-marée dés-industrialisateur. Les usines, il n’y en aurait plus qu’en Asie, en Amérique latine, et maintenant en Afrique, par exemple en Ethiopie, « nouveau Pakistan », grâce à la délocalisation du textile chinois, l’ouvrier étant payé 50 $ mensuels à Addis-Abeba au lieu de 450 à Shanghai. Par contre, Amérique du Nord, Japon et Europe verraient le règne des friches industrielles. « Il suffit de regarder les chiffres ! ! » L’usine Peugeot de Sochaux, un temps la première de France par le nombre de salariés (40 000 en 1979), avec la plus forte concentration d’Ouvriers Professionnels, n’employait que 12 200 personnes en 2011. Aux Etats-Unis, 87 000 sidérurgistes produisaient en 2015 3 % d’acier de plus que près de 400 00 en 1980. 10 En France, selon l’INSEE, pour une population active passée de 21,5 à 26,3 millions entre 1970 et 2011, les salariés de « l’industrie » ont chuté de 5,6 à 3,9 millions, et ceux du « tertiaire » augmenté de 11,3 à 20,5 millions. Voilà en effet pour les chiffres, sachant la méfiance qui s’impose devant ces classifications. Par exemple, le manutentionnaire de Carrefour effectue des tâches manuelles qui sont celles d’un ouvrier mais se voit recensé dans le secteur tertiaire puisqu’employé dans le commerce. Sont généralement comptées dans « les services » des activités comme les transports, les télécommunications, l’énergie, le traitement de l’eau et des déchets, qui sont en fait proches de l’industrie. Si l’on ajoute ces secteurs à l’industrie manufacturière, entre 1975 et 2011, la part de la valeur ajoutée de cet ensemble dans le PIB français n’a guère varié, environ 30 % du total. 11

Au-delà des statistiques, le fait marquant, c’est la défaite de la classe ouvrière occidentale et japonaise, celle des pays industriels longtemps dominants. Europe, États-Unis et Japon ont quasiment démantelé les contre-pouvoirs que le travail  avait réussi à se donner dans l’automobile, les mines et la sidérurgie. La «  forteresse ouvrière » Renault-Billancourt a fermé en 1992. Un mouvement ouvrier n’est plus, avec sa relative autonomie par rapport au monde bourgeois, ses institutions spécifiques, une culture propre, une vie de quartier populaire, allant parfois jusqu’à constituer une contre-société. A deux pas de la Maison des Métallos, ouverte en 1937 dans le XIe arrondissement de Paris, c’était une conquête ouvrière que la fondation en 1947 par la CGT de l’« Hôpital des Métallurgistes » (son nom officiel jusqu’en 2006), et sa maternité pionnière de l’accouchement sans douleur. La Maison des Métallos est aujourd’hui un espace culturel, « le lien vers vos futurs événements », défilé, lancement de produit ou showcase, « à la croisée du quartier branché d’Oberkampf et de Belleville multiculturel », promet le site Internet du lieu. Le relatif succès du mouvement ouvrier a fait son déclin : protéger, défendre la classe du travail, c’était l’intégrer de plus en plus directement dans la société et lui faire perdre sa spécificité « ouvrière ».

Quoi qu’il en soit, les ouvriers auraient donc disparu, et si l’on en parle ce n’est plus que négativement : pour les plaindre quand une usine ferme, pour les accabler un soir d’élection en leur reprochant de voter FN.12 Or, pour revenir aux statistiques, dans les anciennes métropoles capitalistes, la désindustrialisation est largement un effet d’optique, dû aux cas de la France et de la Grande Bretagne, les deux pays européens à être allés le plus loin sur cette voie. Ce qui n’empêche pas l’Angleterre, septième puissance économique mondiale, de devoir encore plus d’un cinquième de son Produit National Brut à ses industries, dont l’automobile, qui emploie 150 000 personnes. 13 Elle fabrique aussi des éléments de haute technologie, par exemple l’aile de l’Airbus 360, et tient le deuxième rang mondial pour l’industrie aéronautique. Et l’énergie aussi est une industrie, pétrolière notamment, qui emploie 100 000 personnes en Ecosse.

Il n’y a pas deux capitalismes, l’ancien, « industriel », remplacé aujourd’hui par un second, financier, numérique ou virtuel.

On n’est pas passé d’une économie basée sur l’industrie lourde à une nouvelle fondée sur les services et la fabrication effectuée dans de petites unités « à taille humaine ».

Selon l’Organisation Internationale du Travail, en 2006, la population active mondiale comprenait 2,9 milliards de personnes (16 % de plus qu’en 1996), dont :

22 % dans l’industrie contre 21,5 % en 1996.

38 % dans l’agriculture contre 43 % en 1996.

40 % dans les services contre 35 % en 1996.

Cela ne ressemble guère à une « société post-industrielle ». Si entre 2000 et 2010 le nombre d’emplois manufacturiers dans les pays de l’OCDE a chu de 62 à 45 millions, en deux siècles, la proportion de la population mondiale employée dans ce secteur (5 %) est restée à peu près stable.

Sans oublier que le « secteur informel » échappe souvent aux statistiques, et qu’agriculture et tertiaire incluent beaucoup de travail qualifiable d’industriel.

L’organisation productive reposant sur une entreprise sans usines et des usines sans travailleurs relève de la science-fiction. Simplement, les filatures, les fabriques d’automobiles, les aciéries et les mines ne sont plus sous nos yeux. Autrefois, on voyait les usines géantes aux portes de Londres, Paris, Berlin, New York ou Turin, et les quartiers bourgeois se sentaient menacés par ce qu’on a appelé « la pince noire de l’industrie ». Fin XXe siècle, l’usine est devenue lointaine, outre-mer ou « invisible », pourtant elle existe, et les lieux de production ne correspondent pas à l’idée (ou l’idéal) du Small Is Beautiful.

L’industriel Walther Rathenau écrivait en 1909 que trois cents hommes dirigeaient l’économie européenne. Un siècle plus tard, dix armateurs contrôlent 60 % du transport maritime conteneurisé, et les AMAP ne font pas le poids face aux fermes à 850 000 poulets. Il y a toujours des usines géantes, tant s’impose une concentration accrue du capital, malgré la dispersion des « sites » et la sous-traitance.

Le capitalisme ne vit pas hors sol et ses structures n’ont rien de léger. Il construit de nouvelles usines, parfois au bord de friches industrielles, et une dématérialisation sans cesse grandissante, de la caisse de supermarché au guichet de banque en passant par le journal quotidien, exige un énorme appareil productif fait de centrales électriques, de mines, d’usines, de réseaux routiers, de ports et d’aéroports. Si à la façon de l’INSEE on définit les ouvriers comme les « travailleurs manuels d’exécution », 25 % des actifs français sont ouvriers, et non seulement l’industrie manufacturière, l’énergie, les transports, etc., en occupent beaucoup plus qu’on le dit, mais ces hommes et femmes ont une force de blocage – et potentiellement de bouleversement historique – aussi forte que ceux et celles d’autrefois. 14 C’est la soudeuse de Dacca et le camionneur sur l’autoroute A1 qui font tourner le monde, pas le geek d’Akihabara ou la consultante de la City. La bourgeoisie voudrait un travail mobile, malléable, fluide, aussi liquide que le semble l’argent : elle butte sur la matérialité du travail, c’est-à-dire sur le prolétaire.

Erreur n° 3 : « La « société salariale » est révolue »

Voisine des précédentes auxquelles elle emprunte beaucoup, cette troisième erreur a cependant sa spécificité : selon elle, certes, le capitalisme domine plus encore le monde qu’au temps de Marx ou Rosa Luxemburg, et il n’annule pas le travail, mais celui-ci s’exercerait de moins en moins dans le cadre du travail salarié. Nous vivrions sous un capitalisme omniprésent avec très peu de salariat.

Conséquence politique, si le salariat devenait caduc, la lutte pour son abolition le serait aussi, puisque le capitalisme, loin de le généraliser comme le croyait Marx, se chargerait lui-même de lui enlever sa réalité. La révolution prolétarienne étant périmée, l’émancipation de l’humanité passerait par le développement et l’extension de pratiques solidaires et coopératives que justement la faillite du salariat fait émerger un peu partout, à Detroit comme à Bogota, du potager communautaire au logiciel libre en passant par l’école autogérée.

Les tenants de cette thèse font valoir un certain nombre de faits : dans les pays et régions dites développées, la montée du chômage de masse, parfois quasi « héréditaire »; dans ces mêmes zones, la diffusion de l’individualisation et de l’auto-emploi et, malgré le déclin du Welfare State, la proportion croissante de personnes dépendant d’aides publiques ou d’œuvres caritatives; dans l’ex-tiers monde, des masses humaines dont les cultures vivrières ont été détruites, forcées de migrer vers des villes sans autre espoir qu’un emploi rare et de courte durée. Ces évolutions convergeraient vers une dissociation du revenu et du salariat. Une seule chose est pire qu’être exploité, écrit Michael Denning au début de La vie sans salaire, c’est de ne pas l’être. Si le capitalisme a longtemps coïncidé avec une salarisation de plus en plus étendue, il tendrait désormais vers un monde où une très faible proportion de l’humanité vivrait d’un salaire. 15

Il est vrai qu’une réalité dramatique pour le travail, mais aussi une contradiction pour le capital, c’est d’avancer aujourd’hui vers un point-limite où le salaire ne suffirait plus à reproduire la force de travail et avec elle l’ensemble de l’équilibre social. La même société qui repose sur le travail et soumet le temps hors-travail aux normes productives de l’entreprise, s’avère d’incapable de salarier plus qu’une minorité de la population mondiale. Qualifier les chômeurs d’armée de réserve industrielle signifiait qu’ils étaient en réserve avant une nouvelle embauche aux conditions relativement similaires à leur ancien emploi. Ce n’est plus le cas. Aussi le capitalisme organise-t-il des palliatifs. A la différence des secours et aides d’autrefois, le RMI (devenu RSA) français, imité dans divers pays, instaure un système permanent. Il ne complète pas le revenu en attendant un possible retour au travail : il assure un revenu quand travailler est de fait impossible. Comme par ailleurs le travail déborde l’espace-temps qui était traditionnellement le sien, et que parallèlement se développe l’auto-entreprenariat, l’addition de ces phénomènes entretient l’illusion qu’au XXIe siècle le travail ne prend plus la forme du salariat.

Mais qu’est-ce que le capitalisme ? l’achat par une entreprise de la force de travail de personnes forcées pour vivre de la lui vendre, et que l’entreprise emploie de façon la plus productive possible face à la concurrence d’autres entreprises. Là est la base du rapport capital/travail salarié, qui a pris et continue de prendre les formes historiques les plus diverses, l’embauche directe d’un salarié sous un contrat individuel garantissant sa paie n’en étant qu’une variante, la plus connue (et pas toujours majoritaire) des zones dites développées et riches. Au XIXe siècle, dans le tâcheronnage, pour une tâche spécifique, l’entreprise payait un ouvrier qualifié (après marchandage et enchères décroissantes, le patron choisissant le tâcheron le moins cher) qui embauchait lui-même une équipe de manœuvres qu’à son tour il payait le moins possible. Dans des mines d’étain de Cornouailles, c’était un chef de famille qui recevait une somme globale pour son travail ainsi que celui de sa femme et de ses enfants sur une veine particulière. Une sorte de sous-traitance s’exerçait ici, non entre deux entreprises, mais entre un patron et un travailleur (individu ou famille) chargé d’exécuter un travail, et tout autant soumis au patron que s’il en était directement salarié. Le salaire lui-même a été à la pièce, à la tâche, au rendement, au temps, et en ce dernier cas payé soit à la journée, à la semaine ou au mois (en 1969, seuls 10,6 % des ouvriers français étaient mensualisés 16 ).

Depuis deux siècles, sinon davantage, le renouvellement incessant des procédés techniques va de pair avec un bouleversement des modes de subordination et de rémunération des travailleurs.

Par exemple, si le télé-travail, signe supplémentaire de colonisation de nos vies par le travail, franchit les limites du lieu et des horaires de l’entreprise, il ne cesse pas pour autant d’être du travail… salarié, et d’ailleurs n’est pas près de se généraliser : l’atelier ou le bureau demeure le meilleur lieu où contrôler l’immense majorité des salariés et mesurer leur rendement, surveillance encore aggravée par l’informatique. Le cadre (mot largement disparu du vocabulaire, sans doute parce que trop « hiérarchique ») qui traite des dossiers dans le TGV ou le soir dans son salon le fait généralement pour un patron. A moins de baptiser consultant tout donneur de conseils, cette profession indépendante très à la mode ne rassemblerait tout compte fait qu’un million de personnes dans le monde. 17

Laissons le « créatif » qui invente un slogan publicitaire sous sa douche à 7 h et le vend à une entreprise à midi lors d’un déjeuner : son cas est ultra-minoritaire.

On voit aussi mal en quoi l’économie dite sociale et solidaire témoignerait d’une sortie de la société salariale, puisque son personnel (évalué à 1,8 million en France et 11 millions en Europe) se compose de salariés, et que les bénévoles n’apportent leur contribution gratuite que grâce à l’activité le plus souvent salariée qu’ils exercent ailleurs.

Quant aux auto-entrepreneurs, on en compte un million en France, et un quart de la population active étasunienne (plus d’un tiers des personnes nées entre 1980 et 2000) serait self-employed, avec 28 millions de small businesses, dont 20 millions n’emploient que l’auto-entrepreneur lui-même, le plus souvent à son domicile. Déjà presque tous blogeurs, tous troqueurs et acheteurs/vendeurs au Bon Coin, nous serions bientôt tous à la fois salarié et patron. Pourtant, pour la plupart, l’activité « en freelance » complète un autre job, et s’exerce presque toujours à temps très partiel.

Surtout, ces travailleurs prétendus indépendants le sont devenus sous la contrainte, forcés d’adopter un statut de « prestataire de services » qui permet à une entreprise d’externaliser le salariat. En France, seulement 60 % d’entre eux ont un chiffre d’affaires positif, c’est-à-dire « gagnent leur vie », dans des secteurs allant des médias et l’informatique à la restauration et au transport routier, tandis que les autres vivotent avec un revenu inférieur au SMIG. Pendant ce temps, l’entreprise au sens classique, grande, PME ou TPE, mène ses affaires. Uber réinvente le travail à la tâche : sans être juridiquement salarié, l’employé est soumis au patron d’une entreprise, et entre dans le rapport capital/salariat. Si changement il y a, c’est la tendance à l’effacement de la différence entre sous-prolétaire et prolétaire, entre « galère » et emploi relativement garanti. Même là où des conditions particulières avaient permis au travail de se protéger, à EDF par exemple, le capital réagit en multipliant les personnels hors statut et en recourant toujours plus à la sous-traitance (dont les salariés assurent 80 % des travaux en centrale nucléaire, notoirement dangereux).

C’est l’échange marchand entre du travail et une entreprise qui fait la spécificité de l’exploitation capitaliste, différente par exemple du fermage ou du métayage. De nos jours, le paysan forcé de vendre ses fraises au bas prix imposé par Carrefour est lui aussi sous la coupe du capital, mais sa dépendance passe par le produit de son travail : le chauffeur ubérisé est soumis à l’entreprise par son travail, et payé comme un salarié à la tâche.

Et c’est justement parce que nous vivons dans une société du travail et non du revenu que la somme accordée au bénéficiaire du RSA se doit de rester faible et très inférieure au salaire minimum. 18

Erreur n° 4 : « Le travail va éclater de l’intérieur » 

Aucune théorie sociale sérieuse ne nie le fossé entre détenteurs des moyens de production et ceux qui en sont dépossédés. Cette contradiction, le réformisme d’antan voulait la résoudre en associant le travail au capital : par des représentants du travail élus au parlement et présents au gouvernement (solution social-démocrate) ou par un capitalisme d’État (solution léniniste). Mais une troisième voie, inapplicable et très peu tentée en pratique, proposait de réaliser par en bas une « vraie » démocratie économique. Début XXe siècle, en Angleterre, un socialisme des guildes prônait une économie industrielle sous contrôle des travailleurs, et un État réduit à une structure fédérale émanant des guildes ouvrières, des associations de consommateurs et des collectivités locales.

Longtemps passé de mode, ce socialisme renaît sous une autre forme avec l’idée d’un capitalisme évoluant de lui-même de l’intérieur : lecture négriste des Grundrisse, « communs », éco-socialisme, économie collaborative… toutes ces théories partagent la vision d’une activité aujourd’hui encore capitaliste mais qui échapperait de plus en plus à la logique du capital, et d’un salariat en voie de caducité qui n’aurait qu’à faire exploser le travail (quoique imploser serait plus exact). Parallèlement, patrons individuels et dynasties bourgeoises ayant disparu (ce qui est faux), remplacés par des fonds de pension gérant l’épargne de millions de retraités, il suffirait d’une vaste mobilisation populaire pour transformer ces organismes en propriété collective investissant au service de tous.

En résumé, cette mutation du travail aujourd’hui génératrice de misère, il nous appartiendrait de faire en sorte qu’elle soit heureuse.

L’enveloppe qu’est le travail craquerait sous l’effet non pas de l’action des travailleurs, mais de la technique moderne qui entraînerait une tout autre façon de produire et de vivre, résumable en un mot : une e-autonomie, caractéristique de « l’économie de la connaissance » qui serait désormais la nôtre. Mais de quoi parle-t-on ? Et de qui ? La graphiste qui passe l’après-midi à détourer des photos afin d’aboutir à des publicités de biftecks pour Auchan n’a guère d’autonomie, et l’employé chargé de corriger des anomalies sur des numéros de Sécurité Sociale, qui saisit un numéro sur un écran, le grise puis le copie-colle 6 heures par jour, est loin d’un « travailleur de la connaissance » ou d’un « manipulateur de symboles ». 19

Paradoxalement, la fausseté de la thèse fait la force d’un programme qui présente l’avantage d’esquiver l’importun rapport de classe. Et d’oublier que le capitalisme est fondé sur la séparation bourgeois/prolétaire : il l’aménage, l’adoucit, la durcit, la contourne (les bourgeois ont changé depuis 1848, les prolétaires aussi), mais il ne peut la dépasser ou l’abolir.

L’attrait de cette thèse est de remplacer la contradiction capital/travail salarié par celle opposant au travail capitaliste contraint un autre travail aujourd’hui encore capitaliste mais supposé libérateur (celui autour des logiciels d’open source, par exemple), en délivrant le second du carcan du premier. Comme si se développait déjà au sein du capitalisme une activité non-capitaliste, voire anti-capitaliste, assez dynamique pour s’étendre et changer la société sans rupture révolutionnaire. Il existerait un communisme souterrain que nous ferions monter à la surface, tel que l’expose David Graeber, un communisme élémentaire, une sociabilité humaine fondamentale, présente en creux dans toutes les sociétés, et qui ne demanderait qu’à émerger, grâce à une multitude de pratiques solidaires de base : coopératives, boulangeries collectives, écoles et dispensaires autogérées, potagers communaux, etc., auto-activité plus forte que le capitalisme qui n’en serait que l’enveloppe. 20

On peut avoir envie d’y croire, comme d’imaginer que le Trèfle et la Pèche, respectivement monnaies locales de Périgueux et de Montreuil, associées à des milliers d’autres, auront un jour raison de la suprématie du dollar et du yuan.

Si une perspective si peu crédible séduit, et imprègne même quelques esprits radicaux, c’est qu’en l’absence actuelle de perspective révolutionnaire crédible, ces solutions donnent l’apparence d’une réalisation immédiate possible: réappropriation de la créativité, récupération du temps volé, espaces d’expérimentation à développer, tout un monde parallèle rival de la société dominante dont il est tentant de croire qu’il finirait par la remplacer grâce à une dynamique supérieure.

Une théorie subversive a pour caractéristique, écrivait Debord, d’être « parfaitement inadmissible » par son ambition de « déclarer mauvais […] le centre même du monde existant, en en ayant découvert la nature exacte. » 21

Au contraire, la critique partielle du travail obscurcit « le centre même du monde existant ». L’idée, exposée notamment par Krisis dans son Manifeste contre le travail en 1999, d’un travail devenu inessentiel, et d’un capitalisme ayant déjà entamé son propre dépassement qu’il ne s’agirait que d’achever, cette idée séduit par sa promesse de changement révolutionnaire sans révolution, et c’est ce qui la rend parfaitement admissible.

Le Manifeste contre le travail proposait comme objectif de « créer des têtes de pont » aboutissant à une « contre-société » afin d’« organiser le lien social lui-même » au sein de la société existante. 22 Curieusement, Krisis célébrait la mort du « vieux » mouvement ouvrier mais reprenait sa perspective d’ouvrir des brèches dans la forteresse patronale, puis de les consolider et de les élargir jusqu’à ce qu’éclate la domination bourgeoise. Sauf qu’aujourd’hui cette « contre-société » ne serait plus à construire dans l’entreprise, puisque l’ensemble de la société fonctionnerait comme « usine sociale ».

Il est peu étonnant que médias et universités aient fait le meilleur accueil à une critique qui s’en prend au travail mais néglige la propriété privée dans ce qu’elle a de structurant : la séparation entre ceux qui maîtrisent les moyens de production et les « sans réserves ». Car il est permis – voire encouragé – de tout critiquer, sauf le rapport travail salarié/capital, prolétaire/bourgeois.

Bourgeois… mot désuet. Alors que la bourgeoisie d’antan s’employait à se faire passer pour indispensable, celle de notre époque réussit presque à faire croire qu’elle n’existe pas, tant elle serait diluée, ayant muté en une oligarchie financière mondiale hors sol, ne résidant plus dans ses châteaux, toujours en vol vers une réunion ou un lieu de vacances. Rien n’a effacé pourtant la différence, et l’opposition, entre le groupe de ceux qui n’ont pour subsister que leur travail, et le groupe de ceux qui peuvent ou non acheter ce travail.

La contradiction fondamentale du capitalisme, c’est l’opposition prolétaires/bourgeois, non une « crise du travail » où le travail entrerait en contradiction avec lui-même ou avec sa base technique.

Erreur n° 5 : « Travailler tous pour travailler (beaucoup) moins »

Lorsqu’aux États-Unis après 1929 des usines pratiquaient la semaine de 30 heures (avec baisse des salaires correspondante), il ne s’agissait que d’un remède provisoire en attendant la fin de la crise. Les plans actuels de partage du travail visent un tout autre but : tirer la conclusion des évolutions technologiques et des gains de productivité, accentuer la tendance historique à la baisse des horaires effectués. Une semaine de 32 heures, c’est ce que proposent la CGT ou un parti réformateur comme Nouvelle Donne, mesure parfois associée à l’instauration d’un revenu universel de montant variable mais presque toujours inférieur à un mois de salaire minimum légal. 23

A supposer que de tels projets entrent un jour en pratique, ils laisseraient le travail salarié au cœur de la société. En moins oppressant, dira-ton. Pas sûr. La journée de travail, parfois de 12, voire 16 heures au XIXe siècle, souvent sur 6 jours, n’a progressivement diminué qu’au prix d’un travail densifié et intensifié.

En réalité, l’ambition d’un tel programme est qualitative : repenser la société sans la pression du travail, en reconnaissant le travail « gratuit » apporté quotidiennement par chacun de nous à la collectivité. Louable intention, mais dans ce monde, seul est vraiment considéré comme travail ce qui valorise un capital. Le reste vient après, en plus. Si « je travaille dans le jardin », c’est parce que mon travail salarié m’a permis d’acheter (ou louer) ce jardin et de me payer des outils. Le bénévolat dépend de l’argent ailleurs gagné par les bénévoles. Le monde associatif n’existerait pas sans le monde des entreprises.

Travailler tous pour travailler (beaucoup) moins, c’est déjà ce qu’envisageait Lafargue, mais, lui, de façon radicale, avec renversement de la bourgeoisie. Partant du principe que toute société doit produire, Le Droit à la paresse concluait qu’il était nécessaire et possible de répartir équitablement la charge de travail. Au lieu que l’un se tue à la tâche, que l’autre soit chômeur et le troisième oisif, travaillons tous 3 heures par jour comme le permet le machinisme. Coïncidence, le militant socialiste revendiquait en 1880 le même horaire quotidien que l’économiste bourgeois Keynes prévoyait en 1931 pour l’an 2000. 24

Deux siècles de domination capitaliste ont apporté assez de surprises pour nous préparer à de possibles nouveautés. La tendance séculaire à la diminution du temps de travail est indéniable, comme en parallèle la lutte acharnée des prolétaires pour la réduction de la journée de travail, lutte antérieure même à la Révolution industrielle fin XVIIIe siècle (Marx y consacre le chapitre X du Livre I du Capital). Mais cette réduction n’est ni linéaire, ni obligatoirement émancipatrice : en France, malgré les jours « libérés » par la RTT, peu de salariés ont vécu le passage aux 35 heures comme une grande conquête sociale, et beaucoup de patrons ont obtenu du personnel d’accomplir en 35 heures ce qu’il faisait en 39 ou 40. Qu’en serait-il avec 32 heures sur 4 jours… ?

Erreur n° 6 : « La raréfaction de l’emploi entraîne la critique du travail »

Anticipant en 1963 sur l’avènement de l’automation et de la cybernétique, James Boggs, ouvrier chez Chrysler et militant d’extrême-gauche, écrivait : « Il est clair que l’armée grandissante des chômeurs permanents signifie la crise ultime de la bourgeoisie américaine. […] L’automation remplace les hommes. Il n’y a là bien sûr rien de nouveau. Ce qui est nouveau, c’est que maintenant […] les hommes remplacés n’ont nulle part où aller. […] savoir quoi faire de ces hommes en surnombre rendus superflus par l’automation devient chaque jour une question plus critique.» 25

L’expérience historique a démenti cette prévision d’une «  crise ultime » : les masses de sans-travail mis en marge de la société n’ont pas formé la force révolutionnaire espérée par James Boggs, qui d’ailleurs n’excluait pas la possibilité d’un affrontement entre chômeurs et prolétaires avec emploi, ni d’une concurrence exacerbée pour des embauches de plus en plus rares.

Moins de dix ans après le livre de James Boggs, Simon Rubak affirmait : « La classe ouvrière est en expansion permanente », essor dont il attendait une intensification des luttes de classes favorable au prolétariat. 26

En sens inverse, quelques décennies plus tard, Michael Denning 27 n’est pas le seul à théoriser les populations en surplus, c’est-à-dire non plus les salariés mais les non-salariables, comme le sujet révolutionnaire de notre temps.

Alors, être « dans la production» ou ne pas y être ? Etre exploité ou ne même pas pouvoir l’être ?…

Faux débat.

Comme il peut, le prolétaire avec emploi réagit à l’exploitation, revendique, s’organise, lutte, mais il y a une différence entre résister au capital et le renverser : l’un ne conduit pas automatiquement à l’autre.

D’autre part, pas plus que la paupérisation généralisée, le chômage de masse ni la misère de plusieurs milliards d’êtres humains ne suffiront pas à produire la critique du travail.

S’il existe une « classe ouvrière mondiale » en formation ou déjà agissante 28 , nous serions naïfs de reporter le problème de Billancourt vers Chengdu, comme si les embauches massives là-bas compensaient les fermetures d’usines ici, comme si les OS de Foxconn allaient forcément accomplir au XXIe siècle ce que les métallos de Siemens n’ont pas fait cent ans plus tôt. La révolution n’est pas d’abord affaire de nombre, mais de capacité (et de volonté) du travail (ceux avec emploi comme ceux qui n’en ont pas) de se critiquer comme travail: elle est à la fois le prolongement de la lutte du travail contre le capital, et une rupture avec cet affrontement. L’abolition des classes passera par le terrain de la société de classes, et le dépassera. La contradiction est là. On n’y échappe pas.

Pour cette raison, il est également illusoire d’attendre maintenant un refus ou une désaffection généralisée du travail. Dans l’édition Spartacus de 1990 du Droit à la paresse, la couverture montrait des ouvriers sortant en courant de l’usine comme pour échapper à leur condition. Mais une fuite du travail socialement significative, à large échelle, ne pourrait advenir que dans une période « pré-revolutionnaire », et serait d’ailleurs un signe annonciateur très positif d’un ébranlement historique.

Erreur n°7 : « Le travail associé abolira le travail »

On peut supposer que nombre de lecteurs de ce texte partageront au moins une partie des positions que nous venons d’exposer. Notre dernier paragraphe soulèvera plus d’objections, car il va à contre-sens d’une opinion largement admise dans le milieu radical, ce qui n’est pas vraiment le cas des six « erreurs » précédentes.

Nous voulons parler de l’idée selon laquelle dépasser le travail (le travail salarié et le capital) serait mettre en œuvre une production associée communautaire. La révolution communiste devrait faire en sorte que la production serve les besoins humains, qu’elle soit décidée et menée en commun et – point essentiel – qu’elle calcule au plus juste le temps consacré à produire ce dont nous avons besoin, pour en réduire la durée au minimum possible, afin de dégager le maximum de temps libre.

Revenons au Droit à la paresse. Si un pamphlet rédigé en 1880 garde sa popularité plus d’un siècle après sa rédaction, s’il continue à trouver des lecteurs et des éditeurs aussi bien anarchistes que socio-démocrates, ex-staliniens ou communistes libertaires, c’est qu’il répond à une aspiration répandue chez des millions de prolétaires : produire en abondance par beaucoup moins de travail, grâce au machinisme (en 1950 grâce à l’automation, aujourd’hui à l’économie numérique) qui permettrait de réconcilier enfin liberté et nécessité.

Assoiffée de profit, la bourgeoisie privilégie le travail sur le temps libre. Libérés de la domination bourgeoise, les producteurs associés inverseraient la priorité.

« […] le Droit à la paresse n’est pas contre le travail, mais pour un bon équilibre entre travail et loisirs […] Lafargue n’est pas contre le travail, mais contre l’excès de travail. » 29

Au cœur de ce programme, il y a l’idée que le travail devrait et pourrait cesser d’être synonyme de coercition, de normes imposées d’en haut et de violence ouverte ou latente. Car telle est bien la vision du travail à la base de la plupart des pamphlets, tracts et affiches anti-travail jusqu’à ce jour, y compris les plus radicaux qui veulent rien moins que l’abolir, comme le classique Travailler, moi ? Jamais ! de Bob Black.30 Par conséquent, si travail signifie contrainte, nous nous en débarrasserons en créant une société de l’autonomie généralisée, individuelle et collective, où nous produirons sans patron, en organisant nous-mêmes l’activité productive.

Or, que le travail soit le contraire de la liberté, c’est certain. Pour autant, s’il implique effectivement soumission et servitude, il est aussi beaucoup plus, et cette définition du travail est tellement partielle qu’elle en devient fausse.

Le travail animé par un collectif de producteurs associés reste du travail, tant que l’activité ainsi autogérée demeure séparée de l’ensemble de la vie. Pour que cesse cette séparation, il faut s’engager vers des pratiques productives qui ne sont pas seulement productives, et qui rompent avec la comptabilité en temps, fondement de l’échange marchand et de l’argent. 31

La révolution ne s’empare de l’appareil productif (au sens large, incluant entre autres par exemple le système éducatif) que pour mettre fin à un mode de vie dominé par la production – c’est-à-dire par la productivité et la standardisation – en créant des activités non exclusivement productives. 32

Si ce point est le dernier traité dans ce texte, c’est qu’il a à voir avec ce que sera une révolution, avec ce que nous pourrons y faire : c’est donc le plus crucial.

G.D., 2017

(ce texte a pour origine la postface « Sous le travail l’activité », article du n° 4 de La Banquise en 1986, réédité par les éditions Asymétrie en 2016. Cette postface a été transformée et élargie pour englober les 7 « erreurs » ici analysées.)

NOTES :

1 Gilles Dauvé, De la Crise à la communisation, Entremonde, 2017, chap. 3, « Se défaire du travail ».

2 Nous ne reviendrons pas ici sur la mondialisation. La crise de 2008 a révélé la fragilité de ce que les bourgeois s’obstinent à présenter comme l’aube d’une ère nouvelle. Sur ce sujet :
Demain, orage. Essai sur une crise qui vient (2007),
Zone de tempête (sur la crise advenue) (2009),
Et De la Crise à la communisation (cf. note précédente), chap. 4 : « Crise de civilisation ».

3 Bruno Lautier, L’Économie informelle dans le tiers-monde, Repères, 2004.

Bruno Astarian, Les Bidonvilles forment-ils une planète à part ?, 2010.

4 Jeremy Rifkin, La Fin du travail, et Dominique Méda, Le travail. Une valeur en voie de disparition, parus l’un et l’autre en 1995. Également significative, l’évolution d’Alain Touraine, d’abord sociologue de l’usine, auteur de L’évolution du travail ouvrier aux usines Renault (1955), ensuite théoricien des « nouveaux mouvements sociaux » présentés comme typiques d’un nouveau capitalisme (cf. La société post-industrielle : naissance d’une société, 1969).

5 Carl Benedikt Frey, Michael A. Osborne, The Future of Employment : How Susceptible are Jobs to Computerization,2013.

7 Blog de Jean Gadrey sur alternatives-economiques.fr, 2015.

8 David van Reybrouck, Congo. Une histoire, Actes Sud, 2012.

9 Robert Castel, Les métamorphoses de la question sociale : une chronique du salariat, Gallimard. Paru en 1995, la même année que les ouvrages de Rifkin et Méda (indiqués à la note 4), il est beaucoup plus pertinent.

11 Pierre Veltz, La Société hyperindustrielle. Le Nouveau capitalisme productif, Seuil, 2017.

12 Une idée courante veut que le vote ouvrier en faveur du PC se soit reporté vers le FN. C’est l’image récurrente de l’ouvrier inculte, borné et sans cervelle, avant-hier adorateur de l’URSS, hier « intégré » par la société de consommation, aujourd’hui xénophobe. En fait, à en croire les sondages, le « premier parti ouvrier de France » est depuis longtemps celui de l’abstention, et sur l’ensemble des ouvriers en France, un sur sept vote FN. On est loin de l’adhésion massive serinée par les médias.

13 21,8 % du PNB britannique étaient dus à l’industrie en 2012, pourcentage à comparer à celui des États-Unis : 22,1 % ; de la Chine : 46,9 % ; du Japon : 24,9 % ; de l’Inde : 26,3 % ; de l’Allemagne : 27,8 % ; de la Russie : 36,8 % ; et de la France : 18,5 %. http://www.therichest.com/rich-list/world/worlds-largest-economies/
Sur les pertes et créations d’emplois industriels aux États-Unis : https://fas.org/sgp/crs/misc/R41898.pdf

14 G.D. « Working Class Zero ? Sur la prétendue disparition des ouvriers américains », 2016.

15 Michael Denning, « Wageless Life », New Left Review, n° 66, November-December 2010. « La misère d’être exploité par les capitalistes n’est rien comparée à la misère de ne pas être exploité du tout », écrivait déjà en 1962 Joan Robinson pour en tirer d’autres conclusions – keynésiennes. L’article de Michael Denning expose ce qui sert de fondement aux diverses théories présentant les deux ou trois milliards de population « surnuméraires » ou « en surplus » comme l’agent du changement social à notre époque.

18 Montant du RSA en 2016 : à partir de 524 € pour une personne seule, 673 € s’il s’agit d’un parent isolé, comparé à un Smig de 1 150 € net.

19 Dans L’Économie mondialisée (1991), Robert Reich – plus tard ministre de l’Emploi sous Clinton – employait la formule plus neutre de symbol analysts, et faisait preuve d’une certaine lucidité, prévoyant que les heureux « manipulateurs de symboles » resteraient une minorité à côté des masses de « travailleurs routiniers ».
Quant à l’avènement d’une « société de l’immatériel », il est bon de savoir que chaque année, l’économie mondiale utilise autant d’acier que durant la première décennie après 1945.
Vaclav Smil, Making the Material World: Materials & Dematerialisation, 2014. Pour un condensé de ce livre : http://itemsweb.esade.edu/research/esadegeo/41MakingtheModernWorld_EN.pdf

20 Le baseline communism de Graeber est une des meilleures expressions de la théorie (parfois mise en pratique) des « communs ». Pierre Dardot et Christian Laval en font une bonne synthèse (favorable) dans un livre dont le titre donne le programme : Commun. Essai sur la révolution au XXIe siècle, La Découverte, 2014.

21 Préface à la 4e édition italienne de La Société du Spectacle, 1979.

22 Manifeste contre le travail.
Pour une critique rapide des thèses fondées sur le concept de « forme valeur » : La boulangère et le théoricien. Pour une analyse détaillée de Marx et des théories autour de la valeur, Bruno Astarian, http://www.hicsalta-communisation.com/category/valeur, et L’Abolition de la valeur, Entremonde, à paraître.

23 Pierre Larrouturou, Dominique Méda, Einstein avait raison. Il faut réduire le temps de travail, Éditions Ouvrières/Éditions de l’Atelier, 2016.

25 James Boggs, « The American Revolution : Pages from a Negro Worker’s Notebook », Monthly Review Press, 1963.
Ouvrier chez Chrysler pendant plus de 25 ans, James Boggs (1919-93) a fait partie dans les années cinquante avec C.L.R. James du Correspondence Publishing Committee, un temps sur des positions voisines de Socialisme ou Barbarie, avant de militer avec l’aile radicale du mouvement pour les droits civiques.

26 Titre de son livre aux éditions Spartacus, 1972.

27 Sur Denning, voir note 15.

28 Wildcat, La Classe ouvrière mondiale, 2015 : http://wildcat-www.de/fr/fr_w98_wak.pdf

30 Travailler ? Moi, jamais !, 1985. Les tenants de la thèse assimilant le travail à une contrainte semblent douter de leur propre définition, puisque pour eux, même libérée du patron et du profit, l’activité productive devrait être toujours réduite à un minimum : c’est donc qu’elle est et restera une servitude dont l’humanité ne pourra jamais totalement se débarrasser. La différence étant que le capitalisme nous l’impose jusqu’à l’absurde, alors que les « communistes » d’un monde futur feraient tout ce qui est possible pour qu’elle n’occupe qu’une partie de plus en plus minime dans leur vie.

31 L’illusion d’un travail autogéré va d’ailleurs de pair avec celle de l’argent pouvant perdre sa réalité aliénante pour devenir un bien commun maîtrisé collectivement. L’idée que le travail cesserait d’être oppressif s’il était organisé en commun est aussi fausse que celle de croire que la monnaie changerait de nature en passant sous notre contrôle à tous, réduite ainsi à un simple instrument de mesure dont nous nous servirions comme on le fait aujourd’hui des kilogrammes ou des octets.

32 On ne développera pas ici des thèmes traités dans notre De la Crise à la communisation, chap. 5, « L’Insurrection créatrice », Entremonde, 2017. Et dans Bruno Astarian, Activité de crise et communisation, 2010.
L’idée que le communisme n’est pas institution, mais activité, a d’abord été exposée dans Un monde sans argent (OJTR, 1975-76), texte trop peu connu.

Les Contrôles de la CAF et de Pôle Emploi s’intensifient

Article repris du site “Exploités énervés” d’Alès (https://exploitesenerves.noblogs.org/). Contact : exploitesenerves(a)riseup.net.

 

Les Contrôles de la CAF et de Pôle Emploi s’intensifient

 

Depuis le début de l’année 2017, nous avons constaté une recrudescence des contrôles opérés par les services de la CAF. Ces contrôles souvent par courrier et parfois domiciliaires visent particulièrement les personnes soupçonnées d’être en couple, les parents isolés, les personnes en colocation… La CAF intensifie ainsi la chasse aux pauvres dans le but de faire des économies sur le dos de ceux-ci, de les pointer du doigt… A l’heure des paradises papers, on ne peut qu’être révolté de cet acharnement contre des personnes vivant au RSA avec moins de 500 euros par mois. Rappelons que le montant du RSA est de 480 euros pour une personne seule (et non 550 comme on le lit un peu partout. Cette somme est attribuée lorsque l’on n’a pas de domicile fixe), de 687 euros pour une personne avec un enfant et de 819 euros pour un couple avec un enfant (soit 273 par personnes pour vivre !). Que des politiciens, des responsables des administrations et des syndicats patronaux crient à la fraude est logique dans leur volonté de stigmatiser les plus pauvres et de baisser les budgets mais c’est totalement dégueulasse ! Comment parvient-on à vivre avec de telles sommes ? On se débrouille et si parfois on gratte un peu de sous et bien tant mieux, il faut bien survivre. Les attaques en règle contre les RSAstes et maintenant les chômeurs sont récurrentes. La future réforme de l’assurance chômage de Macron ira certainement aussi vers des baisses d’indemnités chômage, des contrôles accrus, des conditions plus difficiles à remplir.

Ce processus a déjà commencé puisque le service de contrôle de Pôle Emploi compte 200 agents et Macron veut multiplier ces effectifs par 5. Cela se concrétise par plus de contrôles et des obligations de plus en plus importantes. Nous avons aussi constaté une multiplication des contrôles de recherche d’emploi par le Pôle Emploi. Il faut alors justifier du nombre de coups de téléphone qu’on a donné à des entreprises, du nombre de CV et de lettres de motivation qu’on a envoyé, du nombre d’entretiens d’embauche qu’on a obtenu, des formations inutiles qu’on a fait… Comme si le problème était dans la façon et l’intensité de la recherche d’emplois dans une société en crise économique où le chômage bat des records ! Le problème, ce ne sont pas les fraudeurs ou le manque de motivation, ce sont les licenciements, les fermetures d’entreprises, les profits des capitalistes, la crise de leur système… Pôle Emploi nous dirige de plus en plus vers des formations ou des dispositifs qui lui permet de faire diminuer artificiellement les chiffres du chômage et nous impose un contrôle accru sur nos vies. Le dispositif Activ’Emploi qui est un service externe de Pôle Emploi, c’est-à-dire une entreprise privée. Ce dispositif met en place une plateforme internet qui tout en nous proposant des offres d’emplois déjà visibles sur le site de Pôle Emploi, en offrant des formations de base (rédaction de CV…), nous flique surtout en permanence sur nos ordinateurs personnels. Le temps que l’on passe sur son ordinateur, les démarches engagées auprès de potentiels employeurs… sont comptabilisés. En fonction de ce temps, des démarches faites, on « gagne » un certain nombre de points qui, comme dans un jeux vidéo, font avancer une barre de progression… jusqu’à remplir le contrat. C’est totalement ridicule mais ça nous bouffe la vie et ne sert absolument à rien. Plusieurs personnes se sont bien rendues compte de cela et ont refusé soit lors du rendez-vous de présentation soit lors d’un entretien avec son conseiller. Il semble que dans plusieurs cas, ces personnes se sont pris un contrôle de Pôle Emploi (ou même de la CAF) à la suite d’un tel refus. Y aurait-il un lien ? La direction de Pôle Emploi n’apprécierait-elle pas que l’on refuse ses dispositifs bidons. Dans tous les cas, il est tout à fait possible de refuser ces formations et dispositifs tant que nous n’avons rien signé. Si nous ne nous sommes pas engagés dans le PPAE (Plan Personnalisé d’Accès à l’Emploi) à suivre un tel dispositif, rien ne nous oblige à le faire. Pôle Emploi ne peut dès lors pas couper les indemnités chômage pour cette raison. Voir Recours-radiation : sujet sur activ’emploi.

Ainsi refusons le contrôle de nos vies par la CAF ou Pôle Emploi

Ne restons pas seul lors d’un contrôle domiciliaire

Organisons-nous contre les baisses de revenus orchestrées par l’Etat

Faites tourner l’info…

Convergences N°2, feuille d’info de l’Initiative pour la Convergence des Luttes de Caen

Vous pouvez télécharger “Convergences” N°2 ainsi que son supplément “4 pages” sur le passage des mesures de l’état d’urgence dans le droit commun en cliquant sur les liens qui suivent :

CONVERGENCES N°2

Le supplément “4 pages” sur l’état d’urgence :

supplément Convergences N°2

N’hésitez pas à faire tourner dans vos réseaux.

ZAD-Cité des 3000 : la convergence des luttes en vrai

Repris du site de “Street Press” (https://www.streetpress.com/).

ZAD – Cité des 3000 :

la convergence des luttes en vrai

À Aulnay, les habitants se mobilisent pour sauver le Galion, une galerie commerciale promise à la destruction. Depuis plusieurs mois, ils peuvent compter sur le soutien d’une poignée de militants de Notre-Dame-des-Landes. Récit de ces échanges.

Cité de la Rose-des-Vents, Aulnay-sous-Bois (93) – « Dédicace à mes amis de Notre-Dame-des-Landes ! », lance de sa voix grave Hadama Traoré, au micro de la grande scène installée en bas des tours du Galion. Au pied du grand gaillard de 32 ans, une foule compacte. Plusieurs centaines de personnes ont répondu ce dimanche 28 octobre à l’appel du collectif La révolution est en marche, pour contester la destruction programmée du Galion, une galerie commerciale, cœur battant du quartier. Sur scène, personnalités et artistes montent tour à tour pour apporter leur soutien à la cause mais aussi réclamer la vérité sur la mort de Yacine, un jeune Aulnaysien décédé quelques semaines plus tôt. Dawala, le manager iconique de la Sexion d’Assaut est là. Quand Sofiane, le rappeur star du Blanc Mesnil, s’empare du micro, le public chauffé à blanc reprend en chœur le refrain de Mon ptit loup, l’un de ses succès vu près de 50 millions de fois sur Youtube.

À l’arrière du terrain vague transformé en showcase à ciel ouvert, une dizaine de zadistes emmitouflés dans leurs écharpes hochent la tête en rythme. Pour soutenir Hadama Traoré (link is external) et son combat contre la mairie, ils ont fait le déplacement depuis Notre-Dame-des-Landes. Dans les rues de ce quartier populaire d’Aulnay, depuis qu’une poignée d’habitants a mis les pieds dans le bocage le plus désobéissant de France, on commence peu à peu à savoir ce qu’est une zone à défendre (ZAD).

L’équipe au Galion. / Crédits : Facebook La révolution est en marche

FORÊT VS. CITÉ

Samedi 27 octobre, à la veille du concert, les habitants de la Rose-des-Vents déambulent autour des stands militants. Milo, comme il se fait appeler, se roule une clope tout en regardant une conférence gesticulée, sorte de théâtre politique, qui a lieu sous le préau du Galion. « On ne vient pas à Aulnay au nom de la ZAD, on a tous des raisons différentes d’être là », précise le zadiste de 23 ans au visage doux. Sourire aux lèvres, il s’amuse à imaginer les squats qu’il pourrait monter dans les logements vides aux fenêtres cassées qui l’entourent : « Moi, ça me permet de sortir de ma bulle, de voir ce qu’il se passe ailleurs. »

Un peu plus tard, on rencontre l’énergique Lisa, 44 ans, et la grande Sacha, 33 ans, dans un salon de thé où des chibanis, ces travailleurs immigrés retraités, tapent le carton. Par peur de donner le sentiment de s’approprier la lutte des habitants d’Aulnay, elles ont d’abord hésité à nous répondre. « On n’est surtout pas là pour donner des leçons, c’est avant tout une amitié qui s’est créée », prévient la plus jeune, originaire d’une banlieue au nord de Paris et vivant « sur zone » depuis cinq ans.

À Aulnay, les zadistes multiplient les rencontres grâce à Hadama qui les accueille à bras ouverts. Il les invite à casser la graine chez ses parents mais aussi chez la famille du jeune Yacine, décédé mi-septembre. Son corps a été retrouvé dans une cave, le pantalon baissé. Ses proches contestent la version officielle : un décès par overdose. Une enquête est en cours. Autant de rencontres qui permettent à ces habitants de zones rurales de découvrir des problématiques qu’ils ne connaissent pas tous. « Ça me permet aussi de dire à mes potes : “Regarde la gueule des bâtiments, regarde comment ils leurs parlent, comment ils les traitent. Tu comprends pourquoi on est énervés ?” », explique Sacha, qui a monté un collectif de racisés sur la ZAD.

Sa voisine, Lisa, raconte sa première venue dans la ville de Seine-Saint-Denis, le 25 mai, à l’occasion de la fête des voisins. « Il y avait plein d’enfants, un peu comme aujourd’hui, et on était les seuls blancs. Et puis il y a une espèce de porte-manteau en costard qui s’est pointé. » Il s’agit du député socialiste Daniel Goldberg, en campagne pour les législatives. Lisa, poursuit : « Hadama m’a dit “Tu vois pourquoi on veut la mairie ? Parce que ces mecs-là ne nous représentent absolument pas.” À Notre-Dame-des-Landes, on est en dehors des institutions, pourtant ici j’ai compris pourquoi certains pouvaient avoir envie de les prendre. Contrairement à eux, nous, on n’a pas besoin de dire qu’on est français. »

Le fondateur de La révolution est en marche (link is external), garde un souvenir amusé de cette fête des voisins. « Il y avait aussi les bailleurs sociaux qui sont passés faire du zèle. Je leur ai montré nos potes zadistes et je leur ai dit “Vous savez ce que c’est leur spécialité à eux ? Les ouvertures de squats” », se marre l’ancien gérant d’une antenne jeunesse.

Pour lui, aucun doute, les points en commun sont plus importants que les différences. « Alors, ouais, eux ils vivent dans leur forêt et nous dans notre cité mais ils ne votent pas, on ne vote pas non plus. Ils voient la politique comme de la merde, on voit la politique comme de la merde. Ils n’aiment pas les keufs, on n’aime pas les keufs. » Même son de cloche chez Lisa, pour qui les petites divergences ne sont pas un obstacle. « J’ai fait une petite remarque à Hadama quand j’ai vu tout le bleu, blanc, rouge sur le site de La Révolution en marche, parce que c’est vraiment pas notre culture. Mais je sais qu’on est sur des réalités très différentes », admet celle qui vient à Aulnay pour la quatrième fois.

DEUX MECS FEST NOZ

Retour plusieurs mois en arrière. Début avril, Hadama Traoré qui, avec son collectif, mène depuis deux ans de nombreux combats pour les habitants des quartiers populaires, est contacté sur Facebook par un occupant de la ZAD qui souhaite soutenir son combat. Le natif de la cité des 3000 à la carrure de sportif est au départ un brin déconcerté : « Dans ce quartier, on ne connaissait pas la ZAD ou alors on me disait “Qu’est-ce que tu vas faire avec ces gens qui prennent des champignons et qui ne se lavent pas?”»

Le militant écologiste lui envoie le lien du documentaire La bataille de Notre-Dame-des-Landes (link is external). « J’ai regardé et j’ai kiffé », rembobine Hadama. La vidéo, filmée en 2012, montre les affrontements entre les forces de l’ordre venues détruire les cabanes et les opposants au projet d’aéroport : « C’est la première fois que je voyais une émeute citoyenne, toutes les générations qui se mettent face aux policiers et qui essaient de discuter avec eux. C’est ça qu’on doit faire pour Yacine ! »

Le 28 avril, Hadama et le cofondateur du collectif La Révolution est en marche, Omar N’Diaye, répondent à l’invitation de leur contact zadiste. Ils prennent un train direction Notre-Dame-des-Landes pour célébrer un fest-noz, une fête traditionnelle organisée dans la zone humide. Les militants anti-aéroport prêtent aux deux mecs des 3000 un petit chalet construit au cœur de la ZAD. Pendant trois jours, c’est repas végétarien, visite des installations et danse bretonne. Quand on demande à ces potes d’enfance ce qu’ils ont retenu de leur week-end, ils n’ont qu’un seul mot à la bouche : « Magnifique ! ».

Omar, gardien d’immeuble et pur produit d’Aulnay, avait quelques a prioris. Il est revenu emballé : « Tout est bien organisé, bien construit. Ils produisent eux-mêmes leurs fruits et légumes, des buffets à prix libre, une bibliothèque en plein milieu d’une forêt… On a même croisé des migrants qui se sentaient mieux que dans les centres d’accueil car ils pouvaient cultiver la terre, un peu comme au bled. »

Un autre détail retient son attention… L’absence de policiers : « Attention, je ne suis pas en train de dire qu’il ne faut pas de flics dans les quartiers, mais c’est beau de voir qu’ils règlent leurs problèmes eux-mêmes. En gros, ce sont des personnes libres. »

Les militants d’Aulnay à la zad. / Crédits : Facebook La révolution est en marche

« Les zadistes ont changé notre vie », renchérit Hadama, qui dit désormais s’inspirer de l’organisation horizontale découverte là-bas pour organiser ses réunions au Galion. « On est tous égaux, pas de chef ».

C’est d’ailleurs pendant ce séjour à la fraîche qu’ils prennent la décision de se battre pour ce large ensemble de logements traversé par une galerie marchande, que la mairie a prévu de détruire en 2018 pour y construire des appartements flambant neufs : « Les zadistes ont réussi à prendre 1.500 hectares à l’État et ils protègent ces terres. Ça nous a motivés de fou ! »

Second week-end de juillet, une petite délégation retourne à la ZAD. Hadama accompagné de deux autres Aulnaysiens et d’un élu de Tremblay participent à des conférences sur les violences policières et le racisme d’État en présence de plusieurs milliers de participants. « C’était encore mieux que la première fois », assure Hadama.

ÉCHANGE DE BONS PROCÉDÉS

Depuis cette première rencontre, les zadistes de NDDL et le militant d’Aulnay vivent leur idylle au grand jour. Le 22 mai, à la sortie d’un show de l’humoriste Zgary à Aulnay, Hadama se prend des tirs de flashball (link is external) dans la salle et se retrouve en garde à vue après avoir voulu porter plainte. « Tout le monde s’est mis à courir, les flics ont tiré un truc qui explose. J’ai dit aux habitants : “On n’a rien fait, arrêtez de courir !” On a voulu discuter et puis d’autres flics sont arrivés par derrière et nous ont chassés comme jamais. Moi j’ai pris trois balles [de flashball] dont une dans le dos », bouillonne le meneur de troupe. « Ça fait six mois qu’on fait un travail d’apaisement que personne ne fait en France et ils font ça. » Il met rapidement ses potes de la ZAD au courant. Ces derniers confectionnent une banderole « De la ZAD à Aulnay-sous-Bois, Solidarité-Révolution » et postent un message de soutien sur leur site (link is external).

« On a des forces de frappes différentes, complémentaires. On a besoin d’être ensemble si on veut vraiment faire bouger les lignes. Nous, ça fait dix ans qu’on se bat donc forcément on a accumulé des connaissances aussi bien en termes d’organisation qu’au niveau juridique. Autant les transmettre », complète Lisa. Les zadistes ont ouvert aux militants d’Aulnay, leur petit carnet de contacts dans les médias et ont filé le numéro de l’avocat de la ZAD de Bure, un spécialiste en droit de l’environnement et de l’urbanisme. Maître Etienne Ambroselli voit ces liens d’un très bon œil. « Ça fait longtemps qu’on parle de convergence des luttes, mais on a du mal à voir sa mise en oeuvre », commente l’homme de droit joint par Streetpress : « En soi, les deux luttes n’ont pas grand-chose à voir. À Notre-Dame-des-Landes et à Bure, il y a un rapport à la nature qui est spécial. Historiquement, la forêt n’est pas complètement asservie aux règles du droit. Mais ce sont aussi des endroits où les gens essaient de créer autre chose, et c’est également le cas à Aulnay ».

De la zad à Aulnay ! / Crédits : Facebook La révolution est en marche

OBJECTIF GALION VERT

L’avocat écolo fourbit ses armes : il a prévu d’attaquer la mairie d’Aulnay dès qu’elle obtient son permis de démolir. De leur côté, les membres de La Révolution en marche ont un nouveau projet, directement inspiré de la ZAD. Ils ont décidé de construire une ferme pédagogique sur le terrain de moto-cross abandonné de la Rose-des-Vents. Une manière de sensibiliser les jeunes au respect de l’environnement. Et pourquoi pas, à terme, un potager collaboratif qui permettrait aux habitants de cultiver leurs propres légumes. « L’écologie, c’est la base », affirme Hadama : « On ne veut plus de constructions en béton ici. À la place, il faudrait faire des réquisitions des nombreux logements vides. »

En attendant le Galion vert, le porte-voix de la contestation aulnaysienne prévoit de retourner à Notre-Dame-des-Landes dans les semaines à venir. « On va être cinq ou six cette fois. Forcément, plus on en parle, plus les gens ont envie de connaître », détaille le jeune père qui envisage d’y emmener sa femme et ses trois petites filles. « Une bonne idée pour les prochaines vacances en famille », complète son associé :« Bientôt ce sera un truc : les mecs des quartiers populaires iront à la ZAD. Ça va juste être normal. »

Toutes photos DR, utilisées avec l’aimable autorisation d’Hadama Traoré.

L’extrême droite cible les soutiens des migrants

Repris du site « Rapports de force (https://rapportsdeforce.fr/).

L’extrême droite cible les soutiens des migrants

Deux procédures judiciaires pilotées par l’extrême droite et visant des soutiens aux migrants ont atterri devant le tribunal de Nice. L’association, où milite Cédric Herrou, mais aussi Yannis Youlountas, le réalisateur du film Je lutte donc je suis, sont poursuivis en justice.

La citation à la barre plutôt que le maniement de la barre de fer. C’est, semble-t-il, la stratégie prise par une partie de l’extrême droite pour réduire au silence ou à l’inaction les soutiens aux réfugiés.

L’association Roya Citoyenne, qui vient en aide aux migrants dans cette vallée proche de la frontière franco-italienne, a été assignée en référé au mois de juin. Olivier Bettati, élu régional Front national, et Défendre la Roya, une association créée le 10 juin 2017, ont joint leurs efforts pour réclamer la dissolution de l’association de Cédric Herrou. Le 13 octobre, jour de l’audience à Nice, des membres de Défendre la Roya, accompagnés de militants du Front national et des Identitaires, ont déployé une banderole signée du nom de l’association sur fond bleu-blanc-rouge.

« Il y a eu des associations dissoutes par le passé, mais jamais à l’initiative d’un tiers », indique Me Mireille Damanio. « Les dissolutions sont le fait du ministère de l’Intérieur », explique l’avocate de la Roya Citoyenne, qui voit dans cette opération ayant peu de chance de réussir, l’envie de faire un buzz médiatique. « La Roya Citoyenne et Cédric Herrou sont déjà dans l’œil du parquet, s’il y avait eu matière à dissoudre, le procureur l’aurait fait », poursuit l’avocate qui a reçu des menaces de mort par courrier depuis qu’elle défend le dossier.

« Defend Europe » : des déboires au prétoire

Toujours à Nice, le cinéaste Yannis Yolountas et Jean-Jacques Rue, un journaliste satirique écrivant pour Siné Mensuel, sont convoqués le 18 décembre devant le tribunal correctionnel. Ils doivent répondre d’une plainte pour injures publiques et diffamation déposée par plusieurs militants identitaires de l’opération Defend Europe.

Pendant l’été, des groupes identitaires allemands, italiens et français avaient affrété un bateau en Méditerranée pour entraver le travail des ONG prêtant secours aux réfugiés. Leur navire, le C-Star, bloqué à Malte et Chypre, indésirable dans les ports tunisiens et en Sicile, est même tombé en panne au milieu de la mer. Durant tout l’été, Yannis Youlountas a relaté quotidiennement sur son blog les déboires des apprentis marins. Membre visible du réseau antiraciste et antifasciste Defend Méditerranéa créé à l’occasion pour faire capoter l’expédition du C-Star, il subit aujourd’hui les foudres des militants identitaires. Les plaignants réclament plusieurs dizaines de milliers d’euros de dommages et intérêts selon le comité de soutien de Yannis Youlountas et Jean-Jacques Rue.

La plainte, déposée à Nice comme pour la demande de dissolution de l’association Roya citoyenne, met en lumière le poids des identitaires dans les Alpes-Maritimes. Mais aussi leur influence au sein du Front national dans la région. Olivier Bettati a été débauché de l’UMP par Marion Maréchal-Le Pen. Celle-ci, partisane d’une union des droites, a accueilli parallèlement nombre de militants identitaires, dont Philippe Vardon, ancien cadre du Bloc Identitaire et étoile montante au sein du parti frontiste. Peut-être une des raisons d’une stratégie similaire de poursuite des soutiens aux migrants devant les tribunaux.

 

Pour complément d’info. Repris du site « La Horde » (http://lahorde.samizdat.net/).

Defend Europe contre-attaque en Justice

Désormais les « petits chefs » identitaires allemands, français et italiens de Defend Europe, humiliés et revanchards, poursuivent Yannis Youlountas, seul membre visible de notre réseau Defend Mediterranea, pour « diffamation » et « injures publiques », ainsi que Jean-Jacques Rue, journaliste satirique et ami de Yannis, pour avoir partagé et commenté l’une des publications de ce dernier.

Ils demandent des sommes colossales (plusieurs dizaines de milliers d’euros) non seulement dans le but d’engranger encore beaucoup d’argent, mais aussi de mettre en grandes difficultés ces deux militants aux revenus modestes. 
Le procès aura lieu le lundi 18 décembre 2017 à 13h30 au Tribunal correctionnel de Nice.

Une cagnotte de solidarité en ligne a été mise en place pour soutenir le financement des frais d’avocats, déplacements et saisine des témoignages par les huissiers : https://www.lepotcommun.fr/pot/hvfshv5n

Pour ceux qui ne peuvent pas utiliser ce procédé, vous pouvez éventuellement :

– soit envoyer un chèque à l’ordre du Cercle des poètes tarnais (ne rien ajouter sur l’ordre) à l’adresse suivante : ANEPOS, « Solidarité avec Yannis et Jean-Jacques », BP 10, 81540 SORÈZE

– soit faire un virement au Cercle des poètes tarnais en mentionnant « Solidarité avec Yannis et Jean-Jacques » dans le libellé.
IBAN : FR48 2004 1010 1606 9098 3K03 727
BIC : PSSTFRPPTOU

La lutte contre les identitaires de Defend Europe n’est pas terminée.

Soutenons nos camarades attaqués en justice et faisons de ce procès celui de cette opération lamentable, racoleuse et inhumaine.

Soutenons l’ensemble des réactions et luttes menées aujourd’hui contre ces idéologies racistes, ces politiques migratoires, et contre les frontières ! Qu’elles soient menées par les habitant-e-s et familles des migrant-e-s tué-e-s dans leur parcours (comme les manifestations férocement réprimées récemment en Tunisie), les réseaux de solidarité aux migrant-e-s, et les migrant-e-s elles et eux mêmes qui se révoltent et résistent continuellement au quotidien, ainsi que dans les camps, centres de rétentions, en Europe et dans les pays autour, au prix de condamnations ou de leur vie.

Un appel a été lancé pour riposter contre la manifestation « Défendons l’Europe » de Génération Identitaire, le 25 novembre, 15 h dans les rues de Paris. Nous en serons.

Non au fascisme, ni en Méditerranée ni ailleurs !

DEFEND MEDITERRANEA, 23 OCTOBRE 2017

Ordonnances contre le Code du Travail : Pour nous, sans-papiers, il est déjà démoli.

Repris du site « Paris Lutte Infos » (https://paris-luttes.info/).

Ordonnance contre le Code du Travail :

Pour nous, sans-papiers,

il est déjà démoli

Appel du Collectif des Travailleurs Sans-Papiers de Vitry à une manifestation devant le vendredi 17 novembre 2017 à 16h30 à la sortie du métro Créteil Préfecture, en direction de la préfecture.

Nous sommes 400 000 Sans-Papiers

Nous sommes des dizaines de milliers de travailleurs « Sans-Papiers ». Nous travaillons dans le Nettoyage, la Restauration, le Bâtiment, la Voirie. Sans droits, nous sommes obligés d’accepter n’importe quel travail, à n’importe quel salaire et congédiés n’importe quand. Nous servons de variable d’ajustement. Nous sommes bloqués dans cette situation. Nous sommes les plus précaires des précaires.

L’entreprise type qui nous emploie opère dans le bâtiment. Elle existe depuis moins d’un an et finira bientôt en liquidation judiciaire. Elle déclare zéro salarié. Elle nous paye en espèces et avec retard. Un retard qui augmente progressivement. Nous n’avons aucune adresse du patron et au bout d’un moment, son téléphone ne répond plus.

La politique du nouveau président ? Plus de dureté, la future loi passera le temps de rétention administrative, aujourd’hui de 45 jours, à 90 jours. C’est argumenté par la lutte contre le terrorisme, mais c’est nous que l’État terrorise pour qu’on accepte sans rien dire les conditions catastrophiques de travail et qu’on reste invisibles.
Mais il n’y a pas que nous qui avons des conditions qui se dégradent.

« Je ne suis pas là pour défendre les jobs existants»

dixit Emmanuel MACRON.

Avant, le Contrat à Durée Déterminée (CDD) était encadré par le Code du Travail. Avec le CDI de chantier l’employeur est désormais maître d’employer aux conditions qu’il veut et libre de décréter la fin quand il veux. Les ordonnances de Macron s’étendent à toutes les professions. C’est désormais un CDI de « projet ». Un « projet » aussi vague que le voudra l’employeur qui pourra virer le ou la salarié(e) quand il le voudra. C’est en cela que le CD »I » devient « Indéterminé ».
Mais les « jobs existants » ne resteront pas pour autant inchangés. Les ordonnances prévoient que si un patron veut augmenter sa compétitivité, il peut changer les termes du contrat avec un syndicat conciliant et virer les personnes qui n’accepteront pas les conditions dégradées qu’il aura décidé. La motivation « Je vous vire parce que je veux gagner plus » rentre dans le code du Travail comme une cause réelle et sérieuse de licenciement. Et que ce soit sur le temps de travail ou les salaires, tout sera décidé (on n’ose pas dire « négocié ») au niveau de l’entreprise.

Demain tous entrepreneurs ?
Pour payer en dessous du SMIC horaire, il suffit de transformer le salarié en auto-entrepreneur. C’est ce qu’a fait DELIVEROO. La chaîne de livraison de pizza à domicile. Les livreurs ne sont plus des salariés, mais des « partenaires ». Leur paiement à l’heure a été changé en en paiement à la livraison. C’est cette mesure qui a occasionné la lutte des livreurs DELIVEROO de cet été.

Macron tient à ses 400 000 Sans-Papiers
Nous voulons dire qu’il tient absolument à ce que nous restions sans titre de séjour. En cela, il est dans la continuité des gouvernements précédents. En continuité en particulier avec la loi Cazeneuve applicable depuis le 1er novembre 2016 qui a durcie les conditions de régularisation. C’est d’ailleurs à cette époque que la préfecture a cessé de nous recevoir, en même temps que se réduisaient les possibilités de régularisation. Nous sommes maintenant confinés dans le travail illégal. Obligés de travailler avec l’amiante et le plomb. Appelés à 1h00 du matin pour travailler à 4h00, courant après nos salaires impayés.
Macron (et avant lui Sarkozy et Hollande) se sert de nous pour faire accepter l’inacceptable. Comme il se sert de la sous-traitance. Comme il se sert d’Uber, de l’intérim et du chômage.

La société qu’ils nous fabriquent pour demain, c’est 10 millions de chômeurs misérables en concurrence avec 10 millions de travailleurs au SMIC ou en-dessous et à 70h00 par semaine… Aux conditions qui sont les nôtres aujourd’hui… aux conditions des Sans-Papiers.
Et le mépris en plus. Tous le monde connaît les déclarations de Macron sur les « fainéants » ou ceux qui « foutent le bordel » au lieu d’aller chercher du boulot à 150 km de là.

Alors battons-nous tous ensemble pour :
Régularisation de tous les sans-papiers, non aux ordonnances contre le code du travail !

Manifestation vendredi 17 novembre 2017 à 16h30 à la sortie du métro Créteil Préfecture, en direction de la préfecture

Collectif des Travailleurs Sans-Papiers de Vitry
e-mail : ctspv-94@gmail.com twitter : @ctspv94

9 libertaires en procès le 17 novembre à Poitiers pour occupation de voies ferrées… en 2016

Repris du site “Indymedia Nantes” (https://nantes.indymedia.org).

 

LOI TRAVAIL de 2016 : LA RÉPRESSION CONTINUE À POITIERS !

En 2016 s’est déroulée une importante mobilisation contre la loi travail dans toute la France : pendant plus de quatre mois, des centaines de milliers de personnes sont descendues dans la rue et ont fait grève contre le projet gouvernemental de casser le code du travail. La liberté de manifester a été mise à mal par une très forte répression – comme l’a reconnu lui-même le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve, dans un communiqué du 19 juin 2016 où il faisait état de 1 800 personnes interpellées à cette date (dont une centaine déjà jugées et condamnées en comparution immédiate en trois mois). Et comme l’a constaté un rapport d’Amnesty International, qui a recensé 155 manifestations interdites en dix-huit mois et a rappelé que « manifester est un droit, pas une menace ».

A Poitiers, l’intersyndicale CGT-FO-FSU-Solidaires-CNT-UNEF-SGL avait appelé le 19 mai à une manifestation jusqu’à la gare, et décidé de mener alors une action d’occupation des voies ferrées en soutien aux cheminots en grève au plan national. Cette action a été réalisée avec succès par 400 à 600 personnes pendant près de deux heures, et elle s’est déroulée jusqu’à la fin dans le calme et sans aucune dégradation, selon les modalités décidées par l’intersyndicale 86. Puis la manifestation a repris son cours jusqu’au parvis de la gare, où elle s’est dispersée.

Or onze personnes désignées comme appartenant aux milieux anticapitalistes et/ou libertaires – milieux stigmatisés par les pouvoirs publics poitevins depuis les bris de vitrines et graffitis réalisés pendant une manifestation anticarcérale, le 10 octobre 2009 au centre-ville de Poitiers – ont ensuite été convoquées au commissariat de police le 28 juin, dans le cadre d’une enquête sur « des faits d’entrave à la mise en marche ou circulation d’un véhicule de chemin de fer et autres » après une plainte de la SNCF.

Nous, les onze personnes convoquées, dénonçons le ciblage politique qui a été opéré là. La police a en effet pointé dans la presse, quelques jours après la manifestation du 19 mai, la présence de « militants de l’ultragauche » dans ses rangs, et déclaré craindre leur violence ainsi que celle de « groupuscules radicaux extérieurs » – sans pouvoir bien sûr apporter la moindre preuve de ses dires, notamment concernant la violence… et pour cause : Poitiers n’en a connu aucune lors du mouvement contre la loi travail. De plus, l’appartenance de deux d’entre nous à l’union syndicale Solidaires 86 montre que les pouvoirs publics veulent faire un exemple en s’attaquant à des militants syndicalistes très actifs dans les luttes actuelles et passées.

C’est pourquoi nous avons déclaré à l’officier de police judiciaire et à la presse : « Que nous nous rendions ou non à la convocation au commissariat de Poitiers le 28 juin, nous ne répondrons à aucune des questions posées par la police et resterons déterminés, unis et mobilisés contre cette loi ! » Un rassemblement de 150 personnes – soulignant qu’elles aussi elles y étaient, sur les voies le 19 mai – a eu lieu le 28 juin devant le commissariat en soutien aux onze convoqués, dont les trois d’entre nous qui se sont présentés à la convocation. Mais l’« affaire » n’en est pas restée là : les huit autres personnes ont de nouveau été convoquées au cours des mois suivants, à tour de rôle interpellées à leur domicile ou à leur travail puis placées en garde à vue. Et maintenant, alors que la loi travail 2 de Macron va accélérer cette politique ultralibérale, il y a ce procès qu’un huissier est venu nous signifier, à neuf d’entre nous à ce jour, pour le 17 novembre au tribunal correctionnel de Poitiers, sous les inculpations d’avoir « pénétré, circulé, ou stationné, sans autorisation, dans les parties de la gare SNCF non affectées à la circulation publique » et d’avoir « refusé de se soumettre aux opérations de relevés signalétiques, notamment de prise d’empreintes digitales et photographies nécessaires à l’alimentation et à la consultation des fichiers de police ».

Nous sommes opposé-e-s aujourd’hui à la loi travail 2 et à l’Etat d’urgence permanent comme nous nous sommes opposé-e-s hier à la loi travail et à l’Etat d’urgence.

Nous nous insurgeons contre la « sélection » opérée par la police pour exercer une vengeance contre certains milieux anticapitalistes et/ou libertaires poitevins en continuant de les harceler par des convocations au commissariat et des gardes à vue, jusqu’à ce grotesque procès.

Plus largement, nous ne sommes pas dupes de la manœuvre des gouvernants, qui cherchent toujours à distinguer partout, en France comme ailleurs, les bons et les mauvais manifestants et manifestantes, et nous luttons contre toute pénalisation des mouvements sociaux, toute tentative d’intimidation faite à l’encontre de personnes mobilisées contre la politique antisociale du gouvernement, et le fichage généralisé qu’il recherche.

HALTE À LA CRIMINALISATION DES MOUVEMENTS SOCIAUX ET À LA RÉPRESSION À POITIERS COMME AILLEURS !

Pour tout contact : soutien-poursuivies-poitiers(at)protonmail.com

2016 n’aura pas lieu

Trouvé sur “Paris Luttes Info” (https://paris-luttes.info/)

 

2016 n’aura pas lieu

 

Une brève analyse de la situation actuelle du “mouvement” parisien en vue d’aboutir à une perception commune.

 

Le printemps 2016 est à la fois un souvenir puissant, source de motivation et d’inspiration et une impasse aujourd’hui. Nous ne cessons de l’invoquer dans nos actions et dans les textes qui y appellent. Il est souvent question d’agir dans « l’esprit » du mouvement contre la loi travail, de retrouver les intensités indiscutables qui s’y partageaient alors. C’est son ombre qui plane au dessus de nos dernières interventions, et qui par contraste ne crée plus que des frustrations. Il nous faut accepter que 2017 est bien en train d’avoir lieu.

Tout au long du dernier été, nous parlions avec impatience du mouvement social de cette rentrée. Cela allait de soi qu’une loi travail 2 ne pouvait qu’entraîner la suite de ce qui avait commencé l’année précédente. Après les difficultés que nous avions éprouvé à construire des mouvements sans les syndicats, que ce soit après le viol de Théo ou contre les élections présidentielles, et malgré les appels répétés à « imposer notre propre temporalité », nous espérions le retour de quelque chose de massif, de pluriel, à la façon de ce fameux printemps. Force est de constater au bout d’un mois de mouvement qu’il n’y a pas de mouvement. Si les syndicats endossent leur rôle de pseudo-négation de l’ordre en organisant des défilés à répétition, personne ne croit sincèrement à une quelconque victoire. Dans les facultés, les trotskystes les plus véhéments tentent de nous faire croire à une énième parodie de mouvement en créant des comités de mobilisation dans lesquels personne ne croit, pas même eux. Au milieu de ça, le cortège de tête patauge dans une pâle imitation de lui même, tourne en rond dans des pratiques qui, si elles ont pu montrer leur efficacité en leur temps, relèvent aujourd’hui d’un manque d’imagination et de considération stratégique. On est vraiment en train de forcer. Nos pratiques deviennent hors-sol, déconnectées, et nous empêchent d’avancer sur une perception commune de la situation qui nous permettrait d’entamer un réel travail de composition, de ré-imagination de nos pratiques. Prenons l’exemple de Nantes , ou occupant-es de la ZAD, jeunes déters habitué-es du cortège de tête et syndicalistes sincères se tiennent ensemble et tentent de réinventer leurs pratiques à chaque manif : création d’un mur, de véritables bâtiments, mettant un geste performatif au simple slogan vide que l’on scande habituellement pour s’auto-persuader « Et la rue elle est à qui ? Elle est à nous ». A Paris, les « Siamo tutti antifascisti » qui se répètent en chaîne déprimeraient une boîte de prozac. La critique légitime du cortège merguez-saucisse-ballon pourrait se transformer en critique du cortège kway-fumi-lacrimo, tout aussi déprimant et répétitif.

Une des raisons de cette inertie est la nouvelle stratégie de la préfecture qui consiste à tenir à distance la police, nous empêchant d’affronter la matérialisation de notre ennemi. En s’invisibilisant ainsi, le pouvoir nous laisse face à nous même, nous mettant au défi d’exister autrement que comme sa négation. Il réalise l’exploit de nous contrôler sans même avoir à s’adresser à nous. Lors de ces dernières manifestations, les rues nous appartenaient. Les macdos, banques et autres symboles du capital auraient pu être réduit en miettes, mais le sentiment de danger que produit cette répression diffuse a quasiment réussi à elle seule à nous en empêcher. Quand nous sommes passés devant, les locaux du « Monde » ont été à peine effleurés, alors qu’il est clair que ce torchon a joué un rôle considérable dans l’élection de Macron, et qu’il était une cible symbolique évidente. Voilà une piste qui pourrait peut être être exploitée : étudier les parcours de manifestations en amont pour attaquer des cibles précises nous permettrait au moins de parler de quelque chose en particulier, de véhiculer du sens, au lieu de chercher sans cesse la police, de stagner dans l’émeute pour l’émeute. Les années 70 italiennes ont connu ce genre pratiques : on attaquait tel local d’entreprise qui avait viré des copain-e-s, on explosait les vitres de tel siège syndical qui avait balancé des militant-e-s aux autorités.Toutes ces pratiques se réalisaient hors des parcours bien tracés et soumis aux dispositifs de nos manifestations. Remettre ces dernières au goût du jour serait aussi ne plus se centrer sur la manifestation syndicale, mais au contraire accroître notre puissance autonome, tout en donnant vie au slogan “grève, blocage, sabotage/manif sauvage. On pourrait d’ailleurs faire un parallèle avec ces fameuses « années de plomb » : les ami-e-s italien-ne-s disent combien il est difficile pour elleux aujourd’hui de dépasser ces années 70 qui furent si riches en intensités. Illes y reviennent sans arrêt, et ont du mal à développer quelque chose qui les dépassent. Même si le printemps 2016 est en comparaison une pure anecdote, il y a quelque chose du même ordre qui se joue en ce moment ici. Une autre raison est que beaucoup d’énergie est dépensée dans l’antirep, chaque action se soldant de plusieurs arrestations. Il faut reconnaître que les peines prononcées contre les inculpé-e-s du quai de Valmy sont dissuasives. On remarque également que le mouvement ne « recrute » plus grand monde, et même perd de ses composantes en raison entre autres de problèmes de sexisme, de virilisme. Si nous apparaissions comme un espace désirable pendant le mouvement, ce n’est plus tellement le cas aujourd’hui. Il y a bien des syndicalistes qui nous rejoignent pendant les manifs parce que leurs cortèges morbides les asphyxient (sauf solidaires, plein de bisous les copain-e-s), mais cette tendance est en baisse. L’occupation cette semaine de l’institut de géographie illustre bien ce constat d’impuissance. Ce n’est pas tant, comme on a pu l’entendre, un manque d’organisation et de préparation qui en a causé l’échec, mais plutôt un manque de sens, d’évidence commune que l’action était porteuse de quelque chose. Beaucoup d’entre nous ne se sont jamais vu y dormir, ne se sont pas senti investi de cette initiative. Cela tient en parti à cette impression de déjà vu, de déjà raté.

Ceci n’est pas un appel à laisser tomber les pratiques que nous héritons du printemps 2016, mais à ne pas se morfondre dans la nostalgie de son souvenir. Tout était plus ou moins facile alors, et la lecture de la situation assez claire pour qu’elle soit commune à quasi tout le mouvement. Aujourd’hui, il faut accepter que les paramètres ne sont plus les mêmes. Les inimitiés latentes entre les composantes du milieu, vieilles parfois de plusieurs années, rongent toutes les initiatives et les interventions. Il nous faut nous y confronter et sortir de nos fréquentes attitudes de poseurs, bloqués dans des identités politiques hermétiques et en concurrence. Il ne s’agit pas d’uniformisation mais de composition. Pour augmenter nos forces, il nous faut reprendre des actions quotidiennes de terrain : cantines, infokiosques, rencontres et situations en tous genre que nous savons parfois créer.

Soutenir, multiplier et approfondir les brèches creusées dans l’ordre établi qui se sont établies depuis le mouvement (squats ; lieux légaux ; salles occupées dans les universités, cycles de conférences et séminaires révolutionnaires, etc)Il nous faut nous inscrire dans des stratégies de moyen-long terme, et sortir de cette prison de l’urgence, de la réaction permanente à l’actualité. Prendre des lieux pour prendre le temps, loin de l’adrénaline et de l’excitation sans fin du printemps. Sinon, ce mouvement ne mènera que vers une décomposition de nos forces, un épuisement certain, une lassitude déjà commune à beaucoup d’entre nous.

Ceci n’est pas un programme, mais un énième pavé jeté dans les marécages du mouvement.

4013 poursuites ou condamnations politiques en France en 19 mois…

Trouvé sur le site “Front Social Uni” (https://www.frontsocialuni.fr/).

Au moins 4013 poursuites ou condamnations politiques en France en 19 mois…

Liste NON COMPLETE des procès, condamnations, poursuites, discriminations et sanctions sur les 19 derniers mois à l’encontre de 4013 militant-e-s, manifestant-e-s, grévistes et syndicalistes…

  1. 26.02.Mulhouse. J. Moreau, CGT PSA retraité ; 750 euros d’amende, outrages loi travail.
  2. 3.03. Clermont-Ferrand. G. Chanut CGT FAPT Cantal. 3 mois mise à pied
  3. 4.03 Saran Amazon. Menace de licenciement, militant FO
  4. 6.03. inspection du travail refuse licenciement militante CGT/ Emirates
  5. 9.03. Beaucaire. S. Polinière, CGT, 300 euros : FN “parti raciste et xénophobe”10.03 Rennes 9 mois ferme zadiste lanceur de patates
  6. 10.03. Montpellier. Procès10 militants Las Rebes protection zone verte
  7. 12.03 Lyon. 2 condamnations manif 9.03 loi travail, 6 mois ferme, 6 avec sursis
  8. 12.03. Mulhouse ; 12 BDS condamnés
  9. 17.03. Metz. 5 interpellés, 2 CGT 500 euros. Appel, relaxe ; 26 mai, appel parquet.
  10. 22.03 Paris 15. Poste. S. Barroux Sud. 6 mois mise à pied requis
  11. 22.03 Anglet Poste. Licenciement B. Boisseaux CGT
  12. 23.03 Valence Convoqué/distribution tract anti nucléaire
  13. 24.03 Besançon. Syndicaliste étudiant « intrusion au lycée » manif. 17 mars.
  14. 24.03 Guyane. Révocation délégué péniteniaire FO, suspension 2 militants
  15. 31.03 Dijon, 2 et 3 mois ferme
  16. 31.03 Amiens : 2 militants CGT « violences avec arme » : œufs en manif .
  17. 31 ma, Le Havre, Manifestation 4 du Havre
  18. Avril. Levallois-Perret. 22 conseils disciplines, lycée L. de Vinci loi travail
  19. 3 av. Rennes.1 syndicaliste frappé à terre par policiers.
  20. 4 av Nantes, 1 mois ferme, montre ses fesses à manif loi travail
  21. Avril Lille soutien aux Roms de Loos : inculpé violence avec arme… son vélo
  22. 6.04 Lille. 13 militants CGT CHRU Lille convoqués commissariat pour syndicalisme
  23. 6.04 Aubervilliers. OPH. Mise à pied militante CGT CHSCT
  24. 7.04 Bonneville : condamné pour hébergé famille de Kosovars déboutés de l’asile
  25. 10.04 Paris. Poursuite d’un lycéen pour dégradation volontaire
  26. 11.04 Nantes, 2 lycéens prison avec sursis et TIG
  27. 12.04 Rennes Procès 12 manifestants. 9 prison avec sursis
  28. 14.04 Montpellier condamnation d’un lycéen jet de pierre TIG
  29. 15.04 4 mois sursis manif non organisée anti-corrida à Rodilhan
  30. 17.04 ERDF poursuit commune de Macaire opposée au compteur Linky
  31. 19 Av. Bordeaux. P. Poutou et 3 syndicalistes dégradations au Salon de l’auto
  32. 20.04 Guyane Mesure disciplinaire Henriette inspectice travail CGT
  33. 22 av Rennes 9 condamnations prison sursis, bannissement et 2 mois ferme
  34. 22 av Nantes 2 Comparution immédiate violences, outrage, rébellion
  35. 22 av. Lille. 2 CNT contrôle judiciaire violences manif loi travail
  36. 22 av, Lot. licenciement 2 militants CGT Lot Aide à Domicile activité syndicale
  37. 27 av Rennes : CGT PSA Rennes, 2 mois ferme « rébellion » manif loi travail.
  38. 28 av Transdev, Nancy, licencié pour grève contre loi El Khomri.
  39. 28 Av. Paris Dirigeant CGT RATP arrêté
  40. 28 av. Clermont-Ferrand. CGT refus signer procès verbal CHSCT
  41. 29 av Clermont-Ferrand: Antoine, CGT occupation Conseil Municipal
  42. 29 av Bobigny : Procès, 2 syndicalistes, blocage port de Gennevilliers loi travail
  43. 29 av. Nantes 10 comparutions immédiates, 1 et 2 mois ferme
  44. 29 av Rennes 6 et 8 mois ferme
  45. 30 av Paris 6 et 10 mois ferme pour violences lors de manifestation
  46. Mai. Tricastin, Centrale nucléaire, militants CGT pneus brulés
  47. Mai Chapelle d’Arblay, Filpac, Interrogatoire RG ; CGT “veut” sequestrer
  48. 05. Meaux. Poursuite 2 militants associatifs mise à l’abri deux réfugiés
  49. 2.05. Marseille. 5 et 6 mois ferme, jets d’objets en manif
  50. 3.05 Paris Jamel 10 mois sursis Loi travail
  51. 3.05 Paris Baffé 15 jours sursis 4 mois d’interdiction de manif Paris
  52. 4.05 Paris. Marc Lycéen en comparution immédiate
  53. 6.05 Nantes. 3 comparutions pour violences, outrages.
  54. 11.05 Montluçon, procès L. Indusiak, secrétaire CGT Allier, diffamation
  55. 12.05 Caen. 4 poursuites pour avoir occupé la CAF
  56. 12.05 Nantes, 7 comparutions pour violences, outrage, rebellion…
  57. 12.05 Marseille Militant cheminot radié de la SNCF pour son activité
  58. 13.05 Bordeaux, 3 condammnations pour manif, 1 mois prison avec sursis
  59. 13.05. Nantes 5 comparutions pour violences, outrages
  60. 14.05 Nantes. lycéen pour tentative d’homicide d’un policier.
  61. 17.05 Lille, Antoine 3 semaines fermes de préventive. 10 mois avec sursis
  62. 17.05 Rennes, 10 mois ferme pour jets de projectiles
  63. 17.05 Lille, 10 mois de prison dont 5 fermes pour violences
  64. 17.05 Nantes 1 mois ferme, 2 mois sursis et TIG
  65. 18.05 Paris 6 inculpés manif contre celle des policiers d’Alliance
  66. 18.05 Nantes Jugement de 2 manifestants
  67. 18.05 Rennes 2 mois de prison avec sursis jet de mottes de terre
  68. 19.05 Lille Prison ferme pour CGT refus de comparution immédiate
  69. 19.05 Nantes Jugement d’un manifestant visite Cazeneuve
  70. 20.05 Nantes Jugement de 2 manifestants visite Cazeneuve
  71. 19.05 Bordeaux, condamné à une journée de sensibilisation en octobre
  72. 20.05 Bordeaux 3 prison avec sursis
  73. 21.05 Paris 21 Poste A. AUBRY (CGT) E. POISSON (SUD) 6 mois mise à pied requis
  74. 23.05Amiens; 5 ans ferme occupation mairie d’amiens
  75. 23.05 Corréze action contre 12 entreprises discriminant les militants
  76. 25.05 Bourgogne 2 syndicalistes en examen contre l’amiante
  77. 26.05. Lille 6 mois de prison avec sursis pour la manif. Loi travail
  78. 26.05 Rennes prison avec sursis pour 10 manifestants
  79. 26.05 Rennes Affaire du Bagelstein. Prison pour les 4 interpellés
  80. 26.05 Vichy, 3 mois sursis 1 mois ferme pour violence
  81. 26.05. Clermont 1 mois ferme, 3 sursis violences manif loi travail
  82. 30.05 Toulouse. 6 mois ferme et 6 mois sursis
  83. 30.05 Amiens 1 mois ferme
  84. 30.05 Nantes 4 comparutions pour violences, outrages…
  85. 30. 05 Paris Poursuite Info Com CGT outrages affiche sur la police
  86. 31.05 Rennes, Procès manifestant ne s’est pas “dispersé”
  87. 31.05 Paris-Louvre Poste 3 militants Sud. 3 mois de mise à pied
  88. 31.05. Nantes, 8 mois ferme violences lors de manif loi travail
  89. 31.05 : syndiqué CGT filiale RENAULT licencié pour grève.
  90. 31.05. Toulouse. Jugé retire des affiches Decaux
  91. 31.05. Tarbes. M. Palisse conseiller pénitentiaire révocation pour article l’Humanité
  92. Mai. Loire Atlantique 2 militants CNT arrêtés
  93. Juin. Versailles. SAP France condamné pour discrimination syndicale contre délégué CGT
  94. 1.06 Le Havre, militant CGT prison sursis dégradation du local du PS.
  95. 1.06. Loir et Cher Syndicaliste condamné, dénonciation souffrance au travail en Ehpad
  96. 1.06. Rivesaltes. Conseil discipline POUR A. Pignon. CGT Poste
  97. 2.06 Nantes 6 comparutions immédiates, violences outrages
  98. 3.06 Montluçon. Secrétaire UD CGT Allier autocollants.
  99. 6.06 2 syndicalistes pompiers, 2 000 euros entrave à la circulation en manif
  100. 9.06 Paris : L. Canitrot, Compagnie Jolie Môme, occupation du Medef.
  101. 9.06.Valenciennes. 2 militants 10 mois, 6 mois sursis , 2 ans interdiction de manif
  102. 10.06 St Denis. Licenciement 3militant grève EHPAD Laurier Noble.
  103. 10 juin. Amiens. 5 ans ferme requis violence en manif
  104. 10.06 Nantes, prison ferme
  105. 10.06 Lille, 8 mois sursis pour violences manif loi travail
  106. 14.06. Clermont Ferrand 6 mois sursis, militant antifasciste, outrage
  107. 17.06 Paris, Révocation d’un militant CGT de l’ASE Paris
  108. 18.06 Paris, 18 comparutions pour violences contre agents
  109. 18.06 Paris prison avec sursis
  110. 20.06 Paris Thibaud M Loi travail
  111. 20.06. Lille. 8 syndicalistes poursuivis, occupation bureau président du CR
  112. 27.06 Fos sur Mer. Ministère travail autorise licenciement pour grève à Sodexo
  113. 29.06. Saint Martin de Crau. Délégué CGT Transgourmet licenciement.
  114. 29.06 Paris. Procès Outrage. 150 euros d’amende + amende avec sursis
  115. 30.06 Toulouse. Procès boycott BDS.
  116. 307 Abbeville. Plusieurs militants auditionnés péage gratuit
  117. 3.07 Versailles, Renault Guyancourt licencié diffusion film “Merci patron”
  118. 6.07 Ajaccio. Sanctions 2 agents EDF accident de travail
  119. 6.07. La Mède Total discrimination contre un militant CGT
  120. 7.07 Caen 10 agriculteurs, prison sursis pour manif
  121. 91 Poste Théo Militant Sud conseil de discipline
  122. 12.07 Grenoble contre la répression 2 syndicalistes à la Poste. Manif
  123. 12 ju. Longwy. 5 syndicalistes blocage d’une route
  124. 12.07. Grenoble Chambéry 5 syndicalistes Poste.
  125. 13.07 St Étienne. 4 interpellés manif 12 mai loi El Khomry
  126. 14.07 Paris. 1 militant du SO CGT port d’armes. Manif
  127. 19.07: décès d’A. Traoré, suite à son arrestation par la gendarmerie de Persan .
  128. 19.07. Paris.tribunal administratif refuse licenciement déléguée CGT Les Petites/
  129. 21.07. Tours. 9 graffeurs contre loi travail. 5 400 euros. Manif
  130. 21 ju, Rennes, 2 agriculteurs jet de pommes de terre
  131. 22.07 Lyon. Arrestation 50 militants, T-shirt : “boycott des produits israéliens”
  132. 27.07. Paris. 2 manifestants CGT violences envers policiers. Manif
  133. 29.07 Bordeaux 9 mois sursis pour un zadiste
  134. 31.07-5.10 : Paris 19 rafles de Migrants 90 réfugiés CTA, 100 Obligations Quitter Territoire.
  135. 2.08 Béziers, Audition militant BDS T-Shirt : boycot des produits israéliens
  136. 6 ao. Procès de 2 militants, autocollants contre arme nucléaire sur vitrines LR
  137. 8 Ao. Paris. Validation licenciement délégué CGT Air France Chemise
  138. 9 ao. Cergy 3 conseils discipline militants Eragny.Poste, 2 licenciements
  139. 21.08 Nice Le parquet ne poursuit pas un militant qui a aidé des migrants
  140. 23 ao Avignon, Outrage à député
  141. 25 ao, Tulle, secrétaire Energie CGT Corrèze coupures d’électricité loi travail
  142. 30 ao. Nantes. Trois mois ferme manif pour Rémi Fraisse.
  143. 30 Ao. Paris. Jamel. CGT Cyclocity licencié, a dénoncé les conditions de travail
  144. 31 Ao. Lille. 6 manifestants du 28.06 dégradations. Manif
  145. 31 Ao. Arrestation 2 militants CGT du Havre manif du 14.06. Grève
  146. 31 ao. Toulouse. Procès 2 syndicalistes dégradation
  147. Aout 2016, Menton, chauffeurs de cars; sanctions refus réquisition de refoulement migrants
  148. Ao, Montreuill, Mise à pied trois territoriaux CGT manque de respect au maire
  149. Septembre. Montpellier, CFA, Interrogatoires syndicalistes accusés du suicide directeur
  150. 1 se. Toulouse 2 syndicalistes poursuivis dégradations manif du 14 juin.
  151. 1 se . Toulouse 2700 euros pour un feu de palettes. Manif
  152. 2 se. Toulouse. 2 syndicalistes poursuivis pour des pneus brûlés
  153. 3.09. Grand Quevilly. Deux enseignants poursuivis pour diffamation.
  154. 5.09. Montmélian 4 syndicalistes Sud Poste conseil discipline, plateforme bloquée.
  155. 5.09 Rennes Procès du Bagelstein. 3 mois fermes.
  156. 6.09 Procès de Burak Strasbourg, 1 mois sursis + amende
  157. 6 se : Bar le Duc. Procès 2 opposants au projet “Bure” pour fichage ADN –
  158. 6 se: Procès pour banderole à un bureau du PS
  159. 6 se Lille. 7 inculpés manif du 28 juin
  160. 6 se St Etienne, procès en appel de 4 inculpés pour leur action contre la loi travail
  161. 6 se St Etienne. 8 mois sursis, secrétaire JC Loire, violence contre police
  162. 6.09 Montmélian Conseil discipline syndicaliste Sud Poste
  163. 6 se, Armentières Rassemblement au tribunal pour David CGT
  164. 6 se Paris Licenciement d’un délégué FO pour son activité à la banque Chaabi.
  165. 7 se Paris, JM Rouillan, 7 mois ferme pour apologie du terrorisme
  166. 8 se à Rennes. Procès Solidaires. 46 000 euros occupation Maison du peuple.
  167. 8 se Tulle. sec de l’UD CGT Coupure d’électricité manif contre la loi travail
  168. 8 se. Hazebrouck. Poursuivi pour la manif contre loi travail 28.06
  169. 8 se La Courneuve. Menace licenciement CGT Ascendéo Rassemblement
  170. 8 se, Saint Calais gendarmerie empêche distribution tracts hôpital de Saint Calais
  171. 10 se. Guingamp. 2 mois sursis rébellion manif
  172. 12 sep Bar le Duc : Procès militant anti cigéo autour de Bure 6 mois sursis
  173. 13 se. Corronsac, Vého Constructions, CGT convoqué pour licenciement. Grève
  174. 13 se. Gonfreville l’Orcher Licenciement militant CGT Conforama activité syndicale
  175. 13 se : licenciement d’un syndicaliste chez Clemessy à Rouen.
  176. 13 se. Militant licencié pour avoir soutenu un jeune malien
  177. 14 se. Chambéry. Affaire Tefal .
  178. 14 se. Paris. 68 réclamations contre les violences policières
  179. 14 se. Sanctions militant SUD de la Poste lanceur d’alerte sur l’AVC de sa collègue
  180. 15 se. Militant syndical Toyota licencié, a été aux toilettes pendant discours du PDG.
  181. 15 se. Manifestation Saverglass au Havre contre la discrimination syndicale
  182. 15 se : commission licenciement militant SNCF Sud Mulhouse manif du 14 juin.
  183. 15 se Bordeaux. Procès de Nicolas Merle entrave à la circulation lors d’une manif
  184. 15 se: Strasbourg, procès contre une manifestante anti loi travail .
  185. 15 se: Laurent SUD Santé éborgné manif contre la loi travail tir de la police.
  186. 16 se : Manif CRA Palaiseau, fermeture des Centres de Rétention et Hotspots !
  187. 16 se Paris 3 comparutions immédiates manif du 15.09 violences et rébellion
  188. 16 se : 2 comparutions en “plaider-coupable” après la manif du 15.09 à Paris.
  189. 16 se Meuse Licenciement syndicalistes pour création d’un syndicat chez Delanchy.
  190. 17 se. Martigues. Mobilisation Coordination infirmière contre peur des sanctions
  191. 19 se Montreuil, menace de mise à pied CGT pour avoir tutoyé son supérieur
  192. 19 se, licenciement d’une déléguée CGT de Hérelec à Paulhan. Manif.
  193. 19 se. Paris, Procès de deux militants indépendantistes basques
  194. 20 se : procès des “4 du 28 avril” (SNCF) Marseille, tribunal, 14h
  195. 20 se : Lille. procès de manifestants anti-loi “Travaille”
  196. 20 se. Paris. 8 manifestants 15.09. Condamnation 6 mois ferme, 5 procès repoussés.
  197. 20 se. Lyon. Procès de S. Perrin de l’université Lyon 2
  198. 20.09 Dax Incarcération d’E. Petetin Chute du sursis
  199. 20 se : Procès des “4 du 28 avril” (SNCF) Marseille, tribunal, 14h.
  200. 20 se.Procès des 12 “gens du voyage” pour les émeutes de Moirans
  201. 21 se : Paris, procès des 4 inculpés du 4 juillet, 2 à 4 mois sursis
  202. 21 se. Béziers. interpellé par BAC. gaz lacrymo, menotté. meurt sur le trottoir.
  203. 21 se. Saint Lo. Jugement d’agriculteurs manif paysannes.
  204. 21 se. Carpentras Délégués CGT grévistes Raynal et Roquelaure dégradations
  205. 21 se. Vitrolles, UL CGT Vitrolles au commissariat .Plainte de la Poste
  206. 21 se. Paris, Alexis relaxé faute de charges, arrêtés le 5 juillet contre le 49.3 à Paris.
  207. 22 se : lycée Voltaire, lycéens menacés par un Lanceur de Balles de Défense
  208. 22 se Toulouse : procès 4 BDS « entrave à l’exercice normal d’une activité économique ».
  209. 22 se : Paris. procès des 5 manifestants arrêtés le 5 juillet devant l’Assemblée
  210. 22 se. Rassemblement licenciement d’un militant CGT Publicis Consultants
  211. 22 se Normandie, F. Mérouze, CGT Caen entendu, a dénoncé violence policière
  212. 22 se. Manif à Loos contre la répression à l’encontre colleur d’affiches du PC
  213. 22 se. Paris Valentin et Gildo. Procès reporté en janvier. arrêtés le 5.07
  214. 22 se. Paris à 10 heures pour Michel, arrêté le 5.07 quatre mois sursis.
  215. 22 se. Paris Max, 4 mois sursis requis pour “rebellion” . Mobilisation
  216. 22 se. Saint Denis, contrôle d’identité filmé par prof Sorbonne, violences policières
  217. 23 se. Paris, Bastien rejugé pour l’affaire du 49.3. Innocenté
  218. 23 se. Manif à Caen contre la répression secrétaire UL CGT outrage loi travail
  219. 23 se Procès BDS à Toulouse. Manif 200 personnes
  220. 23 se, Rouen procès LDH pour attestations de logement à migrants.
  221. 23 se Paris, Mobilisation à Paris contre l’expulsion d’un étudiant
  222. 24 se Caen Poursuites pour délit de solidarité
  223. 24 se. Fete de soutien aux 5 d’Amiens
  224. 24 se Manif. en Corse le 24.09 amnistie des prisonniers politiques
  225. 26 se Gironde, 2 militants Solidaires santé sociaux en attente de procès
  226. 26 se. Pont Scorf Lorient, mobilisation pour un faucheur volontaire
  227. 27 se: Amiens procès de 5 militants anti-loi Travaille !
  228. 27 se. Grenoble Procès militant CGT, manif non déclarée. 150 personnes
  229. 27 se. Grenoble défense d’un militant CGT poursuivi pour tract
  230. 27 et 28 se : Air France Chemise arrachée Bobigny,
  231. 27 se. Montauban Rassemblement pour les Air France et pour Marina
  232. 27.09 Rodez contre sanctions contre syndicaliste Poste
  233. 28.09. Paris. Garde à vue pour une militante CGT COSEM
  234. 28.09 Montmélian Conseil discipline pour syndicaliste Poste
  235. 28.09 : Villejuif, cinq policiers en civil arrêtent menottent un militant
  236. 28.09 Rennes1 an de prison ferme, 6 mois sursis pour violence NDDL.
  237. 29 se : Paris, Fred, interpellé le 5 juillet Paris devant l’Assemblée Nationale.
  238. 29 se. Paris Frederic pour journée du 5 juillet contre le 49.3
  239. 29 se. Douai. F. DAUZAT(MCA) licencié en mai grève contre loi travail.
  240. 30 se Gallargues Sec UD CGT Alès S. Gévaudan tracts aux péages
  241. 30 se. Lyon. Phonak licenciement militant cgt refusé par inspection travail
  242. 30 se Hénin Beaumont Garde à vue du sec CGT territorriaux : plainte FN page FB
  243. 30 se, Privas, Procès 2 faucheurs volontaires
  244. Sept. Audience sans date voiture brûlée quai de Valmy
  245. Octobre. Haute Loire. Elue CGT aux Etablissements Cheynet, attaquée
  246. 1er oct. Calais. Manif de soutien aux migrantes a Calais interdite et réprimée
  247. 1er o. Clermont Ferrand, Grève de la faim d’un CGT pour assignation à résidence
  248. 1er o : Paris concert de soutien aux camarades licenciés par l’ESA
  249. 3 o. Paris, procès par Emmaüs contre des personnes allées à un appel de migrants .
  250. 4 o : Lille, pneus brûlés loi travail. Prison sursis. 30 000 euros d’amende
  251. 4 o. Militants FO poursuivis pour leur activité loi travail, Doubs et Bas Rhin
  252. 4 o, Montauban, Marina, page FB contre directeur clinique des Ponts de Chaume
  253. 4 o. Paris, Procès contre le délit au Faciès
  254. 4 o. St Etienne CGT IKEA Entretien préalable au licenciement
  255. 4 o, Rodilhan. Relaxe pour le militant accusé de rébellion
  256. 4 o. Carbonne, Sec sud CT 31 convoqué.
  257. 5 oc Lille prison avec sursis pour 6 militants bloqué une route manif loi travail
  258. 6 oc Valence Poursuites pour des autocollants sur le local du PS
  259. 6 o. Paris, convocation pour licenciement militant de sud rail
  260. 6 o. Bobigny, convocation Nicolas J. Ferc Cgt, Nicolas Sud Rail Saint-Denis 28 avril.
  261. 6 o notification a Emilie Martin, d’Herira, d’un mandat d’arrêt européen
  262. 6 o. Nemours Procédure d’expulsion de la CGT de ses locaux
  263. 6 o. meeting répression policière, racisme Tolbiac, M. Wamen, R. Altman, A. Traoré
  264. 7 o. SNCF 400 procédures disciplinaires
  265. 7o.Strasbourg : SNCF, radiation 2 syndicalistes SUD Mulhouse manif loi travail.
  266. 7.10 Alès. Procès de 2 pour “violences” loi travail. 3 mois de prison avec sursis.
  267. 7.10 Sanction à la SNCF pour Alain Leclercq militant syndical
  268. 8.10 La Réunion; sodegis, discrimination syndicale
  269. 8. 0 Paris, Tribunal administratif. Expulsion d’Abdoulaye, étudiant Paris 1.
  270. 8.10 Paris. Procès de 3 nationalistes corses. 8, 6 et 5 ans de prison ferme.
  271. 8.10 Besançon. garde à vue de deux militants en vue d’expulsion de sans papiers
  272. 10.10. Douai. Menace licenciement de militant CGT chez Pro o Pro . Rassemblement
  273. 10.10. Nantes, un militant cheminot passe en jugement pour manif contre loi travail
  274. 10.10. Montpellier. 2 arrestations pour tags anti-police et sur local PS
  275. 11.10 Paris, Procès des 7″Déboulonneurs” qui graffent les panneaux publicitaires
  276. 11.10 Foix, poursuivie pour sa participation à manif contre loi travail.
  277. 12.10 Lyon, répression syndicale à la Samsic Lyon Part dieu
  278. 12.10 Rennes, 50 personnes interdites de manifestation au centre ville
  279. 12.10 19 militants poursuivis pour une opération escargot.
  280. 12.10 Rodez. Procès de la res. CGT d’Onet discriminée
  281. 12.10 Bordeaux 2 mois de prison pour E. Petetin
  282. 13.10 Gare St-Lazare, Edouard, Sud Rail : conseil discipline harcèlement direction.
  283. 13 o. Rennes. 6 militants anti Eco-taxe condamnés à 520 000 euros d’amendes
  284. oct. Paris. X. Renou “Désobéissants” dénonciation complaisance Hollande Erdogan
  285. 12 o. Paris. 2 cheminots, un Systra en examen pour déraillement TGV Eckwersheim
  286. 13 o, Paris, collectif anti-répression, manifestation
  287. 13 o. Le Havre; procès 2 militants Poste, Sud et CGT pour activité pendant la grève
  288. 13 o. Dieppe, convocation camarades, distribution de tract suite plainte chauffard
  289. 13 o. Carbonne. Convocation sec SUD Collectivités territoriales 31 accusée de faux
  290. 14 o. Mulhouse : Procès d’un militant manif du 26 mai. Reporté
  291. 14 o. Paris, Procès de L. Citation pour avoir fait remarquer une arrestation arbitraire
  292. 15 o. Paris Manif. contre la répression et la violence policière
  293. 15.10 Kara Wild, artiste trans incarcérée depuis le 26.05 vitre brisée voiture police.
  294. 16.10 Cabaret d’Urgence par Jolie Môme, réprimés occupation Medef
  295. 17.10 Corse, Manifestation pour le soutien à des prisonniers politiques
  296. 17.10 Albi. Procès 4 militants CAAT, hébergement migrants, locaux innocupés ERDF
  297. 17.10 Condom. Procès d’une lanceuse d’alerte contre dysfonctionnements d’un IME.
  298. 17.10 Rennes, Arrestation d’un Kurde pour liens supposés avec le PKK
  299. 17.10 Tours, syndicaliste étudiant pour activité contre la loi travail
  300. 17.10 Rennes, 6 manifestants anti loi travail, dégradations, violences. Interdit manif.
  301. 17.10 Lyon. Procès Roselyne, collectif étudiants étrangers/assignation résidence expulsion.
  302. 18.10 Rennes, 4 jeunes anti-racistes. Prison avec sursis
  303. 18.10 Verrerie de Graville. Licenciement de 2 délégués CGT activité syndicale
  304. 18.10 Boulogne-sur-Mer, procès d’une militante résistance à la BAC.
  305. 19.10 Marseille Licenciements de 4 CGT du nettoyage lycée militaire d’Aix
  306. 19.10 Anglet. Répression syndicale à la Poste. Tentative de suicide
  307. 19.10 Le Mans. Rassemblement répression Yoplait sec CGT du CE
  308. 19.10. Lyon Part Dieu, Samsic déléguée CNT licencié
  309. 19 o. Expulsion de l’UL CGT du local de Nemours
  310. 19 et 20 o : procès en appel des Goodyear Amiens, 10 000 manifestants. 24 mois sursis .
  311. 20 O. PSA Poissy. 2 militants CGT convoqués menacés pour licenciement,
  312. 21 O. PSA Poissy, 4 CGT convoqués pour sanction.
  313. 21 o, Agen, 2 mois de prison ferme pour jet d’eau sur le maire d’Agen.
  314. 21 o. Tulle. Sec UL CGT Tulle convoqué, dégradations manif loi travail.
  315. 21 o. RATP. Conseil discipline Cémil CGT RATP Croix-Nivert pour syndicat
  316. 22 o : Lannemezan pour I. Abdallah, prisonnier politique, 33ème année de prison.
  317. 22 o. Nice. Procès de Cédric pour avoir aidé des migrants.
  318. 24 o : procès de l’Attiéké à Saint-Denis.
  319. 24 o. Licenciement de Bakary CGT à Aquaboulvard pour activité syndicale
  320. 25 o. Grève dans les TER en Alsace en soutien aux 2 cheminots révoqués
  321. 25 o Lyon. 2 animateurs Radio Canut, “provocation au terrorisme” pour une blague.
  322. 26 o. Boulogne; 2 délégués cgt de Continental nutrition licenciés
  323. 26.10 Amiens Procès de 3 occupants d’un logement abandonné
  324. 26 o 2 militants CGT PSA Valenciennes menace licenciement
  325. 27 o, 5 militants condamnés interdits de Calais, 4 jeunes reconduit frontière
  326. 28 o. Free. 3 militants Sud PTT licenciement détournement d’infos
  327. 28 o. Sotteville les Rouen, Résidence St Joseph. Denise CGT licenciement
  328. 29 o. Saint Malo, Licenciement délégué CGT de Condor Ferries
  329. 29 o. G. Glanz de Taranis News sous contrôle judiciaire
  330. 31 o. Paris procès JP. Gille pour occupationde l’hôtel Lutetia en 2013
  331. Nov WestaFrance Xème demande de licenciemeent J Cardon Militant CGT
  332. No. Wafa Dahman France Télé Procès prud’homes discrimination
  333. 2 no Lille, DS CGT Samy de Citeo pour sanctions pour son activité syndicale
  334. 2 no. Paris, présidente d’Act Up a déclaré “homophobe” la Manif pour Tous
  335. 2 no. Marseille. 4 mois de prison ferme, outrage manif contre loi travail.
  336. 3.11 Sophia-Antipolis. Relaxe d’un militant d’Astek poursuivi depuis 3 ans
  337. 3 no. Montpellier. Procès de Cassandre pour jet de la peinture sur CCI
  338. 3 no Bobigny, N. Jounin, Paris 8. 6 moisursis violences manif loi travail
  339. 3 No. Paris Décision contre X. Renou (Désobéissants), pour action pour la Paix .
  340. 3 no Montpellier. Outrage à représentant de l’ordre public
  341. 4 no. Paris Procès de P. Risman secrétaire CGT du Bois et batiment jet de confettis
  342. 4 no. Aix en Provence. Claire, 72 ans, procès, acceuil de 2 réfugiés
  343. 4 no Maubeuge. Poursuites contre P. Dumon CGT pour l’emploi à Sambre et Meuse
  344. 4 no Toulouse, 4 à 1 000 euros de militants BDS pour entrave économique
  345. 4 no. Privas, 2 000 euros avec sursis pour 2 faucheurs volontaires
  346. 5.11 Conflans Jarnisy Répression syndicale CGT au Leclerc
  347. 7.11 Paris Procès de 2 militants collage autocollants antinucléaires sur vitrine LR
  348. 7.11 Toulouse. Convocation de Romain militant NPA occupation siège député PS
  349. 7.11 Bagnolet. Procès Youssef dénoncé assimilation écoles coraniques au fascisme
  350. 7.11 Boulogne sur Mer. Procès d’un militant pour soutien à des migrants à Calais
  351. 8.11 Colmar, discrimination syndicale à l’encontre de Abdelhabib CGT
  352. 8.11 Niort. Procès Nestror dégradation portail Medef et graffiti
  353. 8.11 Paris, procès suite à l’action devant l’hotel Lutétia en 2014
  354. 8.11 Paris, 19ème. 8 intermittents garde à vue occupation du Medef.
  355. 9.11 Strasbourg, Poursuite de 6 syndicalistes pour manif loi travail Hagenau
  356. 9.11 Paris. L. Pora d’Act Up : la “manif pour tous ” est homophobe
  357. 9.11 Pointe à Pitre. Procès de Marvyn lycéen terroriste pour phrase malheureuse
  358. 9.11 Soissons. Sec. CGT hôpital Soissons, menaces contre activité syndicale
  359. 9.11 Metz, procès 2 militants 1 CGT PSA Tremery manif loi travail
  360. 9.11 Paris. Comparution H. de La Chapelle Debout, A. Collectif de soutien exilés
  361. 9.11 Paris condamnation des 7 déboulonneurs amendes de 100/300 euros
  362. 9 no Montpellier. Contre 1 militant pour violences contre police le 31 mars
  363. 9 no. Dunkerque, Sanctions contres des éboueurs grévistes
  364. 9 no. Béthune, Comparution de R. Gobert CGT Territoriaux, propos sur FB.
  365. 10 no, Sevrey, Amazon, Yves délégué CGT et 2 autres préalable licenciement
  366. 10 no Melun. Procès du Dal pour critique dirigeant d’hôpital
  367. 10 no. Strasbourg, militante CGT 1 mois sursis pour loi travail
  368. 10 no, Avignon Procès outrage aux forces de police
  369. 12 no, Le Havre, 3 mineurs en garde à vue pour des tags
  370. 13.11 Saône et Loire. Baffy. Répression contre Fabien militant Sud
  371. 14.11 Toulouse condamnation à 1 000 euros 4 militants BDS entrave économique
  372. 14.11appel des condamnés du centre de rétention de Vincennes (2008)
  373. 14. 11Tarbes, IME J. Forgues Anras, Iza CGT menacée sanction activité syndicale
  374. 14.11 Strasbourg, 2 mois de prison ferme contre loi travail, refus fichage ADN
  375. 14.11 Caen, S. DUFOUR sec CGT à Caen La Mer, pour défense employé.
  376. 15.11 2 militants CGT de l’hôpital Mondor, sanctions pour grève
  377. 15.11 Paris. Jugement d’un élève de l’ENS pour violences
  378. 15.11 Procès I. Thenot CGT IME J. Forgues Tarbes
  379. 15.11 Tours. Procès Solidaires camion sono sur les rails du tram manif loi travail
  380. 15.11 Ariège. Procès de 2 syndicalistes de la Conf. Paysanne diffamation
  381. 16.11 Mulhouse. Meeting répression syndicale SNCF licenciement 2 syndicalistes Sud.
  382. 16.11 Sevrey, Amazon, Entretien préalable à licenciement pour Gaby militant CGT
  383. 16.11 Seine Maritime. Manif contre répression syndicale au Conseil Départemental
  384. 17.11 Amiens convocation de 4 intermittents pour l’occupation du Medef
  385. 17.11 Angers. Bluelink condamnée pour discrimination syndicale
  386. 17.11 Paris; J. Panetier, condamné prison pour loi travail et interdit de manifestation
  387. 17.11 Agen. Procés 2 syndicalistes agricoles, dégradations en juin 2014
  388. 17.11 Guingamp. Procès de Nuit debout ; a bravé l’interdiction de rassemblement
  389. 17.11 Lorient. Procès de 3 faucheurs volontaires d’OGM
  390. 17.11 Montpellier. 1 mois de prison avec sursis ; jet de ballon de peinture
  391. 18.11 Nancy, SNCF Mobilisation répression syndicale J. Merlier, N. Guillaume
  392. 18.11 PariS Mégabus Opération escargot. Pousuites pénales
  393. 18.11 Prud’hommes. Xavier Mathieu et 2 délégués Continental refus payer .
  394. 18.11 6 mois de prison ferme, consultation d’un site d’étude des Jihadistes
  395. 18.11 Lille Roubaix Tourcoing. SNCF conseil de discipline pour 7 cheminots.
  396. 19.11 Mesnil-Amelot Un français placé en CRA par erreur
  397. 19.11 Bayonne. Manif pour la libération d’I. Fernandez, prisonnier politique Basque
  398. 20.11 Paris. 15 interpellations de pro-kurdes dans une manif anti Erdogan
  399. 22.11 Grenoble. 500 euros avec sursis pour distribution de tract
  400. 22.11 Marseille. Procès docker de Fos sur Mer manif contre la loi travail.Grève
  401. 23.11 Beaumont. détention 2 frères A. Traoré jusqu’au 14.12 outrage et rébellion
  402. 23.11 Corse. Levée assignation résidence, libération conditionnelle 4 nationalistes
  403. 23.11 Nice. Poursuite d’un agriculteur de Breil sur Roya pour aide à des réfugiés
  404. 23.11 5 militants anti NDDL interdits de séjour à NDDL
  405. 23.11 Jugement du sec.UL CGT Caen pour outrage lors de manif contre loi travail
  406. 23.11 Vitrolles J. Jacques CGT, M. Pinci Filpac CGT, entretien préalable Ricobono
  407. 23.11 Licenciement F. Zannier militant CGT à Epic Eau de Paris
  408. 24.11 Guyancourt. salarié Renault meurt après entretien pour sanction disciplinaire
  409. 24.11 Aulnay sous Bois, 5 habitants arrêtés pour affiches contre l’homophobie
  410. 24.11 Nice 6 mois de prison avec sursis requis pour avoir aidé des migrants
  411. 25.11 Mesnil-Amelot, 2ème français placé en CRA par erreur
  412. 25.11 Rennes. Appel et relaxe de 18 automobilistes escargot anti NDDL
  413. 25.11 Toulouse, 2 féministes poursuivies pour violences en manif.
  414. 25.11 Paris, 2 Dockers CGT du Havre violences le 14 juin. Grève et manif
  415. 25.11 Paris, Procès d’un militant suite à un mouvement de migrants le 12 août.
  416. 25.11 Quimperlé, 3 faucheurs volontaires en gendarmerie
  417. 25.11 Mise en cause de 25 bourses du travail CGT
  418. 26.11 Vincennes; Manif pour S. Dame enfermé depuis 3 semaines avant expulsion
  419. 28.11 Nantes Procès d’un militant CNT Loi Travail Relaxé
  420. 29.11 Cahors 2 syndicalistes CGT convoqués pour dégradation
  421. 30.11 Bobigny. Délibéré pour les 16 d’Air France
  422. 30.11 Marseille. G. Benhamou. sec. CGT EDF pour manif loi travail
  423. 30.11 Mamoudzou Mayotte. Sec. Snuipp convoqué violences
  424. Decembre ? Setin Normandie. Licenciement de militants CGT
  425. 1.12 Nice. Pocès de Ben Photographe pour photos en faveur de migrants
  426. 1.12. Varennes le Grand. Sanction syndicaliste de l’administration pénitentiaire.
  427. 2.12 Toulouse, 28 pompiers sanctionnés pour manif.
  428. 2.12 Aix en Provence confirmation en appel pour aide à 2 migrants à Antibes
  429. 3.12 Procès de Amil postier pour manifestation contre la loi travail
  430. 5.12 Pontoise, Commission d’expulsion de A. Yildiz militant anti erdogan
  431. 5.12 Figeac. Licenciement de Bueno de Ratier par M. El Khomri
  432. 6.12 Laval. 250 euros d’amende pour “casse toi pov con” à E. Macron
  433. 6. 12 Montpellier 3 étudiants pour manif du 15.09.
  434. 6.12 Montpellier Procès en appel de Saadia et Hussein
  435. 6.12 Paris. Licenciement de F. Zannier, CGT Eau de Paris
  436. 6.12 Macon; licenciement de 6 militants syndicaux chez Florette
  437. 6.12 Versailles, Procès de G. Guirante sud poste 92 séquestration en 2010
  438. 6.12 Laval. Outrage à Macron. “Casse toi pov con”
  439. 6.12 Toulouse, 3 mois prison avec sursis pour manif loi travail
  440. 6.12 Toulouse. 2 pompiers gardés à vue violences en manif
  441. 7.12 Biarritz Dassault 1 million d’Euros pour discrimination envers 17 militants
  442. 7.12 Bondy. Interpellation d’un jeune dans son lycée pour enquête sur le PKK
  443. 7.12 Arrestation Bretagne militant loi travail. Prison préventive. Procès le 19.01
  444. 8.12 Procès suite à l’occupation du Medef en juin 2016
  445. 8.12 Paris, Procès de Loïc de Jolie Môme, envahissement du Medef juin
  446. 8.12 Condamnation du sec de la CGT Mayotte pour fait de grève
  447. 8.12 Marseille. Licenciement de 2 CGT à l’EHPAD les parents
  448. 9.12 Paris procès en appel de Hugo loi travail
  449. 9.12 Rennes. Jugement de 5 interdictions de manifester
  450. 10.12 Tarbes, 17 assignation contre les grévistes de la clinique de l’Ormeau
  451. 10.12 Marseille. Licenciemetnmilitatn CGT Travaux. com
  452. 10.12 Marseille Licenciement de militant CGT FDC
  453. 12.12 Procès de 3 lanceurs d’alerte Luxleaks au Luxembourg
  454. 12.12 Manif libération d’Antonin, Kara, Nicolas en prison depuis 6 mois loi travail
  455. 12.12 Issy les Moulineaux Manif mise à pied militant CGT Monoprix Gambetta
  456. 13.12 Rennes, Procès Anthony CNT Thalès. Risque prison et licenciement
  457. 13.12 Paris Procès d’Adil (Postier du 92) pour manif loi travail.
  458. 13.12 Cahors. Procès de 2 militants pour dégradation contre locauxPS
  459. 13.12 Vendôme 80 cas de répression syndicale CGT en Loir et Cher
  460. 13.12 Clermont-ferrand Procès de 3 inculpés pour dégradations loi travail
  461. 13.12 Montpellier. Ninon, Loick, Soline, 6, 12 mois de prison avec sursis. Loi travail
  462. 13.12 Conseil de discipline pour Mylène CGT administration pénitentiaire
  463. 14.12 Bordeaux. 300 euros d’amende à un zadiste pour avoir envahi un golf
  464. 14.12 Mulhouse. Licenciement de militante CGT HTCR. Rassemblement
  465. 14.12 Mobilisation pour les frères Traoré. Prison ferme
  466. 15.12. Lot. Relaxe pour un militant CGT et un Nuit Debout
  467. 16.12 Paprec la Courneuve. Répression contre un militant CGT
  468. 16.12 Cherbourg. Saisie du matériel informatique d’un militant Greenpeace
  469. 16.12 Cahors. Prud’hommes répression syndicale 3 délégués à Lisi
  470. 17.12 Thiais. Manif contre répression syndicale à Ikea
  471. 17.12 Le Havre. Commémoration de la mort d’A. Camara
  472. 17.12. Lillebonne entreprise B3, licenciement d’un militant CGT
  473. 17.12 5 militants basques arrêtés par le RAID
  474. 19.12. Vienne. scientifiques contre l’assignation à résidence de H. Achleur
  475. 19.12 St Nazaire. Sides. Licenciement d’un militant CGT pour avoir parlé à la presse
  476. 20.12 Nantes. Procès contre militants loi travail
  477. 20.12 Sevrey, 40 membres de la CGT Amazon ont eu un avertissement pour grève
  478. 22.12 Chalons en Champagne, Procès pour avoir ralenti les travaux d’un skate Park
  479. 21.12 Cherbourg Saisie de l’informatique d’un militant antinucléaire par la DGSI
  480. 21.12 Grenoble Matraquage de manifestants par la police
  481. 22.12 Alès Licenciement militant CGT Cora pour défense collègue
  482. 22.12 Air Austral. Licenciement militant syndical lanceur d’alerte refusé
  483. 23.12 licenciement d’un militant CFDT Cora Essey les Nancy
  484. 26.12 procès de Tylab évacué de Calais : s’est soustrait à mesure d’éloignement
  485. 27.12 Nantes. Procès contre militants loi travail
  486. 29.12 Alès Rassemblement contre licenciement militant CGT Cora
  487. 29.12 La réunion. Clinique St Jospeh. Sanction contre 3 grévistes
  488. 2.01 St Rome de Tarn. Ehpad Licenciement de deux militants CGT
  489. 4.01 Nice procès de C. Herrou pour accueil de migrants. Roya
  490. 4.01 Nice, procès J. Nicollet.?? Accueil de migrants.?? Vallée de la Roya ??
  491. 5.01 Bobigny Procès Nicolas P. Cheminot loi travail.
  492. 5.01. Agen 4 mois de prison avec sursis pour 2 manifestants agriculteurs
  493. 5 .01 Paris, Procès de Valentin, manif anti 49.3, Ernest et Sylvio (CNT)
  494. 5.01 La Réunion 5 salariés sanction pour grève Clinique St Joseph
  495. 5.01 Montluçon. Entendu par les gendarmes. coupé l’électricité au Medef. Loi travail
  496. 5.01 Nantes. Procès 2 militants CGT Fonderie Bouhier Insultes. Reporté
  497. 6.01 Colomiers Licenciement d’un militant CGT Actia
  498. 6.01 Paris. Procès Laurent CGT Villejuif SO CGT 94 pour violences Loi travail
  499. 6.01 Nice Procès PA. Manonni pour accueil de migrants.
  500. 6.01 Nice Arrestation de 4 militants aidant les migrants. Vallée de la Roya.
  501. 6.01 Loire Atlantique Entreprises à répression syndicale : Maison de retraite protestante Accoord Chu Stélia UL Sud-Loire UL St Nazaire Edf
  502. 9.01 Procès à Dax “voleur” de chaises contre l’évasion fiscale
  503. 9.01 Mont de Marsan Procès Pétot faucheur de chaises
  504. 10.01 Paris New Look procédure de licenciement pour Moussa, Solidaires
  505. 10.01 Paris Cassation. Les 8 de Tarnac ne seront pas jugés pour terrorisme
  506. 10.01 Nantes Soutien manifestants agressés par employeur/automobiliste Loi Travail.
  507. 11.01 Grenoble, Expulsion de Ted et M. Gaelle présents en France depuis 12 et 5 ans
  508. 11.01 St Nazaire. Sides, licenciement d’un militant CGT
  509. 10.01 Vernouillet Leroy Merlin Discrimination syndicale mise à pied
  510. 11.01Amiens. Goodyear 5 condamnés à 12 mois avec sursis, 2 à 2 mois, 1 relaxé
  511. 11.01 Luzennes Militant CGT en procédure de licenciement à Leroy Merlin
  512. 12.01. Montbeliard. Procès D. Henry Syndicaliste paysan refuse fichage génétique
  513. 12.01 Chateauroux. Menace d’expulsion des syndicats de leurs locaux
  514. 12.01 Armentières. Mairie, répression syndicale
  515. 12.01 Paris. militante Femen 600 euros d’amende dégradation statue Poutine
  516. 13.01 Auch. Procès C. Mousseron, lanceuse d’alerte pour IME Reporté
  517. 13.01 Paris. Licenciement d’un militant CGT Marks et Spencers en pleine grève
  518. 13.01 Outreau. Manif soutien à un étudiant condémné loi travail
  519. 13.01 Albi Procès d’Enedis contre CAAT pour accueil des réfugiés dans ses locaux
  520. 13.01 Auch Procès C. Boussié lanceuse d’alerte à l’IME Moussaron
  521. 14.01 Boulogne/mer Concert soutien amende 1400 euros, 2 étudiants oeufs et farine sur banque 2 mois sursis
  522. 16.01 Mayotte. Un syndicaliste de Longoni amendes a dénoncé la corruption
  523. 16.01 Coueron Convocation 2 personnes don à des personnes condamnées amende
  524. 17.01 Caen. Sec. Ul CGT a dénoncé la violence policière
  525. 17.01 Strasbourg. Nouveau procès des 6 de Hagenau. Prison sursis requis
  526. 17.01 Casteljaloux, Seico 2 militants licenciés
  527. 17.01 Paris. 2ème procès pour H. El Assimi La Chapelle Debout Rafle migrants
  528. 17.01 Marseille. 4 aides soignantes Ehpad les parents sanctionnées, 2 licenciées
  529. 17.01 Marseille. Virginie convoquée au commissariat critique de l’Ehpad
  530. 17.01 Paris. 2 salariés de la Maison Kangourou licenciés pour avoir fait grève
  531. 17.01 Boulogne. Procès pour avoir observé une manif migrants. Violences
  532. 17.01 Sap France condamné pour discrimination syndicale
  533. 18.01 Mulhouse. Procès Jeremy. Doigt d’honneur à la police manif loi travail.
  534. 18.01 Paris Procès Alexys
  535. 18.01 N. Rick intermittent 4 mois de prison avec sursis solidarité avec intérimaires
  536. 18.01 Nantes. Airbus Discrimination CGT Airbus
  537. 18.01 Nice. C. Herrou et dexu amis en garde à vue
  538. 18.01 Nice L. Giachino en reportage auprès de C. Herrou en garde à vue
  539. 18.01 Toulouse manif soutien à Vage Petoyan risqque d’expulsion
  540. 19.01 Paris. Procès de Gildo et 4, manif 5.07, le 49.3. 4 relaxés, Gildo reporté 8 juin
  541. 19.01. Paris. Procés Damien refus comparution immédiate. Détention préventive
  542. 19.01 Boulogne sur mer. Procès violences à Calais
  543. 19.01 Nice Procès Alex Cicciu Accueil migrants
  544. 19.01 Montbéliard. D. Henry militante paysanne 750 euros refus prélèvement ADN
  545. 19.01 Ajaccio. Manif pour amnistie des 20 prisonniers politiques corses
  546. 19.01 Valenciennes PSA, licencié pour joint usagé dans une benne. Report en juin
  547. 20.01 Lens Louvre-Lens discrimination syndicale contre 2 militants
  548. 20.01 Nice Pétition Libérez C. Herrou, Morgan et Lucile
  549. 20.21.22. Paris 3 jours de soutien à A. Traoré
  550. 21.01 Deux Sèvres Département discrimination syndicale
  551. 21.01 LeroyMerlin Luzennes Licenciement d’un militant CGT
  552. 22.01 Lyon Manif pour A. Traoré
  553. 24.01 Versailles. Procès Gael SUD Poste 92, répression syndicale
  554. 24.01 Metz Procès de Teva contre un militant BDS
  555. 26.01 St Denis de La Réunion. Procès de B. Grondin leader LPLP refus d’être juré
  556. 26.01 Villefranche de Rouergue Mac DO. Handicapé discriminé parce que CGT
  557. 26.01 Procès de C. Agon. Militant CGT IBM discriminé
  558. 26.01 Athis Mons Mobilisation de lycéens contre une expulsion
  559. 26.01 Paris N4 Mobilités, 17 grévistes et 4 syndicalistes poursuivis
  560. 27.01 Nantes Concert de soutien à deux manifestants poursuivis loi travail
  561. 28.01 Paris Manif contre la répression
  562. 28.01 Coueron Convocation pour don à des personnes condmnées à amende
  563. 30.01 Bar le Duc, 2 anti “Bure” pour refus de fichage ADN
  564. 30.01 Paris. Garde à vue pour un graffeur sur le siège du PS
  565. 30.01 Dijon Procès 7 manifestants Loi travail Relaxés
  566. 30.01 Chalons en Champagne. Licenciement droit d’alerte pour jeunes en danger
  567. 30.01 Hauts de Seine Hôpital Rives de Seine Licenciement N.Mordi CGT
  568. 31.01 Limoges. Procés 5 personnes tags loi travail + 1pour tags Vinci 17 000 euros
  569. 01. Marseille, 15 comparutions pour entrave du 28 avril
  570. 1.02 M. Palisse militante CGT Disciplinaire sanction pour expression dans la presse
  571. 2.02 Paris. Procès pour avoir outragé le prefet de police de région. Aide aux exilés
  572. 2.02 Paris Mobilisation pour Adama Traoré
  573. 2.02 Quevilly Mobilisation contre un militant CGT licencié à ASTPI
  574. 2.02 Nantes. Procès contre militants loi travail
  575. 2.02 Douai Procès Antoine et François. Manif
  576. 3.02 Quimper Manif antifa 1 GAV manifestait cagoulée
  577. 3.02 Nantes manif anti fa 4 GAV
  578. 3.02 Marseille 12 jeunes poursuivis par la SNCF Loi travail. Fortes amendes. Appel
  579. 4.02 Rosny Manif contre le harcèlement policier du foyer J. Alemane
  580. 5.02 Melun Prof musique licencié pour son activité CNT
  581. 5.02 Paris Fred condamné à 4 mois de prison ferme pour avoir filmé les violences
  582. 5.02 Marseille Procès 12 jeunes/SNCF 5000 eu. amende + 12 000 dommages. Appel
  583. 6.02 Paris, Procès Emmaüs 4 militants 4 mois prison avec sursis amende solidarité
  584. 6.02 Roissy Mise à pied d’un militant CGT Rent a Car à CD
  585. 6.02 Nantes. Procès contre militants loi travail
  586. 7.02 Paris Procès 7 militants occupation Medef
  587. 7.02 Paris Procès Fréd filme les violences policières. Manif A. Nationale 5.07
  588. 7.02 Orly Discrimination syndicale à l’encontre d’élus CGT à l’APF
  589. 7.02 Versailles Procès inspectrice travail Sepur pour réintégration CGT licencié
  590. 7.02 Foix Procès des 2 porte Paroles de la Confédération Paysanne
  591. 7.02 Montpellier Procès 2 militants BDS. Relaxés
  592. 8.02 Lille Procès JL. Munro Aide aux Roms. Violence avec son vélo
  593. 593. 8.02 Nice Procès photographe migrants passant la frontière. Outrage
  594. 8.02 Le Havre Procès deux manifestants loi travail
  595. 8.02 Bobigny Procès 11 jeunes mineurs Manif soutien Théo Aulnay sous Bois
  596. 8.02 Bobigny Comparution immédiate 6 jeunes manif soutien Théo. Aulnay sous Bois 2 condamnés à 6 mois prison ferme
  597. 9.02 Bobigny Comparution immédiate 2 du 93 Villepinte. 105 H TIG prison sursis
  598. 9.02Bobigny Comparution immédiate 1 inculpé 93 Aulnay Contrôle judiciaire
  599. 9.02 Bobigny Comparution immédiate Inculpés du 93. St Denis. 3 mois avec sursis
  600. 8.02 Bar le Duc Procés de S. Lindström. Occupation forêt Bure
  601. 9.02 Paris Procès de Lluc 12 mois de prison avec sursis requis Loi travail
  602. 9.02 Paris Manif contre délit de solidarité
  603. 9.02 Lille Procès d’un élu. Il aurait heurté avec vélo un policier Manif pour les Roms
  604. 9.02 Agen Eric Petetin carafe d’eau sur la tête du député mair d’Agen
  605. 9.02 Dijon Manif contre criminalisation de la solidarité et 12 procès
  606. 9.02 Nantes Manif pour Théo 20 GAV
  607. 10.02 Nice Procés Cédric Hérou Aide aux migrants. Manif aussi àLyon
  608. 10.02. Paris, procès de Cyril et 6 militants pour dégradations au Medef
  609. 12.02 Nancy 3 agriculteurs condamnés à plusieurs mois de prison pour manif de juin
  610. 13.02 Bobigny Comparution immédiate 2 du 93 Théo Blanc Mesnil. Reporté à Sept.
  611. 13.02 Bobigny Comparution immédiate 2 du 93 Gagny. Amendes avec sursis
  612. 13.02 Bobigny Comparution immédiate 3 du 93. 6 mois de prison avec sursis
  613. 13.02 Bobigny Comparution immédiate 1 du 93. Relaxe
  614. 14.02 Bobigny Comparution immédiate 5 du 93. 220 heures TIG, prison avec sursis
  615. 14.02 Solidarité Théo : 236 GAV, 55 poursuites, 14 incarcérés, 1 an de prison ferme
  616. 14. 02 Paris Procès rappeutr Jo le Phéno incitation à la haine contre la police
  617. 14.02 Martinique grève répression syndicale SOEM 4 grévistes
  618. 14.02 Besançon Garde à vue pour 19 étudiants occupant fac de Besançon
  619. 15.02 Paris Procédure licenciement militant CGT CarrefourMarket
  620. 15.02 Rouen Comparution immédiate Manif Solidarité Théo
  621. 18.02 Melun Prof musique licencié pour son activité CNT
  622. 20.02 Montpellier. Licenciement E. Lacoste militant CGT Hémodyalise
  623. 20.02 Paris. TA. Etudiant sans papiers. Menace d’expulsion
  624. 20.02 Paris Procès pour manif pour Théo à Ménilmontant. Repoussé au 4.04
  625. 21.02 Chenove Faucheurs Volontaires destruction de bien vol herbicide BASF
  626. 21.02 Paris 13 interdictions de manifester lycéens considérés membres du Mili
  627. 21.02. Paris. Renvoi du procès de L. Citation pour rébellion
  628. 22.02 Rouen manifestant de 14 ans en examen Dégradation en réunion pour Théo
  629. 22.02 Rouen. Perquisitions chez Lycéens quartier St Julien. Manif soutien Théo
  630. 23.02 Nantes manif soutien Théo 4 GAV
  631. 24.02 Tourcoing Brasserie des 3 brasseurs; Serge CGT entretien préalable à sanction
  632. 24.02 Montpellier Manif Soutien à Théo Michael 6 mois de prison ferme
  633. 27.02 Paris, 16 lycéens en garde à vue lors des manifs de soutien à Théo
  634. 28.02 Montpellier Procès du Royal occupé, vitrine de la lutte contre la loi travail
  635. 28.02 Caen Franck Merouze CGT . Relaxe
  636. 2.03 Paris Stephanie. Loi travail. Outrage et violence alors qu’elle a été insultée
  637. 2.03 Lille. Interpellation? Lycéen pour pour entrave à la circulation et rébellion
  638. 2.03 Boulogne sur Mer Procès de Gaspard Glantz fondateur Taranis News
  639. 2.03 Tarbes clinique de l’Ormeau. Procédure licenciement gréviste
  640. Mars. Nantes. En examen pour avoir porté une croix rouge manif Date ?
  641. 6.03 Amiens Procès en appel des 5 inculpés d’Amiens Loi travail
  642. 6.03 Paris Mobilisation pour réintégration de Marie à Novasol
  643. 6.03 Rouen 2 manifestants soutien à Théo poursuivis
  644. 6.03 Paris Rassemblement contre licenciement militant CGT Courteille-Garanka
  645. 6.03 Paris Procès Dal et Jeudi Noir par un promoteur dégats lors d’occupation
  646. 6.03 Blagnac Prud’hommes CGT Hippopotamus Blagnac
  647. 6.03Verdun St Mihiel Hôpital discrimination syndicale CGT
  648. 6.03 Borgu arrestation d’un june corse pour jet coktail molotov
  649. 7.03 Paris Verdict Procès Fred filme les violences policières 8 mois fermes requis
  650. 7.03 Paris Prud’hommes, 2 correcteurs de Wolters Kluwer menacés
  651. 7.03 Cherbourg responsable CGT convoqué au commissariat
  652. 7.03 Rouen. Procès violences jeunes/Théo 6 mois (ferme/sursis ?)
  653. 7.03 Seine St Denis 55 GAV lycéens 44 mineurs manif soutien Théo
  654. 8.03 Metz. Procès Yann (PSA) et Denis, Loi Travail
  655. 8.03 Le Vertout Débrayage chez BN militant CGT licencié
  656. 9.03 St Denis 6 lycéens mis en examen pour manif soutien à Théo
  657. 9.03 Montpellier Procès de l’Utopia 03
  658. 10.03 Lycée Suger 8 lycéens condamnés comparution immédiate violences
  659. 10.03 Paris. Procès une personne aide exilés, outrage coups et blessures
  660. 13.03 Guadeloupe Pole emploi Mobilisation pour une réintégration militante
  661. 13.03 Marseille Procédure licenciement CGT McDonald’s
  662. 15.03 Kremlin Bicêtre Lycée D. Milhaud 6 jeunes en GAV solidarité Théo
  663. 15.03 Bastia procés P. Salort indépendantiste corse
  664. 15.03 Marseille licenciement 4 militantes CGT Ehpad Korian. Rassemblement
  665. 15.03 Rouen Procès pour occupation ferme des Bouillons. 7 mois fermes requis
  666. 15.03 Paris Banque Chaabi licenciement d’un militant FO Rassemblement
  667. 15.03 Yacouba Traoré 18 mois ferme Doum’s 15 mois fermes
  668. 15.03 Chevilly la Rue 8 interpellations lycéens. Solidarité avec Théo
  669. 16.03 Rouen Tribunal Administratif. Rassemblement. Expulsion soudanais 17 ans
  670. 16.03 Lyon Pole Funéraire grève contre licenciement ex délégué CGT
  671. 16.03 Le Havre Enième convocation de R. Kubecki CGT Le Havre à la Gendarmerie
  672. 16.03 Montpellier Procès J. Panetier déjà en prison cet été, menace de prison ferme
  673. 16.03 Mulhouse Suicide Fred CGT SNCF harcelé par la direction
  674. 17.03 Dreux Sodehxo licenciement militant CGT Grève
  675. 17.03 Chambery N. Pradelle SNCF procèdure de révocation
  676. 17.03 Bordeaux S. Nouzared Insulte envers cex chef de la gendarmerie de Gironde
  677. 17.03 Cachan 11 interpellations lycées. Solidarité avec Théo
  678. 17.03 St Quentin Ondulys, harcèlement, poursuites judiciaires militant CGT
  679. 20.03 Paris Menace expulsion Louise étudiante Paris 7
  680. 21.03 Paris. Procès : 1100 euros pour rebéllion sans motif d’interpellation loi travail
  681. 21.03 Paris Loic Citation condamné à 1 000 euros Appel
  682. 21.03 Calais 20 militants anti Fillon condméns à amende pour concert de casseroles
  683. 23.03 Bordeaux Relaxe de 4 militants DAL aide à sans logis
  684. 23.03 Paris Procès 4 militants Greenpeace pour avoir tagué le siège EDF
  685. 23.03 Nantes. Prud’hommes, S., licenciée pour changement de sexe. Report en juin
  686. 24.03 Le Havre Nouvelle convocation du secrétaire de l’UL CGT
  687. 24.03 Paris Emirates Procès Licenciement M. Modjaverian militant CGT
  688. 25.03 Niort Conforama Militatne CGT séquestrée
  689. 25.03 Quimper Procès 3 militants antifascistes contre manif FN
  690. 28.03 Versailles Nème poursuite contre Gael Guirante Sud poste. Rassemblement
  691. 28.03 Paris Meurtre de Liushaoyo par la BAC Manif 9 gardes à vue
  692. 29.03 Lille. Expulsion Mohamed Bonnet Rouge Manif
  693. 29.03 Paris SNCF Rassemblement anti-répression 2 militants FO St Lazare
  694. 30.03 Paris Rassemblement soutien Liushaoyo tué par la police
  695. 30.03 Rouen Rappel à la loi. Participation attroupement après sommation dispersion
  696. 31.03 Périgueux Jugement de 6 agriculteurs pour dégradations
  697. 31.03 Ales. 2 militants CGT Cora licenciés divulgation secret commercial
  698. 31.03 Paprec rassemblement contre refus réintégration militant CGT Mamadou
  699. 2.04 Pas de Calais 15 personnes ont amende pour concert de casserole corruption
  700. 2.04 Bordeaux Tir de flashball en pleine tête lors manif anti Le Pen et 7 GAV
  701. 3.04 W avrechain sous Denain Manif contre discrimination syndicale
  702. 4.04 Quimper 35 H de TIG pour protection d’un pasteur de 83 ans Charge de police
  703. 4.04 Le Havre délégué CGT Seita le Havre menacé licenciement. Rassemblement
  704. 4.04 Nice Proces Francesca Aide à des immigrés
  705. 4.04 Aulnay sous Bois 1 militant association locataires en GAV avant manif
  706. 4.04 Béziers 3 militants anti-éoliennes en GAV
  707. 4.04 Paris. Proces Faty CGT Pullmann. Discriminée
  708. 5.04 Hénin Beaumont. Révocation de R. Gobert CGT territoriaux
  709. 5.04 Bar Sur Aube. Grève de la faim contre répression syndicale 2 cgt à Aube Beding
  710. 5.04 Tremblay Discrimination CGT Rent a Car
  711. 5.05 Nephrocare licenciement militant CGT Lacoste
  712. 6.04 Osny Manif basque pour trois prisonniers
  713. 6.04 Strasbourg F. Fillon enfariné 2 en GAV
  714. 6.04 Chinon C. Nucléaire médecin du travail condamné Lien entre travail et santé
  715. 6.04 Aubervilliers OP HLM Licenciement CGT Kamara
  716. 6.04 Palaiseau. Centre détention administra. 9 grèves de la faim. Détention arbitraire
  717. 7.04 Paris Ehpad Korian manif militants CGT licenciés Fatima Paris, Waïba Lyon, Dominique Clermont-Ferrand, Clara Castera, Hella, Isma, Catherine à Marseille
  718. 7.04 Tourcoing Licenciement 2 CGT Bar la Duc d’Havré
  719. 7.04 Douai Licenciement d’une militante CHSCT Crèche Rigolo.
  720. 8.04. 92. Redouane sud poste 92 sanctiosn disciplinaires
  721. 10.04 Hayange; Mairie commisssion disciplinaire pour militant CGT suite grève
  722. 11.04 Le Havre procés 2 militants loi travail de Rouen
  723. 11.04 Bar le Duc Procès d’un faucheur de chaise
  724. 11.04 Rennes. Procès G. Glantz Taranis News. Insultes policiers. Loi travail
  725. 12.04 Gennevilliers Snecma 9 militants CGT poursuivis depuis 10 ans
  726. 13.04 Rouen Procès pour attroupement après sommation de se disperser
  727. 13.04 Lamentin Martinique Poursuites de 4 militants CGT SOEM
  728. 12.04 Pau. Procès du maire de Tarnos pour banderolle dénonçant le vol sur budget
  729. 13.04 92 Xavier SUD Poste 92 entretien préalable licenciement
  730. 13.04 Nord Nordine CGT discrimination syndicale
  731. 13.04 Hayange Mairie Discrimination syndicale CGT
  732. 18.04 Caen Licenciement militant CGT NXP
  733. 19.04 Quimper Convoqué ? Militant cooridnation défense des services publics
  734. 20.04 Guyane Inspectrice du travail victime du racisme discriminée
  735. 20.04 Lens 2 militants CGT EDF convoqués pour les mardis de la colère
  736. 23.04 Paris Ménilmontant 29 GAV Manif anti fascistes
  737. 23.04 Strasbourg 1 GAV manif antifa
  738. 23.04 Nantes Manif anti Marine et Macron 1 GAV
  739. 23.04 Bordeaux manif anti Marine et macron 2 GAV
  740. 23.04 Paris 10 comparutions immédiates suite au 23.04 Refus prélèvement ADN
  741. 23.04 Hénin Beaumont GAV journaliste J. Krist pour “rebellion”
  742. 23.04 Strasbourg manif antifa 1 mineur en GAV
  743. 24.04 Paris 4 mois de prison ferme pour manif antifa du 23.04
  744. 24.04 Blois Militant licencié pour avoir déclaré une manif. de soutien aux Roms
  745. 24.04 Nice Procès Marie-Rose et Eric. Aide entrée d’étrangers en situation irrégulière
  746. 24.04 Paris C. Lietchi CGT Energie Paris convoqué commissariat pour 4 bouteilles
  747. 25.04 Versailles Procès en appel de Bagui Traoré
  748. 25.04 Paris 2 comparutions immédiates pour manif du 23.04
  749. 27.04 Dôle Fromageries Arnaud Procès appel Discrimination syndicale
  750. 27.04 Rennes Manif ni Le pen Ni Macron 2 GAV, 10 manifestants commissariat
  751. 27.04 Lille 7 GAV manif anitfa. 1 procès en juillet
  752. 27.04 Nantes. Manif antif 1 GAV
  753. 27.04 Aix en Provence Procés expulsion menacé de mort au Soudan. Délibéré 22.06
  754. 27.04 Paris Procès lycéen levallois manif Théo manif 5.04
  755. 28.04 Paris Licenciement militant CGT CMM Logic Immo
  756. 1.05 Paris manifestation 5 arrestations
  757. 1.05 Martinique Manifestation 5 arrestations
  758. 2.05 Bar Le Duc Procès 2 militants anti Bure
  759. 2.05 Aulnay sous Bois Rappeur Fianso et 2 autres GAV clip = manif illégale
  760. 3.05 Paris 5 mois prison avec sursis pour violences manifs 1er mai
  761. 3.05 Seine et Marne 3 lycéens en examen pour avoir fabriqué 17 cocktails molotov
  762. 3.05 Nice 5 pompiers en GAV pour manif sur autoroute 22.02
  763. 3.05 Aulnay sous Bois Procès rappeur Fianso relaxé vice de forme
  764. 3.05 Nancy G. Theis CGT EDF convoqué commissariat
  765. 4.05 Rennes Appel procureur contre relaxe G. Glanz Taranis News
  766. 4.05 Ancenis 2 syndicalistes CGT Fonderies Bouhyer condamnés pour injures
  767. 5.05 Le Mans Setram grève répression syndicale FO
  768. 5.05 L’Hôpital Rassemblement devant la mairie contre les discriminations syndicales
  769. 5.05 Thouars Pétition Contre licenciement syndicaliste Super U
  770. 6.05 Massy Mort de Curtis poursuivi par la police rassemblement
  771. 7.05 Paris Manifs anti-Macron Ménilmontant 9 GAV. Nantes 5 GAV
  772. 7.05 Guingamp Procès 4 manifestants. Blocage train loi travail
  773. 7.05 Béthune 7 femen en GAV Perturbent le vote deM. Le Pen Procès septembre
  774. 7.05 Nantes manif anti macron 8 GAV
  775. 7.05 Besançon manif anti-macron 2 GAV
  776. 8.05 Paris 69 assignations à résidence
  777. 9.05 Paris 2 Comparutions immédiates des 9 des Ménilmontant. 2000 euros d’amende, appel procureur, report
  778. 9.05 Dijon, Procès faucheur volontaire refus de prélèvement ADN
  779. 9.05 Rodez. Violences policiers, manif transforamteur électrique. Reporté 10.10
  780. 9.05 Cergy Rassemblement contre révocation de Yann sud poste 91
  781. 10.05 Nice Procès de 4 citoyens aidant les migrants
  782. 10.05 Paris Comparution immédiate de certains des 9 de Ménilmontant
  783. 10.05 Evry. TGI 2 comparutions immédiates pour rassemblement pour Curtis du 6.05
  784. 11.05 Nimes Procés Aurélien Loi travail Relaxe
  785. 12.05 Lille Rassemblement pour dénoncer l’assassinat militant antifa par fascistes
  786. 12.05 Corse 12 GAV 7 militants nationalistes en examen : Coktail Molotov en 2016
  787. 12.05 Guingamp Procès 4 militants blocage de gare. Relaxés
  788. 14.05 Evry Rassemblement pour la vérité sur Curtis
  789. 15.05 Le Havre Nouvelle convocation R. Kubecki CGT au commissariat
  790. 15.05 Montpellier Jules convoqué commissariat Royal occupé
  791. 16.05 Niort Procès Nestor loi travail
  792. 16.05 Nice Procès 4 aides aux migrants. Délibéré le 24 juin
  793. 16.05 JM Rouillan 18 mois de prison. Apologie terrorisme. Peine aménageable
  794. 17.05 Nantes Procés 6 jeunes NDDL Opération escargot Relaxés
  795. 17.05 Caen Procès 1 personne expulsion d’un squat
  796. 17.05 Strasbourg rassemblement contre révocation Mathieu Sud Rail Mulhouse
  797. 18.05 Reuil Malmaison Mairie multiples discriminations CGT Rassemblement
  798. 18.05 Lille Sec CGT Lille convoqué commissariat plainte pour injures
  799. 18.05 Douai Convocation au commisariat de SEC. CGT Mines Energie Douai
  800. 19.05 Montpellier Jules à nouveau convoqué commissariat Royal occupé
  801. 19.05 Houdain. Mairie Conseil discipline Guillaume CGT
  802. 19.05 Nice rendu procès Francesca, aide aux migrants. 1000 euros d’amende. Appel
  803. 20.05 Aulnay sous Bois. La Rose des vents, suite Théo 3 GAV
  804. 21.05 Aulnay sous Bois Hadama Traoré GAV suite de la veille
  805. 21.05 Vaulx en Velin. Mobilisation pour relancer l’enquete sur la mort de Mehdi
  806. 22.05 Nesle MGI Coutier licenciement militant CGT, pause café trop longue
  807. 23.05 Isle sur Sorgue Ehpad Clos des lavandes. Réintégration CGT. Rassemblement
  808. 23.05 St Etienne 3 jeunes de la lutte loi travail pour refus prélèvement ADN
  809. 23.05 Mamoudzou. Procès de 10 grévistes de Colas : violences lors de la de grève
  810. 27.05 Valenciennes PSA poursuit 19 grévistes
  811. 28.05 Paris 18eme. Jet d’eau sur El Khomry. Gav et proces “violences”
  812. 29.05 Lille. Pierrick CGT licencié Transfert Press. Rassemblement
  813. 30.05 Rennes 7 interpllations manif agressions 2 motards police
  814. 31.05 Procès E. Domota UGTG pour violence.
  815. 31.05 Cergy Foued arreté et incarcéré depuis cette date
  816. 31.05 Guyane Constant Romain syndicaliste UTG pour violence
  817. 31.05 Besançon Procès 3 étudiants pour actions militantes
  818. 2.06 Rennes Procès 3 manifestants. Manif 28.04 Refus comparution immédiate
  819. 2.06 Tourcoing Westa France mesures disciplinaires militant CGT
  820. 6.06 Lyon Procès militant anti squatt Gud
  821. 6.06 Guyane a 5 des 500 frèfres pour blocage impots
  822. 7.06 Boulogne Procès Gaspard Glanz Taranis news
  823. 7.06 Rennes Procès “agressions” contre policier/sorti son arme. 6 mois prison sursis
  824. 7.06 Paris Mise en GAV de Amal Bentounsi A photographié des policiers violents
  825. 8.06 Gildo procès manif 49.3. 1500 euros d’amende. Délibéré 6.07
  826. 8.06 Paris Mise en examen de 2 personnes pour avoir témoigné contre la police
  827. 8.06 Nimes 5 viticulteurs entendus par la police
  828. 8.06 Rennes Violence contre policier. 2 arrestations lors du procès
  829. 8.06 Montpellier 4 viticulteurs entendus par la police
  830. 8.06 Mulhouse Soutien à Abdelhamid CGT
  831. 9.06 Paris Procès appel Sadok soutien aux migrants. 6 mois de prison ferme
  832. 11.06 St Pierre Réunion procés 5 planteurs
  833. 11.06 St Denis Réunion Procès 6 planteurs
  834. 12.06 Versailles, Procès 2 Militants L214 pour une caméra dans un abattoir
  835. 12.06 Caen 2 étudiants staps conseil discipline pour grève
  836. 12.06 Cherbourg CGT Energie convoquée au commissariat
  837. 14.06 Rouen Procès en appel de Laurent CGT 76. Rendu 10.07
  838. 15.06 Corse Pole emploi grève contre la répression de 5 militants STC
  839. 15.06Paris Xxème. Wahid. 90 jours ITT. Violences policières
  840. 15.06 Strasbourg Discrimination CGT Mas OberkirchAPF. Rassemblement
  841. 15.06 Montpellier. Procès R. Abauzit. A dit du mal d’un patron
  842. 16.06 Foix, Procès 10 Faucheurs volontaires destruction pesticide, Renvoyé au 17.08
  843. 19.06 Aix en Provence Procès Herrou aide aux migrants
  844. 21.06 Rennes. Policier braquant son arme, 4 manifestants à la prison ferme.
  845. 21.06 Nice C. Herrou en GAV pour aide aux migrants
  846. 21.06 C. Euro. Droits de l’homme. Procès JM. Eycaguer. Conf. Paysan. Refus ADN. Etat français condamné.
  847. 21.06 Le Havre Procès Mika Territorial, pour “enfumage” de la mairie, lors de grève
  848. 21.06 Nantes. Prud’hommes Menace licenciement militant CGT Airbus loi travail
  849. 22.06 Toulouse. Procès TA. 2 syndicalistes Nutribio licenciés pour blocage en grève
  850. 22.06 Besançon. Procès du menuisier anti RSI pour dégradations
  851. 22.06. Asnières. Violences policières contre des enfants pour une bouche d’incendie
  852. 22.06 Pé St Gervais rassemblement pour Akram entre vie et mort/violences policières
  853. 23.06 Paris Procès violences 1er mai
  854. 23.06 Paris Procès 4 personnes soutien aux révoltes des centres de rétension
  855. 23.06 Versailles Procès Farid PSA Poissy. Rassemblement.13 militants mise à pied. 5 procédure licenciement. 48 mises à pied en qq mois
  856. 24.06 Trappes. Violences policières. Mère de famille blessée par la police
  857. 25.06 Cergy. Rassemblement justice pour Foued Pontoise
  858. 26.06 Aix en Provence procès Manonni aide aux migrans
  859. 26.06 Caen. Procès appel 10 manifestants paysans
  860. 26.06 Bordeaux 4 syndicalistes CGT ford Blanquefort dont P Poutou condamnés
  861. 27.06 Douai José CGT Bombardier Appel. Licencié pour grève loi travail
  862. 27.06 Boulogne sur Mer. Procès Laurent aide à l’entrée situation irrégulière
  863. 27.06 Belfort Rachid CGT Super U Beaucourt licenciement
  864. 27.06 Paris Garde à vue Simon du Dal
  865. 28.06 Toulouse 5 militants CGT CHU sanctionnés
  866. 28.06 Grenoble UD et CGT chs St Egrève poursuivis : dégradation de biens publics
  867. 28.06 Aix en Provence Procès Julien CGT Licenciement logic immo
  868. 28.06 Sevrey Amazon mobilisation contre discrimination syndicale
  869. 29.06 Nème procès Gael sud poste 92, licenciement
  870. 29.06 Ales Refus licencimeent CGT Cora
  871. 29.06 Trèbes Procès 15 militants Conf Paysanne. Occupation voies. Relaxe
  872. 29.06 Rennes procès refus empreintes et adn Relaxe
  873. 2.07 Albi Adolescent tabassé par la police. Etat grave
  874. 4.07 Nice Onet militant CGT licencié pour avoir mangé un bout de fromage
  875. 5.07 Caen 2 étudiants Staps conseil discipline pour grève
  876. 6.07 Toulouse CD 31, 2 militants CGT menacés de sanctions
  877. 6.07 Versailles Procès M. Kearney syndicaliste Areva 6 mois prison sursis. Calomnie
  878. 6.07 Pointe à Pitre Procès Elie Domota
  879. 6.07 Paris Relaxe Gildo Territoriaux CGT
  880. 6.07 Toulouse Natacha CGT et Fred Sud CD 31 relaxés
  881. 6.07 St Denis La réunion. Sogedis condamnée pour discrimination syndicale
  882. 6.07 Paris Alain Poste CGT poursuites disciplinaires
  883. 6.07 Paris Cassation 4 militants CGT Castmetal licenciés pour activité syndicale
  884. 6.07 Choiosy. GAV pour avoir uriné sur le commissariat
  885. 7.07 Paris, Maria Poste CGT poursuites disciplinaires et S. Le Goff Paris 14
  886. 7.07 Paris. Procès Nicolas. Film des violences policières. Les aurait traité de fascistes
  887. 7.07 Montauban Nutribio militant CGT licencié
  888. 8.07 St Pierre d’Irube grève de la faim pour la libérationdes prisonniers basques
  889. 8.07 Paris Manif PSA Farid CGT 6 mois de prison avec sursis
  890. 8.07 Hambourg Un parisien en prison préventive pour les manifs du G20
  891. 9.07 Paris Procès Nico A subi les violences policières et est poursuivi
  892. 11.07 Le Lamentin Sanction 4 CGT SOEM. Mobilisation et relaxe
  893. 13.07 Lille procès Ilham suites affaire Théo
  894. 13.07 Pau Procès 8 gens du voyage, manif 2.06, 7 condamnés
  895. 14.07 Essonne émeutes jeunes 7 GAV
  896. 16.07 Miramas Rassemblement contre sanction Logistic
  897. 17.07 Martinique Conseil discipline CACM CGT
  898. 17.07 Paris Audience renouvellement détention voiture police brûlée. 3 en prison ferme depuis des mois
  899. 18.07 Le Havre procès Micka territoriaux CGT. 9 mois sursis.15000 eur. Amende
  900. 20.07 Macon Rassemblement pour Jérome, Cong Paysanne, tué par la gendarmerie
  901. 22.07 Mayotte. 6 grévistes Colas licenciés, 4 militants CGT poursuivis
  902. 22.07 Beaumont sur Oise. Commémoration mort d’A. Traoré
  903. 26.07 Massy Procès Ryan/mort de Curtis 70 jours TIG, 10 mois fermes
  904. 26.07 Lille Procès Christopher antifa
  905. 27.07 Wallis et Futuna Procès 5 chefs coutumiers/blocage aéroport
  906. 28.07 Paris 19° Romain Mas St Jean de Malte, licenciement CGT
  907. 31.07 Paris 1 mois de prison ferme CGT pour une gifle à une députée
  908. 1.08 Lille Franck CGT Licenciement
  909. 2.08 Versailles Procès de Warren. Bac d’Elancourt
  910. 16.08. Lyon. Procès 100 migrants poursuivis par Lyon Métropole
  911. 18.08 Foix Procès de 21 faucheurs volontaires. Ont détruit herbicide
  912. 22.08 La Courneuve Mobilisation M. Kanté CGT Paprec Licencié
  913. 1.09 Dieppe, Procès deux militants pour distribution de tracts
  914. 09 ? Procès du rappeur Jo le Phéno pour incitation à la haine contre la police
  915. 09 ? Béthune procès 7 Fémen. Ont perturbé le vote M. Le Pen le 7.05
  916. 4.09 Versailles Procès 2 militants de la cause animale
  917. 10.09 Nersac. Délégué FO Arts Energy menacé de licenciement poru son activité
  918. 11.09 Paris Procès de Loïc de Jolie Môme. Repoussé en novembre
  919. 12.09 Paris. Procès de J. Revest pour avoir écrit un livre contre Areva
  920. 12.09 Lyon. Manif loi travail. 8 gardes à vue
  921. 12.09 Nantes Manif loi travail. 2 comparutions immédiates 1 prison ferme requise
  922. 13.09 8 militants de la Conf paysanne mis en examen pour avoir dénoncé Vinadeis
  923. 14.09 St Denis de la Réunion garde à vue pour blocage de route
  924. 19.09 Toulouse Procés Céline Boussié lanceuse d’alerte
  925. 19.20.21.09 Paris Procès pour l’affaire de la voiture de police brûlée. 8 réquisitions de 4 a 8 ans fermes
  926. 20.09 Bordeaux Procès en appel de Nicolas Merle-
  927. 20.09 Béthune procès 6 féministes de Femen pour exhibitionnisme
  928. 20.09 Bure 3 interpellations anti-nucléaires et poursuites
  929. 20.09 Sucrerie Ste Emilie discriminations syndicales Grève
  930. 20.09 Guéret cinéaste L. Kowalaslki filme GM&S en garde à vue
  931. 21.09 Nantes Manif loi travail 1 militant CGT en garde à vue
  932. 21.09 Versailles Procès appel Marcus menacé 6 mois prison ferme
  933. 21.09 Rouen Poursuivi (interpellé ?) pour un doigt d’honneur à la police
  934. 21.09 Nantes 10 gardes à vue 2 comparutions immédiates. Manif loi travail
  935. 23.09 Calais 2 manifestants pour la paix en garde à vue
  936. 25.09 La Roya Nice 3 militants proche C. Herrou en garde à Vue
  937. 26.09 Montreuil, 2 Manifestants contre une usine polluante en garde à vue
  938. 28.09 Paris. Procès Houssam la chapelle debout aide au xmigrants. Rébellion
  939. 29.09 Morlaix Parent d’élève en garde à vue pour manif contre fermeture de classe
  940. 4.10 Le Mans Procès 6 cheminots pour fait de grève
  941. 4.10 Gennevilliers Procédure de licenciement délégué CGT Geodis Calberson
  942. 4.10 Port de bouc Trabil Sanction disciplinaire contre militant CHT
  943. 4.10 Dijon Longvic 4 militants d’aide aux migrants en garde à vue pour squatt
  944. 5.10 Corte Militant nationaliste en garde à vue
  945. 5.10 Paris. Militant pour le droit d’être nu en garde à vue
  946. 6.10 Paris procès d’un déboulonneur. Refus prélèvement ADN
  947. 6.10 Paris Procès appel de Sadok 6 mois emprisonnement soutien migrants. Relaxe
  948. 9.10 Lyon procès en appel de Martin, JC et CGT, pour activité contre loi travail
  949. 9.10 Coulommiers, 3 lycéens en garde à vue, blocage de lycée
  950. 10.10 Paris 4 collégiens et lycéens blocage Bergson en garde à vue. Poursuivis
  951. 10.10 Paris 4 manifestants du 10.10 en comparution immédiate
  952. 11.10 Paris Georges militant CGT Restauration en garde à vue
  953. 11.10 Paris Procés 9 du quai de Valmy. Condamnations prison ferme, 7 ans, 3 ans…
  954. 12.10 Pré Catelan Chasse aux DRH. 41 interpellations 5 gardes à vue
  955. 12.10 Paris 2 lycéens Blocage Bergson du 10.10 devant juge pour enfants
  956. 12.10 Cattenom 8 militants Greenpeace en Garde à vue
  957. 13.10 Paris 4 manifestants du 10.10 au TGI
  958. 14.10 Paris 4 comparutions immédiates affaire de la chasse aux DRH
  959. 19.10 Guyancourt Poste menace de licenciement de Vincent militant CGT
  960. 20.10 Paris procès de Frédéric pour avoir filmé les violences policières
  961. 10.11 Paris Procés 2 de la chasse au DRH
  962. 21.11 Paris Procès de 2 de al chasse aux DRH
  963. 24.11 Paris procès de deux d ela chasse aux DRH
  964. 17.11 Poitiers Procès de 9 manifestants de loi travail 2016. Ont été sur les rails !
  965. 16.11 Paris, 9 militants PSA Pooissy en correctionnelle tentative de “séquestration”
  966. 9.12 Rémi Filliau Procès en appel autocollants antinucléaires sur local EM
  967. mars 2018 Procès en appel Air France chemise arrachée
  968. 18.04.2018 Procès 3 paysans et 1 bonnet rouge, incendie des impôts de Morlaix
  969. Rouen sans date; mineure convoquée devant le juge des enfant/Théo
  970. Rouen convocation composition pénale/THéo
  971. Rouen convocation pour rappel à la loi par OPJ pour port d’arme/Théo
  972. Procès 3 militants festival d’Aurillac sans date
  973. Appel pour Bagui Traoré et Youssnon fié
  974. Recours licenciement CGT Sodex, grève, non fixé
  975. Gironde : 2 militants Sud Santé Sociaux arrêtés en mai loi travail; Non fixé
  976. Procès, licenciement CGT Conforama loi travail, non fixé
  977. Poursuite S. GEVAUDAN Sec. UD CGT du Gard et E. Daunis, Gard.
  978. 639 interdictions de manifester pour 12 mois.

Soit 4013 personnes… au moins.

Guide pratique pour l’ouverture de squats

Pour s’initier à l’art et la manière d’ouvrir des squats. Trouvé sur le site « Squat.net » (https://fr.squat.net/).

Comment ouvrir un squat en 5 étapes ?

Ton propriétaire te fait chier ? Le Crous te séquestre dans une chambre universitaire de 11 m2 ? T’en as marre d’être dépendant de tes parents ? T’as jamais une thune à cause du loyer, des charges, et de cette putain de taxe d’habitation ? Ouvre un squat ! Ce n’est pas si compliqué, c’est plutôt excitant et si c’est fait dans les règles de l’art, tu risques quasiment rien. Le Poing s’inspire des brochures de squatteurs, notamment « Le Squat de A à Z » (lecture hautement recommandée !!!), pour vous donner des conseils pour ouvrir un squat et ne pas se faire expulser trop vite.

Squatter, ça veut dire vivre dans un bâtiment abandonné sans avoir demandé d’autorisation à personne. C’est refuser de payer un loyer à un propriétaire qui possède plus d’un logement quand d’autres n’en possèdent aucun. Certains squats se revendiquent militants et/ou culturels, d’autres sont juste des lieux d’habitation. De fait, tout squat est « politique » dans la mesure où c’est une contestation en acte de la propriété privée. Si tu te lances dans cette lutte, tu vas donc rejoindre le camp de ceux que l’État et la police considèrent comme « indésirables ». Toi aussi, rejoins le côté obscur de la force !

1) Repère ta maison

Commence par te trouver une bande de potes motivés pour faire du repérage de bâtiments vides. Pas besoin d’être dix mille sur l’affaire, une poignée de copains et de copines sérieux suffit largement. Avoir des bricoleurs dans la bande n’est pas inutile. Le repérage se fait le plus discrètement possible, de préférence la nuit. La cible, ce sont tous les bâtiments vides. Plusieurs indices peuvent vous aider à en reconnaitre un : volets fermés, boîte aux lettres pleine de vieilles pubs, tas de feuilles mortes devant la porte, jardin en friche, etc. Plus ça a l’air abandonné depuis longtemps, mieux c’est. Une fois le bâtiment choisi, il faut s’assurer qu’il n’y a plus de passage dedans. Pour cela, placez un bout de papier dans l’embrasure de chaque porte et portail et vérifiez régulièrement s’ils sont toujours là. Ca marche aussi en mettant un petit bout de bois dans les serrures.

Pensez, lors de ces repérages, à bien observer les entrées possibles pour la première visite (porte, lucarne, garage, velux, soupirail, volet et autre fenêtre mal fermée…) et imaginez de quel matériel vous aurez besoin. Vous pouvez prendre des photos du lieu, ça permet de pouvoir observer le bâtiment de chez vous et ça permet de vous faire passer pour un photographe amateur au cas où un voisin s’étonnerait de vous voir roder dans le quartier. En complément des repérages sur place, pensez à utiliser la vue du ciel de Google Maps pour avoir une autre vision du bâtiment et repérer des détails qui vous auraient échappé.

2) Rentre dans le bâtiment et barricade-toi

Une fois que vous vous êtes mis d’accord sur le bâtiment à occuper, réunissez vos potes avec qui vous souhaitez investir le lieu et faites-vous un récapitulatif collectif, histoire d’être sûr que tout le monde a les mêmes informations. Mettez des outils de côté: marteaux, tournevis plats et cruciformes, pied de biche, vis, serrures, clous, perceuse sans fil, ciseau à bois, mètre, chaine, cadenas… Prévoyez aussi de quoi tenir quelques jours: vêtements chauds, couvertures, eau, bouffe, bougies, allumettes, jeux de cartes, etc. Regroupez vous par binômes et répartissez vous des rôles pour l’ouverture : les guetteurs planqués dans la rue, ceux qui checkent le rez-de-chaussée, ceux qui montent au premier étage, ceux qui trimballent le matos, etc. Pour minimiser les risques de se faire griller, mieux vaut rentrer la nuit. Sonnez avant d’entrer à la sauvage, avec une excuse bidon au cas où vous tombiez sur des habitants. Ne flippez pas en rentrant et ne faites pas les fous. Ne courez pas partout, ne gueulez pas et faites attention à ne pas éclairer les fenêtres. Le mieux, c’est d’avoir des lampes frontales à lumière rouge pour vous guider.

Si vous vous rendez compte que vous êtes dans un logement meublé: cassez-vous ! On pourrait vous reprocher une violation de domicile avec dégradation volontaire et vol. Si les toits, les murs et les planchers sont trop délabrés, cassez-vous aussi. Une fois ces vérifications faites, ne perdez pas de temps. La priorité c’est de verrouiller toutes les entrées et de se barricader ! Pendant qu’un binôme pose des verrous, un autre peut chercher s’il n’y a pas une boite planquée quelque part avec les clés des portes. Acharnez-vous à barricader chaque entrée du bâtiment avec tout ce que vous trouvez sur place, mais réparez le plus vite possible tout dommage matériel causé aux portes et fenêtres pour amoindrir les risques d’une procédure de flagrant délit pour effraction. Une fois le barricadage effectuée, envoyez le binôme de guetteurs vérifier qu’il n’est effectivement pas possible de rentrer. Si c’est le cas, vous avez alors accès au niveau 3 : le sous-marin.

3) Attends le passage des flics et des huissiers

Ce qu’il faut avoir en tête en commençant la période de sous-marin, c’est qu’après 48h de squat, la police ne peut légalement plus vous expulser. Théoriquement, seule une décision de justice peut alors vous faire déguerpir, sauf si un juge considère que vous êtes rentré par effraction. Mettez un nom (vrai ou faux) sur la boite aux lettres et faites-vous envoyer une enveloppe timbrée et datée pour prouver que vous êtes là depuis plus de 48 heures et éviter une procédure de l’huissier par requête anonyme. Vous pouvez même obtenir des courriers antérieurs à votre arrivée en écrivant une adresse au crayon de papier que vous modifierez au stylo après réception. Mais gardez en tête que seul le passage de la police ou d’un huissier enclenche à coup sûr l’ultimatum des 48h. Si les flics et les huissiers ne passent pas le même jour, considérez que l’ultimatum commence à partir du deuxième passage. Un choix possible, dès 48h ou dès que vous êtes bien barricadés, c’est d’appeler vous-mêmes la police, par exemple en se faisant passer pour un voisin ayant constaté l’occupation. Cela permet de choisir quand les flics arrivent et de ne pas vivre dans l’attente de leur passage pendant plusieurs jours. D’autres préfèrent rester discrets le plus longtemps possible, c’est à vous de voir. Quoiqu’en dise la loi, la réaction des flics reste dure à prévoir et vous n’êtes jamais à l’abri d’une opération ninja d’une équipe de la BAC en manque d’action, surtout dans le cadre de l’état d’urgence. La barricade est donc votre seule amie.

La règle absolue en cas de passage d’un huissier, de la police ou du propriétaire, c’est de ne pas leur ouvrir ! Parlez-leur depuis une ouverture en hauteur ou envoyez quelqu’un de l’extérieur leur parler sur le trottoir. Précisez, même si c’est faux, que la maison était ouverte et que vous êtes là depuis plus de 48h, ce qui, en faisant du bâtiment votre domicile principal, évite un flagrant délit qui pourrait amener les flics à se considérer en droit de faire une expulsion immédiate. Le bluff est de mise: dites que vous avez un avocat, qu’il s’agit d’une opération d’ouverture de squats dans le cadre d’une campagne nationale contre le mal-logement, que les journalistes sont en train d’arriver et que visiblement, tout le monde était au courant sauf eux. Divulguez le moins d’informations possible, y compris aux voisins curieux. Trois ou quatre jours après le passage des flics et/ou des huissiers, vous pouvez considérer qu’aux yeux de la loi, vous êtes chez vous !

Ecrivez alors ce message et collez le à la porte:

Ce lieu est notre domicile ainsi que notre résidence principale. En tant que résident-e-s de l’immeuble, nous sommes protégé-e-s par la loi. Agir hors du cadre procédural, c’est heurter un des principes du droit français, l’inviolabilité du domicile. Selon l’article 432-8 du Code pénal, « Le fait, par une personne dépositaire de l’autorité publique ou chargée d’une mission de service public, agissant dans l’exercice ou à l’occasion de l’exercice de ses fonctions ou de sa mission, de s’introduire ou de tenter de s’introduire dans le domicile d’autrui contre le gré de celui-ci hors les cas prévus par la loi est puni de deux ans d’emprisonnement et de 30 000 € d’amende. » D’après l’article 226-4-2 du Code pénal, « le fait de forcer un tiers à quitter le lieu qu’il habite sans avoir obtenu le concours de l’Etat dans les conditions prévues à l’article L153-1 du code des procédures civiles d’exécution, à l’aide de manœuvres, menaces, voies de fait ou contraintes, est puni de trois ans d’emprisonnement et de 30 000 € d’amende. » Il ne peut y avoir d’expulsion sans décision exécutoire du tribunal. Squat : 1 – Propriété privée : 0.

4) Remets l’eau et l’électricité

Pour l’électricité, il faut commencer par repérer les endroits où c’est mal foutu en vérifiant l’état des prises, des interrupteurs et des câbles. Quand les installations n’ont pas l’air trop craignos, vous pouvez tenter de remettre en route le disjoncteur différentiel, si possible en ayant baissé avant tous les fusibles. Si vous ne le sentez pas, mieux vaut appeler un pote qui s’y connaît plutôt que de s’électrocuter ou de provoquer le départ d’un incendie. Si vous voulez payer l’électricité, contactez EDF et donnez-leur le nom de l’ancien abonné (facultatif), le numéro du compteur et les chiffres de la consommation précédente. En cas de refus, mettez-leur la pression et rappelez-leur que le rôle d’EDF n’est pas de se substituer à la justice mais de fournir un besoin vital.

Pour l’eau, regardez dans la maison, souvent dans la cave, s’il y a une vanne et un compteur (ou une plaque au sol, rectangulaire et en fonte, souvent amovible). Ouvrez la vanne et faites des tests avec les robinets. Si rien ne se passe, c’est probablement que l’eau est coupée depuis la rue. Cherchez alors des petites plaques en fonte à l’extérieur, généralement de 15cm de diamètre, ouvrez-les et tournez le robinet à l’intérieur. Parfois le robinet est enfoui à plusieurs mètres et il faut alors se dégotter une clé de fontainier pour pouvoir y accéder. Là encore, n’hésitez pas à faire recours à des potes qui s’y connaissent.

5) Prépare ta défense

Maintenant que vous êtes installés, reste à savoir ce que vous allez faire du lieu ! Combien de personnes peuvent être logées ? Est-ce juste un squat d’habitation ou souhaitez-vous aussi accueillir des réunions, des ateliers, des projections, des concerts… ? Quelles relations nouer avec les voisins et les commerçants ? Quels sont les travaux à réaliser ? Comment s’organiser en interne pour prendre des décisions collectives et les faire appliquer ? Faut-il parler ou non aux journalistes ? Tolérez-vous la présence de glandeurs, d’alcooliques, de petits chefs ou de sexistes parmi vous ? Quelle stratégie adopter face à la justice ? Etc. La plupart des problèmes soulevés par ces questions se résolvent au fil du temps, par l’action. Il ne sert donc à rien de tout vouloir régler à l’avance, mais il est toujours utile de savoir ce qui se fait déjà dans d’autres squats pour éviter de réinventer la poudre tous les quatre matins.

En matière d’organisation, se fixer une assemblée générale interne par semaine n’est pas de trop et si vous avez vocation à ne pas être qu’un squat d’habitation, il est pertinent de prévoir des assemblées générales ouvertes à d’autres gens pour faire respirer un peu le lieu. Concernant le voisinage, il paraît logique d’entretenir des bonnes relations avec le quartier. Vous pouvez mettre des tracts dans les boites aux lettres, faire du porte-à-porte et organiser un petit apéro pour rencontrer les voisin-e-s et expliquer votre action. Vous n’êtes pas non plus là pour garantir la paix sociale et si un commerçant ou un voisin se montre trop menaçant, mieux vaut poser clairement ses limites. Quant aux journalistes, il y aura toujours des torchons locaux pour vous cracher à la gueule et il n’y a rien à faire avec eux, mais il faut reconnaître qu’avoir un reportage ou un article favorable d’un «grand» média peut être utile pour construire un rapport de force face à la «justice».

La question judiciaire est plus complexe. Une procédure peut être lancée contre vous entre quelques heures, quelques mois et quelques années après votre arrivée officielle. Libre à vous d’ignorer la procédure et d’écrire des faux noms sur la boite aux lettres, mais sachez qu’assurer une défense devant un tribunal présente plusieurs avantages. Le principal, c’est que jusqu’à la décision du juge, vous êtes théoriquement à l’abri d’une expulsion. Se faire représenter permet aussi de tenter d’obtenir que la demande d’expulsion soit déboutée, ou de manière plus réaliste, d’obtenir les délais prévus par la loi, ce qui vous permet d’organiser sereinement votre départ. Dans le pire des cas, vous risquez peu car jusqu’à maintenant, les procédures pour squats dépendant de la juridiction civile, c’est-à-dire un conflit entre deux parties où il n’y a pas de risque de prison. Ce qui peut éventuellement être considéré comme un délit et vous faire passer du coté pénal de la justice, c’est d’être pris en flagrant délit lorsque vous vous introduisez par effraction. Si vous faites le choix d’une défense juridique, veillez tout de même à faire représenter devant la justice des personnes qui ne sont pas solvables. Préférez un avocat connu des milieux militants mais ne lui déléguez pas le travail: c’est à vous et à vous seuls de bâtir votre stratégie de défense. Côté pognon, une aide juridictionnelle est prévue par la loi pour tous ceux qui gagnent moins que le SMIC. Dans tous les cas, ce n’est pas parce que l’on se défend au tribunal qu’il faut négliger d’autres axes de résistance: pressions publiques, actions directes, manifs, harcèlement des proprios, communication sur le quartier. Vous pouvez aussi essayer de faire la Révolution, mais là ça devient le bordel.

Infos complémentaires à aller chercher sur internet :

Le squat de A à Z

Référence absolue pour les apprentis squatteurs (l’article précédent s’inspire largement de cette brochure). Mis à jour plusieurs fois depuis sa première parution en 1999, «Le squat de A à Z» est un petit guide pratique et juridique qui donne quelques conseils pour ouvrir un squat et faire en sorte de ne pas se faire expulser trop vite. La dernière version a été rédigée en 2014 par des gens d’un peu partout, et notamment de Toulouse, de Lyon et de la banlieue parisienne.

Liste des cessions immobilières de l’État

Ce site gouvernemental recense par région et département tous les bâtiments publics abandonnés que l’État cherche à vendre.

Petit manuel d’électricité DIY

Un guide pratique qui s’adresse surtout à celles et ceux qui occupent des maisons vides, souvent restées à l’abandon depuis des années et avec des installations électriques vieilles et dangereuses, et plus largement à toute personne qui veut installer elle-même l’électricité dans sa maison.

Petit cours/introduction sur les alarmes

Ce texte a pour but de se familiariser aux systèmes d’alarmes domestiques et d’apprendre quelques techniques permettant de les contourner. Un maximum de pistes y sont avancées, sans la prétention de l’exhaustivité. Il y a actuellement quatre voies pour s’attaquer à une alarme: la centrale, le câblage, les détecteurs, et, enfin, les avertisseurs.

Les secrets du crochetage

Ce manuel parle de la théorie du crochetage compris comme l’art d’exploiter les défauts mécaniques des serrures. Les premiers chapitres présentent le vocabulaire et les informations de base concernant certaines serrures et leur crochetage. Côté pratique, un chapitre est consacré à un ensemble d’exercices choisis avec soin pour vous aider à acquérir les tours de main et l’habileté nécessaire au tâtage et au crochetage. Le premier appendice décrit comment fabriquer soi-même ses outils de crochetage. Le second appendice quant à lui présente l’aspect légal en France.

Guides pratiques : conseils et soins en manif

Une brochure de conseils en manif par “DefCol” (Défense Collective) de Paris (https://defensecollective.noblogs.org/). A télécharger en format PDF en cliquant sur le lien qui suit : Quelques-conseils-de-DC_fin
Une autre brochure, pour les personnes qui souhaitent créer des équipes médicales de rue. Téléchargez au format PDF en cliquant sur le lien suivant : brochure_1_les_gestes_a_adopter_en_manif

Guides pratiques sur la garde à vue, les garanties de représentation, les convocations et les procès

Repris du site “DefCol” (Défense Collective) de Paris (https://defensecollective.noblogs.org/).

D’abord, un guide complet pour connaître ses droits et les bonnes attitudes en garde à vue, à télécharger, au format PDF, en cliquant sur le lien qui suit : La-garde-à-vue-recettes-théoriques-et-pratiques-LT-ZAD2

 

Ensuite 3 textes courts  sur les garanties de représentation, les convocations au commissariat et les procès.

 

LES GARANTIES DE REPRÉSENTATION

Tu veux éviter la détention préventive ?

Alors avant d’aller en manif prépare tes garanties de représentation !

 

Petite note sur les GARANTIES :

Les garanties de représentation sont un ensemble de documents qui permettent d’assurer aux autorités judiciaires que vous n’allez pas disparaître et que vous allez vous présenter à votre procès. Elles sont un des outils déterminants pour se défendre face aux demandes de mises en détention provisoire, notamment lorsque vous refusez la comparution immédiate ou si vous êtes mis-e en examen en attente d’un procès.

Ces garanties sont également indispensables pour contrecarrer les mises sous contrôles judiciaires, en premier lieu celles qui visent à interdire  de séjour (notamment les jours de manif) les personnes inculpées : le centre-ville, la commune, le département… Assez basiquement, elles prouvent que vous avez un logement où on peut vous trouver, que vous êtes identifié-e comme personne sédentarisée, etc… Nous conseillons à tous le monde de regrouper une copie papier ou numérisée de ces docs dans un dossier ou une clé usb et de les laisser à quelqu’un de confiance ou dans un endroit accessible par des proches. Si tu es placé-e en garde à vue, nous te suggérons de trouver quelqu’un qui pourra rapidement entrer en contact avec la DC et ton avocat commis d’office afin de lui remettre tes garanties. Si la Défense Collective n’est pas en mesure de t’aider, nous te suggéront contacter l’ordre des avocats de Rennes qui peut donner le contact du commis d’office à des proches.

Attention, ces avocats « de service » sont loin d’être tous des alliés dans de pareilles situations (ceux qui recommandent la comparution immédiate en premier lieu), et construire un rapport collectif avec eux est souvent indispensable pour préparer la défense des inculpés, même lorsqu’il s’agit de discuter du choix des garanties à donner au juge.

(!) Si un-e de tes proches est placé-e en GAV et qu’il-le n’a pas préparé de dossier de garanties de représentation, il faut absolument chercher à les réunirs avant la fin de sa garde à vue. Contactes des potes à lui ou elle, ses colocs, sa famille et essaie de réunir ce que tu peux. (!)

 

Peuvent être utilisés comme garanties de représentations :

Pièces d’identité (CNI, Passeport, Permis…) – Justificatif de domicile (factures de gaz/élec, téléphone…) – (Evitez le bail dans la mesure du possible pour ne pas faciliter le travail de la police s’ils veulent effectuer une perquisition…)

(!) Si vous n’avez pas de domicile dans les alentours ou pas de domicile du tout nous recommandons vivement de vous faire fournir une attestation d’hébergement à titre gratuit par un proche, elle vaut justificatif de domicile devant les magistrats elle consiste en une lettre signée (type : https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/R39697). (!)

Contrat de travail ou promesse d’embaucheFiche de payeCertificat de scolarité/carte étudianteAttestation CAF pour le RSA ou Pôle Emploi pour le chômage

Participation à des activités associatives, culturelles… Plus il y’en a mieux c’est !

Si vous avez des problèmes à réunir des garanties de représentations pour vous ou un proche, n’hésitez pas à contacter la Défense Collective par mail que nous puissions vous aider à trouver une solution.

Par expérience, cette étape de préparation avant action/manif est vraiment précieuse pour vous et vos proches, elle épargne aux soutiens un moment de stress pendant votre GAV et permet d’éviter la case prison préventive…

 

CONVOCATIONS, ESQUIVEZ LES TOUTES !

Vous pouvez être convoqué-e :

AU COMMISSARIAT, à la GENDARMERIE ou même directement au TRIBUNAL, en tant que témoin ou suspect. Le statut sous lequel on est convoqué peut évoluer pendant la durée de l’enquête et donc pendant l’audition. La situation peut basculer très rapidement. Par exemple, on peut être convoqué comme simple témoin en recevant une lettre, se rendre au commisariat et se retrouver suspect au cours de l’audition (souvent à partir des déclarations que les gens font contre eux-même ou les autres, genre une autre personne convoquée qui est une sale poukav). Cette dernière se transforme en garde-à-vue et on se retrouve mis en cause dans une affaire sans y être préparé. Les convocations constituent également un moyen pour les policiers de ne pas avoir à faire la paperasse pour une GAV tout en pouvant interroger les gens, essayer de leur prendre la signalétique (photos, empreintes, ADN), les placer en GAV (exemple : pour refus de signalétique).

La plupart des convocations pendant un mouvement social sont liées à des enquêtes de police en cours. Le motif de la convocation est laissée flou, la formule habituelle étant « une affaire vous concernant« , motif qui peut n’être précisé que sur place, ou lors du placement en GAV. Cette stratégie policière entame le travail de déstabilisation : en laissant à la fois planer une forme de culpabilité et fait baisser la garde car c’est un rapport plus formel qui est établi (lettre, passage des flics, possibilité de changer la date…) par rapport au scénario arrestation brutale, GAV, comparution immédiate, procès ultérieur… En réalité, il est précisé qu’il est obligatoire de se rendre à une convocation et qu’ »à défaut, la personne pourra y être contrainte par la force » donc si on ne veut pas saisir la carotte, le bâton refait son apparition !

ON RAPPELLE qu’il n’est pas possible de bien se défendre quand on a peu de temps et surtout quand on ne sait pas ce qu’on nous reproche ou ce à quoi on serait potentiellement lié, sachant que les droits diffèrent selon le statut sous lequel vous êtes placé (par exemple le témoin n’a pas le droit à l’assistance d’un avocat, contrairement au mis en cause qui en a le droit).

C’est pourquoi on conseille vivement de bien réfléchir au fait de se rendre ou pas à une convocation que ce soit en tant que témoin ou suspect sachant que plusieurs scénarios sont possibles quand on choisit de ne pas comparaître :

– vous n’avez plus jamais de nouvelles, bonne nouvelle ! – ou vous recevez une nouvelle convocation (des personnes ont pu en recevoir trois consécutives dans certaines affaires), on a gagné du temps pour préparer son audition.

Dans tous les cas, ne pas se présenter n’entraîne PAS de sanction, il faut garder en tête que la police peut venir vous cueillir pour vous interroger, ça sent la GAV… Il faut donc se préparer à une GAV ultérieure (garanties de représentation, proches, question de l’avocat…) de 48 heures et à ne rien déclarer, refuser la signalétique et l’ADN (ce sont des infractions), refuser la comparution immédiate !

CAS PARTICULIER DE L’INSTRUCTION :

Certaines peuvent être diligentées par un juge d’instruction qui est saisi par le procureur et procède à tous les actes (perquisition, écoutes, convocs, mises en examen…) Le témoin est convoqué par courrier ou est cité à comparaître par un huissier, un policier ou un gendarme. Comme dit précédemment, le témoin est sensé s’y rendre mais il est toujours possible d’esquiver une convocation. #Bonus instruction : une petite sanction est prévue en cas de « j’y vais pas, j’ai piscine« , on risque une amende, en plus d’une visite impromptue des bleus.. Un témoin peut être entendu par le juge d’instruction lui-même, assisté de son greffier, ou par des policiers et gendarmes enquêtant sous la direction du juge d’instruction. Le témoin ne peut être retenu dans leurs locaux que le temps de son audition (4h max) et doit prêter serment de dire « la vérité , toute la vérité » (sans rire).. Le témoin prêtant serment dans le cadre d’une instruction, un faux témoignage est considéré comme un délit. Le témoin n’a pas le droit de garder le silence et doit répondre aux questions posées. Vous avez seulement la possibilité de ne pas signer le PV des déclarations. #Triple bonus instruction : en plus du refus de comparaître, le refus de témoigner ou de prêter serment sont passibles d’une amende.

Si on résume la position délicate du témoin : on est obligé de répondre, on a prêté serment, on ne sait pas de quoi il retourne, on n’a pas accès au dossier qui concerne l’affaire et on n’est pas assisté d’un avocat, il faut donc se tenir absolument à JE N’AI RIEN A DECLARER et retenir les questions posées pour plus tard mieux cerner pourquoi vous avez été convoqué.

ATTENTION :

Si vous souhaitez éviter une convocation remise en main propres ou une notification orale des flics, il ne faut pas leur ouvrir si vous comprenez qu’ils viennent vous rendre visite [faites le mort 😉 et ne cédez pas à la honte du scandale de voisinage, ils ne s’empêcheront pas forcément de pipeletter sur ce qui les amène chez vous même si c’est interdit]. Si des flics veulent vous faire signer une convocation pour vous la délivrer, essayez de refuser de signer. Si quelqu’un de la Poste ou autre vous délivre un recommandé, ne le signez pas (vous pouvez demander qui est l’expéditeur, souvent le ministère de la justice ou de l’intérieur). Et dites à vos proches de surtout ne rien signer pour vous !

Bon courage !

 

PRÉPARER UN PROCÈS

Etre interpellé, puis inculpé, ce n’est pas un parcours facile. Pour ne pas rester seul face à la répression et organiser sa défense, quelques étapes qui mènent jusqu’à la date fatidique.

L’AVOCAT

  • Se débarrasser de son commis d’office au plus tôt : quand tu sors de garde-à-vue contactes la Défense Collective qui te conseillera un bon avocat. Le commis d’office est gratuit en GAV mais peut très vite te demander de l’argent si tu traines trop longtemps. Pour récuser un avocat tu dois t’adresser au batônnier en justifiant ce changement.
  • Aide juridictionnelle : tu peux bénéficier de l’aide selon tes revenus et ta situation, cela te permet de payer ton avocat (si il accepte l’AJ). Demande lui d’abord, ensuite remplis le formulaire.
  • Garde le contact  : un avocat gère quantité d’affaire en même temps, il sera certainement peu disponible, prépare bien tes rendez-vous avec lui à l’avance, tu peux venir accompagné (un membre de la Défense Co par exemple). Pour avoir accès à ton dossier (Procès verbaux, enquête…) et préparer ton procès tu dois passer par lui. N’hésite pas à faire pression auprès de ton avocat pour avoir accès au dossier, pour faire une demande de restitution de scellés…Il faut souvent les pousser…

LA DÉFENSE

Plusieurs mois peuvent s’écouler entre la date de ta sortie de GAV et ton procès, le temps pour préparer ta défense. La Défense Collective travaillera durant toute cette période avec toi si tu le souhaites. L’accès au dossier peut prendre un certain temps après ta sortie de GAV. Tant que ta mémoire est encore fraîche tu dois poser à l’écrit le récit de ton interpellation et de ta GAV. La DC pourra faire passer un appel à témoins sur les réseaux sociaux pour conforter ta version contre celle des institutions, également s’appuyer sur une médiatisation pour faire pression sur le tribunal et le proc.

Tu dois être prudent durant cette phase qui précède le procès (et en général aussi). Tes publications sur les réseaux sociaux, tes échanges avec autrui peuvent te desservir et être utiliser par le procureur.

Apprend également à te ménager, l’attente de plusieurs mois avant un procès est une phase stressante, la vie continue ! Mais accorde toi tout de même des temps de travail sur l’affaire :

  • lecture du dossier : imprègne-toi de ton dossier et soulève les incohérences des flics (elles sont souvent bien nombreuses).
  • rendez-vous avec la Défense Collective : toujours disponible pour travailler ensemble, répondre à tes interrogations, faire des ateliers de formation, rendez-vous avec l’avocat, faire des évènements de soutien…
  • contact régulier avec l’avocat : nouveaux éléments dans l’affaire, demande de références juridiques , demande au greffier…
  • se renseigner sur le droit : avec les références acquises par l’avocat ou autre, rends toi sur légifrance.fr et Service-public.fr
  • appréhender le tribunal : si c’est la première fois que tu mets les pieds dans un tribunal, mieux vaut avant se rendre à d’autres comparutions que la tienne pour te préparer. La DC peut t’accompagner.

LE JOUR J

La date du procès approche, le stress aussi, les derniers jours sont cruciaux pour préparer ta défense à la barre. La Défense Collective et ton avocat pourront te préparer aux questions du juge, à ne répondre que sur les faits…

Tu n’es pas à l’abri de passer le dernier à la barre au cours d’une journée au tribunal ni même d’un renvoi à une date ultérieure, là encore il faut apprendre à gérer le temps et le stress.

Enfin c’est ton tour, tu as normalement eu le temps de te préparer et ta défense aussi. Après le théatre qu’était la GAV, te voilà entrer dans une autre pièce, une autre institution est à l’oeuvre, tu as encore le mauvais rôle mais ne te laisses pas impressionner par le cérémonial ni par la tribune.

La justice est une machine implacable et bien huilée, elle sait comment broyer ceux qui s’aventurent dans ses rouages. Elle entend te réduire à ta simple individualité, te faire croire que tu es seul…

Création à Caen d’une Initiative pour la Convergence des Luttes

1- Nouvelle Loi Travail, précarité galopante, austérité généralisée, privatisations, inégalités hommes-femmes, répression du mouvement social, montée de l’extrême droite, chasse aux migrante-s ETC ETC ETC… Les attaques gouvernementales et capitalistes se multiplient et ne s’arrêteront pas là !

2- Nous sommes nombreux-ses à vouloir nous organiser et résister. De multiples luttes ont lieu mais en ordre dispersé, de manière isolée et elles sont le plus souvent invisibilisées par les grands médias. Il est temps d’essayer de rompre avec cet isolement, avec le chacun-e pour soi dans son petit coin. Nous avons besoin de nous rencontrer, de faire revivre une solidarité concrète entre les luttes et les différentes formes de résistance sociale. La convergence des luttes est une nécessité !

3- Mais cette convergence ne tombera pas du ciel. Il nous faut la construire de façon active et permanente, au cours de ce mouvement comme entre chaque mouvement. C’est pourquoi nous vous invitons à participer à la création d’un outil collectif destiné à appuyer, localement et dans la durée, cette convergence des luttes.

4- Nous sommes issu-e-s de différents collectifs de lutte, groupes, syndicats. Nous voulons créer une « Initiative pour la Convergence des Luttes », un collectif ouvert, regroupant des individus de tous les secteurs d’activité, âges, nationalités sur des bases pratiques et claires, de lutte de classe. À savoir : indépendance vis-à-vis des partis et des syndicats, auto-organisation, solidarité active avec les luttes sociales, antiracisme, antisexisme et anticapitalisme.

5- Nous voulons fonctionner en démocratie directe avec toutes celles et ceux qui souhaitent participer et s’investir dans ce projet : discussions et décisions collectives, une personne = une voix, création de commissions et groupes de travail pour concrétiser les envies et les besoins.

6- Il nous faut nous organiser : mise en place d’une trésorerie, d’une mailist (circulation d’infos, de témoignages, collectes de matériel…), création/diffusion d’une feuille d’infos sur les luttes en cours, la situation sociale dans les différents secteurs, les techniques de lutte, les besoins en terme de solidarité etc, mise en place d’actions de soutien aux luttes, aider à faire le lien entre celles-ci ETC ETC ETC. L’idée générale est là, la concrétisation de ce projet sera l’affaire de tous-tes les participant-e-s.

7- Nous n’avons pas à nous substituer aux organisations syndicales, pas plus qu’à nous placer sous leur autorité. Nous composerons avec la réalité diverse des terrains de lutte. Nous irons, sans a priori, dogmatisme ni préjugés, à la rencontre de celles et ceux qui tentent de résister et de construire aussi, à leur manière, pas forcément identique à la nôtre, la convergence des luttes.

8- Nous n’avons pas vocation à rédiger une énième constitution pour la république, à parler du monde idéal d’après la révolution, à promouvoir la paix universelle, à constituer un black block… Tout ça peut être fait ailleurs. Nous ne prétendons pas être LA solution mais travailler avec d’autres à essayer d’en créer une. Nous nous centrerons sur le soutien pratique aux luttes sociales, sur le développement de la solidarité, sur la coordination entre pôles de résistance. Si tout ça vous parle, alors bienvenue à vous.

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« Initiative pour la
Convergence des Luttes »
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Pour recevoir des infos, la version numérique de la feuille d’info de l’ICL, prendre contact :
icl-caen@laposte.net

Dans les Hautes Alpes : de jeunes migrants mineurs à la rue, mobilisation solidaire et répression

Une information transmise par les camarades de l’Union des Travailleurs travailleuses Anti-autoritaires de Gap.

 

Appel à soutien. À faire tourner !

 

Depuis plusieurs mois, il y a dans le département des Hautes-Alpes une arrivée grandissante de migrants, dont beaucoup de mineurs non accompagnés. Les propositions d’hébergement ont très vites été insuffisantes, et des habitants du département se sont mobilisés, parfois en accueillant chez eux, en faisant des repas collectifs, en réquisitionnant des maisons inoccupées, allant même jusqu’à faire pour certains une grève de la faim.
Malgré tout, l’accueil des mineurs non accompagnés est resté minimal, consistant en un entretien de l’évaluation de l’âge et la distribution de tickets alimentaires pour la majorité.
Le Département ne respectant pas entièrement ses obligations de protection des mineurs non accompagnés.
Au final, jusqu’à une centaine de mineurs se sont retrouvés sans aucun hébergement.
Devant l’urgence de la situation, des collectifs, associations et syndicats se sont à nouveau mobilisés le mardi 1 er août 2017. Ils ont accompagné au Conseil Départemental les mineurs sans hébergement ce jour là. L’occupation des lieux s’est déroulée pacifiquement de 16h à 19h30, les personnes présentes attendant simplement une réponse à la question de « où dorment les mineurs ? ».
La réponse aura été une nuitée d’hôtel et l’envoi de plus d’une dizaine de policiers (caqués, armés) pour faire sortir l’assemblée de l’Hôtel du Département.
Depuis bientôt une semaine, les mineurs sont hébergés jusqu’à la rentrée des classes dans l’internat d’un lycée agricole, dans une paroisse, et toujours chez plusieurs bénévoles.
Lors de cet événement, une agente du Conseil Départemental, militante anti-autoritaire, travailleuse sociale, était présente, en dehors de son temps de travail. Depuis, des poursuites disciplinaires ont été engagées contre elle, pour s’être affranchie de son devoir de réserve, avoir adopté un discours et un comportement incitatif et avoir exprimé ses convictions personnelles.
Le prochain rdv dans le cadre de cette procédure a lieu le 31/08 à 9h.  Cette procédure ressemble fort à un avertissement lancé à tous les agents du Conseil Départemental qui auraient envie d’exprimer leur opinion face au manquement du département dans ses obligations ou aux politiques menées.
C’est pourquoi il nous semble important de ne pas laisser cet événement dans l’ombre. nous voulons que cette histoire circule et appeler à votre soutien.
Hôtel du Département. Place saint Arnoux. BP 159. 050008 GAP CEDEX.
04.92.40.38.00

Non à l’autoritarisme !
Non au Paternalisme!
Ni patrie, ni frontière, liberté de circuler !
Liberté de penser !
La terre est à tout le monde !

 

 

Tract du RRC pour la manif du 12 septembre contre la Loi Travail 2

Le tract diffusé par le RRC à la manif caennaise du 12 septembre. 500 exemplaires, partis vite et bien.

Vous pouvez le télécharger en PDF en cliquant sur lien suivant :

Tract RRC 12 septembre 2017

Un moment de vérité… d’où doit jaillir la volonté de

lutter !

Un moment de vérité. C’est là où nous en somme tous et toutes, nous les petit-e-s, les sans-grades, les riens-du-tout, les millions de prolétaires qui faisons tourner la société en ramant au fond de la cale, qui produisons les richesses sans jamais en voir la couleur.

Avec la nouvelle Loi Tavail, nous sommes face à une offensive capitaliste majeure, qui a pour objectif évident d’accroître notre exploitation, de précariser encore plus notre situation, nos conditions d’emploi et de travail, de baisser nos salaires, de rogner nos droits sociaux acquis au cours des luttes du passé. Tout ça pour nous rendre encore plus corvéables et encore plus facilement jetables. Tout ça pour que la classe capitaliste qui nous exploite et nous gouverne puisse tirer encore plus de profits de notre travail, puisse avoir encore plus de pouvoir sur nos vies.

Le pouvoir s’attend à une montée de la contestation et il s’y prépare en faisant passer dans la loi commune les mesures « exceptionnelles » de l’état d’urgence. La « lutte antiterroriste » sert de prétexte à une augmentation des pouvoirs directs de la police et des préfectures (perquisitions, surveillance, assignations à résidence, interdictions de manifester…), hors de tout contrôle judiciaire. Il devient évident que ces mesures, bien au-delà des djihadistes, visent l’ensemble du mouvement social (syndicalistes combattifs-ves, activistes écolos, zadistes, celles et ceux qui soutiennent les migrant-e-s, les groupes révolutionnaires, la jeunesse révoltée des cortèges de tête…) et toutes les pratiques de lutte qui peuvent être efficaces (blocages, occupations, séquestrations, piquets de grève, désobéissance civile, manifs sauvages non déclarées…). Le gouvernement veut accroître sa capacité policière à étouffer les résistances sociales. Et la brutale répression qui a déjà visé le mouvement contre la Loi El Khomeri (et son monde) nous montre jusqu’où l’État est prêt à aller pour maintenir son ordre inégalitaire.

Face à une telle offensive, nous savons tous et toutes que le gouvernement ne reculera pas sans un mouvement encore plus massif, organisé, solidaire, généralisé, tenace et déterminé que lors de la lutte contre la Loi El Khomeri. Personne ne sait en ce 12 septembre si un tel mouvement verra le jour, s’il aura le temps de se construire car le gouvernement veut aller vite et appliquer la politique du fait accompli grâce aux ordonnances. Nous ne savons pas si les directions syndicales nationales poseront une véritable date de grève nationale, générale, concernant tous les secteurs, avec des préavis reconductibles et si elles chercheront à mobiliser réellement l’ensemble de leurs adhérent-e-s.

Ce que nous savons c’est que la colère est partout, souvent diffuse dans sa forme, confuse dans son contenu mais elle est là ! Et nous savons aussi que les grèves générales, les grandes révoltes sociales n’ont jamais surgies sur ordre de directions politiques ou syndicales parisiennes. Elles sont parties de la base de la société. Il n’y a aucun « feu vert » à attendre d’en haut. C’est surtout de nous que cela dépend !

Ce que nous savons aussi tous et toutes, c’est que même si le mouvement ne « prend » pas cette fois-ci, les attaques antisociales de la part du gouvernement et du patronat vont continuer dans les années qui viennent. Et face à cela, il va falloir redécouvrir le B-A-BA de la lutte de classe : cultver l’esprit de résistance collective, tisser autour de nous des solidarités concrètes au sein de chaque boîte, lycée, fac, quartier, se rencontrer et se coordonner dans chaque secteur et entre tous les secteurs, dénoncer les fausses divisions entretenues par les puissant-e-s entre privé et public, titulaires et précaires, français-e-s et immigré-e-s, « bons » et « mauvais » manifestant-e-s., combattre les inégalités de salaires entre hommes et femmes, rompre l’isolement des luttes et les faire converger en nous entraidant mutuellement. Si nous voulons changer les choses, il va falloir que nous changions aussi.

Les capitalistes nous mettent dos au mur et ne nous laissent pas le choix. Alors allons de l’avant et donnons nous les moyens de leur rentrer dedans.

 

La lutte est l’affaire de tous et toutes !

 

Seule une réaction déterminée et une démonstration de force pourra faire plier l’inlassable offensive capitaliste que nous subissons. Pour cesser d’être de la chair à patron, pour cesser de ne même plus espérer défendre nos droits il nous faut nous commencer par prendre confiance en notre force.

Alors qu’un mouvement social se dessine à nouveau, sautons sur l’occasion. Ne nous contentons pas encore une fois de croire qu’une ou deux journée de grève par mois aura le moindre impact. À quoi peut donc servir cette éternelle stratégie des directions syndicales nationales qui nous conduit à l’échec depuis 25 ans ? Un mouvement social ça n’est pas une promenade en ville sous le son de slogans menaçants mais jamais suivis des faits. Combien de temps faudra t-il voir nos conditions de travail détériorés, nos salaires amputés et notre quotidien brisé par tout ce que l’on donne au travail ou à la précarité?

Tout ces droits ont bien été acquis, jamais ils n’ont été donné, ils sont comme les blessures de l’économie qu’elle entend bien refermer. Mais nous devons laisser la plaie ouverte ! Celles et ceux qui ont obtenus ces droits ne les ont soutirés que sous la lourde menace qu’ils et elles faisaient peser. La grève doit être active et non plus être déléguée à quelques secteurs. Sa force réside dans son caractère massif et généralisé. Il ne peut y avoir de grève par procuration. Si nous voulons reprendre l’offensive il faut nous prendre en main. Cette confiance qu’il nous faut retrouver c’est déjà celle de notre légitimité. Qu’on ne nous oppose pas que ce gouvernement serait légitime pour conduire sa politique, avec 23 % des participant-e-s au premier tour de l’élection présidentielle : voilà le score du champion de l’économie. Et le score calamiteux des élections législatives où l’abstention pour la première fois arrive en tête montre bien que nous avons cessé de croire que notre salut pourrait venir d’ailleurs que de nous-même.

La grève c’est l’outil de lutte qui blesse l’économie, les manifestations offensives c’est l’outil qui désarçonne le pouvoir. Que les grèves partout produisent leurs propres revendications en Assemblées Générales, qu’elles soient reconduites chaque jour. Que s’organisent les secteurs en luttes, précaires, travailleurs-euses, chômeurs-euses, étudiant-e-s, etc. Combien de temps tiendrons ces affamé-e-s d’argent si les périphériques sont bloqués, les gares à l’arrêt, les magasins vides, les centrales d’achats désertées du personnel qui les font tourner, les centre de tri sans travailleurs-euses, les écoles sans profs, les CAF envahies ? Une semaine de ce régime et nous imposerons ce que nous voudrons. Une semaine de ce régime et nous pourrons vouloir la faire durer une semaine de plus. Que les manifestations ne soient plus décidées par la préfecture, ne soient plus soumises à un parcours déterminé et qui ne met jamais en péril le bon ordre des choses car c’est précisément ce bon ordre des choses qui nous mets dans la rue. Qu’à chaque manifestation celle-ci bloque la ville, occupe les administrations d’État ou les symboles des institutions qui nous oppresse et alors, le nombre de flics qu’il faudra dans tout le pays pour protéger le bon ordre face aux manifestant-e-s sera tel qu’il ne tiendront pas longtemps.

C’est un front de solidarités qu’il nous faut opposer aux attaques qui sont lancées contre nous. Nommons notre ennemi commun et organisons nous à la base, ensemble, pour le faire tomber. Retrouvons-nous pour organiser ensemble la mise en musique des différents secteurs en luttes et des différents moyens de lutter. Notre voix n’a pas à être commune, nous n’avons pas besoin de maître qui peut parler pour nous, mais notre confiance doit être commune et notre détermination aussi.

Cessons ce folklore qui s’appelle « mouvement social » où l’on nous balade de journée de promenade en ville en journée de grève par procuration, ce ballet de poupées nous condamne depuis trop longtemps à l’échec. Entrons dans la grève active.

Nous ne sommes pas des machines à profits, nous ne sommes pas des pantins qu’on balade. Organisons-nous dès aujourd’hui pour des manifestations déterminées et dans des Assemblées Générales de lutte partout où c’est possible.

 

 

 

 

La répression, combien de divisions ?

Article trouvé sur le site “19H17” (http://www.19h17.info/).

 

La répression combien de divisions ?

Le contrôle social et la répression sont là afin de préserver l’ordre établi. Ces fonctions comptent parmi les principales de l’état, que l’on oublie trop souvent. Cet article fait un inventaire des forces de répressions : police, juges, prisons, armées… Quels sont leurs effectifs ? Quel est leur budget ? Leur rôle ? Et surtout : Est-il possible de mettre en échec cette machine de répression ?

 

Une des prérogatives de l’Etat est le monopole légitime de la violence. Concrètement, cela veut dire qu’une des fonctions de l’état est d’exercer de la violence sur les citoyens d’autres pays, mais surtout sur ses propres « citoyens » ou plutôt sujets. C’est ce qui rend l’état si utile à la classe dominante : cette force permet de maintenir l’ordre.

Certains corps spécialisés vont avoir comme seule fonction d’exercer cette violence. En France, il y en a trois principaux: la police, l’armée et la justice. Nous allons ici décrire ces institutions chargées de « maintenir l’ordre ». On va commencer par la police

La police

De son côté, la police a pour vocation d’exercer la souveraineté de l’état en direction de la population de l’Etat : sur les « citoyens ». Plus que le combat mortel [1]Bien que des décès soient occasionnés par son action. contre des ennemis, sa vocation est le contrôle de la population. L’objectif sera d’assurer le « respect de la loi », et surtout de contraindre par la violence à son respect. Les armes de la police sont l’interpellation, la verbalisation,, l’utilisation de méthodes de maintien de l’ordre (coups et diverses violence) voire l’usage de la force mortelle dans certaines situations.

Les personnes sur lesquelles la violence policière s’exerce ne sont pas des combattants, mais des sujets politiques de l’Etat. La police est donc la force et la violence au service du contrôle social. Le maintien de l’ordre est l’action de la police spécifique aux foules et aux troubles à l’«ordre public ».

Il convient de noter qu’en France, la police est partiellement militarisée, de même que le maintien de l’ordre : si la Gendarmerie et la Gendarmerie mobile exercent des fonctions de police « classiques » sous la tutelle du ministère de l’intérieur [2]« Police gendarmerie : fusion, Ministère de l’intérieur, statut, militaire, fonctionnaire. En bref – Actualités – Vie-publique.fr », [En ligne : http://www.vie-publique.fr/actualite/alaune/police-gendarmerie-rapprochement-officialise.html]. Consulté le20 août 2013. , elles n’en restent  pas moins des unités militaires.

A part l’injonction verbale, la police peut forcer à obéir par plusieurs moyens :, exercice de force physique (coups, gaz…), interpellation suivis de détention temporaire, et enfin transfert aux institutions judiciaires qui détiennent la possibilité d’infliger des sanctions plus lourdes : principalement des peines de prison. En effet, la police est le bras armé du pouvoir judiciaire qui « applique la loi ».

Il est intéressant de revenir rapidement sur le développement historique de la police. On y voit que celle-ci ne s’est pas developpée pour « protéger les citoyens », comme une avalanche de mauvaises séries et de discours sécuritaires pourrait nous le faire croire.

En effet, le développement de la police sous sa forme moderne se fait autour de deux missions. La première  est développée par Louis René d’Argenson et Gabriel de Sartine, lieutenants de police de Louis XIV. C’est la « haute police », c’est-à-dire la surveillance des activités politiques, et leur répression le cas échéant. Ainsi le premier travail de police sous Louis XiV est un mélange surveillance, de type RG et de répression de type KGB. Le Masque de fer et l’enfermement de l’Intendant Fouquet font partie des premiers actes de la police moderne.

La deuxième mission qui apparaît plus tard est la « basse police » ou police ordinaire. Elle est théorisée par Sir Robert Peel qui réorganise sur ce modèle les forces de police métropolitaine de Londres en 1829. Ses missions sont la lutte contre le « désordre » et le crime de « droit commun » [3]Ibidem, p. 237. . En gros, cela consiste en l’encadrement et la répression des quartiers populaires, toujours particulièrement fliqués.

De nos jours, ça n’a pas trop changé. Selon Dominique Montjardet, les forces de polices contemporaines axent leurs missions en trois grandes catégories.

  • « Protection de l’ordre politique », maintien de l’ordre, contrôle des opposants politiques, lutte contre le « terrorisme ». Ça correspond à la « haute police » c’est-à-dire au contrôle et à la répression des opposants politiques.
  • « Lutte contre la criminalité » (grand banditisme, proxénétisme, trafic de drogue). Ça, c’est ce qu’on voit dans les séries télévisées, et ça justifie le rôle de la police. Mais réellement, ce n’est qu’une petite partie du travail policier, et encore une grande partie de la criminalité organisée est tolérée plus que réprimée.
  • « Sécurité publique » (Petite délinquance, fluidité de la circulation dans les espaces publics, protection de l’intimité dans les espaces privés, respect de l’intégrité physique). Cette partie-là correspond à la « basse police ». En gros, cela correspond au contrôle physique du territoire (routes, gares, villes), et plus particulièrement à la répression des illégalismes des classes populaires.

Le budget du ministère de l’intérieur en 2013 s’élève à 11,61 milliards d’euros [4]« Budget 2013 : les ministères préservés », op. cit. . En 2011, le ministère employait 102 877 gardiens de la paix [5]« Effectifs policiers : le ministère de l’Intérieur corrige Hortefeux », [En ligne : http://tempsreel.nouvelobs.com/politique/20120817.OBS9838/effectifs-policiers-le-ministere-de-l-interieur-corrige-hortefeux.html]. Consulté le17 août 2013. . Pour sa part la gendarmerie compte 100 488 gendarmes en 2014, soit un total de de 203 365, ce qui fait quand même 0,3% de la population du territoire français employée au contrôle social.

En ce qui concerne le maintien de l’ordre, les 67 compagnies de CRS et les 104 escadrons de gendarmerie mobile comptent respectivement 14 000 et 17 000 personnes, soit 31 000 flics. Ainsi près de 15,2% des policiers sont donc affectés spécifiquement au contrôle des foules et à la répression de divers mouvements, ce qui est beaucoup…

Les institutions judiciaires

Les institutions judiciaires travaillent en lien avec la police. Elles sont des institutions bureaucratiques. Elles vont appliquer des sanctions ou des arbitrages suivant des règles plus ou moins régulières. Le pouvoir judiciaire ordonne l’exercice de ce pouvoir sur la population par trois grands types de sanctions : injonction de payer des sommes monétaires, privation de liberté par emprisonnement et enfin différentes modalités de contrôle physique des corps des « sanctionnés » mais en dehors de l’institution carcérale : contrôle judiciaire, peines « alternatives » (semi-liberté, bracelet électronique), travail contraint (TIG).

La justice est en quelque sorte le service après-vente de la police, et contribue grandement à maintenir l’ordre social. Il faut par ailleurs remarquer que son rôle ne se limites pas à ça, mais va jouer un grand rôle dans la régulation des conflits entre personnes, au civil et au commercial. En 2013, Le budget consacré à la justice en France s’élève à 7,7 milliards d’euros (« Budget 2013 : les ministères préservés », op. cit.)), et emploie 8300 juges, tout une petite armée qui envoie à tour de bras en prison…

Ce qui est moins connu, c’est que de la justice dépend aussi l’administration pénitentiaire : et là encore cela concerne pas mal de monde :

Ainsi en janvier 2017, il y a 78 796 personnes sous écrou, c’est-à-dire en prisons et plus de près de 164 146  personnes suivies en milieu ouvert.

Ces personnes sont enfermées dans 186 établissements pénitentiaires : 82 maisons d’arrêt pour les peines courtes, 97 établissements pour peine, 6 établissements pénitentiaires pour mineurs, 1 établissement public de santé national à Fresnes (ou prison-hopital).

Les forces militaires

Enfin, l’armée exerce son pouvoir sur les ennemis extérieurs pour défendre la souveraineté de l’Etat. Elle est habilitée à tuer les « combattants ennemis ». Ceux-ci peuvent les membres d’autres armées mais aussi des « partisans », c’est-à-dire des combattants utilisant des stratégies de type guérilla, dans ce cas-là, il n’y a que peu de différences entre combattants et population civile. Par ailleurs la distinction entre population civile et combattants a tendance à s’estomper avec l’émergence de catégories comme celle de « terroriste » qui mène à une hybridation entre politique et militaire. Ainsi les militaires sont maintenant déployés massivement dans les rues dans le cadre de l’opération « Sentinelle » dont l’utilité contre le djihadisme est très discutable. Par contre son utilité dans le fait d’habituer la population à voir des soldats en armes quadriller le territoire est incontestable…

Par ailleurs n’oublions pas que les militaires sont de plus en plus frequemment formés au « maintien de l’ordre », signe de cette hybridation croissante entre militaire et policier…

De nos jours, en France, l’armée est soumise au gouvernement. Elle est seulement un corps d’Etat et n’exerce pas le pouvoir en tant que tel. Néanmoins ce n’a pas toujours été le cas et il est possible que l’Armée prenne le pouvoir par la force. En France c’est le cas sous le Premier Empire, de même l’Armée n’est pas étrangère non plus à l’arrivée au pouvoir du général de Gaulle en 1958. Dans d’autre pays, notamment en Amérique Latine, en Asie et en Afrique les coups de force militaire sont courants.

Le budget de la défense en France s’élève à environ 30 milliards d’€ soit 1,5% du PIB pour un effectif de 296 493 personnels employés par le ministère de la Défense.

Est-ce suffisant ?

Cet inventaire de la répression parait au premier abord glaçant. Comment s’opposer à des centaines de milliers d’hommes et de femmes payés à réprimer ? Pour une poignée de révolutionnaires, la question est réglée : quelques centaines de personnes, fliquées en permanence, mal organisées, dotés de peu d’argent, n’ont guère de chance de l’emporter face à l’état…

Par contre, dans le cadre de mouvement sociaux de masse, voire de mouvements révolutionnaires, les choses sont tout autres… De par le poids des missions quotidiennes, de par la surpopulation carcérale, de par le manque de moyens chronique face à une contestation impliquant non pas des centaines, ou des milliers de personnes, mais des dizaines de milliers, voire des centaines de milliers de personnes l’état pourrait se retrouver très vite débordé…

C’est particulièrement flagrant en ce qui concerne le maintien de l’ordre. Au premier abord 31 000 policiers est une somme impressionnante. Pourtant,  quand on y regarde de plus près, les choses sont moins évidentes… Ainsi 30 à 40% des CRS et gendarmes mobiles ne travaillent pas au maintien de l’ordre mais à des missions logistiques d’appui… Si l’on y rajoute les troupes au repos, celles dans les DOM-TOM et difficilement déplaçables, et celles affectées de manière fixe comme à Calais, en Corse ou dans les ZADs, le nombre de policiers immédiatement disponibles baisse drastiquement… Selon certaines sources, ce chiffre s’établirait autour de 2 000 policiers et gendarmes [6]https://blogs.mediapart.fr/edition/revoltes/article/240413/31-000-pas-suffisamment-de-forces-de-repressions-en-france-pour-tenir-face-aux-manifestations .

Ainsi,  face à un mouvement d’ampleurs ce ne sont pas 31 000 CRS et gendarmes mobiles qui seraient disponibles mais quelques milliers… Ainsi pendant la loi travail, le 14 juin, face à un cortège de tête à Paris comptant une dizaine de milliers de manifestants, la préfecture de police a aligné un peu plus de 2000 flics, soit l’ensemble des effectifs disponibles immédiatement…

Pour ceux qui y étaient le dispositif policier était à la peine et n’a réussi à contenir les manifestants que péniblement, montrant les limites du maintien de l’ordre… Face à un mouvement d’ampleur, avec non pas dix mille manifestants dans un cortège de tête limité à Paris mais des dizaines de milliers dans les grandes et moyennes villes de France et des DOM-TOM, ce dispositif pourrait aisément craquer… A nous de jouer et de nous poser les bonnes questions…

Contre le docteur Macron mister MEDEF, toutes et tous en lutte à partir du 12 septembre

Article trouvé sur le site “Rebellyon” (https://rebellyon.info/).

 

Contre le docteur Macron mister medef toutes et tous

en lutte à partir du 12 septembre

Les ordonnances du docteur Macron nous ramènent au temps des médecins de molière qui ne connaissaient que purges et saignées. Elles peuvent se résumer ainsi : travaillez plus, dans des conditions pires, gagnez moins, et obéissez sans faire d’histoire.
Sous couvert de lutte contre le chômage et d’impératif de compétitivité mondialisée, elles ne sont qu’une attaque de plus du capitalisme contre nos droits et libertés. Leur seul but : soumettre encore plus la vaste majorité des gens aux desiderata d’un petit nombre et et débrider l’exploitation pour augmenter les profits des patrons et actionnaires. Bien que présentées comme une nouveauté qui va changer la donne, elles ne font que s’inscrire dans la longue cohorte de lois de destruction de nos conditions de vie (loi El khomri, loi Macron, loi Rebsamen…) et la marche arrière vers toujours plus d’exploitation et d’aliénation. Les capitalistes entretiennent l’illusion que vie privée et vie au travail sont deux vies différentes et cloisonnées. Ne tombons pas dans ce piège, le travail (ou son absence) fait partie intégrante de toute notre vie et la conditionne. Plus de pouvoir pour les patrons veut dire moins de liberté au travail et donc moins de liberté dans nos vies. En détruisant les droits et protections des travailleurs, les ordonnances nous font glisser vers une société autoritaire.
Contre ce monde de plus en plus inhumain, reprenons les choses en main. Ne nous laissons pas mener à l’abattoir comme du bétail. Que la contre offensive commence le mardi 12 septembre à 11h30 à la manufacture des tabac.

La loi travail dans les faits

– Les indemnités prud’homales plafonnées :
Le gouvernement justifie cette mesure en affirmant qu’il de donner plus de facilité aux patrons pour licencier ( le fameux : les patrons n’embauche pas parce qu’ils ont peur des difficultés à licencier en cas de besoin..). Les licenciement abusifs qui ouvrent droit aux indemnités prud’homales sont par définition illégaux.En se justifiant ainsi, le gouvernement ne se contente pas de modifier la loi pour arranger les employeurs, il encourage franchement ceux-ci à enfreindre la loi. Il ne porte pas seulement atteinte à la protection des travailleurs mais il remet carrément en cause l’état de droit.
L’état de droit est un principe de société où c’est la loi qui crée la cohésions sociale et permet de vivre ensemble. La loi est la même pour tous, et tout le monde y est soumis, individus et institutions. Elle garanti la reconnaissance, les droits et obligations, et la liberté des individus. En incitant une catégorie de gens (patrons, actionnaires) a enfreindre les lois et donc à ce situer au dessus d’elles, les ordonnances s’assoient sur ce principe et ouvrent la porte à toutes les dérives. Nous ne sommes pas naïfs, il y a toujours eu une justice à 2 vitesse selon qu’on soit riche ou pauvre, blanc ou basané. Elle a toujours été une justice de classe, une arme au service des dominants. Le principe d’égalité devant la loi n’a jamais vraiment fonctionner dans la pratique. Mais c’est la première fois qu’un principe d’inégalité est légalisé. Le gouvernement fait passer les intérêts des entreprises, des rentiers, et la recherche de profits avant les droits et libertés des individus. Les lois de l’économie supplantent les lois civiles. On assiste à la transformation de la classe bourgeoise en une caste aristocratique. Ces ordonnances doivent sonner comme un signal d’alarme, car quand on commence à remettre en cause un fondement démocratique tel que l’état de droit, c’est qu’on est en route vers le totalitarisme.

– L’inversion de la hiérarchie des normes :
De manière générale, les règles sociales sont organisées de manière pyramidale : D’abord la constitution, puis les lois qui doivent s’y conformer, puis les contrats civiles qui doivent respecter la loi. Dans le monde du travail, il y a le code du travail qui est la loi, puis les accords de branches, puis les accords d’entreprises, qui ne peuvent être moins favorables aux salarié-es que la loi. Malgré toutes leurs dénégations, les ordonnances feront bien primer les accords d’entreprises. Dans le même temps le code du travail sous prétexte d’obésité est petit à petit vidé pour être remplacé par des accords sectoriels. Une fois de plus ce sont les intérêts patronaux qui priment sur la loi et l’état de droit. Bien que la reconnaissance du rapport de subordination, socle du code du travail, en a été supprimé par la loi El Khomri, la subordination en entreprise est toujours aussi réelle. Il sera donc très facile aux patrons de faire accepter n’importe quoi soit par chantage, soit par autoritarisme.
Rappelons que le code du travail a été créer notamment après la catastrophe de la mine de Courrières ( qui a fait 1099 morts en 1906, et dont le propriétaire avait ordonné la reprise du travail alors que certains mineurs étaient encore coincés au fond et auraient pu être sauvés.) pour contrebalancer le pouvoir absolu des patrons et protéger les travailleurs, Les patrons n’ont pas changé, si nous laissons faire, nous revivrons de telles situations.

– La fusion des instances du personnel :
Ils font passer cette mesure pour une simplification du bureaucratisme pour plus d’efficacité. Simplifié les contrôles d’ hygiène, de santé et de sécurité au travail sera effectivement plus efficace mais pour augmenter les profits des patrons. Avec cette « simplification » c’est la casse de la protection des travailleurs-euses et de leurs conditions qui est mise en œuvre. Notamment avec la disparition des CHSCT (comités d’hygiène, de sécurité, des conditions de travail). Alors même qu’il en faudrait beaucoup plus : il y a déjà 600 accidents du travail mortels par an, 4500 handicapé-es du travail, et des dizaines de milliers de malades de maladie professionnelles. N’en doutons pas avec la loi travail ces chiffres vont ce démultiplier. Le gouvernement crée un véritable problème de santé publique.

– Compte pénibilité :
Les ordonnances vont exclure de fait 4 des critères d’accès au compte pénibilité : manutention de charges lourdes, postures pénibles, vibrations mécaniques, risques chimiques . Cela va faire sortir des centaines de milliers voir des millions de gens du dispositif. L’objectif n’est pas seulement de rallonger le temps de travail, mais aussi de diminuer la durée de la retraite, de faire en sorte que les gens meurent avant d’en profiter. Si l’espérance de vie, de façon générale, augmente, chez les classes populaires elle stagne. Quant à la durée de vie en bonne santé, elle s’effondre !

– Accords de compétitivité :
C’est un nouvel accord majoritaire d’entreprise, « simplifié », qui permet aux patrons d’augmenter le temps de travail, de diminuer les salaires et de contraindre les salarié-es à la mobilité. Pour cela, il leur suffira d’arguer de « nécessité liées au fonctionnement de l’entreprise ». Les salarié-es qui refuseront les changements seront licencié-es pour avoir refusé les conséquence de l’accord sur leurs contrat de travail. C’est la porte ouverte à tout les chantages et à touts les abus. Il y a déjà eu des accords de ce type dans le passé (chantage à la fermeture), mais là ils seront institutionnalisés et grandement facilités. A terme, cela signifie la mort des 35h et des barèmes salariaux. Le temps de travail et les salaires seront une variable d’ajustement alors que les dividendes ne cessent d’augmenter. Alors qu’il prétendent lutter contre le chômage, en augmentant le temps de travail, il feront que l’augmenter aussi.

– Le contrat de projet ou cdi de chantier :
C est un contrat sans date de fin précise qui a vocation à s’arrêter au terme de la mission pour laquelle le salarié a été embauché. Ce n’est pas une régression par rapport au CDI mais par rapport au CDD. Contrairement au CDD, il n’y aura aucune prime ni compensation à la fin. De plus ne connaissant pas la date de fin de la mission, on ne peut avoir aucun projet pour l’après, la vie privé est ainsi entièrement soumise au travail et aux desiderata des patrons. La développement de ce type de contrat annonce la fin de la sécurité de l’emploi. Ainsi s’ouvre une ère de flexibilité et de précarité généralisées dans laquelle le CDI classique n’aura plus sa place.

– Et ce n’est pas fini :
* Les ordonnances portent gravement atteinte au droit des salarié-es à un recours effectif et utile :
en simplifiant et sécurisant les « rupture conventionnelles collectives » (plans de départs « volontaires »), elles accroissent la possibilité de contourner le droit du licenciement économique.
en octroyant une présomption de conformité à la loi aux accords d’entreprise (plus besoin de l’aval de l’inspection du travail), elles sécurisent les entreprises au détriment des salarié-es.
En réduisant les possibilités de contestation pour les salarié-es, elles protègent encore plus les patrons contre touts recours.
* Avec les négociations sans présence des syndicats et les référendums d’entreprise à l’initiative de l’employeur, les ordonnances laissent libre cours à tout les moyens de pression et aux chantages des patrons

Gouverner par la peur

Peur du chômage, peur de ne plus avoir sa place dans la société, peur de ne plus avoir de reconnaissance, peur de ne plus avoir d’objectif quand on se lève le matin, peur de perdre le peu qu’on a, peur que le chef nous tombe dessus, peur des conséquences, peur de se faire mal voir, peur de ne pas fais ce qu’il faut, peur d’être mal jugé, peur du regard des autres, peur de ne pas correspondre aux critères sociaux, peur de l’intranquillité….les pouvoirs politiques et économiques nous gouvernent par la peur. C’est grâce à elle qu’ils nous contrôlent et qu’ils obtiennent soumission et résignation. C’est elle qui nous fait accepter tout et n’importe quoi, et c’est encore en jouant sur elle qu’ils font passer les ordonnances. En entretenant savamment ces peurs et en s’en servant pour nous asservir, ils réussissent à créer un monde où « tout est permis, mais rien n’est possible » (Michel Clouscard). Illusion libéral de liberté.

Subir ou se révolter

« On a trop oublié que l’individualité des hommes, une construction sociale, ne peut logiquement valoir que ce que vaut le sort que leur réserve la vie sociale » J.L Beauvois (psychologue social)
Au travail, mais aussi ailleurs, à chaque fois qu’on est confronté à une autorité, on subit des violences. Elles sont banalisées, on considère qu’elles font partie de la vie. Les rapports de pouvoir, la domination, l’exploitation sont perçues comme la norme. Face à ça, on trace son chemin, on fait en sorte de s’en sortir individuellement parce qu’on a été formaté pour ça. On se replie sur la sphère privée et on laisse le soin aux institutions, aux dominants, de gérer la sphère publique. En conséquence, on voit de plus en plus les luttes sociales comme quelque chose d’extérieur à soi.
Mais la liberté ce n’est pas la garanti d’être tranquille chez soi pour y faire et penser ce que l’on veut, indépendamment de ce que l’on est et de ce que l’on fait dans la vie sociale. La liberté c’est participer aux décisions des affaires des groupes auxquels on appartient, en particulier la société dont on est citoyen. Leur rapacité n’a pas de limite, ils ne s’arrêteront que quand on les y obligera. Il est plus que temps de s’impliquer.
Pour une démocratie directe où on ne se contente pas de choisir le berger du troupeau tout les 5 ans !
Pour une démocratie qui ne s’arrête pas aux portes des entreprises !
Pour une démocratie autogestionnaire qui ne se couche pas devant le pouvoir économique !

« Aveugles de la vie, ils ignorent que subir n’est pas abdiquer » (Khalida Messaoudi)
Aujourd’hui, les gouvernants raisonnent en terme « d’acceptabilité sociale » pour mener leu politique. Autrement dit, leur préoccupation est de savoir si leurs mesures vont provoquer un tollé général. Avec la loi travail, ils pensent pouvoir tout se permettre car ils imaginent que nous ne sommes plus que des moutons résignés, sans dignité, et que mis à part une réaction minoritaire et de pure forme, le calme régnera. Ils sont méprisant et hautains, mais ce sont eux qui sont indignes. A force de se l’entendre rabâcher, nous finissons par croire que nous sommes à notre place en tant que subordonné-es, aliéné-es, et exploité-es. Mais nous valons mieux que ça, et il serait temps d’en prendre conscience. On ne va pas revenir sur nos petite résignations, sur nos petites concessions, nos petits renoncements, sur nos petites lâchetés, ni les petites humiliations acceptés. Mais arrive le moment où tout cela n’est plus possible, la bulle que nous nous somme créer devient une prison.
Touts ces compromis passés qu’on a fait pour avoir notre place dans la société, ne doivent pas conditionner notre attitude présente. Sortons de ce processus d’engagement qui nous pousse à en accepter toujours plus pour justifier nos actes passés.

Toutes ces années à se faire tondre ne peuvent pas se solder par une simple manifestation, « rassemblement circonscrit de policiers et de camion- poubelles qui suivent lentement, ramassent et effacent les traces d’un désordre qui ne survient pas. » (Lola Lafon)

Et si on se mettait à rêver que touts les « sans dents », les sans voix, les sans droits, les sans toits, les sans futur, les sans travail, les sans papiers, ceux qu’on exploite, ceux qu’on flexibilise, ceux qu’on dirige, ceux qu’on transforme en chair à patron, ceux qu’on contrôle, ceux qu’on régule, ceux qu’on crève à la tâche, ceux qui ont un salaire de misère, ceux qui la misère sans salaire, ceux qu’on stigmatise, ceux qu’on rabaisse à longueur de journée, ceux à qui on apprend à rester à leur place, ceux qui n’ont comme avenir que la soumission et l’exploitation, ceux qu’on réprime, ceux qui n’ont pas voix au chapitre, ceux qui tiennent les murs, ceux qui n’iront jamais à un dîné de tête, tout ceux là, Prévert, et bien d’autres, se retrouvaient pour en finir avec toute forme d’exploitation et d’injustice.

P.-S.

Pour en savoir plus sur les ordonnances (décryptage plus détaillé) : http://batbad.eklablog.com/casse-sociale-c26032792

Le top 5 des pires ordonnances de la nouvelle “Loi Travail”

Un article repris du site “19H17” (http://www.19h17.info/), un “site d’infos pour la révolution”.

Le top 5 des pires ordonnances de la nouvelle « Loi travail »

Elles étaient prévues depuis plusieurs mois et sont finalement tombées le 31 août. Les premières ordonnances estampillées « loi travail » de Macron sont sorties. Finalement ce dernier a décidé d’y aller plus progressivement que prévu et n’a pas concentré l’ensemble des attaques sur les exploités en une seule salve d’ordonnances. Les suppressions progressives du SMIC et du CDI ne sont pas encore actées. Même si elles restent bel et bien programmées, elles sont remises à peu plus tard. Pourtant si ces ordonnances ne contiennent pas ce que l’on redoutait le plus, on y découvre tout de même quelques attaques que l’on risque de sentir passer.

Voici un petit TOP 5 subjectif du pire de ce que contiennent ces ordonnances. Nous les avons illustrés  avec quelques exemples pour permettre de voir ce que cela va vouloir dire concrètement :

1) La suppression des primes, tickets restaurants ou du 13e mois par référendum organisé par le patron.

C’est en réalité l’extension généralisée aux petites entreprises de la loi El Khomri et de l’inversion de la hiérarchie des normes. La loi passée en 2016 affirmait déjà la prédominance des accords d’entreprises sur les accords de branches elles-mêmes devenant prioritaires sur le Code du travail.

Concrètement cela voulait dire qu’il suffit de faire un référendum d’entreprise pour forcer l’ensemble du personnel à travailler 48 heures par semaine, à renoncer à son 13ème mois ou à baisser les salaires. Le problème c’est que dans les PME, lancer un référendum n’était pas possible pour les patrons. Il fallait qu’ils obtiennent l’accord d’un syndicat représentatif. Ce n’est pas forcément un problème dans les grandes boites où le patronat trouve toujours la CFDT ou l’UNSA pour se ranger à leurs côtés, mais dans les petites où les syndicats ne sont pas présents, c’était impossible. La nouvelle loi travail permet que le référendum soit lancé à l’initiative du patron et validée à la majorité.

Pour mieux comprendre ce que ça implique, prenons l’exemple d’une entreprise de plomberie qui a 5 employés. Deux d’entre eux sont des gérants, c’est-à-dire qu’ils sont employés, mais sont en réalité les co-patrons de la PME. En ce moment l’activité va mal et l’entreprise a moins de commandes. Du coup ils veulent baisser le nombre d’heures de leurs salariés de 35h/semaine à 20 heures. Ils trouvent aussi qu’ils sont trop payés et veulent les rémunérer au SMIC ainsi que supprimer leurs primes. Il suffit alors que ces patrons lancent un référendum et parviennent à motiver un seul de leur employé à voter favorablement pour que tout le monde passe d’un 35h à un 20h semaine, tombe au SMIC et voit leurs primes supprimées. Pratique non ? Si le salarié refuse le nouveau contrat, il pourra être viré par rupture conventionnelle, c’est-à-dire sans pouvoir prétendre à des indemnités de départ. Le pire c’est que cela se passe souvent comme ça dans les petites entreprises ou dans l’artisanat. Les petits patrons jouent sur la corde sensible et l’ambiance familiale pour que les employés compatissent avec eux et acceptent des reculs sociaux ou de travailler plus, gratuitement. Sauf qu’il ne faut pas oublier que c’est leur entreprise et pas la nôtre !

Avec l’inversion de la hiérarchie des normes, ces accords de boites pourront également revenir sur les accords de branches. Dit comme ça, il est difficile de se figurer cela ce que ça signifie alors qu’en réalité c’est important. Dans de nombreuses entreprises, beaucoup d’avantages comme les tickets restaurant ou le 13ème mois sont rendus obligatoires par des accords de branche que l’on ne soupçonne même pas.

Par exemple tous les travailleurs des magasins de vente de fringues Aigle, dépendent de la convention collective nationale sur le caoutchouc. En effet, la marque s’est principalement fait connaitre en vendant des bottes en caoutchouc. C’était son activité principale lorsqu’elle a été lancée et la raison pour laquelle elle dépend de cette branche. Mais ce qui est important à constater c’est qu’aujourd’hui, c’est cette convention collective qui instaure les tickets restaurant, un 13ème mois et un barème de salaire légèrement au-dessus du SMIC dans tous les magasins Aigle. [1]http://www.journal-officiel.gouv.fr/publications/bocc/pdf/2016/0018/boc_20160018_0000_0006.pdf

Mais grâce à une des dernières ordonnances sur le travail, il sera possible de supprimer tout cela grâce à un référendum d’entreprise à l’initiative du patron. Le cas de Aigle n’est pas un cas isolé. Il y a de nombreuses entreprises où les avantages sociaux sont conditionnés par un accord de branche que l’on ne soupçonne même pas et qui pourra facilement être remis en cause.

2) la généralisation du CDI « de projet »

Le CDI « de projet » ou CDI « chantier » est un contrat de travail mis en place il y a un peu plus d’un an dans les secteurs du bâtiment. Le but d’une des nouvelles ordonnances est de le généraliser à tous les secteurs. Soyons clairs : le CDI de projet est juste un CDD sans indemnité précarité. C’est donc, tout simplement, une baisse de salaire pour les emplois précaires.  

Le principe est donc d’embaucher un exploité, mais seulement le temps d’un projet bien spécifique. C’est la durée du projet qui détermine la durée du contrat. Il n’y a donc rien « d’indéterminé » là-dedans. Depuis 2016, il est utilisé massivement dans les chantiers de construction. Avant cela le CDD dominait avec, à la fin des indemnités précarité de 10% du brut.

Petit exemple : la société Durmaz embauche Lucas comme maçon pour participer à la construction d’un immeuble de bureau :

  • Lucas est embauché en CDD d’un an à 1 500€ brut/mois (1 155€ net). Mais au bout d’un an, le chantier n’est toujours pas terminé et son employeur lui refait signer un CDD de 6 mois. Le chantier se termine au bout de 4 mois et Lucas reste tout de même payé les 2 mois de plus restants. Étant en CDD, à la fin de son contrat il touche une prime précarité cumulée de 2 700€ [2]10% de la rémunération brute payée pendant l’intégralité du contrat, soit 27 000€ sur 18 mois .
  • Lucas est embauché en CDI de projet. Son contrat se termine lorsque le chantier est terminé. C’est-à-dire après 16 mois. Il n’est donc pas payé 2 mois de plus et surtout au lieu des 2 700€ de prime précarité, il ne touche rien vu que son contrat est considéré comme un CDI. Pour le même travail, Lucas a perdu 5 700€ (prime de précarité + 2 mois de salaire). Par contre les banques et les propriétaires ne sont pas dupes et Lucas est toujours autant dans la galère pour trouver un logement que lorsqu’il avait un CDD.

Une des nouvelles ordonnances veut généraliser ce contrat à tous les secteurs. Bientôt H&M et Zara pourront embaucher des vendeuses justes pour les soldes en contrat CDI-P. Ils n’auront alors plus à leur payer la prime de précarité et profiteront de la période d’essai de 2 mois pour leur faire accepter tout et n’importe quoi sous peine de licenciement.

3) La transformation des licenciements collectifs en « rupture conventionnelle collective ».

Les conditions sont très larges. N’importe quelle boite voulant faire une restructuration, changer de ville où le siège de trouve ou modifier son organigramme pourra l’utiliser. L’idée est de faciliter ces licenciements collectifs sans avoir recours à un plan social qui oblige l’employeur à donner des indemnités plus lourdes et à retrouver du boulot aux personnes qu’il vire.

Mais si malgré les pressions, le patron n’arrive pas à avoir l’accord des exploités qu’il souhaite virer, il pourra tout de même déclencher un plan social juste par rapport à la santé nationale de l’entreprise.

Avant les plans sociaux ne pouvaient être déclenchés que lorsque l’entreprise était mal en point économiquement. Avec les nouvelles ordonnances, il suffit que ce soit la filiale française qui ne soit pas assez rentable même si l’entreprise fait des milliards de bénéfices à travers le monde.

Par exemple l’entreprise Ryanair a fait un bénéfice net de plus de 1,3 milliard d’euros en 2016 [3]http://www.lepoint.fr/economie/ryanair-le-benefice-annuel-resiste-grace-a-un-nombre-record-de-passagers-30-05-2017-2131315_28.php . Cette entreprise multinationale est basée en Irlande pour payer le moins d’impôt possible. Mais elle a une filiale en France qui s’occupe uniquement du marketing et permet de justifier s’on activité sur le territoire français. Si Ryanair International veut lancer un plan social sur sa filiale française, il lui suffira de signer moins de contrats marketing avec cette dernière pour qu’elle ne rapporte plus assez. Après ça ils pourront virer qui ils veulent sans problème et qu’importe leur 1,3 milliard d’euros de bénéfice annuel.

4) Le plafonnement des indemnités prud’homales

Voilà un projet prévu de longue date. Le plafonnement était déjà présent dans la première mouture de la loi El Khomri promulguée en 2016. Finalement, le gouvernement avait lâché sur ce point comme pour permettre aux syndicats en lutte de pouvoir affirmer qu’ils avaient réussi gagner sur un point. À la place d’un plafonnement avait été mis un barème indicatif que les juges étaient enjoints à suivre. Un an plus tard, cette réforme revient et limite les indemnités auxquelles ont peut prétendre en cas de licenciement sans motif.

En clair, si l’on se fait virer sans raison et que l’on a moins d’un an de boite, on ne pourra espérer toucher qu’entre 0 et 1 mois de salaire d’indemnités compensatoires. Si l’on travaille depuis 15 ans dans le même taf, on pourra espérer entre 3 et 13 mois de salaire. Enfin si l’on se fait exploiter dans le même taf depuis 30 ou plus on ne pourra s’attendre à toucher qu’entre 3 et 20 mois de salaires.ordonnances barème prud'hommes

Le but est clair et affirmé haut et fort : Les patrons doivent pouvoir avoir la possibilité de virer qui ils veulent en sachant exactement ce que cela risque de leur coûter. L’employé de 55 ans qui a 30 ans de boite ne sera plus à l’abri d’un licenciement qui coûterait trop cher. S’il n’est pas assez productif, on pourra le virer sans motif et être sûr de ne pas payer si cher que cela.

Le nouveau plafond permet de baisser sensiblement les indemnités pour les salariés. En moyenne les salariés qui avaient entre 2 et 5 ans d’ancienneté touchaient 8 mois de salaires s’ils allaient aux prud’hommes [4]https://www.lesechos.fr/21/01/2016/lesechos.fr/021638747412_prud-hommes—ce-que-les-salaries-obtiennent-reellement.htm . Avec le nouveau barème, l’indemnité maximale ne sera plus que de 3 mois.

5) La suppression des Comité Hygiènes et Sécurité des Conditions de Travail (CHSCT) et des élus du Comité d’Entreprise.

De prime abord, l’on pourrait se dire que ce sont les élus syndicaux qui sont attaqués et qu’il n’y a donc pas trop de raison pour les pleurer vu que la plupart des syndicats ne sont pas en désaccord avec ces ordonnances. Sauf que la suppression des CHSCT veut dire quelque chose. Il n’y aura plus d’endroit où l’on peut remettre en cause des conditions de travail intolérable ou des mesures de sécurité insuffisantes mettant en danger la vie et la santé des travailleurs. De plus, avant les ordonnances, les expertises sur la sécurité et les conditions de travail devaient être financées par l’employeur. Maintenant, leurs coûts devront être pris en charge à 20% par les représentants du personnel. Autant dire qu’il n’y en aura quasiment plus. Comment est-ce que le danger pour les travailleurs et surtout les maladies professionnelles pourront être reconnu s’il n’y a plus d’expertises possibles ?

Les seuls qui commencent à s’inquiéter de la situation sont logiquement les cabinets d’expertisent qui travaillent avec les CHSCT (Syndex, Secafi, Technologia) qui savent que leurs boulots sont menacés. Rappelons que les CHSCT sont issus des délégués de mineurs aux XIXe siècles. Des travailleurs des mines chargés de tenir un registre des infractions patronales à la sécurité. Cette pratique a participé à la création des inspecteurs du travail puis plus tard à la médecine du travail.

Le nombre d’élus vont baisser et avec cela le nombre d’heures de délégation syndicale qui permet aussi aux syndiqués de base de fuir de temps en temps le boulot tout en continuant à être payé (surement une des seules réelles bonnes raisons de rejoindre un syndicat). La palme du pathétique revient à Force Ouvrière qui refuse de manifester contre les ordonnances en affirmant qu’ils sont contents de la pseudo négociation qu’il y a eu en amont [5]http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2017/08/30/20002-20170830ARTFIG00155-force-ouvriere-ne-manifestera-pas-contre-la-reforme-du-code-du-travail.php .En clair, ils se font tirer dessus avec un pistolet et remercient le tireur de ne pas avoir utilisé un fusil d’assaut.

 

Tract du syndicat étudiant SL-Caen pour la manifestation du 12 septembre


Un tract des camarades du syndicat étudiant SL-Caen pour appeler à la manif du 12 septembre contre la nouvelle Loi Travail.

À télécharger en cliquant sur le lien ci-dessous :

En Manif le 12 Septembre

 

Ou à lire ci-dessous :

 

En Manif le 12 septembre

Baisse des APL… « Pas ça ! » :

« Si à 18, 19 ans, 20 ans, 24 ans, vous commencez à pleurer parce qu’on vous enlève 5 euros… Qu’est-ce que vous allez faire de votre vie ? » : déclarait la députée En Marche O’Petit sur la baisse des APL décrétée en juillet par le gouvernement Macron. Nous ne pleurerons pas, nous descendrons dans la rue et mènerons une lutte féroce contre le gouvernement Macron et son monde.

Madame O’Petit ne le sait peut-être pas, mais ces 5 euros ne sont pas négligeables pour beaucoup d’étudiant-e-s, en témoignent les 65% d’entre eux qui sautent déjà régulièrement un repas par semaine par manque d’argent ! Une fois de plus, le gouvernement s’en prend aux plus démuni-e-s en tapant sur les caisses d’allocations et autres services publics plutôt que d’aller réclamer sa part d’austérité chez les plus favorisé-e-s : par exemple l’ISF (impôt sur la fortune) est supprimé, ce qui représente une perte de 300 millions d’euros par an pour l’Etat. Ce genre de mesure, en plus d’accroître la précarité étudiante, rend plus difficile l’accès à l’Université et participe à faire de l’enseignement supérieur un espace réservé aux plus doté-e-s.

Baisse des financements pour l’enseignement

supérieur… « Pas ça ! » :

De plus, 331 millions d’euros ont été retirés du budget de l’Enseignement Supérieur pour la rentrée 2017 alors qu’il n’y a jamais eu autant d’étudiant-e-s, près de 40 000 en plus pour cette rentrée ! Cette baisse de financement s’inscrit dans la continuité que la loi d’autonomie des Universités appliquée depuis Sarkozy. C’est une université où les investisseurs privés ont de plus en plus de place, c’est l’université compétitive du savoir-marchandise. Cela se traduit par des postes de personnel-le-s gelés ou supprimés, des ventes de locaux donnant lieu à des cours surpeuplés, une orientation vers le tout numérique, une suppression des filières jugées peu rentables…

Sélection en Master et en Licence… « Pas ça ! » :

Le gouvernement précédent avait déjà mis en place la sélection en master et en licence (par tirages au sort). Autrement dit, plutôt que de débloquer des moyens afin d’accueillir tout le monde, le gouvernement d’Edouard Philippe participe à rendre l’accès à l’enseignement supérieur toujours plus compliqué. A cette rentrée, ce sont 6 000 bachelier-ière-s qui se retrouvent toujours sans formation, 11 000 ont soit renoncé à leurs études soit se sont tourné-e-s vers des filières privées et souvent coûteuses. Ce système est particulièrement injuste car les premières victimes sont encore une fois les étudiant-e-s les plus défavorisé-e-s qui se voient à nouveau laissé-e-s à la marge. Ne pourrait-on pas au contraire donner les moyens aux universités de délivrer un enseignement de qualité qui permettrait à tou-te-s de s’émanciper ? Le durcissement de l’accessibilité à l’enseignement supérieur et les mesures précarisant les étudiant-e-s vont dans le sens inverse de nos aspirations, et permet la reproduction d’une petite classe d’élite.

Loi travail 2… « Pas ça ! Pas ça ! Pas ça !!! » :

Alors que la précarité étudiante pousse déjà près de 50% d’entre elles et eux à se salarier, dont 30% à temps plein pour financer leurs études, le nouveau gouvernement de Macron s’apprête à détruire ce qui reste du code du travail. La Loi travail 2 et ses ordonnances, c’est l’insécurité sociale grandissante pour tou-te-s ! Les allocations-chômages et les retraites sont menacées, l’heure est aux travailleur-euse-s jetables et low-cost, à la suppression des contrats aidés dont beaucoup d’étudiant-e-s bénéficiaient, à la dilution du SMIC et la suppression des salaires minimas de branche, aux horaires de travail extensibles, etc., pendant que les

détenteur-trice-s de la finance et les patron-ne-s se gavent et accroissent leur pouvoir sur leurs salarié-e-s. C’est double peine pour ces étudiant-e-s précarisé-e-s à l’université et sur leur lieu de travail : autant dire que Macron met tout en oeuvre pour les éjecter directement du parcours de réussite.

Pour le reste des étudiant-e-s, le monde du travail n’est pas si lointain. Il nous faut donc dès à présent nous mobiliser pour notre futur mais aussi en solidarité avec les travailleur-se-s actuel-le-s qui subissent déjà de plein fouet les mesures libérales du gouvernement Macron. Nous sommes de celles et ceux qui refusent cette société basée sur l’intérêt individuel ! La solidarité est une nécessité. La solidarité, ce n’est pas qu’un projet, c’est notre idéal !

POUR DEFENDRE NOS DROITS

MANIF LE 12 SEPTEMBRE

rdv au phenix A 10H

 

Retour sur le mouvement contre la Loi Travail, une lutte en turn-over

Un intéressant retour analytique sur la lutte contre la Loi Travail en 2016, qui réfléchit sur le rapport entre les formes de lutte et de mobilisation et les formes actuelles d’emplois et de précarité du prolétariat. Trouvé sur le site “Swaggcocos” (https://swaggcocos.wordpress.com/).

 

Sur le mouvement contre la loi travail, une lutte en turn-

over

La loi travail est une attaque générale contre le droit du travail et le salaire direct : d’un côté elle baisse le salaire via les heures supplémentaires moins payées, de l’autre elle supprime le droit du travail collectif pour le segmenter par entreprise et l’individualiser. Et à cela s’ajoute une baisse générale du droit des salariés en termes de santé au travail, de la représentation des salarié-e-s, etc.

Ce mouvement très particulier, caractérisé par la désynchronisation de ses composantes, se déroule en 3 phases. Il survient début mars, sur une manif appelée d’abord par des syndicats de base, en avance de 3 semaines sur le programme des centrales syndicales.
Après un mois de manifestations très tendues et de grèves trop perlées, de tentatives infructueuses de blocages de facs et d’occupation, c’est finalement « Nuit debout » qui prend le relais « soirée » des manifs. Il connaît un grand et long succès dans les centres urbains des métropoles, en touchant des sympathisants de gauche qui s’inscrivent peu dans les luttes liées au travail.
Fin mai, alors que le mouvement semblait s’étioler, il entre dans sa 3e phase : celle des grèves. Après deux mois d’une absence notable, la CGT apparaît subitement fin mai pour lancer les grèves notamment dans le secteur stratégique de l’énergie : les 12 raffineries du pays sont bloquées, ainsi que les dépôts pétroliers. Toujours dans l’énergie, 19 centrales nucléaires votent la grève. Du coté des transports, les routiers mèneront une grève d’une semaine ainsi que de nombreux blocages, avant de voir leurs revendications reconnues par le gouvernement. Fin mai, ce sont les éboueurs qui se mettent à leur tour en grève.

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La loi El Khomri, qui existe déjà empiriquement pour une grande partie du prolétariat, vient d’une part formaliser et légaliser les conditions de travail de millions de prolétaires et d’autre part étendre cette précarité déjà structurelle aux autres.

Le tertiaire, à l’opposé de l’industrie et de l’agriculture, est le seul secteur dont l’augmentation de la productivité ne repose pas sur l’accroissement du capital fixe (machines, technologie, etc…). Les patrons des entreprises de services, ne pouvant augmenter les cadences avec des machines, s’emploient alors à faire reposer la productivité uniquement sur la force de travail humaine. Certains emplois sont soumis à une telle densification du travail à effectuer pour chaque heure que les nouvelles cadences sont tout simplement impossibles à effectuer dans le temps imparti. Si les travailleuses et travailleurs concernés dépassent ce temps de travail, ils ne seront pas payés, ce qui revient à un renversement du paradigme du salariat* : certains ne sont plus payés à l’heure, mais à la tâche. C’est le cas des femmes de chambres de grands hôtels ou des postiers, deux secteurs dont certains bastions furent en grève reconductible durant le mouvement.
Leurs luttes, inscrites dans l’agenda de la restructuration, témoignent que l’objectif du patronat est de resserrer l’étau sur l’emploi tertiaire, en tirant sur la plus-value absolue : allonger et densifier le temps de travail sans le payer plus.

Beaucoup ont pu relever la faiblesse numérique du mouvement, qui comprend des manifestations d’en général un demi-million de personnes. Or, cette faiblesse est à relativiser, en considérant la structure de l’emploi ainsi que la composition du mouvement.

Comme nous l’avons vu plus haut, une part importante du prolétariat subit déjà la loi Khomri avant que celle-ci ne soit légalisée. Depuis les années 2000, la crise, en supprimant de nombreux postes a largement densifié la somme de travail à effectuer des employés ; à cela s’est ajouté une stratégie de pourrissement : depuis les années 2000, un très grand nombre d’accords d’entreprises avait été signés en défaveur des travailleurs. Ainsi, la loi travail apparaît en terrain semi-conquis, et n’a plus qu’à passer le vernis légal sur des rapports économiques déjà structurels pour pas mal de salariés.
Ce mouvement fut alors une lutte globale contre la restructuration, comprenant les Khomrisés, pour qui la loi ne changera pas grand-chose et qui n’ont donc plus rien à perdre (secteur du nettoyage, postiers, McDo) et ceux pour qui le passage de la loi portera un gros coup à la stabilité de leur emploi et ainsi qu’à leur porte-monnaie (raffineries, ports et docks, etc.).
Ainsi, il faut considérer que le mouvement contre la loi travail a été le seul mouvement des 30 dernières années à lutter contre un état de fait, à l’opposé des mouvements précédents, portant sur la défense des conquêtes ouvrières, qui luttaient contre un état à venir (une loi appliquée ni empiriquement ni légalement).

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Maintenant que nous avons vu comment la structure de l’emploi peut définir l’ampleur d’une mobilisation, regardons quelle fut la composition du mouvement.

Dans la France post-fordiste, les luttes de grande ampleur étaient menées par les fonctionnaires, ou a minima conjointement avec eux. Après 1968, les mouvements sociaux finissent par s’inscrire dans le principe de grève par procuration : le public fait grève, le privé suit comme il peut. Cela durera jusqu’en 2010, quand les fonctionnaires abandonnent les rênes des mouvements ; c’est alors qu’un autre schéma s’esquisse.
La loi travail vient lourdement appuyer et confirmer la fin des mouvements du public : la mobilisation tient uniquement sur le privé, car lui seul est concerné par la loi, et lui seul mène des grèves reconductibles. Ainsi, l’ancrage des mouvements du privé est assez inédit dans le paysage des mouvements sociaux français post-crise, ce qui contrebalance les cartes de la lutte des classes et la vision qu’on se fait d’un mouvement social.

De par la plus grande difficulté de mener une action politique et syndicale dans le privé, le mouvement était effectivement plus faible numériquement que ses prédécesseurs. Il n’en fut pas moins le plus radical, et le plus déterminé.
Pour la première fois, les mobilisés avaient conscience que jouer le jeu du mouvement légaliste, selon les règles tacites convenues avec l’Etat, n’offrirait plus aucune contrepartie, et surtout pas celle de gagner ses revendications. Le clivage traditionnel entre les bons et les mauvais manifestants (casseurs vs. manifestants), tendait donc à s’effacer : la colère était partagée, et ceux qui ne cassaient pas (la majorité) n’émettaient que peu de réserves sur les groupes plus violents.
D’un côté, la réforme des retraites de 2010 a démontré que le cadre du mouvement social n’offrait plus aucune garantie aux prolétaires en lutte ; et de l’autre ces mêmes prolétaires faisaient l’amer constat que la gauche institutionnelle se révélait être l’appareil sauvage et agressif de la bourgeoisie qui, une fois élue, ne prenait plus la peine de se parer d’un quelconque cosmétique social. L’amertume fut vive au sujet de cette gauche plus offensive contre les prolétaires que la droite, tant sur le fond (la loi travail) que sur la forme (la répression sans pareille du mouvement).

Alors que les conflits de classes s’étaient matérialisés ces dernières années par une plus grande judiciarisation de ce qui auparavant n’étaient que de simples formalités, comme les feux autour d’un piquet de grève, la loi travail a été l’apogée de la répression du mouvement social. Ainsi, chaque semaine, le gouvernement se parait dans une nouvelle panoplie répressive pour détruire les droits des prolétaires en lutte : les multiples 49.3  ; les interdictions individuelles de manifester ; les mutilés en manifs, les CRS chargeant dans une très grande violence des piquets syndicaux ; la tentative d’interdiction de manifestation, soldée par l’apparition d’une nouvelle modalité de lutte low-cost : un rassemblement encadré dans une ville transformée en check-point, etc…
La contrepartie d’une lutte des classes à visages découverts fut l’intensification de la violence et de l’offensive des manifestants : qu’ils aient à gagner ou pas, ce fut l’éclatement brutal de la colère.
Alors que les manifestants offensifs se trouvaient traditionnellement en queue de cortège, 2016 a marqué l’apparition du cortège de tête : tout ce qu’une ville compte de jeunes qui veulent en découdre se retrouvait à l’avant des manifestations, regroupant plusieurs milliers de personnes. Ces cortèges de tête étaient une matérialisation de l’accroissement de l’abstention : de nombreuses personnes dégoutées du « coup de poignard » du PS venaient grossir les rangs d’autonomes déjà convaincus.
La violence en tête de manif’ comme la destruction d’une centaine de permanences PS** à travers le pays furent alors vécues comme une revanche contre la gauche autant que le constat qu’en vain, le prolétariat était dépouillé de ses médiations institutionnelles, qu’il étaient ostensiblement nu face à la violence capital.

Tandis qu’une méfiance s’était déjà enracinée en 2005 lorsque de nombreux cadres de la gauche avaient mené campagne pour le « oui » à la constitution européenne, 2016 marque enfin le divorce définitif entre la gauche de la rue et la gauche de pouvoir. Un an plus tard, la loi El Khomri aura coûté cher au PS, puisque celui-ci, perdant plus de 6 millions de voix entre 2012 et 2017, ne survivra pas à son quinquennat.

En 1961, Raoul Vaneigem écrit les paroles de la chanson La vie s’écoule. Célébrant la révolution, il proclame : « Plus de dirigeants, plus d’État // Pour profiter de nos combats ». La révolution n’a pas eu lieu et ce qui fut une revendication révolutionnaire dans les années 1960 est actuellement un état de fait, celui de la contre-révolution : ni dirigeants ni État ne profitent de nos combats, puisque le capital n’intègre plus la lutte des classes dans son procès.

sans-pétroleEn observant le mouvement contre la loi travail au prisme des 30 dernières années de mouvements sociaux, on note que les grèves de fonctionnaires ont permis de masquer l’incapacité du secteur privé à mener une grève générale, tant la restructuration a affaibli ses capacités de structure militante, en segmentant les entreprises et les statuts, notamment avec la sous-traitance et la multiplicité des contrats.
Lorsque le public ne conduit plus de grève reconductible dans les mouvements, le privé hérite de ce que plus personne ne veut assumer. Il mène des grèves éparses, mais loin de paralyser l’économie par la grève dure, le mouvement social se heurte à son entrée en crise.
La restructuration du privé, qui n’est plus masquée par la grève par procuration effectuée par les fonctionnaires, apparaît alors aux yeux de tous sans que personne ne souhaite vraiment la voir.
D’autant que les secteurs privé et public sont aujourd’hui très perméables l’un à l’autre : d’un coté de nombreuses entreprises publiques sont passées au privé, de l’autre de nombreuses entreprises publiques embauchent sans le statut de fonctionnaire, et enfin, de nombreux emplois du secteur privé sont financés par le public (contrat d’insertion, emplois aidés, etc..).
Une partie des grévistes du secteur privé de 2016 était les grévistes du public de 1995 : La Poste contre le travail à la tâche, RTE (filiale privée d’EDF) contre la privatisation de son capital, la BNF pour titulariser ses vacataires, etc.
Lorsque le secteur public ne masque plus la restructuration des modalités de lutte, on voit clairement la réorganisation : ceux qui ne pouvaient pas faire grève, les jeunes précaires (alternance, CDD, etc) et les retraités, ont massivement alimenté la caisse de grève en ligne de la CGT, subventionnant ceux qui pouvaient faire grève.
Dans les régions hors de Paris, beaucoup se demandaient si le mouvement s’essoufflait chaque semaine. Et pourtant, la colère a vaincu, a forcé durant 4 mois un mouvement que les centrales n’avaient pas préparé, auxquelles elles se sont rattachées, et celui-ci a tenu. Le mouvement social, déstructuré et en crise, s’est accroché par à-coups et est entré inopinément dans la danse. Affaiblis mais déterminés, ceux qui luttaient pour qu’éclate ce mouvement sans forme ont fini par le structurer sur le modèle du turn-over : chacune de ses composantes s’est relayée pour faire durer la colère collective (les jeunes, les précaires et les salariés en grève perlée en février ; Nuit debout en mars puis les grévistes en mai et début juin, quand les jeunes retournaient en cours).
La classe ouvrière, privée de sa capacité à mener une grève générale avec l’éclatement de la sous-traitance et l’instabilité de l’emploi, n’a pas paralysé l’économie, en 2010 comme en 2016.
Or il ressort que les conflits sociaux, plus aigus et violents, marquent notre époque par le bourdonnement continu d’une lutte des classes acérée. Comme la loi travail s’était entamée alors qu’un grand nombre de boîtes avait lutté contre la loi Macron, elle s’est soldée par autant de luttes dans les entreprises contre la loi El Khomri.

*salariés non-cadres
** dont celle de Grenoble, où le siège de la Fédération du PS de l’Isère est attaqué à l’arme à feu.

Les bulles proviennent de banderoles et panneaux vus lors du mouvement.

2016 : Loi Travail, un grand coup sur le dos des femmes !

Un article repris du site “Swaggcocos” (https://swaggcocos.wordpress.com/), écrit par un groupe de féministes impliquée dans la lutte de classe. Il récapitule les impacts de la Loi Travail N°1 de 2016 sur les conditions d’emploi et de travail des femmes et effectue un survol de la place des femmes au sein du prolétariat.

Il nous a semblé intéressant de le relayer alors qu’un Loi Travail N°2 nous pend au nez et aussi parce que la prise en compte, dans les luttes sociales, des inégalités salariales, des discriminations à l’embauche, de la précarité de l’emploi, des divers harcèlements dont les femmes sont la cible nous semble primordial. La prise en compte réelle de ces questions favoriserait certainement une participation accrue des femmes à ces mêmes luttes sociales, déboucherait probablement sur des mobilisations autour de ces situations spécifiques (mais transversales en terme de secteurs d’activité) et cela contribuerait à une reprise plus globale de la conflictualité de classe. L’enjeu est donc de taille.

 

Loi travail, un grand coup sur le dos des

femmes !

 Depuis quelques semaines, lycéen.es, étudiant.es et salarié.es se mobilisent contre le projet de loi travail dont les principales mesures visent à rallonger le temps de travail et à précariser les travailleurs et travailleuses. Cette loi n’est pas spécifiquement une attaque contre les femmes, comme la loi Rebsamen de juin 2015, qui supprimait les négociations collectives dans l’entreprise consacrées à l’égalité hommes-femmes au travail. Cependant, étant donné la place particulièrement précaire qu’occupent les femmes sur le marché du travail (elles représentent la majorité des travailleurs pauvres), la loi Travail aurait un impact d’autant plus grave sur leurs conditions de travail.

 

LA PLACE DES FEMMES SUR LE MARCHÉ DU TRAVAIL EST LE PRODUIT D’INÉGALITÉS STRUCTURELLES

Les inégalités de genre structurent le marché du travail.

Les femmes continuent de gagner en moyenne un quart de moins que les hommes. À des conditions identiques (poste occupé, niveau d’études, qualification), les écarts de salaires persistent entre hommes et femmes. 80 % des temps partiels sont occupés par des femmes. Une femme sur trois travaille à temps partiel. Les contrats courts et les CDD touchent plus fortement les femmes : 3 CDD sur 5 sont occupés par des femmes. Ces inégalités persistent, malgré un niveau d’études égal désormais.

Pour des millions de femmes prolétaires, la réalité concrète du travail, c’est d’être assignées aux tâches les plus dévalorisées (ménage, aide à la personne) dans des conditions de précarité extrême. Elles sont touchées de manière plus importante par le chômage, les temps partiels et la flexibilité imposée. Il n’est pas rare qu’une femme cumule plusieurs emplois à temps partiel, réalisant des amplitudes horaires énormes pour à peine 25 heures rémunérées par semaine (nettoyage dans les bureaux avant l’arrivée des employées, puis 3 heures dans la journée dans un hôtel et/ou un magasin, enfin 2 heures dans une école après sa fermeture), le tout assorti de temps de transports faramineux. Ce sont souvent des femmes racisées, avec ou sans papiers, qui sont encore plus touchées par le travail non déclaré et le chômage.

L’assignation au travail domestique et à la reproduction de la force de travail explique les entraves structurelles des femmes sur le marché du travail.

Les femmes effectuent toujours 80% des tâches ménagères. Elles continuent d’assumer la plus grande partie des tâches liées à l’éducation des enfants. Dans 85 % des cas de familles monoparentales, le parent est une femme. Les femmes qui travaillent effectuent donc une double journée : travail salarié et travail reproductif non payé. Mais cette assignation au travail domestique déborde largement le cadre du foyer. Les secteurs qui concentrent l’emploi féminin correspondent à une prolongation du travail domestique. Pour le dire simplement : on effectue les mêmes tâches qu’à la maison mais pour d’autres et en échange d’argent. Dans le public avec les crèches, les écoles, les hôpitaux, mais aussi dans le secteur privé en tant que femme de ménage, nourrice, caissière, vendeuse, serveuse, secrétaire, infirmière, aide soignante…

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Dans ces secteurs « féminins », souvent sous-traités, il est plus difficile de faire grève, de s’organiser collectivement. Les dernières grandes grèves majoritairement féminines illustrent cette spécificité de la lutte des classes pour les femmes : quatre mois de grève en 2015 chez OMS, société de nettoyage, sous-traitant de Paris Habitat, pour des augmentations de salaire et une baisse des cadences ; grève d’un an en 2002 des femmes de chambre de la société LCS (qui assurent l’entretien des chambres dans les hôtels du groupe Accor ou Formule1) qui portait sur la question des salaires et des cadences, mais aussi sur la question de la qualification au travail ; grèves dans la grande distribution de 2008.

Ces grèves longues et combatives ont eu lieu malgré la difficulté de s’organiser. Avec les horaires individualisés, les plannings changent constamment et souvent, et on ne croise que très rarement les mêmes collègues. Dans le système de la sous-traitance, le lieu de travail ne permet d’être en contact ni avec ses collègues ni avec son patron. Employeurs et hôteliers se sont pendant plusieurs mois renvoyé la responsabilité et les grévistes ont dû faire face à cet imbroglio patronal.

Quand les femmes ne peuvent pas lutter dans le cadre du travail, elles luttent pour des salaires indirects (par exemple pour rétablir la CAF) ou pour obtenir des HLM. Les collectifs de mal-logés sont souvent largement féminins. Ces grèves illustrent la lutte de classe des couches les plus précaires du salariat. Un salariat flexible, segmenté, et où il est moins facile de se défendre dans le cadre formel de la loi (prud’hommes, représentations syndicales). Ces conditions que la loi El Khomri va généraliser.

les metiers les plus feminisés

LA LOI EL KHOMRI VA DAVANTAGE PRÉCARISER LES FEMMES

Cette nouvelle loi Travail continue dans la logique des lois précédentes (l’ANI sur la mobilité des travailleurs, la loi Macron) qui sont toutes des attaques contre les travailleur-se-s, et qui ont des conséquences particulièrement néfastes et dangereuses pour les femmes. La loi Macron donnait la possibilité de travailler jusqu’à 12 dimanches par an (au lieu de 5), mesure qui touchait plus les femmes que les hommes car les emplois concernés (vendeurs, vendeuses) sont majoritairement féminins.
Voici un aperçu de quelques mesures contenues dans la loi et de la manière dont elles vont frapper les femmes.

L’allongement du temps de travail

C’est le cœur de la loi Travail. Le temps de travail pourra être étendu à 44 h sur 16 semaines au lieu de 44 h sur 12 semaines aujourd’hui, et le temps de travail de nuit à 40 h sur 4 mois au lieu de 40 h sur 3 mois.

Par ailleurs, les heures supplémentaires seront moins payées, et pourront être rémunérées jusqu’à trois ans après si un accord de branche le permet ; ceux qui n’ont pas le choix doivent les accepter.

→ Résultat : Cela va durement frapper les femmes. Largement employées en temps partiel subi, n’ayant pas accès à un temps plein payé décemment, elles seront contraintes d’accepter ces heures supplémentaires moins bien rémunérées qu’avant, ou d’abandonner certains emplois, soit parce que l’allongement des durées de travail ne leur permettra pas de concilier travail domestique et travail salarié, soit parce que la diminution de la rémunération globale rendra l’emploi non “rentable” au regard des coûts de transport, de garde d’enfants nécessaire pour l’exercer.

L’inversion de la hiérarchie des normes

La loi El Khomri prévoit l’inversion de la hiérarchie des normes et l’annulation du principe de faveur. La hiérarchie des normes correspond au fait que le Code du Travail prime sur les accords de branche et les accords d’entreprise ; c’est théoriquement le minimum garanti à tous les salariés. Le principe de faveur fait primer un accord de branche quand il est plus favorable que le Code du Travail (résultats de luttes victorieuses par exemple). Avec la nouvelle loi, ce sont les accords d’entreprise qui vont primer même si ils sont défavorables.

→ Résultat : L’inversion de la hiérarchie des normes a de multiples conséquences :

• Le temps minimum pour un travail à temps partiel n’est plus garanti. De fait, de multiples dérogations existent déjà malgré un temps de travail minimum fixé à 24 h/semaine en 2013. La loi El Khomri va aggraver le morcellement du travail féminin en facilitant le recours à de tout petits contrats (1 ou 2 h hebdomadaires)

• Les femmes travaillent massivement dans des TPE et des PME. Les syndicats y étant moins représentés (ou inexistants), il est plus difficile pour les femmes de défendre leurs droits à de meilleures conditions de travail. C’est dans ces entreprises qu’il sera le plus facile au patronat d’imposer des accords défavorables aux salariés.
• L’inversion de la hiérarchie des normes constitue également une nouvelle entrave, voire une remise en cause de l’égalité professionnelle entre hommes et femmes. L’égalité hommes-femmes n’a avancé que partiellement dans la loi grâce aux luttes féministes. Ces petites avancées sont inscrites dans le Code du Travail et non dans les accords d’entreprise ou de branche.
Dans les grosses boîtes, les négociations annuelles examinent obligatoirement les salaires et l’égalité salariale hommes-femmes. Désormais, ces négociations pourront n’avoir lieu que tous les trois ans. C’est une possibilité d’augmenter des salaires féminins déjà très bas qui disparaît. Avec comme conséquence une individualisation du rapport salarial. Le travailleur se retrouve isolé face à son travail et encore plus affaibli qu’il ne l’était déjà.

La suppression de l’examen médical d’embauche

Avec la loi El Khomri, le suivi médical des travailleurs-ses n’est plus obligatoire pendant la période d’essai et sera appliqué en fonction des conditions de travail, de l’état de santé et de l’âge du travailleur ainsi que des risques professionnels auxquels le travailleur est soumis.

→ Résultat : Les risques au travail sont largement sous- estimés, surtout pour les emplois féminins. Par exemple : une caissière porte environ 15 tonnes par jour. Même si le temps de travail en caisse d’une caissière est limité à un mi-temps, le risque de se blesser et la pénibilité du travail ne sont pas pris en compte par un suivi médical. On peut aussi citer les femmes de ménage exposées à l’amiante.

 

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UNE ATTAQUE DE PLUS CONTRE LES FEMMES ET LES PROLÉTAIRES

La loi El Khomri fait partie d’une série d’attaques contre les femmes et les prolétaires en général. Les conditions qui sont actuellement celles des couches les plus précarisées du prolétariat vont toucher tout le monde. On veut généraliser à la société entière la précarité que subissent déjà les femmes !

La situation des femmes sur le marché du travail, toujours moins bonne que celles des hommes, fait intégralement partie des moyens de coercition pour que les femmes continuent d’effectuer le travail domestique. Ce n’est ni un vieux reste d’une société en pleine évolution ni un moyen de « concilier vie professionnelle et vie familiale », mais un levier d’action qui profite aux capitalistes, et aux hommes en général. Le travail domestique effectué au profit des hommes est aussi un cadeau pour les capitalistes, qui paient moins cher la force de travail.

Les femmes subissent de plein fouet la crise. Depuis des décennies, elles ont absorbé une bonne part de la flexibilisation du marché du travail. Elles sont la variable d’ajustement des entreprises avec le temps partiel subi et légalisé. De plus, elles sont les premières touchées par les mesures d’austérité, les coupes budgétaires. Souvent précaires, chefs de famille monoparentale et responsables du foyer, les femmes sont plus dépendantes de l’État social et les premières touchées par les coupes budgétaires imposées par les politiques d’austérité (école, crèche, CAF, santé, chômage). La crise exacerbe aussi les rapports hommes- femmes puisque la précarisation entraîne une intensification de la double journée de travail, une augmentation de la part des tâches reproductives assumées par les femmes dans la famille, avec les conflits et les violences qui vont avec. Nous voulons que ces questions spécifiques soient discutées, élaborées dans le mouvement en cours, qu’elles permettent à toujours plus de femmes d’entrer dans la lutte !

LES QUESTIONS QUE POSENT LA SITUATION DES FEMMES FACE AU TRAVAIL SONT CENTRALES DANS CETTE OFFENSIVE GÉNÉRALISÉE CONTRE TOUTES ET TOUS. LA LUTTE EN COURS DOIT LES DISCUTER LARGEMENT !!!

« LA LUTTE DES FEMMES EST AU CŒUR DE LA LUTTE DES CLASSES ! »

mafa

*Travail domestique
Ce n’est pas seulement les tâches ménagères. On veut nous faire croire que les femmes font ces tâches car elles relèveraient de qualités naturellement féminines (douceur, précision, patience, capacité à fermer sa gueule) et découleraient de l’amour qu’elles portent à leurs proches. Alors que c’est l’assignation des femmes à ces tâches qui fait exister le groupe femmes comme groupe « naturel ». Le travail domestique est donc le travail gratuit, sans limites temporelles, qui incombe aux femmes… le jour comme la nuit. Mais on est pas femme que dans la famille, on l’est aussi dans l’espace public (la rue, les espaces politiques) et dans le cadre du salariat (il faut être disponible et souriante, faire le café, etc.). Pour exemple : la direction d’Europe 1, interpellée par les syndicats sur les inégalités salariales hommes- femmes, a proposé des formations pour « décupler sa confiance en soi grâce aux coiffeurs et maquilleurs de L’Oréal », et « faire face à ses émotions au travail » !

** Reproduction de la force de travail
Le salaire n’est pas le prix de notre travail mais le prix d’achat de notre force de travail. Sur quoi est basé ce prix ? Comme pour toutes les autres marchandises, sur son coût de production et d’entretien. C’est ce qu’on appelle la reproduction de la force de travail, c’est-à-dire tout ce qui est nécessaire au travailleur pour continuer à travailler.
Pour tout prolétaire, elle comprend nourriture, logement, biens de consommation courante mais aussi la santé. Au sens élargi, c’est la reproduction de « la race des travailleurs ». C’est-à-dire, le fait de faire des enfants, de les élever, mais aussi la formation de la future main-d’œuvre. Cette reproduction a d’abord lieu dans le cadre de la famille mais aussi par le biais de l’État. Dans la sphère privée comme dans la sphère publique, la reproduction de la force de travail repose essentiellement sur les femmes.

Signé le Glfm : Nous sommes un groupe de féministes issues des luttes du syndicalisme de précaires ou des mouvements sociaux. Pour nous il s’agit de mettre en avant le féminisme dans la lutte des classes, et d’intensifier la lutte des classes dans les espaces féministes.

Grève, blocage, sabotage… et stratégie.

Nous relayons un article, rédigé lors de la lutte contre la Loi Travail en 2016. Ce texte donne à réfléchir et est toujours d’actualité alors qu’un nouveau mouvement social semble se profiler à l’horizon. Article trouvé sur le site “Swaggcocos” (https://swaggcocos.wordpress.com/).

 

Grève, blocage, sabotage… et stratégie

Retour en analyse sur notre soif de blocage lors du mouvement, quand la grève eut peine a démarrer.

Dans le mouvement plutôt atypique de ces derniers mois, il y a des salariés qui participent aux journées de mobilisation d’une part, et ceux qui ne savent pas trop où se mettre mais voudraient continuer une fois passées les manifestations. Pour ces quelques militants, différentes alternatives se sont composées, aboutissant à des résultats sensiblement semblables : comités d’action, assemblées de luttes, segments radicaux des Nuits debout se sont conjointement développés dans la tendance aux actions de blocage. Ces blocages ont pu être de natures différentes : blocage de lieux de production (port de Gennevilliers, blocage de Macdo…) ou blocage de flux (rails, périphériques…). Mais quelles qu’aient été les lieux où la nature du blocage (on parle ici uniquement des blocages organisés par des militants extérieurs, sont exclus les blocages dans le cadre d’un conflit de travail comme c’est le cas pour les routiers), ils semblent composer une stratégie obsolète à ce stade du mouvement, une stratégie qui n’est pas payante. Stratégie sur laquelle le mouvement aurait tout intérêt à prendre du recul, et à discuter. C’est sans mépris pour ceux qui font – et parmi lesquels nous nous trouvons – et en saluant les nombreuses initiatives qui ont lieu, ce qui est toujours mieux que rien, que nous rédigeons ce texte.

Pour commencer il faut bien constater que les seuls blocages qui ont fonctionné (à l’exception notable du très réussi blocage d’une plate-forme de distribution à Bordeaux, tenue avec le soutien des routiers, et sans doute d’autre blocages moins médiatisés, mais qui ne constituent pas une majorité) l’ont été à l’initiative des salariés concernés : Macdonald’s lorsque les grévistes étaient présents, blocages des embauches à La Poste. Le blocage exogène (venant de l’extérieur, sans appui sur les salariés), lui, n’a jamais fonctionné : ni au port de Gennevilliers, ni dans les Macdonald’s dont le personnel n’était pas gréviste, et on peut supposer que, sur ce modèle, il ne fonctionnera nulle part : pas plus dans les aéroports que dans les enseignes de distribution.

La grande crue bloque les flux… sans grévistes

Lorsque nous disons que ces blocages ne fonctionnent pas, c’est du point de vue du mouvement : évidemment, pour une heure ou deux, parfois plus, ils permettent de stopper la production. Le patron, le rentier, le capitaliste, perdent un petit chiffre. Mais ils ne fonctionnent pas du point de vue de la mobilisation. On peut toujours bloquer une route, même à quarante, et empêcher ainsi les travailleurs de se rendre dans leur boîte : l’effet n’est jamais celui d’une grève, initiée par les travailleurs, car ni la conscience ni l’organisation ni l’autonomie ni la lutte des salariés n’y sont. Il faut avoir l’objectif à l’esprit : l’objectif, c’est la lutte sociale et massifiée, la perte de chiffre d’affaire, un moyen. Que la grande crue arrive à Paris, et les flux comme la production seront bloqués : mais la révolution n’aura pas lieu, car la crue – le blocage – n’est pas une expression de la lutte des classes. Nous pouvons bien bloquer un Macdo, un port… : nous ne sommes la plupart du temps ni équipiers, ni dockers. L’effet n’y est pas. Du point de vue des salariés sur place, lorsque l’action n’est pas concertée, il n’y a au mieux pas d’effet du point de vue de la nécessité de s’investir dans la lutte ; au pire, le dégoût de voir des militants – parfois plus privilégiés – prétendre apprendre quelque chose, sauver quelque chose, d’un lieu où ils n’ont pas mis les pieds, auquel ils ne connaissent rien et où ils ne reviendront pas.

 

mcdo bloqué loi travail

 

 

Maintenir un niveau de conflictualité… mais comment ?

Ces problèmes ne sont certes encore que des petits inconvénients incommodes d’un mouvement social ; l’enjeu, pensons-nous, étant de maintenir autant que cela est possible et par tous les moyens un niveau d’agitation et de conflictualité acceptable pour continuer la lutte. Mais il y a quelque chose de plus déterminant dans cette stratégie de blocage, à long terme : c’est qu’elle est un aveu de faiblesse. Au contraire des salariés qui participent aux journées de mobilisation, si nous ne savons pas « où nous mettre », c’est précisément que notre lieu de travail n’est pas en grève, notre boîte n’est pas occupée. Nous devons bloquer chez les autres, car nous n’occupons pas notre propre lieu de travail. C’est de manière générale un aveu de faiblesse – nous ne sommes pas capables –, c’est aussi une position de repli – nous ne pouvons pas ou ne voulons plus faire ce travail considérable et souvent pénible qui est de mobiliser ses propres collègues, son propre secteur. Il est vrai que les cadres syndicaux, les outils et la conjoncture ne sont pas favorables, et cette faiblesse n’est en aucun cas une faute personnelle. C’est un événement social ; mais les faits sont là.

Nous ne sommes pas en 68

Le mouvement actuel est atypique : il ne ressemble pas aux modèles que des fées pleines de bonnes intentions lui avaient proposé. Ce mouvement-ci n’est ni 1968, ni 2006, ni 2010 ; il ne pouvait pas l’être. Aussi pendant deux mois, chargé de ces bonnes intentions, le mouvement n’a pas cessé de commencer sans statuer sur son rythme, sa forme ; il ne prend finalement la forme qui semble devoir être la sienne au moment le moins opportun, lorsque tout pourrait sembler joué. Cette forme qui est bien celle du mouvement actuel, c’est celle de l’absence des fonctionnaires à l’exception de secteurs en lutte propre (hospitaliers, postiers, cheminots), de cortèges en conséquence moins fournis, mais dans lesquels la présence ouvrière est plus visible et la combativité beaucoup plus forte (comme la tolérance à la violence). De surcroît, le mouvement arrive dans une période de pénurie pour beaucoup de collègues : baisse des salaires, durcissement des conditions de management, augmentation des temps partiels et d’emplois peu sécurisants vis-à-vis du droit de grève, expliquent pour partie l’absence d’un certain type de salariés. Dans les boîtes, le contexte de mobilisation est donc très difficile ; la grève, épisodique. Vint le blocage.

 

blocage mcdo

Retour à la base

Avec le recul que nous donnent trois mois de mouvement, nous pouvons commencer à envisager de discuter cette stratégie. Elle semble ne mener nulle part et faire la démonstration d’une incapacité militante. Nous avons pourtant besoin d’agir : et pour que la critique que nous formulons fraternellement ne devienne pas une caution à l’attentisme, il faut envisager sous quelles autres modalités nous pouvons travailler. Il nous semble qu’elles sont de type syndical, un travail rébarbatif mais qu’il faudra bien mener : collages, rédaction et distribution de tracts, information partout. Également, sur le plus long terme, l’investissement dans des structures syndicales locales : quelques militants révolutionnaires peuvent susciter beaucoup de combativité dans leur boîte, leur secteur, en redressant la ligne des syndicats en présence. Les secteurs combatifs, victorieux, qui aujourd’hui sont présents en cortège avec le plus de détermination, sont de ceux qui ont éprouvé ce lent et pénible travail : cortège des salariés de la CGT Carrefour Market, lutte des femmes de chambre de l’hôtel Campanile, des personnels de nettoyages OMS…

En tant que révolutionnaires, ce « retour à la base » est inconditionnel. Mais tout en se posant comme nécessaire, il ne doit pas faire oublier qu’un mouvement se joue sur un double-plan : celui de la massification, et celui de son orientation. Le travail à la base assure la massification, et permet de conforter la combativité dans des secteurs où nous pouvons formuler des perspectives et mots d’ordre révolutionnaires ; l’orientation, elle, s’appuie sur une vision globale du mouvement, pour laquelle il faut formuler tant des éléments de programme que des perspectives qui doivent s’avérer politiques. C’est ce gigantesque travail que nous avons encore devant nous, dans une période qui pourrait bien se trouver favorable : la grève reprend, les organisations ouvrières redécouvrent qu’elles ont la main sur le pays, la production, et que le soutien populaire est massif. La dynamique est bonne ; à nous de l’appuyer.

Par ailleurs, cette perspective, adressée à des camarades qui peuvent légitimement douter du principe d’organisation syndicale, « tort le bâton » dans le sens d’une politique syndicale. Mais il ne s’agit pas de se voiler la face : comme toute structure, les syndicats ne sont ni « bons » ni « mauvais », ils forment des organes nuancés sur lequel la lutte des classes doit s’appuyer de manière « utilitaire ». Ainsi, le mode d’organisation syndical peut être à un certain moment un facteur de combativité, par les garanties matérielles qu’il propose (caisses de grève, etc.) et l’ »unité de volonté » qu’il met en place sur la base de conditions matérielles vécues par les travailleurs. L’investissement à la base ne doit pour autant pas être la légitimation des appareils syndicaux, organes profondément et structurellement réformistes.

Tous/tes dans la rue le 12 septembre. Tract d’appel du Front Social caennais.

 

Le Front Social s’est constitué sur Paris en avril de cette année à l’initiative de syndicalistes CGT et SUD avant de s’élargir à divers collectifs de lutte et à certaines mouvances radicales afin de réaffirmer, à l’approche des élections présidentielles, la nécessité de la résistance sociale et de la convergence des luttes, quel que soient le résultat final de la course électorale.

Des Front Sociaux ont dans la foulée éclos un peu partout en France (il y en aurait une centaine maintenant). Leurs réalités peuvent être assez différentes : cela va à d’assemblées de lutte locales auto-organisées qui s’étaient constituées indépendamment du Front Social au début et qui l’ont ensuite rejoint (comme à Lyon par exemple), en passant par des Fronts Sociaux où se côtoient à titre individuel des syndicalistes combattifs, “lutte de classe”, SUD et CGT pour la plupart, des militant-e-s de partis de la gauche de la gauche (NPA, France Insoumise…), des collectifs de lutte indépendants, des anars, des autonomes (comme à Caen)  jusqu’à des endroits où il s’agit juste d’un traditionnel cartel d’organisations politiques et syndicales sous une “énième” nouvelle étiquette..

Sur Caen, la sauce prend pas trop mal malgré quelques tensions occasionnelles liées à la diversité des sensibilités politiques et des expériences. Cette initiative de Front Social local offre en tout cas un espace de rencontres entre des courants, des milieux toujours présents dans les luttes mais qui jusque là se côtoyaient très peu. Un décloisonnement s’opère progressivement, au fil des réunions, des diffs de tracts collectives, des discussions informelles, entre des individus, des réseaux. Des idées préconçues, de part et d’autres, s’estompent, des différences se relativisent, des divergences se confirment mais sur des bases plus claires. C’est assez atypique, parfois surprenant, loin d’être inintéressant en tout cas.

Un tract local d’appel à la journée d’actions, de grève et de manifs du 12 septembre a été rédigé. Celui-ci explique les grandes lignes des projets nauséabonds du gouvernement concernant la Loi Travail 2 et le passage dans le droit commun des mesures d’exception liées à l’état d’urgence  Plusieurs milliers de tracts ont déjà été diffés sur les marchés et en centre-ville. Un cortège “Front Social” se constituera dans la manif caennaise, une AG aura probablement lieu ensuite.

Vous pouvez télécharger le tract en cliquant sur le lien suivant. Diffusez le comme vous pouvez.

tract Front Social Caen 12 septembre 2017

 

Ci-dessous le texte du tract, non maquetté, et à la toute fin, le texte de fondation du Front Social (appel du 22 avril).

 

Contre les ordonnances de Macron et la loi travail XXL, Refusons la casse des services publics et l’état d’urgence permanent, Défendons nos droits

EN GREVE ET DANS LA RUE LE MARDI 12

SEPTEMBRE

Macron et son gouvernement n’ont pas tardé à se mettre au travail pour lancer les « réformes » anti-sociales qu’ils nous promettaient. Pourtant choisis par une très faible proportion des électeurs et des électrices,

Macron et son gouvernement n’ont aucun scrupule pour imposer une nouvelle régression du droit du travail. Leur feuille de route est écrite avec le MEDEF.

A PEINE ELU, MACRON S’ATTAQUE AU DROIT DU TRAVAIL

La loi travail XXL qui se prépare, c’est la poursuite du détricotage des droits conquis de haute lutte depuis 120 ans. Pourquoi ? Pour permettre à cette infime minorité que sont les capitalistes de continuer à s’engraisser sur le dos de la majorité de la population.

Le MEDEF réclame des plafonds aux dommages et intérêts que les employeur-euses doivent verser à des salarié-e-s licencié-e-s illégalement ? Macron lui donne raison ! C’est accroître l’impunité des patrons délinquants ! Le MEDEF réclame plus de flexibilité pour les travailleuses et les travailleurs ? Macron lui donne raison. Il prévoit de relancer l’emploi précaire, les contrats à durée déterminée, et veut étendre à d ’autres secteurs d’activité le « contrat de chantier » existant dans le bâtiment, un faux CDI au bout duquel vous êtes viré quand le chantier est terminé. Rebaptisé « contrat de projet », ce serait un contrat précaire de plus, en concurrence avec le vrai CDI . Il veut aussi faciliter les procédures de licenciements et limiter les possibilités de recours par les salarié-es.

Le MEDEF veut désarmer les salarié-e-s ? Macron lui donne raison en fusionnant les instances représentatives du personnel (IRP) : comités d’entreprise (CE), délégué-e-s du personnels (DP), comité hygiène, sécurité et conditions de travail (CHSCT), voire délégué-e-s syndicaux. Cette fusion des IRP devrait entraîner une baisse de 35% à 50% d’élu-es en moins et 43% d’heures de délégation en moins… ce qui risque de provoquer un licenciement massif des militant-e-s de base dans les entreprises. Et avec les « référendums » à l’initiative du patron, vous aurez le choix entre dire oui au patron ou … être viré-e !

Le MEDEF réclame « moins de contraintes » pour les patrons ? Macron lui donne raison, en permettant que soient privilégiés les accords d’entreprise au détriment des conventions collectives et de la loi. Or, sans le « filet de sécurité » du Code du travail et des conventions collectives, les « accords d’entreprise » sont bien souvent ce qu’impose le patron à coup de chantage à l’emploi. C’est la course au moins-disant social.

MACRON CASSE LES SERVICES PUBLICS

La loi travail XXL n’est pas le seul mauvais coup que mijote le gouvernement. Il prépare aussi de nouvelles attaques contre les services publics, en premier lieu la santé. Il annonce aussi la suppression de 120 000 emplois utiles dans les services publics, le maintien du gel des salaires et le rétablissement d’un jour de carence pour les agentes et agents publics, encore une fois montré-e-s du doigt. C’est l’austérité renforcée pour des millions de salarié-es ! L’augmentation de la CSG attaquera le niveau de vie des retraité-es et des fonctionnaires.

MACRON S’ATTAQUE AUX PLUS PRECAIRES

Toutes les aides au logement (APL,ALS,ALF) baisseront de 5 euros à partir du 1er octobre. Rappelons que par exemple l’APL bénéficie aujourd’hui à 6,5 millions de foyers dont 800 000 étudiant-e-s. Et pour beaucoup de bénéficiaires, une baisse, même de 5 euros par mois, n’est jamais sans conséquence. N’oublions pas non plus qu’un allocataire sur deux vit en dessous du seuil de pauvreté.

Macron veut réformer les retraites, l’assurance chômage, imposer aux chômeur-euse-s et aux gens au RSA un contrôle sévère et des procédures de plus en plus complexes afin de décourager les ayant-droits et de multiplier les radiations. Avec le gel des contrats aidés décidé en catimini pendant l’été, ce sont 150 000 emplois qui seront supprimés en 2017 dans les collectivités territoriales, l’éducation nationale, les services de santé et les associations qui se retrouvent ainsi dans l’incapacité de répondre à leurs missions de service public et aux besoins de solidarité.

Ces attaques toucheront plus durement les plus précaires d’entre nous, notamment les femmes qui subissent massivement le temps partiel imposé et les inégalités de revenus : 4x plus en temps partiel que les hommes et elles touchent 16,3 % de moins au même temps de travail et 25,7 % de moins tout temps de travail confondu.

MACRON DECRETE L’ ETAT D’URGENCE PERMANENT

Avec Macron nous sommes rentrés dans « l’état d’urgence permanent ». Il a introduit dans le droit commun les mesures « exceptionnelles » de l’état d’urgence : perquisitions de nuit et assignations à résidence sans contrôle judiciaire, interdiction des manifestations, etc. La privation de liberté pourrait ainsi résulter de la simple présomption, du soupçon.

L’état d’urgence n’a pas empêché les attentats. Mais, pour le pouvoir, il a été bien utile pour réprimer les mouvements contestataires. En effet, 90 % des assignations à résidence ont concerné des manifestant-es contre la loi travail et des écologistes pendant la COP21. Avec Macron, cette « exception » est devenue la règle. C’est ainsi qu’il se prépare à la confrontation sociale qu’il sait inévitable.

MACRON, C’EST L’HOMME DE MAIN DU MEDEF

Macron et son gouvernement nous promettaient le « renouvellement » de la vie politique. Ils poursuivent en fait les mêmes politiques qu’avant, avec seulement plus de brutalité encore contre les salarié-e-s, les précaires et les migrant-e-s.

Mais leur pouvoir est faible. Ils disposent d’une majorité à l’Assemblée Nationale, mais pas du consentement populaire, surtout pas de celui des classes populaires et de la jeunesse. Macron n’a été approuvé que par 17% des français-es en âge de voter au premier tour de l’élection présidentielle, et 70% de la population était contre la loi Travail l’année dernière. Lui et son gouvernement n’ont pas de légitimité. Les droits de millions de jeunes, de travailleur-euse-s, de chômeur-se-s, et des retraité-e-s doivent prévaloir.

A la rentrée, nous aurons le choix entre nous taire et accepter encore plus d’exploitation et moins de droits, ou nous rebeller. Nous, Front social, proposons de résister. En reconduisant grève et manifestations, en bloquant l’économie, nous pouvons stopper la casse sociale, empêcher que les ordonnances soient ratifiées. Imposons un droit du travail protecteur pour les salarié-e-s. Ce n’est pas une seule journée de grève qu’il faut, c’est bloquer totalement le pays de manière reconductible, un nouveau 1936, un nouveau 1968 !

S’unir pour ne plus subir !

Venez participer au Front Social pour combattre les mesures anti-sociales de la bande à Macron. La résistance a besoin de vous. Macron 1er veut nous flexibiliser, à nous de le faire plier !

Manif le 12 septembre

10h30 place St Pierre à Caen

Front social , qui sommes-nous ? Nous sommes un collectif d’organisations et de militant-e-s syndicales, politiques, associatives, de réseaux, d’individu-e-s. Nous nous sommes réuni-e-s pour construire la résistance contre Macron et son monde, celui de l’exploitation, celui du mépris à l’égard de celles et ceux qui « ne sont rien ».

Contact : frontsocialcaencalvados@gmx.com

Facebook :Front-Social-Caen-Calvados

Prochaine réunion du Front Social , ouvert à toutes et à tous souhaitant s’organiser pour riposter à la politique que Macron nous annonce, mardi 5 septembre à 18h30, 13 rue Robert Schumann au Chemin Vert, en face de l’arrêt de bus, derrière la résidence Schumann.

L’appel du 22 avril, texte fondateur du Front Social au niveau national :

1er tour social ! Le 22 avril, prenons la rue !

Nous
Salariés du privé comme du public, chômeurs, précaires, étudiants, toute la jeunesse, retraités, smicards, qui survivons avec le RSA..
Habitants de villes, des villages et des banlieues…
Qui votons avec ou sans conviction, la large majorité des abstentionnistes convaincus…
Qui subissons le racisme, le sexisme, l’exclusion sous toutes ses formes, les licenciements, la justice des puissants, les violences répressives…
Syndicalistes, militants poursuivis et condamnés, sans-papiers et migrants, tous les opposants à la loi travail…

Nous appelons la rue, vous toutes et tous, à se mobiliser, créer et être acteur d’un événement inédit…
Imposons nos choix, crions haut et fort que nous comptons, que nous décidons, que nous serons une force incontournable du premier tour social.

Le samedi 22 avril 2017…

Soyons toutes et tous au rendez-vous avec notre avenir, celui de nos enfants, de nos petits-enfants, reprenons ce qui nous appartient, ne laissons pas notre devenir entre les mains d’une poignée qui décide depuis trop longtemps sans et contre nous.

Jamais une telle initiative n’a été entreprise la veille d’un premier tour d’une élection présidentielle. L’heure n’est plus au constat, unissons-nous le plus largement possible et agissons tous ensemble pour construire ce premier tour social.
Ce n’est qu’un point de départ, vers une société où nous prendrons possession des outils de création de richesses.
Tous ensemble, écrivons les nouvelles pages de notre histoire sociale.

Le samedi 22 avril 2017,
à Paris, place de la République,
nous pourrons dire, nous y étions !

Contre Macron et son monde, mobilisons nous !

Un article repris de “Paris Luttes Infos” (https://paris-luttes.info/) qui récapitule utilement les attaques et déclarations antisociales du nouveau gouvernement. Rendez-vous dans la rue le 12 septembre et, espérons le, les jours qui suivront.

Contre Macron et son Monde, mobilisons-

nous !

Ce texte se veut une brève synthèse des attaques sociales passées, en cours et futures de Macron ainsi qu’un appel à la mobilisation.

Le 7 mai dernier, Emmanuel Macron était élu Président de la République avec 20 millions de voix. Ce jour là, les votes blancs, votes nuls et abstentions ont atteint un nombre record de plus de 16 millions de personnes. Quelques jours après la victoire de Macron, un sondage donne le ton de quinquennat à venir : une immense majorité des personnes ayant voté Macron au second tour l’ont fait uniquement pour faire barrage à Le Pen, certains ont même voté pour lui dès le premier tour, non pas par adhésion à son programme, mais car ils le pensaient être le candidat le plus à même de battre Le Pen. Quant aux autres, ceux qui n’ont pas voté uniquement pour faire barrage à Le Pen, ils sont nombreux à admettre que la raison principale pour laquelle ils ont voté Macron était son jeune âge ou encore le fait qu’il soit « nouveau » dans la vie politique. Encore une fois, rien sur son programme.
Les personnes ayant voté Macron car ils adhéraient à ses propositions ne sont donc qu’une infime minorité.

Néanmoins, Macron, non content d’avoir été élu pour sa personne et non pour son programme, pour faire barrage et non pour ses idées, a déterminé qu’il avait toute légitimité pour mener à bien son projet et ainsi entreprendre des réformes dont, pourtant, la majorité de la population ne veut pas.

Et pour mener ce projet, Macron avait besoin d’un gouvernement, c’est ainsi qu’il a nommé Edouard Philippe, député-maire LR du Havre au poste de premier ministre, pour le « ni de droite, ni de gauche » c’est raté. Les ministères relatifs à l’économie ont été confiés à des personnalités de droite que sont Bruno Le Maire (ministre de l’économie) et Gérald Darmanin (ministre de l’action et des comptes publics). Quant aux personnalités de la « société civile » nous avons vu des patrons, des patrons, et encore des patrons. La société civile française semble donc être constituée en majorité de patrons selon M. Macron.
Puis sont venues les premières attaques sociales, durant l’été pour éviter les mobilisations. On a ainsi appris que les APL allaient baisser de 5€ par mois mais que, dans le même temps, les personnes assujetties à la première tranche de l’impôt sur la fortune allaient en être exemptées, donner moins aux gens dans le besoin pour faire économiser des sous aux riches. Voilà la logique de Macron.

Si la baisse des APL a été la mesure antisociale la plus remarquée et commentée de l’été, elle n’est pas la seule, loin de là. Ainsi, des dizaines de milliers de personnes en contrat-aidé se sont vues avertir qu’elles n’auraient plus de travail à la rentrée car elles « coûtent trop cher » selon M. Macron. Les parents des enfants inscrits à des activités animées par des personnes en contrat aidé apprécieront de savoir que les activités de leurs enfants coûtent trop cher. De même, les écoliers inscrits dans les écoles forcées de repousser la rentrée et dont la cantine scolaire et l’aide aux devoirs ne seront peut être plus assurés seront ravis d’apprendre que tout cela coûte trop cher. Quant aux personnes qui étaient en emploi aidé jusque là et qui se retrouvent au chômage dès la rentrée, elles comprendront certainement que l’objectif premier de Macron est la baisse du chômage. Quoi de mieux pour faire baisser le chômage que de supprimer des postes, créant ainsi de nouveaux chômeurs ?

En parallèle, Gérald Darmanin a également annoncé que le jour de carence serait rétabli dans la fonction publique. Le but est simple : faire en sorte que les fonctionnaires ne se mettent plus en arrêt maladie et viennent ainsi travailler même s’ils sont malades, soit-disant pour faire des économies. Brillante idée si le but est que les fonctionnaires qui viennent travailler malades contaminent leurs collègues.

Entre deux mesures antisociales, on a aussi eu droit à des provocations de la part de Macron & Co. On a par exemple eu une blague sur les Kwassa Kwassa, ces navires de pêcheurs comoriens qui tentent tant bien que mal, au péril de leur vie, de rejoindre Mayotte et qui, selon M. Macron, « ne pêchent peu mais ramènent du comorien ». Les comoriens apprécieront l’utilisation du terme « du » et non du terme « des » les assimilant à de la marchandise et niant leur caractère humain. Macron a également trouvé judicieux d’opposer « les gens qui réussissent et ceux qui ne sont rien ». Son ministre de l’intérieur, Gérard Colomb n’est également pas en reste lorsqu’il s’agit de tenir des propos odieux, ce dernier a ainsi affirmé qu’il fallait faire le tri entre « bons et mauvais migrants » en opposant ceux venant d’un pays en guerre et les autres. M. Colomb a poursuivi en affirmant que les « bons migrants » peuvent rester en France alors que les « mauvais » doivent partir.
Sans doute M. Colomb a oublié que nombre de ceux qu’il appelle les « mauvais migrants » viennent de pays qui ne sont pas en guerre mais dans lesquels ils sont en danger de mort comme l’Érythrée ou l’Afghanistan par exemple.

Les universités semblent également être l’une des cibles du gouvernement avec la promesse de baisser de 331 millions d’euros le budget de l’éducation supérieure et de la recherche, baisse qui sera compensée soit par une sélection à l’entrée par tirage au sort soit par une augmentation des droits d’inscription, c’est à dire une sélection par l’argent.
Adieu l’université gratuite et accessible à tous.
Pour autant, l’argent ne semble pas être un problème pour l’Elysée qui a dépensé pas moins de 26 000€ de fonds publics en frais de maquillage depuis l’arrivée au pouvoir de Macron, l’équivalent de 5200 mois de baisse d’APL.

Puis vient le gros chantier de l’été : la réforme du code du travail par ordonnances.
Pourquoi passer par la procédure législative normale quand on peut esquiver le débat en passant tout par ordonnance ? Pourquoi permettre aux députés de l’opposition d’exprimer leur point de vue sur la réforme quand on peut s’en passer ?
Nous savons donc aujourd’hui que le gouvernement se prépare à publier une série d’ordonnances à la rentrée et que celles-ci ne seront certainement pas favorables aux salariés. Quelques points ont déjà été annoncés, ainsi, nous savons que les indemnités prud’homales seront plafonnées. Concrètement, lorsqu’un employeur procède à un licenciement illégal, le conseil des prud’hommes peut le condamner à verser des indemnités au salarié licencié. Actuellement, ces indemnités ne sont pas plafonnées et leur montant est déterminé en fonction d’un ensemble de critères parmi lesquels l’ancienneté du salarié, sa situation etc. Avec le projet d’ordonnances du gouvernement, c’en sera terminé, il y aura un plafond qui devrait être d’un mois de salaire par année d’ancienneté avec un maximum de 20 mois de salaire. Les patrons qui veulent virer illégalement des salariés pourront désormais le faire en calculant à l’avance ce que ça va leur coûter. Les salariés, eux, pourront se retrouver avec à peine quelques milliers d’euros d’indemnités pour un licenciement abusif et ce malgré des années d’ancienneté dans l’entreprise.

Mais ce n’est pas tout, le gouvernement prévoit également d’entériner l’inversion de la hiérarchie des normes entamée par la loi travail de Myriam El Khomri. Cette fois, cette inversion ira plus loin, c’est le temps de travail (adieu les 35h et avec elles la majoration des heures supplémentaires), la rémunération et l’organisation du travail de manière générale qui pourront être négociés au sein de l’entreprise, avec comme effet direct une moins bonne protection des salariés contre les abus de certains employeurs. En effet, sans doute Macron a-t-il oublié que les négociations au sein d’une entreprise ne se font pas d’égal à égal entre un salarié qui risque le licenciement s’il ose contester les directives prises par son employeur et un employeur qui peut procéder à un licenciement si le salarié ose contester les directives qu’il prend. Ingénieux M. Macron de faciliter les accords d’entreprise qui s’accompagnent souvent d’un chantage au licenciement et en même temps de faciliter les licenciements. Désormais, ce sera « en marche ou crève » au sein de nombre d’entreprises.

On a également appris que le « CDI de chantier » devrait être généralisé. Ce type de contrat permet à un employeur d’embaucher un salarié en CDI mais avec stipulation dans le contrat que celui-ci peut être rompu à l’issue d’une mission précise pour laquelle le salarié a été embauché. Evidemment, si à l’issu de la mission, le salarié est licencié, il n’aura droit à aucune indemnité de licenciement, vu que le licenciement ne sera pas abusif. Ce type de contrat est pratique pour les employeurs souhaitant contourner la législation sur le taux de CDD maximum légal au sein d’une entreprise.
Un pas de plus vers la précarisation et donc le chantage à l’emploi. Les salariés ayant besoin d’un vrai CDI pour trouver un logement ou obtenir un prêt à la banque apprécieront de savoir qu’ils auront désormais des CDI de chantier avec toute la précarité que cela implique.

Sans doute cette liste des attaques sociales de Macron n’est pas exhaustive mais elle est largement suffisante pour affirmer la nécessité de se mobiliser massivement dès la rentrée pour nous opposer de manière radicale à la casse sociale imposée par Macron et son gouvernement antisocial.

Contre Macron et son Monde, contre la casse de nos droits, rendez-vous dans la rue les 12 et 20 Septembre !

Convois solidaires avec les luttes en Grèce

Nous relayons cet appel en faveur de convois solidaires avec les luttes et résistances sociales en Grèce. Tous les détails pour soutenir ces projets interntionalistes dans le texte. Infos trouvées sur le blog du documentariste anar Yannis Youlountas (http://blogyy.net/).

 

Appel urgent pour les prochains convois

solidaires en Grèce (28 août et 14

novembre)

 

Après l’échec de l’expédition haineuse des fascistes en Méditerranée, c’est le moment pour nous de repartir également en expédition, non pas sur mer mais sur terre (26 fourgons la dernière fois) et de façon diamétralement opposée : non pour harceler, mais pour épauler. Direction : l’extraordinaire mouvement social grec qui résiste et organise, dans l’autogestion, l’aide aux plus précaires, sans distinction de nationalité, qu’ils soient Grecs ou migrants.

Depuis début juillet, nos préparatifs ont été ralentis par la mobilisation de plusieurs de nos membres dans la lutte contre le C-Star (et prise en charge par Anepos des 5 demandeurs d’asile Tamouls qui ont dévoilé les agissements des responsables du navire). A l’heure de reprendre nos activités, le point que nous venons de faire sur la situation s’avère dramatique.

En résumé : il y a urgence, à tous les niveaux (lait infantile, soins, hygiène et nourriture principalement) et les caisses des principaux lieux sont vides. De notre côté, collectes de fournitures et soutiens financiers sont très maigres cette fois, à la différence des convois précédents, alors que les besoins sont plus importants.

Prochains départs : 28 août et 14 novembre, depuis le sud de la France (arrivées trois jours plus tard).

Nous n’attendons rien des puissants. Nous ne comptons que sur nous-mêmes — et sur vous si vous vous sentez concerné-e-s — pour prendre nos vies en mains avec nos camarades, par-delà les frontières.

Η αλληλεγγύη είναι το όπλο μας!
La solidarité est notre arme !

 

 

Bilan du convoi solidaire en Grèce de

mars-avril 2017 : plus de 100 000 euros

apportés !

Avec les camarades du dernier convoi, durant nos retrouvailles récemment, nous avons tenté une petite évaluation chiffrée du total transporté (uniquement pour le convoi solidaire de mars-avril, avec 26 fourgons et 62 convoyeurs). Voici ce bilan :

2 tonnes de lait infantile en poudre —> valeur 19 000 €
18 000 couches —> 4 000 €
Soin et nourriture bébé —> 9 000 €
Produits ménagers et d’hygiène —-> 5 000 €
Fournitures et matériels médicaux —> 25 000 €
Alimentation —> 12 000 €
Electroménager —> 4 000 €
Jouets et livres —> 3 000 €
Fournitures scolaires —> 2 000 €
Divers —> 1 000 €
TOTAL MATÉRIEL : valeur 85 000 €

TOTAL ARGENT apporté par les convoyeurs* : 19 280 €

TOTAL CONVOI MARS-AVRIL : environ 104 280 €

Ceci est, bien sûr, le record absolu en la matière ! A titre de comparaison, en janvier, nous n’avions apporté que 4 170 € en argent et environ quatre fois moins de matériel (avec 7 véhicules dont 3 pour Athènes), soit un total d’un valeur de 25 000 € environ, ce qui était déjà énorme.

Le convoi de mars-avril a plus que quadruplé notre force d’action et l’arrivée bruyante des 26 fourgons dans Exarcheia le 28 mars vers 17 heures, avec des fumigènes, des klaxons, des chansons, des sourires et des drapeaux (noirs, rouges, rouges et noirs, ZAD, Attac, etc.) marque encore la mémoire du quartier et des visiteurs.

Le plus important d’après nous ? C’est surtout qu’absolument tout ce qui vous a été demandé a réussi à être transmis, sans intermédiaire et sans aucun frais (ni salaire, ni coût du transport puisque chaque fourgon était autofinancé), directement au mouvement social qui résiste en Grèce et organise l’entraide dans l’autogestion. Un défi pas si facile qu’il n’y parait.

Merci encore et bravo à tou-te-s.

Réponse de notre collectif aux sollicitations des

autorités françaises en Grèce et des médias

mainstream :

CE QUE NOUS FAISONS, NOUS LE FAISONS

CONTRE VOUS

Nous avons bien reçu vos invitations à collaborer autour de notre prochain convoi solidaire.

Notre initiative vous intéresse parce qu’elle commence à prendre un peu d’ampleur, cette fois au départ de quatre pays d’Europe occidentale et à destination de la Grèce, portée par plusieurs milliers de personnes d’un bout à l’autre du continent, c’est-à-dire bien plus que nos 23 fourgons et 57 membres du convoi, et tout cela sans votre aide, qu’elle soit institutionnelle ou médiatique.

Vous qui représentez les intérêts de l’État et des firmes françaises en Grèce, vous tentez de vous rapprocher de nos actions, non pas pour nous aider, mais, au contraire, pour en neutraliser la subversion, en brouiller la signification et en effacer l’appel à résister.

Vous qui passez votre temps à désinformer dans vos colonnes et dans vos reportages, qui nous trainez dans la boue à longueur d’années, qui mentez, occultez et déformez outrageusement la réalité, vous aimeriez, une fois n’est pas coutume, nous mélanger à vos salades pour essayer de paraitre magnanimes, exhaustifs et exemplaires.

Vous êtes risibles. Du haut de votre piédestal que nous sommes décidés à démolir, vous avez cru pouvoir nous récupérer. C’était fort mal nous connaitre.

Nous ne cèderons ni à la tentation de la reconnaissance par le pouvoir, ni au narcissisme de la notoriété médiatique.

Nous n’avons pas d’autre ambition que de susciter la réflexion et l’action parmi celles et ceux qui veulent mettre fin à votre règne mortifère.

Puissants, ôtez-vous de notre soleil. Nous n’avons pas besoin de vous. Et pour cause : ce que nous faisons, nous le faisons contre vous.

Collectif artistique et solidaire Anepos, 12 mars 2017

 

Convois solidaires : quelques mots sur la

répartition de l’argent

Suite à mon article sur la dernière action coup de poing du groupe Rouvikonas à la mairie de Zografou, l’un d’entre vous m’a interrogé sur l’ampleur de notre soutien financier à ce groupe et sur le mode de ventilation de nos moyens.

QUELQUES MOTS SUR LA RÉPARTITION DE L’ARGENT

D’habitude, nous ne rentrons pas publiquement dans les détails chiffrés, et ce, à la demande des collectifs sur place, en lutte contre le pouvoir qui les surveillent et les répriment. Mais bon, je vais tout de même répondre quatre choses qui nous semblent importantes, à savoir :

1- La répartition des dons entre les destinataires est toujours décidée avec l’ensemble des convoyeurs, en assemblée durant le voyage aller (le plus souvent sur le ferry), après une longue discussion qui permet de faire un point complet sur les différentes situations, tout cela sur une base de propositions prévisionnelles et en tenant compte des répartitions précédentes (tous les convoyeurs savent évidemment ces montants puisqu’ils les ont eux-mêmes décidé au consensus, mais ils ont fait le choix de ne pas communiquer les détails pour les raisons évoquées plus haut).

2- Ensuite, les sommes d’argent décidées sont toujours remises en public, par l’un des membres du convoi mandaté par l’ensemble du groupe (on essaie de faire participer tout le monde ou presque), en présence d’autres convoyeurs et, le plus souvent, pendant la réunion du collectif aidé (pour le maximum de transparence, par contre on ne fait pas de photo de la remise), ce qui permet également de faire ensemble un nouveau point sur la situation avec les destinataires.

3- A titre d’exemple, dans le cas de Rouvikonas, les montants versés ont été de 250 euros en janvier (remis par une délégation de deux convoyeurs) et de 1500 euros en avril (remis par une délégation de quatre convoyeurs). Je ne donnerai pas plus de détails, de part notre engagement. Mais c’est pour vous donner un ordre d’idée.

4- Pour conclure, nous n’aidons pas seulement (grâce à vous et à nos films solidaires) des squats de réfugiés/migrants (45% de nos moyens), des dispensaires médicaux autogérés, des cuisines sociales gratuites et, plus modestement, des mouvements pédagogiques anti-autoritaires ou encore des automédias qui font de la contre-information gratuite. Nous aidons aussi de toutes nos forces plusieurs collectifs de résistance, notamment pour les aider à payer leurs amendes et leurs frais de justice. Il nous arrive aussi, depuis des années, de participer au paiement des cautions pour sauver de la prison des camarades (parmi les nouveaux cas, un militant reconnu et personnage majeur de nos films est sur le point d’échapper à la prison grâce à ça, à l’initiative des membres du convoi de mars-avril).

Voilà. C’est pour ça que parmi la liste des besoins*, nous aurions éventuellement pu mentionner en plus grands caractères (au même niveau que le lait infantile et les genouillères) la possibilité d’apporter un soutien financier.

Car c’est l’un des nerfs de la guerre actuellement pour nos camarades sur place. Jusqu’à la sortie de notre troisième film (sans doute en janvier), nous aurons particulièrement besoin de ce soutien pour mener nos actions. Ensuite, le troisième film prendra le relais comme d’habitude et sera notre principal moyen d’agir.

La résistance grecque est aujourd’hui la première ligne de front en Europe contre le durcissement du capitalisme qui massacre la vie et la Terre. L’enjeu sur place n’est pas local, mais global. La solidarité avec cette résistance exemplaire est de la plus haute importance.