Tract du RRC pour la manif du 12 septembre contre la Loi Travail 2

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Le tract diffusé par le RRC à la manif caennaise du 12 septembre. 500 exemplaires, partis vite et bien.

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Tract RRC 12 septembre 2017

Un moment de vérité… d’où doit jaillir la volonté de

lutter !

Un moment de vérité. C’est là où nous en somme tous et toutes, nous les petit-e-s, les sans-grades, les riens-du-tout, les millions de prolétaires qui faisons tourner la société en ramant au fond de la cale, qui produisons les richesses sans jamais en voir la couleur.

Avec la nouvelle Loi Tavail, nous sommes face à une offensive capitaliste majeure, qui a pour objectif évident d’accroître notre exploitation, de précariser encore plus notre situation, nos conditions d’emploi et de travail, de baisser nos salaires, de rogner nos droits sociaux acquis au cours des luttes du passé. Tout ça pour nous rendre encore plus corvéables et encore plus facilement jetables. Tout ça pour que la classe capitaliste qui nous exploite et nous gouverne puisse tirer encore plus de profits de notre travail, puisse avoir encore plus de pouvoir sur nos vies.

Le pouvoir s’attend à une montée de la contestation et il s’y prépare en faisant passer dans la loi commune les mesures « exceptionnelles » de l’état d’urgence. La « lutte antiterroriste » sert de prétexte à une augmentation des pouvoirs directs de la police et des préfectures (perquisitions, surveillance, assignations à résidence, interdictions de manifester…), hors de tout contrôle judiciaire. Il devient évident que ces mesures, bien au-delà des djihadistes, visent l’ensemble du mouvement social (syndicalistes combattifs-ves, activistes écolos, zadistes, celles et ceux qui soutiennent les migrant-e-s, les groupes révolutionnaires, la jeunesse révoltée des cortèges de tête…) et toutes les pratiques de lutte qui peuvent être efficaces (blocages, occupations, séquestrations, piquets de grève, désobéissance civile, manifs sauvages non déclarées…). Le gouvernement veut accroître sa capacité policière à étouffer les résistances sociales. Et la brutale répression qui a déjà visé le mouvement contre la Loi El Khomeri (et son monde) nous montre jusqu’où l’État est prêt à aller pour maintenir son ordre inégalitaire.

Face à une telle offensive, nous savons tous et toutes que le gouvernement ne reculera pas sans un mouvement encore plus massif, organisé, solidaire, généralisé, tenace et déterminé que lors de la lutte contre la Loi El Khomeri. Personne ne sait en ce 12 septembre si un tel mouvement verra le jour, s’il aura le temps de se construire car le gouvernement veut aller vite et appliquer la politique du fait accompli grâce aux ordonnances. Nous ne savons pas si les directions syndicales nationales poseront une véritable date de grève nationale, générale, concernant tous les secteurs, avec des préavis reconductibles et si elles chercheront à mobiliser réellement l’ensemble de leurs adhérent-e-s.

Ce que nous savons c’est que la colère est partout, souvent diffuse dans sa forme, confuse dans son contenu mais elle est là ! Et nous savons aussi que les grèves générales, les grandes révoltes sociales n’ont jamais surgies sur ordre de directions politiques ou syndicales parisiennes. Elles sont parties de la base de la société. Il n’y a aucun « feu vert » à attendre d’en haut. C’est surtout de nous que cela dépend !

Ce que nous savons aussi tous et toutes, c’est que même si le mouvement ne « prend » pas cette fois-ci, les attaques antisociales de la part du gouvernement et du patronat vont continuer dans les années qui viennent. Et face à cela, il va falloir redécouvrir le B-A-BA de la lutte de classe : cultver l’esprit de résistance collective, tisser autour de nous des solidarités concrètes au sein de chaque boîte, lycée, fac, quartier, se rencontrer et se coordonner dans chaque secteur et entre tous les secteurs, dénoncer les fausses divisions entretenues par les puissant-e-s entre privé et public, titulaires et précaires, français-e-s et immigré-e-s, « bons » et « mauvais » manifestant-e-s., combattre les inégalités de salaires entre hommes et femmes, rompre l’isolement des luttes et les faire converger en nous entraidant mutuellement. Si nous voulons changer les choses, il va falloir que nous changions aussi.

Les capitalistes nous mettent dos au mur et ne nous laissent pas le choix. Alors allons de l’avant et donnons nous les moyens de leur rentrer dedans.

 

La lutte est l’affaire de tous et toutes !

 

Seule une réaction déterminée et une démonstration de force pourra faire plier l’inlassable offensive capitaliste que nous subissons. Pour cesser d’être de la chair à patron, pour cesser de ne même plus espérer défendre nos droits il nous faut nous commencer par prendre confiance en notre force.

Alors qu’un mouvement social se dessine à nouveau, sautons sur l’occasion. Ne nous contentons pas encore une fois de croire qu’une ou deux journée de grève par mois aura le moindre impact. À quoi peut donc servir cette éternelle stratégie des directions syndicales nationales qui nous conduit à l’échec depuis 25 ans ? Un mouvement social ça n’est pas une promenade en ville sous le son de slogans menaçants mais jamais suivis des faits. Combien de temps faudra t-il voir nos conditions de travail détériorés, nos salaires amputés et notre quotidien brisé par tout ce que l’on donne au travail ou à la précarité?

Tout ces droits ont bien été acquis, jamais ils n’ont été donné, ils sont comme les blessures de l’économie qu’elle entend bien refermer. Mais nous devons laisser la plaie ouverte ! Celles et ceux qui ont obtenus ces droits ne les ont soutirés que sous la lourde menace qu’ils et elles faisaient peser. La grève doit être active et non plus être déléguée à quelques secteurs. Sa force réside dans son caractère massif et généralisé. Il ne peut y avoir de grève par procuration. Si nous voulons reprendre l’offensive il faut nous prendre en main. Cette confiance qu’il nous faut retrouver c’est déjà celle de notre légitimité. Qu’on ne nous oppose pas que ce gouvernement serait légitime pour conduire sa politique, avec 23 % des participant-e-s au premier tour de l’élection présidentielle : voilà le score du champion de l’économie. Et le score calamiteux des élections législatives où l’abstention pour la première fois arrive en tête montre bien que nous avons cessé de croire que notre salut pourrait venir d’ailleurs que de nous-même.

La grève c’est l’outil de lutte qui blesse l’économie, les manifestations offensives c’est l’outil qui désarçonne le pouvoir. Que les grèves partout produisent leurs propres revendications en Assemblées Générales, qu’elles soient reconduites chaque jour. Que s’organisent les secteurs en luttes, précaires, travailleurs-euses, chômeurs-euses, étudiant-e-s, etc. Combien de temps tiendrons ces affamé-e-s d’argent si les périphériques sont bloqués, les gares à l’arrêt, les magasins vides, les centrales d’achats désertées du personnel qui les font tourner, les centre de tri sans travailleurs-euses, les écoles sans profs, les CAF envahies ? Une semaine de ce régime et nous imposerons ce que nous voudrons. Une semaine de ce régime et nous pourrons vouloir la faire durer une semaine de plus. Que les manifestations ne soient plus décidées par la préfecture, ne soient plus soumises à un parcours déterminé et qui ne met jamais en péril le bon ordre des choses car c’est précisément ce bon ordre des choses qui nous mets dans la rue. Qu’à chaque manifestation celle-ci bloque la ville, occupe les administrations d’État ou les symboles des institutions qui nous oppresse et alors, le nombre de flics qu’il faudra dans tout le pays pour protéger le bon ordre face aux manifestant-e-s sera tel qu’il ne tiendront pas longtemps.

C’est un front de solidarités qu’il nous faut opposer aux attaques qui sont lancées contre nous. Nommons notre ennemi commun et organisons nous à la base, ensemble, pour le faire tomber. Retrouvons-nous pour organiser ensemble la mise en musique des différents secteurs en luttes et des différents moyens de lutter. Notre voix n’a pas à être commune, nous n’avons pas besoin de maître qui peut parler pour nous, mais notre confiance doit être commune et notre détermination aussi.

Cessons ce folklore qui s’appelle « mouvement social » où l’on nous balade de journée de promenade en ville en journée de grève par procuration, ce ballet de poupées nous condamne depuis trop longtemps à l’échec. Entrons dans la grève active.

Nous ne sommes pas des machines à profits, nous ne sommes pas des pantins qu’on balade. Organisons-nous dès aujourd’hui pour des manifestations déterminées et dans des Assemblées Générales de lutte partout où c’est possible.