Convois solidaires avec les luttes en Grèce

Nous relayons cet appel en faveur de convois solidaires avec les luttes et résistances sociales en Grèce. Tous les détails pour soutenir ces projets interntionalistes dans le texte. Infos trouvées sur le blog du documentariste anar Yannis Youlountas (http://blogyy.net/).

 

Appel urgent pour les prochains convois

solidaires en Grèce (28 août et 14

novembre)

 

Après l’échec de l’expédition haineuse des fascistes en Méditerranée, c’est le moment pour nous de repartir également en expédition, non pas sur mer mais sur terre (26 fourgons la dernière fois) et de façon diamétralement opposée : non pour harceler, mais pour épauler. Direction : l’extraordinaire mouvement social grec qui résiste et organise, dans l’autogestion, l’aide aux plus précaires, sans distinction de nationalité, qu’ils soient Grecs ou migrants.

Depuis début juillet, nos préparatifs ont été ralentis par la mobilisation de plusieurs de nos membres dans la lutte contre le C-Star (et prise en charge par Anepos des 5 demandeurs d’asile Tamouls qui ont dévoilé les agissements des responsables du navire). A l’heure de reprendre nos activités, le point que nous venons de faire sur la situation s’avère dramatique.

En résumé : il y a urgence, à tous les niveaux (lait infantile, soins, hygiène et nourriture principalement) et les caisses des principaux lieux sont vides. De notre côté, collectes de fournitures et soutiens financiers sont très maigres cette fois, à la différence des convois précédents, alors que les besoins sont plus importants.

Prochains départs : 28 août et 14 novembre, depuis le sud de la France (arrivées trois jours plus tard).

Nous n’attendons rien des puissants. Nous ne comptons que sur nous-mêmes — et sur vous si vous vous sentez concerné-e-s — pour prendre nos vies en mains avec nos camarades, par-delà les frontières.

Η αλληλεγγύη είναι το όπλο μας!
La solidarité est notre arme !

 

 

Bilan du convoi solidaire en Grèce de

mars-avril 2017 : plus de 100 000 euros

apportés !

Avec les camarades du dernier convoi, durant nos retrouvailles récemment, nous avons tenté une petite évaluation chiffrée du total transporté (uniquement pour le convoi solidaire de mars-avril, avec 26 fourgons et 62 convoyeurs). Voici ce bilan :

2 tonnes de lait infantile en poudre —> valeur 19 000 €
18 000 couches —> 4 000 €
Soin et nourriture bébé —> 9 000 €
Produits ménagers et d’hygiène —-> 5 000 €
Fournitures et matériels médicaux —> 25 000 €
Alimentation —> 12 000 €
Electroménager —> 4 000 €
Jouets et livres —> 3 000 €
Fournitures scolaires —> 2 000 €
Divers —> 1 000 €
TOTAL MATÉRIEL : valeur 85 000 €

TOTAL ARGENT apporté par les convoyeurs* : 19 280 €

TOTAL CONVOI MARS-AVRIL : environ 104 280 €

Ceci est, bien sûr, le record absolu en la matière ! A titre de comparaison, en janvier, nous n’avions apporté que 4 170 € en argent et environ quatre fois moins de matériel (avec 7 véhicules dont 3 pour Athènes), soit un total d’un valeur de 25 000 € environ, ce qui était déjà énorme.

Le convoi de mars-avril a plus que quadruplé notre force d’action et l’arrivée bruyante des 26 fourgons dans Exarcheia le 28 mars vers 17 heures, avec des fumigènes, des klaxons, des chansons, des sourires et des drapeaux (noirs, rouges, rouges et noirs, ZAD, Attac, etc.) marque encore la mémoire du quartier et des visiteurs.

Le plus important d’après nous ? C’est surtout qu’absolument tout ce qui vous a été demandé a réussi à être transmis, sans intermédiaire et sans aucun frais (ni salaire, ni coût du transport puisque chaque fourgon était autofinancé), directement au mouvement social qui résiste en Grèce et organise l’entraide dans l’autogestion. Un défi pas si facile qu’il n’y parait.

Merci encore et bravo à tou-te-s.

Réponse de notre collectif aux sollicitations des

autorités françaises en Grèce et des médias

mainstream :

CE QUE NOUS FAISONS, NOUS LE FAISONS

CONTRE VOUS

Nous avons bien reçu vos invitations à collaborer autour de notre prochain convoi solidaire.

Notre initiative vous intéresse parce qu’elle commence à prendre un peu d’ampleur, cette fois au départ de quatre pays d’Europe occidentale et à destination de la Grèce, portée par plusieurs milliers de personnes d’un bout à l’autre du continent, c’est-à-dire bien plus que nos 23 fourgons et 57 membres du convoi, et tout cela sans votre aide, qu’elle soit institutionnelle ou médiatique.

Vous qui représentez les intérêts de l’État et des firmes françaises en Grèce, vous tentez de vous rapprocher de nos actions, non pas pour nous aider, mais, au contraire, pour en neutraliser la subversion, en brouiller la signification et en effacer l’appel à résister.

Vous qui passez votre temps à désinformer dans vos colonnes et dans vos reportages, qui nous trainez dans la boue à longueur d’années, qui mentez, occultez et déformez outrageusement la réalité, vous aimeriez, une fois n’est pas coutume, nous mélanger à vos salades pour essayer de paraitre magnanimes, exhaustifs et exemplaires.

Vous êtes risibles. Du haut de votre piédestal que nous sommes décidés à démolir, vous avez cru pouvoir nous récupérer. C’était fort mal nous connaitre.

Nous ne cèderons ni à la tentation de la reconnaissance par le pouvoir, ni au narcissisme de la notoriété médiatique.

Nous n’avons pas d’autre ambition que de susciter la réflexion et l’action parmi celles et ceux qui veulent mettre fin à votre règne mortifère.

Puissants, ôtez-vous de notre soleil. Nous n’avons pas besoin de vous. Et pour cause : ce que nous faisons, nous le faisons contre vous.

Collectif artistique et solidaire Anepos, 12 mars 2017

 

Convois solidaires : quelques mots sur la

répartition de l’argent

Suite à mon article sur la dernière action coup de poing du groupe Rouvikonas à la mairie de Zografou, l’un d’entre vous m’a interrogé sur l’ampleur de notre soutien financier à ce groupe et sur le mode de ventilation de nos moyens.

QUELQUES MOTS SUR LA RÉPARTITION DE L’ARGENT

D’habitude, nous ne rentrons pas publiquement dans les détails chiffrés, et ce, à la demande des collectifs sur place, en lutte contre le pouvoir qui les surveillent et les répriment. Mais bon, je vais tout de même répondre quatre choses qui nous semblent importantes, à savoir :

1- La répartition des dons entre les destinataires est toujours décidée avec l’ensemble des convoyeurs, en assemblée durant le voyage aller (le plus souvent sur le ferry), après une longue discussion qui permet de faire un point complet sur les différentes situations, tout cela sur une base de propositions prévisionnelles et en tenant compte des répartitions précédentes (tous les convoyeurs savent évidemment ces montants puisqu’ils les ont eux-mêmes décidé au consensus, mais ils ont fait le choix de ne pas communiquer les détails pour les raisons évoquées plus haut).

2- Ensuite, les sommes d’argent décidées sont toujours remises en public, par l’un des membres du convoi mandaté par l’ensemble du groupe (on essaie de faire participer tout le monde ou presque), en présence d’autres convoyeurs et, le plus souvent, pendant la réunion du collectif aidé (pour le maximum de transparence, par contre on ne fait pas de photo de la remise), ce qui permet également de faire ensemble un nouveau point sur la situation avec les destinataires.

3- A titre d’exemple, dans le cas de Rouvikonas, les montants versés ont été de 250 euros en janvier (remis par une délégation de deux convoyeurs) et de 1500 euros en avril (remis par une délégation de quatre convoyeurs). Je ne donnerai pas plus de détails, de part notre engagement. Mais c’est pour vous donner un ordre d’idée.

4- Pour conclure, nous n’aidons pas seulement (grâce à vous et à nos films solidaires) des squats de réfugiés/migrants (45% de nos moyens), des dispensaires médicaux autogérés, des cuisines sociales gratuites et, plus modestement, des mouvements pédagogiques anti-autoritaires ou encore des automédias qui font de la contre-information gratuite. Nous aidons aussi de toutes nos forces plusieurs collectifs de résistance, notamment pour les aider à payer leurs amendes et leurs frais de justice. Il nous arrive aussi, depuis des années, de participer au paiement des cautions pour sauver de la prison des camarades (parmi les nouveaux cas, un militant reconnu et personnage majeur de nos films est sur le point d’échapper à la prison grâce à ça, à l’initiative des membres du convoi de mars-avril).

Voilà. C’est pour ça que parmi la liste des besoins*, nous aurions éventuellement pu mentionner en plus grands caractères (au même niveau que le lait infantile et les genouillères) la possibilité d’apporter un soutien financier.

Car c’est l’un des nerfs de la guerre actuellement pour nos camarades sur place. Jusqu’à la sortie de notre troisième film (sans doute en janvier), nous aurons particulièrement besoin de ce soutien pour mener nos actions. Ensuite, le troisième film prendra le relais comme d’habitude et sera notre principal moyen d’agir.

La résistance grecque est aujourd’hui la première ligne de front en Europe contre le durcissement du capitalisme qui massacre la vie et la Terre. L’enjeu sur place n’est pas local, mais global. La solidarité avec cette résistance exemplaire est de la plus haute importance.