Contre la farce électorale: à Lyon le week-end du 4 et 5 février. Plusieurs actions sont prévues.

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Les hostilités des présidentielles de 2017 sont lancées : Mélenchon, Macron et Le Pen s’invitent à Lyon le week-end du 4 et 5 février. Plusieurs actions sont prévues.

Ceux qui représentent le monde de la Loi Travail contre laquelle nous avons lutté des mois durant à coup de manifestations, pétitions, rassemblements et actions diverses sans être écouté par les politiques, nous réprimant à force de matraquages et de gazages, organisent à Lyon meetings et congrès pour exposer leurs programmes liberticides.

La lutte de l’année passée n’a pas été vaine, au contraire, elle nous a permis de nous rencontrer et de nous organiser, élargissant nos réseaux, renforçant notre détermination, permettant de nous rendre compte de notre poids potentiel.

Exprimons une fois de plus notre colère et notre dégout face à leurs politiques sexistes, racistes, fascistes, capitalistes et nationalistes. En 2017, ne donnons pas notre voix à des personnalités politiques qui ne servent que leurs propres intérêts et ceux de la France d’en haut.

Les 4 et 5 février, Marine Le Pen sera à Lyon pour lancer officiellement sa campagne présidentielle. Elle organise une série de tables rondes le samedi et un meeting le dimanche à la cité internationale pour annoncer son départ dans la course à l’Elysée. La porte étendard de l’extrême-droite française vient vomir ses discours haineux et xénophobes, vient annoncer son programme antisocial et réactionnaire, bien protégée derrière les rangées de policiers, derrières sa sécurité privée, dans la forteresse qu’est la Cité Internationale.

C’est un affront que nous ne pouvons tolérer. Nous devons riposter contre sa venue et celle de ces partisans. Ces derniers mois, les attaques fascistes se sont multipliées à Lyon avec l’essors du GUD (groupuscule d’extrême-droite), ayant orchestré les attaques de la librairie anarchiste de la Plume Noire et de Radio Canut, ainsi que des agressions racistes en Centre-Ville.

Nous devons leur rappeler que Lyon n’est pas chez elleux, qu’ielles ne sont pas les bienvenu·e·s dans notre ville et dans nos rues. Nous devons leur rappeler que, à Saint Jean comme à la Cité Internationale, nous chasserons leurs bars, leurs magasins, leurs salons et leurs meetings.

Macron et Le Pen sont les deux faces d’une même pièce. Le libéral et la fascisante sont deux chemins différents pour une même destination : le profit maximal pour les patron·ne·s. L’un et l’autre n’ont pas leur place, n’ont pas à tenir leurs discours. Lorsque Macron était au gouvernement comme ministre de l’Economie, il a mené des politiques ultras libérales qui, en plus de leur absence de résultats, ont contribué à l’asservissement des plus précaires. Lui qui ne se revendique ni de droite ni de gauche affiche pourtant un libéralisme décomplexé qui profite à l’élite bourgeoise du patronat. Quant à Jean-Luc Mélenchon, lui qui se pose comme une alternative à gauche, ne serait-il pas une figure autoritaire en devenir ? Ses positions sur certains sujets frôlant le nationalisme et un certain repli sur soi particulièrement sur la question de l’immigration/des réfugié·e·s.

Les élections ne sont qu’un moyen utilisé par les gouvernants de nous donner l’illusion que nous avons un poids décisionnaire, que nos voix comptent. Or, le choix qui nous est proposé n’est que celui de l’alternance de nos maitres. C’est ce même choix qui nous est proposé depuis des décennies entre PS, LR et FN. Refusons de choisir. Cessons de voter pour « le moins pire » ou pour « celui qui fait le moins peur ». Ne votons pas.

Nous sommes la génération ingouvernable. Nous voulons briser les chaines avec lesquelles l’Etat et ses élu·e·s nous maintiennent dans l’asservissement et la précarité. Nous voulons détruire ce système aliénant.

Nous appelons tous et toutes à se mobiliser contre le fascisme qui monte et s’implante de plus en plus dans notre ville. Nous appelons aussi à perturber les différents meetings des candidats pour montrer notre colère et notre refus face aux présidentielles à venir.

Soyons nombreu-ses-x et déterminé-e-s. Rassemblons-nous à 11h place Raspail le 4 février.

affiche appel 4 fev

 

 

 

 

 

Les élections approchent, nous dit-on. Nous répondons que cette fois-ci, elles se feront sans nous. D’ordinaire, c’est la période où l’on rentre dans le rang. Pour une fois qu’on nous demande notre avis, on s’applique pour le donner. Alors on est attentif aux propositions des uns et des autres, on regarde les débats, les plus consciencieux vont même jusqu’à lire les programmes…

Mais cette mécanique semble être rouillée. Le printemps dernier a connu un mouvement social particulièrement puissant, comme on n’en avait pas vu depuis longtemps. Un mouvement qui ne cachait pas son désir révolutionnaire. Depuis la rentrée, la conflictualité a pris de nouvelles formes : une fois de plus, les descendants de l’immigration post-coloniale, que la République voudrait museler, ont refusé de se taire. La famille d’Adama Traoré a fait de sa lutte un symbole du combat contre les crimes de l’État. Pour celui-ci c’est inadmissible, et emprisonner deux frères du défunt est une réponse à la hauteur de l’insulte. D’autant que ce n’est pas n’importe quelle cible qui est visée. C’est la police, protectrice de l’ordre social et racial, dont les méthodes sont directement héritées de celles utilisées dans les colonies. Cette même police dont la détestation, sentiment largement partagé dans des banlieues confrontées quotidiennement à ses crimes, se propage peu à peu dans d’autres sphères de la société.

Ainsi, la présidentielle apparaît de moins en moins assurée, la campagne de plus en plus artificielle, zombifiée, mort-vivante. Les signes de sa décomposition se multiplient. La Bretagne a mis le PS en PLS. Son université d’été, qui aurait marqué les retrouvailles du cortège de tête, a été annulée ; pendant l’automne, le pouvoir a multiplié les menaces de démantèlement de la ZAD, il n’a pas fait un pas ; dernièrement, Valls a annulé son meeting à Rennes par peur d’une confrontation enfarinée. Ce parti est moribond, le candidat qui émergera de sa primaire sous perfusion ne fera pas 10 %.

Mais il ne nous suffit pas de nous acharner sur le cadavre du PS. Attaquons-nous à ceux qui prétendent prendre sa place. Trois d’entre eux viennent parader à Lyon le week-end du 4 février. D’abord Macron, coqueluche des médias, prétendant incarner une nouveauté – laquelle ? Puis Le Pen, qui prospère sur les ruines de la mondialisation, l’héritage colonial de la République et le racisme d’État. Elle croit arriver en terre conquise : le fascisme, déjà bien installé dans le Vieux-Lyon, poursuit son implantation dans la ville. Le GUD a récemment ouvert un bar et une librairie anarchiste a été attaquée ; pendant ce temps, les agressions se multiplient en toute impunité. Enfin Mélenchon, pour qui le combat antiraciste est secondaire et l’islamophobie n’existe même pas, mais qui lance sa campagne à Lyon en même temps que Le Pen pour mieux apparaître comme son unique adversaire. « Votez pour moi, mais surtout ne prenez pas la rue ». D’ailleurs, la manifestation contre le FN envisagée par les partis sociaux-démocrates a été annulée par peur des débordements, par peur de la foule qu’ils ne peuvent plus contrôler. Cette gauche ferait bien de réviser ses classiques : « Il n’est pas de sauveur suprême, ni Dieu, ni César, ni tribun ».

La mobilisation contre la loi travail et son monde a confirmé l’émergence d’une nouvelle force politique autonome. C’est à la tête des manifestations qu’elle s’est affirmée, rassemblant tous ceux qui ne se satisfont plus des miettes, qui veulent tout, qui ne répondent plus de rien, qui sont ingouvernables. Face à l’apparente inéluctabilité des élections, à nous de nous retrouver, de nous organiser, et d’attaquer. Les cortèges de tête printaniers se sont trouvés une nouvelle cible : les présidentielles.

Ce week-end lyonnais est une première occasion à ne pas manquer. Il marque le lancement de la campagne pour les deux candidats qui entendent récupérer la contestation pour mieux la neutraliser. Mais le salut ne viendra pas d’en haut. Plus jamais nous ne déléguerons notre pouvoir. Ne votons plus, bloquons les meetings, sabordons les élections. Rendez-vous le 4 février à 11h place Raspail, en masse et déterminés, afin des les ridiculiser, et de montrer cette présidentielle sous son vrai jour : une pièce de théâtre.

Nous appelons tous ceux à qui la politique donne envie de gerber, tous ceux qui depuis 2012 veulent brûler 2017, à converger à Lyon les 4 et 5 février, pour marquer le début d’une autre campagne, une campagne de destitution de la classe dirigeante, une campagne contre la campagne.

A bas les présidentielles
2017 n’aura pas lieu