Les soutiens d’extrême-droite au régime du dictateur El Assad

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Le Collectif Anarchiste de Traduction et de Scannérisation de Caen (et d’ailleurs) a reçu dernièrement par un camarade une traduction, effectuée par ses soins, d’un article en anglais sur les soutiens européens d’extrême-droite au régime d’El Assad. On le relaie sur le site du RRC.

Une lecture de la nouvelle vague de l’extrême-droite européenne

et les raisons derrière son soutien au régime syrien.

Publié originellement en arabe sur Al-Manshour par Hisham Al Ashqar.

Traduction anglaise par Laila Attar et Ubidiyah Mobarak pour Tahrir-ICN (ici :https://tahriricn.wordpress.com/2014/04/24/syria-a-reading-into-the-new-wave-of-european-far-right-and-the-reasons-behind-its-support-for-the-syrian-regime/)

Traduction à partir de la version anglaise par Manuel Sanchez.

Des informations concernant la visite de groupes fascistes et d’extrême-droite en Syrie, pour montrer la solidarité avec le régime, ont commencé à émerger, particulièrement depuis le début des processus révolutionnaires dans la région arabe. On dirait que la question syrienne est classée avec importance dans l’agenda de l’extrême-droite européenne. Est-il donc axiomatique de dire que la majorité de l’extrême-droite européenne soutien le régime d’Assad et s’oppose à la révolution en Syrie ?

Il y a environ deux décennies, plusieurs partis et groupes d’extrême-droite commençaient à tisser des relations avec le régime syrien. Par exemple en France, les communications entre une partie de la droite française en France et le régime syrien ont débuté dans les années 90. Ensuite, il y a eu plusieurs visites. La plus notoire fût celle de Frédéric Chatillon, le président du groupe extrémiste étudiant Groupe Union Défense, qui est maintenant très proche de Marine le Pen. Pendant sa visite en 1994, il rencontra le ministre de la défense du moment, Mustafa Tlas.

Durant la première décennie du siècle actuel, en particulier depuis 2006, les visites ont augmenté. La plupart d’entre-elles eurent lieu au Liban, l’endroit habituel pour tenir des rencontres entre les visiteurs et le Parti Social Nationaliste Syrien, qui est un allié du régime syrien. Frédéric Chatillon, avec Alain Soral, étaient parmi les visiteurs les plus importants. Cette relation n’était pas limitée aux visites officielles et discussions politiques, elle s’étendait jusqu’au business. Par exemple, la compagnie Riwal qui appartient à Frédéric Chatillon, a fondé la compagnie Riwal Syria en 2009 pour développer les relations économiques entre les entreprises françaises et syriennes.

Depuis le commencement de l’insurrection syrienne en mars 2011, l’extrême-droite s’est mise à soutenir le régime de différentes manières. Frédéric Chatillon fût le premier à soutenir Assad. Depuis les premiers jours de la révolution, Chatillon accuse ceux qui prennent part aux manifestations de l’opposition d’appartenir au lobby sioniste qui cherche à déstabiliser la Syrie. En octobre de la même année, Chatillon alla même jusqu’à organiser une manifestation à Paris pour soutenir Assad. Riwal, la compagnie de Chatillon, persévère dans son support au site d’information Infosyrie, qui fait campagne pour le régime d’Assad.

Avec le temps, des manifestations d’extrême-droite pour soutenir le régime furent organisées dans beaucoup de villes européennes, de Rome à Varsovie et à Gêne. En même temps, différentes visites de soutien furent organisées, comme la ” fact finding mission ” (ndt : mission pour trouver les faits) en juin 2013. Plusieurs personnalités de l’extrême-droite européenne prirent part à cette visite, comme Nick Griffin, député à la Chambre des communes, ou Philip Dewinter, député du parlement flamand en Belgique. Cette amplification du soutien va dans certains cas jusqu’à se rendre en Syrie pour combattre au côté des forces d’Assad, comme l’a déclaré l’organisation néo-nazie grecque, Black Lilly (Mavros Krinos). Il y a aussi eut de nombreux meetings tenus par l’extrême-droite avec comme objectifs de parler de la situation syrienne et de voir comment soutenir le régime d’Assad. Le plus notoire fût le Boreal Festival qui se tint à Kanto en Italie, le 12 septembre 2013, en présence d’un grand nombre de fascistes européens. Paradoxalement, le maire de Kanto, qui accueillait l’évènement, débuta son discours avec des mots de Rosa Luxemburg !

Pourquoi l’extrême-droite européenne soutient-elle le régime d’Assad ?

Dans son article approfondi, « Qui sont les supporters fascistes d’Assad ? », Leila Shrooms attribue ces soutiens à :

« Un sentiment anti-impérialiste/anti-globalisation avec une forte attention sur les états nationaux (ils croient que le régime d’Assad protège l’État Syrien contre l’impérialisme US), l’islamophobie (ils croient que le régime Assad combat les islamistes extrêmistes), l’anti-sémitisme (ils croient que le régime d’Assad agit comme résistant à Israël). »

Quant à Serge Ayoub, leader de l’organisation d’extrême-droite Troisième Voie, dissoute depuis l’été 2013, il organisa le 2 février 2013 une marche en soutien du régime syrien d’Assad. La raison de son soutien devient clair dans sa réponse à la question suivante : « Pourquoi y a-t-il des supporters Syrien du régime d’Assad qui participent à cette manifestation ? » Ayoub répondit, « Pourquoi les Syriens sont-ils avec nous ? Bien sûr, il est de notre devoir de soutenir leur cause ! La Syrie est une nation, une patrie, une région socialiste à suprématie nationale. Ils combattent pour la laïcité, ils sont l’objet d’une attaque par l’Amérique impérialiste, la globalisation, ses serviteurs salafistes et des mercenaires Qataris et Saoudiens. Le but est de détruire l’État ». (ndt française : n’ayant pas retrouvé le texte original en français, ceci est une retraduction à partir de l’anglais).

Nous trouvons dans le discours d’Ayoub toutes les raisons invoquées par Leila Shrooms, sauf la résistance à Israël. L’extrême-droite ne cache pas son aversion pour Israël, comme nous l’avons vu avec Chatillon. Paradoxalement, les supporters d’Ayoub, qui se décrivent eux-même comme des révolutionnaires nationalistes français, et qui ont gagné le soutien de beaucoup d’organisations fascistes françaises et européennes, brandissaient dans la manifestation les portraits de cinq personnalités : celui de Bashar El Assad, à côté celui du Président Russe Poutine, le Président Biélorusse Loukachenko, l’ex-Président Vénézuélien Chavez et le Serbe National Draga Mihailovič. Beaucoup de drapeaux furent aussi levés, parmi ceux-là, les drapeaux syrien, français, russe, vénézuélien et cubain.

Les raisons de ce soutien, présentées par toutes les organisations d’extrême-droite d’un côté et les organisations qui les critiquent d’un autre côté, remuent beaucoup de questions comme, « Pourquoi cette droite ne s’est-elle pas alliée avec la Syrie contre Israël avant la décennie des années quatre-vingt-dix ? Pourquoi cette droite s’oppose-t-elle à la Révolution Syrienne depuis son début, avant le soulèvement du mouvement armé extrémiste islamique ? Et quelle est la vérité à propos de cette position anti-impérialiste et anti-globalisation à droite ? »

Pour démontrer le contexte et la logique de la position de droite au regard de ce qu’il se passe en Syrie, nous devons remonter dans le temps sur 25 ans, à partir d’une phase historique nouvelle qui a démarré avec la chute du mur de Berlin.

Redéfinir l’ennemi : de la menace communiste à la menace du modèle américain.

Dans son livre, « L’anatomie du fascisme », Paxton dit que les mouvements fascistes ont toujours besoin d’un ennemi qui symbolise l’écrasante crise qui prend la société par tempêtes, et qui pousse les masses à s’unir sous le drapeau d’un leader salvateur. Vers la fin de la guerre froide, la plupart des mouvements d’extrême-droite d’Europe du Nord considéraient l’Union Soviétique comme cet ennemi-symbole, à l’image de Jean Marie le Pen, le leader du Front National, le parti d’extrême-droite français, qui prétendait porter l’héritage de Winston Churchill, Douglas Mc Arthur et Ronald Reagan1, non pas seulement dans l’arène politique, mais aussi dans le champ économique2. Dans ce contexte, la chute du communisme n’a pas seulement causé une crise à gauche, mais cela est allé jusqu’à atteindre l’extrême-droite, qui perdit en l’espace d’une nuit son principal ennemi et l’une des bases de sa politique. La reconsidération faite par les membres de la droite les conduisit à adopter les idées de groupes idéologique comme GRECE, qui avait commencé dès les années soixante à développer la théorie de la différence culturelle, qui s’oppose aux mélanges raciaux car ils représentent un danger pour l’identité des nations. D’où le fait que les États-Unis sont devenu l’ennemi – le nouveau symbole – et pour plusieurs raisons :

– La domination américaine, culturelle et politique, représente une menace pour l’identité des nations.

– Le modèle américain reflète la présence et le mélange de plusieurs races, malgré le racisme et les inégalités enracinées dans ce modèle.

La redéfinition de l’ennemi a obligé ces forces de l’aile droite à reconsidérer la plupart de leurs positions politiques et économiques afin qu’elles correspondent à leur nouvelle position idéologique. Cela vaut la peine de rappeler que l’extrême-droite et les principaux partis fascistes sont des partis pragmatiques qui n’hésitent pas à redéfinir leurs principales positions (spécialement en ce qui concerne l’économie, car ils ne comptent pas sur une ligne fixe ou position dans ce champ, ils fluctuent plutôt suivant les variables politiques)3. Afin de réaliser leur objectif : succès et pouvoir4. D’où le fait que cette droite a élevé la limite de son animosité contre les USA et le nouvel ordre politique, comme le néo-libéralisme économique et la globalisation, et qu’elle établit des relations avec ceux qu’elle considère comme des ennemis de cet ordre politique. Par exemple, Jean Marie le Pen est l’allié de la phalange d’extrême-droite libanaise depuis le milieu des années soixante-dix, et dans sa visite à Beyrouth en 2002, il a essayé en vain de rencontrer l’ayatollah Faldallah, qui a des relations proches avec le Hezbollah. Cette redéfinition de l’ennemi est ce qui explique le rapprochement entre le Hezbollah et le régime syrien, qui a commencé de façon timide dans le années quatre-vingt-dix et est devenue plus solide et bien établie pendant les dix dernières années.

La nouvelle extrême-droite : aile gauche dans son travail, aile droite dans ses valeurs !?…

La transformation subie par la droite à cause de la redéfinition de l’ennemi d’un côté et la repriorisation d’un autre, l’a conduit à adopter et doubler quelques unes des idées gauchistes de façon à autoriser cette nouvelle orientation intellectuelle. Par exemple, nous avons que vu la campagne de Marine le Pen pour l’élection présidentielle de 2012 était basée sur des questions sociales et économiques, allant jusqu’à pratiquement ne pas mentionner certains des topiques favoris de l’extrême-droite, comme le bannissement des migrants. L’adoption par l’extrême-droite d’une certaine rhétorique gauchiste et marxiste n’est pas nouvelle. Ceci est clair depuis la naissance du fascisme avec Mussolini qui s’adressait au prolétariat et aux fascistes de la même façon, avec ses discours radicaux, nationalistes et anti-capitalistes. Bien sûr, c’était une manœuvre largement manipulatrice, car l’ennemi était le capitalisme étranger et non pas celui qui est national, certaines intentions étaient de concilier les forces du travail et les patrons du business national5.

Dans ce contexte, la dépendance de la nouvelle droite aux idées gauchistes n’est rien d’autre que ce national communisme populiste, en d’autre mots, un retour au discours fasciste classique comme dans les années vingts, et pendant le moment de l’une des plus importante crise du capitalisme européen. Ce retour est apparent avec l’adoption du slogan « Ni droite ni gauche » par le Front National, dans une réitération claire des dires du fondateur du parti fasciste de la phalange espagnole (Falange Española de la JONS), José Antonio Primo de Rivera, que son mouvement n’était ni de droite, ni de gauche.

Néanmoins, la rhétorique et orientation actuelles de cette droite diffèrent de son prédécesseur de 80 ans dans beaucoup de détails. Cette droite ne s’arrête pas à l’adoption d’en-têtes et de slogans gauchistes, elle en reprend partiellement l’idéologie pour l’ajouter à son héritage. Nous avons vu Marine le Pen dans son livre « Pour que vive la France »6 comptant sur des déclarations de beaucoup de penseurs, politiciens, écrivains ou autres de gauche, de Georges Sorel à Bertolt Brecht et même Karl Marx lui-même, faisant des éloges sur les débuts de cette gauche dont elle considère qu’elle a plus tard trahi ses principes, insistant sur le fait que c’est maintenant le Front National qui porte ces principes. Certains penseurs d’extrême-droite sont même allé un pas plus loin, plutôt que de répudier la gauche et la droite, ils essaient de les rassembler. Soral, l’ex-membre du Parti Communiste français puis du Front National, recherche l’union de la droite éthique avec la gauche économique et sociale contre la gauche non-éthique qui flatte la droite économique. Concrètement, sur le site de son groupe politique Égalité et Réconciliation, Soral met ensemble les photos de Che Guevara, Khadafi, Mahmoud Ahmadinejad, Vladimir Poutine et l’icône de l’extrême-droite, Jeanne d’Arc. Soral attaque le système politique global représenté par les USA et Israël, il parle de justice sociale et de l’exploitation des classes sociales. Il dénonce l’impérialisme et demande une gauche réelle.

Dans ce contexte, il ne suggère rien de nouveau à part la réconciliation entre les travailleurs et les propriétaires de business, il met pleinement l’accent sur les valeurs et principes conservateurs qui conduisent au sauvetage de la nation française.

Soral devrait être vu comme un fantaisiste qui mélange l’économie, la théologie et la théorie du complot, mais sa page attire beaucoup de visiteurs et followers, en particulier des jeunes. Les idées people que Soral promeut sont traduites dans la rue, comme ces membres de Troisième Voie qui brandissent des portraits de personnalités et des drapeaux ainsi que cela a été mentionné plus haut. Cela peut parfois être compris comme une communication et une coalition entre la droite et certains mouvements nationalistes de gauche extrême, comme l’organisation fasciste polonaise (Phalange) qui est en train d’établir des connections avec les maoïstes et les bolchéviques nationalistes.

Ce changement idéologique, même s’il est uniquement orienté vers l’intérêt intérieur et national de ces partis, porte en son sein le soutien de cette droite pour le régime syrien. Des théoriciens comme Soral considèrent Bashar el Assad comme l’un des caractères faisant face au système global. De plus, le régime syrien est l’exemple, même s’il n’est pas idéal, de leur slogan « aile gauche en terme de travail, aile droite en terme de valeurs ». Il faut souligner que ce système n’est pas applicable en Europe, mais plutôt approprié pour « les idiosyncrasies politiques du Moyen Orient, où il est important d’avoir un leader fort pour contrôler la cohésion ethnique et sectaire d’une main ferme, et elle est généralement applicable à tous les clans … comme ce fût le cas dans le passé [en Europe] ».

Les limites de la haine de l’extrême-droite pour les « étrangers ».

En addition de l’excuse du « danger étranger pressant », les partis d’extrême-droite ont aussi besoin d’un ennemi intérieur, qui peut être un facteur de mort pour les masses et qui empêche la réalisation d’une société complète et forte7. Parmi les ennemis intérieurs de cette droite, il y a « l’étranger », et en Europe, les deux principaux « étrangers » au yeux de l’extrême-droite sont les Juifs et depuis récemment les Musulmans. Cependant, l’antisémitisme de cette droite ne se traduit pas toujours en animosité contre Israël. Pendant la période de la guerre froide, la majeure partie de l’extrême-droite considérait Israël comme la forteresse de l’Ouest face à l’Union Soviétique. Ce rapprochement était pourtant toujours gêné par la position de l’extrême-droite au regard de l’Holocauste. Avec la fin de la guerre froide et la redéfinition de l’ennemi, Israël est passé du statut de forteresse imperméable face au danger communiste à celui du plus fort allié du nouvel ennemi américain. Ce développement fût accompagné d’un changement de perception d’une partie de cette droite et de son rapprochement avec certains groupes européens, dans une étape attribuée par certains chercheurs à l’apparition d’un nouveau danger pour cette droite en Europe, nommément les Musulmans.

Cette conception selon laquelle l’islamophobie peut représenter une incitation pour ce rapprochement reste quelque peu simpliste, cependant elle n’explique pas le changement radical dans la perception de l’extrême-droite envers les étrangers. Nous avons trouvé qu’il y a quelques dizaines d’années, quelques unes des figures importantes de l’extrême-droite était Juives ou d’origine juive. L’un des exemples les plus éminents est le vice-président du Front National et compagnon de Marine le Pen, Louis Aliot, qui a des racines juives algériennes. De plus, dans les élections parlementaires françaises en 2012, le Front National nomma un Juif, Michel Toris, pour l’un de ses sièges à Paris. Et aussi, des organisations d’extrême-droite juives, comme la Ligue de Défense Juive, ont toujours été proches de l’extrême-droite, d’abord du Bloc Identitaire, ensuite du Front National. Si nous retournons en arrière jusqu’au début des années vingt, nous constatons que le parti fasciste de Mussolini incluait beaucoup de juifs8. Nous voyons donc que l’extrême-droite stigmatise l’ « étranger » qui s’accroche à ses idiosyncrasies et caractéristiques alors qu’elle accepte l’ « étranger » qui adopte les valeurs et principes de cette droite – ou en d’autres mots, celui qui fusionne nationalement, d’après les expressions fascistes – alors cet étranger devient une partie de cette droite, dans ce cas il peut assumer des postes de direction, comme Serge Ayoub, qui est d’origine libanaise. Par conséquent, ce ne sera pas une surprise de trouver des Musulmans dans les listes électorales de certains partis d’extrême-droite en Europe, et ce sera dans un futur proche9.

Ceci en ce qui concerne l’étranger intérieur, alors qu’en est-il de celui qui est extérieur ? Depuis la relation instable entre l’extrême-droite, les Juifs et Israël, et malgré les récents antagonismes avec Israël, une partie de cette droite, comme le Front National, tente de restaurer ce dont elle s’était coupée pour des raisons électorales intérieures. Dans ce contexte, Marine le Pen a déclaré au journal israélien Haaretz en 2011 « Le Front National a été un supporter constant du mouvement sioniste et un défenseur constant du droit pour Israël d’exister.»

Pourtant, nous serions dans l’erreur de penser ce discours comme uniquement pour la campagne électorale, il a été soigneusement et sérieusement considéré . Le droit pour Israël d’exister ne veut pas nécessairement dire celui de le soutenir. Le soutien est pour le mouvement sioniste, c-a-d pour une autre idéologie nationaliste d’extrême-droite, qui a décidé de créer une entité en dehors des groupements nationalistes européens. Si les partis d’extrême-droite dénient le droit aux étrangers d’être à l’intérieur de leurs frontières géographiques, ils ne leur dénient pas le droit d’exister à l’intérieur de celles qui leurs sont propres, tant que ça ne vient pas clasher dans leurs sphères à eux. Ceci explique la coopération et la communication internationales entre les partis d’extrême-droite.

Voici clarifié le semblant du paradoxe d’origine. Il n’y a pas de contradiction dans le soutien de l’extrême-droite pour le régime syrien, et leurs animosités contre les réfugiés Syriens dans leur pays, ceci même s’ils avaient été pro-régime. De plus, l’animosité envers l’Islam devient une raison secondaire pour être derrière Assad. Nous ne devons pas oublier ces soutiens de droite, même s’ils se vantent de se battre côte à côte avec un parti islamique, le Hezbollah, comme l’a déclaré l’organisation « Black Lily ». On peut clairement voir le rôle pivot joué par les partis d’extrême-droite qui sont les alliés du régime d’Assad, en formant et en renforçant cette relation et ses conséquences. Ceci explique les visites régulières à Beyrouth pour rencontrer des partis comme le Parti Social Nationaliste Syrien. Le rôle de ce parti en particulier et ses réseaux dans l’extrême-droite européenne mérite une considération particulière, pour obtenir une compréhension complète du sujet.

Conclusion

Cet article a tenté d’observer l’extrême-droite en général, alors qu’en réalité cette droite à des idéologies variées. Cette différence prend beaucoup de formes suivant le type et volume de ces groupes, du plus gros et pragmatique parti aux cercles intellectuels et groupes paramilitaires les plus radicaux. Néanmoins, les principes généraux sont les mêmes. Même si les différences semblent radicales dans les formes, elles restent particulières mais pas essentielles. Comme nous l’avons vu dans cet article, n’importe quelle lecture ou analyse de la position de droite doit prendre en considération que l’idéologie incarnée par cette droite bouge et change constamment. L’un des outils important pour l’analyse et les recoupements est la base déduite par Paxton comme ressentir la charge écrasante d’une crise qui ne peut pas être résolue d’une manière traditionnelle, la priorité du groupe sur l’individu, considérer la masse comme une victime et craindre pour sa mort. Il y a besoin d’une société plus pure et au tramage serré, etc …

Ainsi pourquoi l’extrême-droite soutient-elle le régime syrien ? La raison principale est qu’il s’est produit à ce moment historique un croisement idéologique entre la droite et ce qu’elle décrit, avec ce que représente le régime syrien. Pour cette droite, voici figuré l’un des aspect de sa campagne de propagande sur l’ennemi – le nouveau symbole. Ce soutien constitue aussi sa différence par rapport aux autres mouvement et partis politiques Européens, qu’elle accuse d’être un jouet dans les mains de cet ennemi. Bien que cette droite sache qu’il n’est pas possible d’exploiter ce support à l’intérieur, à cause de la mauvaise réputation et de la violence du régime syrien, le développement des événement en Syrie permet une exploitation de l’opinion publique européenne au travers de la sympathie pour les chrétiens de l’est par exemple, ou au travers du topique des djihadistes européens en Syrie. Ce sujet demande à pousser les recherches plus loin pour révéler les extensions et les ramifications de ces relations.

Le plus important, l’une des principales motivations derrière ces raisons est l’opportunisme inhérent de l’idéologie d’extrême-droite qui n’hésitera pas à prendre n’importe quelle position ou à faire n’importe quoi qui lui permette d’être un peu plus proche du pouvoir.

1 Ariane Chebel d’Appollonia, L’Extrême-droite en France. De Maurras à Le Pen , Bruxelles: Éditions Complexe et PUF, 1987

2 Sylvain Crépon, La nouvelle extrême-droite: Enquête sur les jeunes du Militants Front National , Paris: L’Harmattan, 2006

3 exemple local, les propositions proches du marxisme par le Parti National Socialiste Syrien au liban dans les années soixante, après sa tentative manquée de coup d’État en 1962.

4 Robert Paxton, The Anatomy of Fascism , New York: Knopf, 2004

5 Paxton, 2004

6 Marine Le Pen, Pour que vive la France , Paris: Grancher, 2012

7 Paxton, 2004

8 Paxton, 2004