Offensives patronales, à quand la contre-attaque ?

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Le tract distribué par le RRC lors de la journée de grève nationale du 9 avril. La version PDF est aussi téléchargeable ici : Offensives patronales RRC avril 2015

 

Offensives patronales, à quand la contre-attaque ?!

En 2014, les cadeaux faits aux actionnaires des entreprises du CAC 40 ont augmenté de 30% pour atteindre 56 milliards d’euros. A l’échelle mondiale, ce sont plus de 1000 milliards d’euros versés au grand patronat, soit une hausse de 12,6%. Les riches sont donc toujours de plus en plus riches. En France par exemple, chaque année depuis les années 80, environ 9% de la part de richesse créée passe de la poche des salarié-e-s (qui ont créé cette richesse) à celles des actionnaires. Soit chaque année entre 120 et 170 milliards d’euros qui glissent du travail vers le capital. L’arrivée de la crise à la fin des années 2000 n’a pas empêché le grand patronat de faire des profits, elle a juste ralenti la courbe effrénée de la hausse du taux de profit. Quant aux banques, elles ont été massivement sauvées par les fonds propres de l’UE (et de la France notamment) en transférant leurs dettes (privées) en dettes publiques. Cet accroissement considérable des dettes publiques est l’argument principal qui justifie les politiques d’austérités et toutes les attaques anti-sociales. Combiné à une soi-disant nécessité de rendre la France plus « compétitive » et « performante », afin de « favoriser la croissance », « seule à même de créer de l’emploi ». Depuis 20 ans, on nous baratine avec ce genre de terme pour justifier les politiques ultra-libérales. Depuis 20 ans, les conditions de travail et de nos vies ne cessent de se dégrader. Et le chômage de s’envoler. Les salaires directs (fiche de paie) et indirects (CAF, chômage, retraites, sécu) sont actuellement aux premières loges de cette guerre de classe.

Austérité, quand tu nous tiens !

Entre le « Pacte de compétitivité » et de « responsabilité », ce sont 66 milliards d’euros de cadeaux fiscaux offerts au patronat par le pouvoir socialiste. Rien que ça ! Et le plus drôle, c’est qu’en parallèle, ce gouvernement veut économiser 50 milliards d’euros dans la fonction publique, et a d’ores et déjà augmenté la TVA (impôt indirect donc inégal).

Pour faire tant d’économies, pleins de belles idées : gel du point d’indice sur les salaires dans la fonction publique ; nouvelle réforme des retraites faisant travailler plus tout en diminuant les pensions ; non réévaluation des retraites d’ici à octobre 2015 (et plus si affinités) ;  diminution drastique des dépenses de santé (10 milliards d’€ d’économies) ; nouvel accord sur l’assurance chômage attaquant frontalement les intermittent-es du spectacle, les intérimaires et les chômeurs (via les droits rechargeables notamment) ; hausse du contrôle des chômeurs/euses pour favoriser les radiations ; etc.

Et pour les plus précaires et les plus pauvres, les salves sont ultra-violentes

Les CAF par exemple : en septembre 2014, 55 CAF sur 102 recevaient déjà uniquement sur rendez-vous. Et d’ici à fin 2015, toutes les CAF vont se retrouver dans cette situation. Cette suppression des points d’accueil permet non seulement de supprimer plus de 1000 postes, mais elle va considérablement limiter voire diminuer le nombre d’allocataires/trices. En effet, la CAF fait d’une pierre deux coup : elle n’est plus obligée de recevoir les allocataires/trices à qui on a supprimé les aides, et elle limite le nombre d’arrivant-e-s. Obligé-e de prendre rendez-vous via un numéro de téléphone surtaxé, ça devrait réussir à en décourager plus d’un-e. Et même pour les plus courageux/euses, si on donne le rendez-vous dans 2 mois, ça fera toujours 2 mois d’allocs en moins. Qui plus est, pour les plus isolé-e-s et peu habitué-e-s à ce type de démarche, l’exclusion sera quasi immédiate et sans appel. Le même processus est déjà à l’œuvre dans certains Pôle emploi et va se généraliser. Pour la Sécurité sociale, ce n’est qu’une question de temps.

Autre population ciblée : ceux/celles d’origine étrangère, demandeur/euse/s d’asile et sans papiers. Depuis plus de deux ans, les DDCS (direction départementale de la cohésion sociale) restreignent l’accès à l’hébergement d’urgence faute de budget. Conséquence : dans toutes les grandes et moyennes villes, ce sont des centaines voire des milliers de personnes qui se retrouvent à la rue. Partout dans les grandes métropoles, les bidonvilles se multiplient à vitesse grand V, et ces populations survivent dans une extrême pauvreté. Rappelons que ces dernières n’ont pas le droit de travailler, ou alors au black pour le bon plaisir du patronat (quoi de mieux qu’une main-d’œuvre servile et bon marché pour augmenter les profits !). Sans même parler de la véritable traque policière subie au quotidien par ces dernier-e-s. L’année 2014 a été la plus ignoble en termes d’interpellations et de reconduites à la frontière. D’une manière générale, les rues se remplissent, même par des personnes qui sont au chômage ou qui taffent. Vivement la fin 2015 pour le prochain bilan.

 

Objectif : destruction du code du travail

Les attaques que subit le droit du travail depuis l’arrivée au pouvoir des socialos n’ont jamais été aussi sévères. L’ANI d’abord, qui décentralise les décisions, en transférant les négociations syndicats/patronat branche par branche, puis entreprise par entreprise avec la loi Macron. Plus on divise les attaques, plus on divise les grèves, plus on mate et invisibilise facilement ces dernières. L’ANI toujours, qui facilite les licenciements, les mobilités forcées, les baisses de salaires, les hausses de temps de travail sans augmentation de salaire, etc.

La loi Macron tout dernièrement. 106 articles, 106 attaques. Dont certaines sont d’une violence rare : attaques massives contre les maigres protections encore incluses dans le Code du travail ; développement du travail gratuit pour les handicapé-e-s ; quasi-légalisation des délits patronaux ; augmentation du travail le dimanche ; suppression des majorations du travail de nuit entre 21h et 00h00 ; mise au pas des Prud’hommes ; etc.

 

De ces agressions sociales, les femmes sont les premières touchées. Déjà, ce sont elles qui occupent la quasi intégralité des temps partiels et autres boulots difficiles et sous payés (82%), qui servent de main-d’œuvre à moindre coût, et qui cumulent en plus pour une large majorité le travail domestique (et plus c’est la galère, plus il est difficile et insupportable). Le travail généralisé le dimanche, le travail non majoré une partie de la nuit entre autre, ce sont principalement elles qui vont le subir !

 

Une grève, une manif, et puis voilà ??

Les attaques, on le sait, vont s’accentuer. Les salves à venir vont être, si nous ne faisons rien, bien pires que celles passées. Les seuls secteurs publics qui bénéficient et vont bénéficier d’apport plus que conséquent de moyens sont ceux liés à la répression d’Etat (Police, Justice, Armée). La toute prochaine loi sur le renseignement intérieur va légaliser de nombreuses pratiques illégales des flics et renforcer le contrôle de nos vies. En face, le pouvoir s’organise, et ce partout en Europe. Les guerres impérialistes, comme généralement dans ce genre de situation historique, se démultiplient. Il est particulièrement important pour nos gouvernements de jouer sur les peurs, de parler de « terrorisme », de mener une « guerre », « uni-e-s » contre « la barbarie ». Et en même temps d’assurer la sécurité des territoires où leurs intérêts géostratégiques et économiques (extraction des ressources, exploitation de la force de travail à moindre coût, etc.) sont menacés.

Quant à l’extrême-droite de tous bords, elle se frotte les mains.

Cette grève du jeudi 9 avril va comme d’habitude rester lettre morte. Les mouvements sociaux d’ampleur sont historiquement rares sous un gouvernement social-démocrates (en France au moins). Les bureaucraties syndicales et ceux/celles qui les dirigent tiennent ici leur rôle de pacificateur à bras le corps.

Qu’on se le dise, quelque soit le gouvernement, la période 2017-2022 va être ultra-violente sur le plan social et humain. Il est plus que nécessaire de s’organiser dès maintenant et à la base, dans nos boites, nos facs, contre la baisse de nos salaires (directs et indirects), les attaques contre le droit du travail et les services publics, etc. Bref, arrêter de courber l’échine.

Regroupement Révolutionnaire Caennais

Mail : rrcaen@riseup.net

Site : rrcaen.neowordpress.fr

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